Pas facile d’être la CAQ

Pauvre CAQ. Ses affaires lèvent tellement peu qu’elle n’arrive même pas à se faire accuser de diviser le vote. Vraiment, ce n’est pas facile.

Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne
Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

PolitiqueCe n’est pas facile, être la CAQ, ces temps-ci. Et par «ces temps-ci», je désigne évidemment les quatre dernières années.

Les élections partielles de lundi n’ont été qu’une débarque de plus. La seule caquiste qui s’est fait élire s’appelle Dominique Anglade et elle a quitté le parti il y a un an et demi.

Quant à leur deuxième place dans Beauce-Sud, François Legault l’explique par le faible taux de participation. Il a raison: il aurait suffi que 5 420 électeurs de plus aillent voter, et ne votent que pour la CAQ, pour que son candidat dépasse celui du PLQ. C’était presque dans la poche!

Si proche… et si loin en même temps.
Si proche… et si loin en même temps.

Pauvre CAQ. Ses affaires lèvent tellement peu qu’elle n’arrive même pas à se faire accuser de diviser le vote. Vraiment, ce n’est pas facile.

Depuis la création du parti, François Legault et sa troupe sont toujours à la recherche de L’IDÉE, du concept, de la prise de position qui résonnera chez l’électorat. Le programme de la CAQ est un peu un 30 vies idéologique: on garde le même titre et les mêmes acteurs de soutien, mais on change régulièrement la vedette.

Depuis 2011, Legault a proposé une charte des contribuables, un plan Saint-Laurent et il a même déjà engueulé une mascotte. Tout le monde haït les mascottes, mais ça n’a pas suffi à lui donner le pouvoir. Que reste-t-il à essayer? Un nouveau logo, peut-être.

Logo_CAQ_CMYK_CAQ

Au diable les dépenses, la CAQ a troqué son vieux logo digne d’une firme-conseil en réseaux informatiques pour un nouveau, digne d’un syndicat de travailleurs de l’acier. Une bonne chose de faite, même si les mauvaises langues diront que ce n’est pas le logo qu’il fallait changer, mais le Legault.

N’allons pas trop vite, il reste encore une autre chose à essayer.

Dans le passé, le chef caquiste a entretenu un flou sur sa position par rapport à l’indépendance du Québec. Prétendument ni à gauche, ni à droite, ni fédéraliste, ni souverainiste, ni type sauce, ni type poulet, la CAQ se disait volontairement nulle part. Le parti tentait d’adopter le seul terrain qui ne soit pas encore couvert par les partis déjà en place: l’absence de position.

Ce temps est révolu. La CAQ est maintenant super nationaliste. Et elle a un plan. Un plan qui va demander beaucoup de collaboration du gouvernement fédéral, parce que ce sont toujours ceux qui fonctionnent le mieux.

Ne soyez pas sceptiques. Le plan caquiste ne peut pas échouer, puisque, comme l’explique le plus sérieusement du monde François Legault: «Ce sera très difficile, sinon impossible, pour le premier ministre du Canada de refuser ce qui est demandé par beaucoup de Québécois.» (Prenez une pause pour rire un bon coup, on va vous attendre.)

La CAQ a donc effectué un virage. Encore. Elle doit bien être à un ou deux virages d’avoir fait un cercle parfait.

À la prochaine élection, son slogan sera sans doute «La CAQ: un parti nationaliste (à moins que vous ne préféreriez autre chose. Vraiment. Aimeriez-vous autre chose? On peut changer encore, ce n’est pas un problème.)»

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2 commentaires
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Ce «renouvellement» de la CAQ me fait penser au dernier «renouvellement» de l’Union nationale, peu de temps avant sa disparition de l’écran radar de la politiquer québécoise. Il est intéressant de rappeler que l’Union nationale était, au départ, un peu comme la CAQ, une «coalition» appelée «Alliance Gouin-Duplessis».Bien sûr, contrairement à la CAQ, l’U.N. a rapidement accédé au pouvoir pour, après l’hiatus de la deuxième guerre mondiale, y revenir et le conserver longtemps.
Parti comme c’est là, la CAQ me semble plutôt se diriger directement vers la dernière étape de l’U.N., sans passer par GO ni réclamer 200$. En fait, le seul moment où la CAQ a occupé le haut des sondages, ce fut avant même sa naissance officielle, alors que le PLQ de Jean Charest en était venu à sérieusement impatienter l’opinion.
Quant au P.Q., depuis le fameux «poing levé» de PKP, qui à fournit au PLQ l’occasion de transformer durablement les élections en référendum, il n’a pas non plus l’air parti pour revenir au pouvoir. Le quatuorCouillard- Coiteux-Leitao-Barrette va donc continuer à nous«austériser» pour un bon bout de temps.