En visant l’immigration, Péladeau se trompe de cible

N’en déplaise à Pierre Karl Péladeau, le projet d’indépendance du Québec est mis davantage en péril par les jeunes que par les immigrants.

Photo : Jacques Boissinot/La Presse Canadienne
Photo : Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

Au Québec, la majorité des immigrants entrent par la porte dont l’Assemblée nationale contrôle l’accès depuis près de 40 ans. En 2013, c’était le cas des deux tiers des 52 000 personnes qui ont quitté leur terre natale pour s’établir en sol québécois.

En vertu d’un accord négocié avec Ottawa à la fin des années 1970 et amélioré en 1991, le Québec détermine les critères d’admission des candidats à l’immigration qu’il recrute et est responsable de leur intégration. L’autre tiers des immigrants qui débarquent au Québec est, pour l’essentiel, composé de gens admis au Canada en vertu de la politique fédérale de réunification des familles. Comme l’indique son nom, ce volet est réservé à la parenté d’immigrants déjà établis au pays. (Seulement 8 % des nouveaux arrivants au Québec en 2013 étaient des réfugiés.)

Les nouveaux arrivants issus de cette catégorie — bien qu’administrée par le gouvernement fédéral — sont quand même généralement des immigrants qui ont des liens avec ceux que le Québec a acceptés selon ses propres critères. Il est en effet rarissime qu’on vienne s’établir en sol québécois pour rejoindre un frère ou une sœur qui vit… à Toronto ou à Vancouver.

En théorie, il est possible d’entrer au Canada par une autre porte que celle du Québec et, par la suite, de quitter sa province d’accueil pour aller s’établir à Montréal ou ailleurs en région. Mais l’hypothèse de l’entrée massive d’immigrants au Québec par la porte du reste du Canada ne passe pas l’épreuve des chiffres. Année après année, davantage de résidants (de souche ou issus de l’immigration) quittent le Québec pour le reste du Canada que le Québec n’en accueille en provenance d’autres provinces.

Après presque quatre décennies sous le régime actuel, la plupart des Québécois nés à l’étranger ont donc été admis en fonction de critères de sélection définis par l’Assemblée nationale.

L’instauration du régime qui donnait des pouvoirs accrus au Québec en matière de sélection des immigrants a coïncidé avec l’entrée en vigueur de la loi 101. Depuis près de 40 ans, les enfants des nouveaux arrivants québécois fréquentent l’école française. (En 2013, un nouvel arrivant sur cinq au Québec était âgé de moins de 14 ans.)

Le virage scolaire imposé par la loi 101 a — comme chacun sait — changé le visage linguistique du Québec. On a beaucoup parlé de l’apport au Québec français de ceux qu’on a appelés les enfants de la loi 101. Ce dont on a moins parlé, par contre, c’est de leur effet sur leurs compatriotes dits de souche. Depuis 40 ans, les écoliers québécois francophones, en particulier dans la région de Montréal, sont scolarisés dans un environnement qui fait une place toujours plus grande à la diversité culturelle.

Contrairement à leurs concitoyens plus âgés, une majorité des Québécois de 45 ans et moins — toutes origines confondues — ont grandi dans cette diversité. Leurs condisciples issus des communautés culturelles sont devenus des compagnons de travail ou même de vie. Le modèle d’un Québec plus homogène leur est étranger.

Au fil de la même période, on a assisté à un renversement de la courbe démographique, qui sous-tend le débat sur l’avenir politique du Québec. L’électorat souverainiste a vieilli sans se renouveler. On le voit d’une assemblée de têtes grises péquistes à l’autre dans le cadre de la campagne actuelle à la direction du parti. Les enfants de la loi 101, encore une fois toutes origines confondues, boudent la grande cause de la génération de leurs parents.

Lors des débats sur la charte des valeurs du Parti québécois, les sondages ont montré que l’adhésion populaire à ce projet augmentait avec l’âge. Les tranches les plus jeunes de l’électorat québécois ne se recon-naissaient pas dans le projet phare du gouvernement de Pauline Marois. Le projet souverainiste souffre d’un décrochage similaire. Ce n’est pas une coïncidence.

Au contraire, tout indique que lorsque des ténors souverainistes martèlent le genre de discours à saveur identitaire qui a fait recette à une époque que la loi 101 a contribué à rendre révolue, non seulement ils enfoncent le mauvais clou, mais ils se tapent collectivement sur les doigts. Leur discours les éloigne de leurs propres enfants !

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Je ne voudrais surtout point faire de moi « l’avocat » de monsieur Péladeau… J’imagine qu’il dispose de moyens suffisants pour s’en offrir de bien meilleurs que moi… Quoiqu’il en soit, ce que je pense avoir compris de son discours, c’est qu’il était question tout d’abord de démographie dont l’un des corollaires est l’immigration.

