Pause dimanche: version Découvertes

Les artistes et les poètes, lorsqu’ils incorporent des faits scientifiques dans leurs oeuvres, devraient-ils tendre à l’exactitude ? La question est posée par Michael Shermer, président de l’Association américaine des sceptiques, au sujet de la chanson de la britannique Katie Melua: Nine Million Bicycles, plus spécifiquement du couplet où elle parle de la distance entre la terre et la limite de l’univers. Voyez vous-mêmes (tout est intéressant, mais il faut aller à 11’22 »):

Bizarre, je ne trouve pas le changement dans la version officielle de la vidéo, par ailleurs très agréable, pour un dimanche matin:

Les commentaires sont fermés.

Pourrait-on avoir la marque de ses vêtements et en quelle matière ils sont fabtriqués? Son linge semble inusable. Pratique pour les enfants turbulents.

Il y a 40 ans, dans « Le début d’un temps nouveau », j’avais énuméré un certain nombre de faits dont l’existence même (donc leur véracité) me semblaient, à l’accumulation, l’expression poétique (ou la représentation symbolique) d’une mutation accélérée de la civilisation. Des choses comme « la moitié des gens n’ont pas 30 ans » (ce qui fut statistiquement vrai au moins en Amérique pendant un court temps en conséquence du baby boom), « les hommes ne travaillent presque plus » (évidemment en comparaison avec les sociétés agricoles d’antan et même avec les premiers temps de l’industrialisation), « le bonheur est la seule vertu » (qui préfigurait la « me generation » naissante et le consumérisme approchant, avec le syndrome de l' »instant gratification »), « les femmes font l’amour librement » (depuis la pilule du Dr Pincus en 1960), « et l’infini ne nous effraie pas » (notre fascination joyeuse pour le programme Apollo me semblait un pied-de-nez philosophique à Blaise Pascal et son « le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie »), etc…

Peut-être était-ce un réflexe issu de ma formation en Histoire à l’UdeM, mais il me semblait nécessaire qu’un vision poétique du temps présent, pour être valide et utile, devait être factuellement fondée. Bref, Melua aurait dû « checker ses chiffres ». Comme l’a écrit Jacques Prévert » « il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec des allumettes » (ni avec les chiffres).

Stéphane Venne

PS.: Dans une autre chanson (« À Winnipeg, les nuits sont longues »), je m’étais aussi amusé à poétiser les « hard facts » (« J’étais parti pour 5 jours à peine, c’est pas tellement long, mais sais-tu combien ça peut faire de secondes, c’est pas loin du million »). Je trouve amusant de créer des passerelles entre le monde réel et le monde virtuel. Ça donne parfois un sens au réel. Et ça, c’est ma job.

Je salue en elle une artiste qui a tout de même une certaine culture générale (peut-être sous l’influence de son père cardiologue…). C’est tellement rare chez les artistes, et particulièrement chez le lobby artistique québécois, qu’on en est venu, au Québec, à faire une pernicieuse équivalence entre Arts et Culture!

Combien de fois entendez-vous le mot « culture » alors que le sujet de discussion est uniquement le monde artistique ou, le comble, le monde du spectacle?

Combien de pages « culturelles » dans journaux et magazines, qui ne sont que des pages artistiques? Qu’on renomme donc ces pages « Arts et Lettres »: ce serait clair et précis.

Il est vrai que connaitre le sens des mots est une science, et non un art…

En galvaudant le mot culture, nos artistes et leurs alliés publicitaires ne font que trahir un sérieux déficit de culture générale.

Les arts, c’est culturel, mais on peut être cultivé, chers artistes, sans être allé à aucun de vos spectacles, avoir vu aucun de vos shows ou entrevues télévisés, avoir lu aucun de vos romans, ou écouté aucun de vos disques. Tout comme vous avez le droit de vous penser cultivés même si vous ne connaissez rien aux sciences.

J’ai toujours constaté plus de culture générale chez l’esprit scientifique typique que chez l’esprit artiste typique.

Monsieur Lisée, même si je viens sur votre blogue que pour lire le Docteur honorable car j’avoue que vous n’êtes pas ma tasse de thé vous avez ma journée avec ce billet. De quoi réfléchir. Fait 5 fois que je le regarde. Merci!

@honorable

Regrettable que votre texte laisse davantage l’impression d’être un éteignoir au lieu d’une étincelle de progrès.

Il est en effet assez malaisé pour un compositeur d’argumenter sur la vitesse de la lumiere 299 792 458 m/s ( 300 000 km/h ca se chante mieux ) ou sur celle du son 340 m/s (340.29 m/s pour les TOCs).. par contre, son éclair de génie peu ne jamais franchir le mur du son!
L’ artiste a droit a toutes les licences mais aussi a toutes les critiques. C’est du au fait que son expérience est non reproductible ( droits d’auteurs) Alors que le scientifique se demande » comment » l artiste se demande » pourquoi » .. En science, un résultat de recherche négatif est aussi bon qu’un résultat positif..il indique aux autres chercheurs de ne pas fouiller dans tel ou tel direction. En art c’est la catastrophe..
on connait tous E=MC2 mais peu de gens en saisissent vraiment le sens.. On a pas tous fait le Albert hall, mais on a tous au moins une fois chanté Let it be …