C’est donc la croissance de la population qui — il me semble -, était au cœur du débat. La croissance de la population est un indicateur de la vitalité d’un pays ou d’une nation. Un pays qui mise trop sur l’immigration pour assurer son renouvellement, c’est un pays qui ne peut que perdre à terme ses valeurs. Une perte de valeur entraine aussi une perte de repères et toutes formes naturelles d’appartenances identitaires.

En ce sens, ce qui est à la base du déclin du projet souverainiste — et sur ce point je vous rejoins entièrement -, c’est le renversement de la courbe démographique. Je pense que c’est en substance ce que cherchait à dire monsieur Péladeau. Non sans raison.

Un possible réveil d’un projet indépendantiste passe aussi par un réveil de la fécondité au Québec, par une fraiche propension à relever des défis et peut-être aussi un peu, par une saine intégration des immigrants. Après tout, cela ne devrait pas nuire, surtout si on s’est fixé pour mission de renouveler son bassin d’électeurs….

J’ajouterai finalement que le « timing » est assez bon pour le PQ avec un certain essor des valeurs nationales et nationalistes de par le monde, pour fouetter et stimuler les ardeurs souverainistes, encore faudrait-il qu’être québécois soit justement être québécois pour tout le monde… quoiqu’il en soit avec ou bien sans hijab ou kippa.

L’heure est venue pour le mouvement péquiste d’adopter avant toutes choses ce qu’il conviendrait d’intituler en quelques sortes : « Le règne de la beauté » 🙂

1) Depuis 40 ans, 40% des immigrants qui sont rentrés n’ont pas été sélectionnés par le Québec mais sont entrés via Ottawa grâce aux parrainnages et aux réfugiés. Or il se trouve que ce sont ces immigrants qui restent le plus au Québec (because la qualité des programmes sociaux au Québec). C’est dans le groupe sélectionné par le Québec, donc parmi les immigrants les plus scolarisés et les plus intéressants économiquement, qu’on trouve le plus grand nombre de départ pour le ROC, voire les USA (55% des immigrants qui restent dans l’Estrie sont des réfugiés! C’est une catastrophe dont ne parle jamais Mme Weil)
2) Peu importe le groupe ethnique, plus de 90% des immigrants ne veulent rien savoir d’un Québec libre. Peu importe l’élection (même le municipal!) peu importe l’enjeu, peu importe les leaders, 90% des immigrants ne veulent rien savoir des partis nationalistes québécois
3) La majorité des Québécois étaient pour la Charte des valeurs. C’est l’arrivée de PKP qui a fait tout foiré.

Humm je penses que vous devriez relire l’article, car vous n’avez rien compris au sujet de qui entre au Québec et aux conditions de qui…..

Mme Hébert parle d’une majorité qui est sélectionnée par l,AN, ce qui est vrai. Mais y’a quand même 40% de tous les immigrants qui ne sont pas choisis par l’AN. Or, il se trouve que c’est parmi ces 40% qu’on trouve le plus fort taux de rétention ce qui fait qu’au total, sur 40 ans, la majorité des immigrants au Québec présentement n’ont pas été sélectionnés par le Québec.
C’est le cas de l’Estrie par exemple. C’est sans doute le cas de Québec où c’est une catastrophe (la moitié des locataires de HLM de Québec sont des immigrants; certaines tours comme Bardy ressemblent à des cités françaises; l’Actualité devrait faire un reportage là-dessus)

Je ne crois pas que les jeunes soient moins intelligents que les plus vieux qui ont donné leur allégeance au Parti Québécois. Une partie importante de baby-boomers, pour ne pas dire majoritaire, ont réalisé qu’en tant que résidents du Québec ils étaient désavantagés dans la Confédération canadienne. Encore plus au fait de la chose économique que ne l’étaient leurs prédécesseurs aux débuts de la vague indépendantiste, les jeunes d’aujourd’hui, de souche ou de l’immigration, comprendront vite leur intérêt lorsque quelqu’un qui peut parler économie et gestion de façon cohérente leur fera la démonstration de la situation québécoise. Ce n’est pas l’incompétence des dirigeants en place qui les convaincra du contraire.

Merci, Chantal. Un article éclairé. Tout un contraste de celui de votre collegue, M. Bastien.

Madame Hébert semble se faire de la diversité culturelle une curieuse conception « en silo », comme si cette diversité n’était pas culturelle mais naturelle, comme si les enfants d’immigrants qui ont grandi ici ne devenaient pas DU TOUT canadiens-anglais ou canadien-français. C’est peut-être pour cette raison que, pour livrer son analyse, elle reprend à son compte la douteuse notion de « souche », douteuse pour les mêmes raisons que la notion anglaise d' »heritage ». Notions douteuses et défectueuses parce que, selon l’interlocuteur, elles oscillent entre deux contraires, culture et nature. Prise dans un sens, la notion est à peu près inoffensive (et alors on comprend que Pierre Curzi par exemple est surtout canadien-français même si son père était de culture italienne, on comprend que David Suzuki est de culture passablement canadienne-anglaise en plus d’être de culture japonaise vu l’influence – l’influence, pas l’ADN ! – de ses parents). Mais prise dans l’autre sens, celui de « descent », « ancesstry », « bloodlines », « lineage » et autres répugnantes âneries natrurelles-biologiques, la même notion – « souche », « heritage » – n’est rien d’autre qu’un euphémisme de race et constitue par conséquent un danger mortel.

La diversité humaine étant bel et bien culturelle (non-physique) et pas héréditaire (physique), elle tient de l’acquis et non de l’inné et elle est donc acquérable et transmissible, fluctuante et transitive. Tout dépend de ce que chaque individu devient de son vivant ; tout est affaire d’influences et d’éducation ; et cela tient aussi, bien sûr, de la contingence et du hasard les plus grands, ce pourquoi la culture n’est pas « ismable »,, ce pourquoi la bovine prétention d’ajouter un « isme » à « culture » – comme dans multiculturalisme, interculturalisme ou « culture publique commune » – ne peut que la détruire car cela reviendra toujours à vouloir aligner l’inalignable..Je soupçonne madame Hébert de croire que l’on est canadien-français ou canadien-anglais non par la culture acquise et par l’éducation et par les influences dont chaque individu s’imprègne après son arrivée dans le monde, mais par la naissance, par l’hérédité, par la descendance . Cela pourrait expliquer pourquoi elle s’imagine que d’une génération à l’autre – puisque son récit court sur 40 ans – les enfants d’immigrants – et même leurs parents, dans une moindre mesure – ne s’imprègnent pas du tout, chemin faisant et avec le temps, de la culture ou des cultures locales, des mentalités et des mœurs locales, ne deviennent pas du tout canadiens anglais ou canadiens français. Chacun à son propre rythme, évidemment, et dans une version chaque fois différente étant donné l’irréductible singularité de chaque voix humaine, ce qui exclut toute politique identitaire, qu’elle soit canadienne ou québécoise.

@ Marc Provencher,

J’ai le sentiment que vous faites « peut-être » un procès de « mauvaises » intentions à madame Hébert. Quoiqu’il en soit, je partage pleinement votre point de vue sur la diversité culturelle. Nous sommes ce que nous sommes par diverses acquisitions. Il est bien mieux qu’il en soit ainsi. Puisque cela démontre la capacité humaine d’évolution, d’adaptation, tout comme notre capacité d’apprendre et de comprendre.

@ Serge Drouginsky : «J’ai le sentiment que vous faites « peut-être » un procès de « mauvaises » intentions à madame Hébert.»

J’admets que c’est possible ; car les procès d’intention sont contagieux. Mais quoi qu’il en soit, ce n’est qu’un prétexte, un effet secondaire : mon but est de réfuter la doctrine identitaire d’État appelée « multiculturalisme », et qui selon moi, si l’on additionne deux plus deux et si l’on appelle une rose « a rose », n’a de culturel que le nom.

Mes soupçons, peut-être injustes, sont un effet de mes soupçons vis-à-vis du prétendu « multiculturalisme » et prennent racine dans le fait que madame Hébert n’a d’yeux que pour les séparatistes, tant et si bien qu’elle n’a d’œil. Façon de rappeler l’adage : « Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. »

Prenons l’exemple d’une égérie du multiculturalisme, madame Sheila Copps, qui dans un article de 2006 du ‘Journal de Montréal’, intitulé « La Saint-Patrick », écrit :

«De fait, du sang irlandais coule dans les veines de plusieurs Canadiens. Pour ma part, la famille de mon père est venue d’Irlande au XIXe siècle et j’ai hérité de sang acadien et anglais du côté maternel.»

Et elle conclut son article ainsi:

«Avec autant de sang celte, on peut affirmer sans présomption que l’idée d’un Québécois pure laine n’existe pas.»

Du SANG irlandais ? Du SANG acadien ? Du SANG anglais ? Et pour finir, du SANG celte ? Incroyable. Hallucinant. Quand la malheureuse entend l’expression « Québécois pure laine », elle croit qu’il est question non de quelqu’un de typique, mais de »pureté » raciale ! Et si elle conclut à la race, c’est parce qu’elle-même n’a d’autre explication de la diversité humaine que raciale ! Sheila Copps se prend pour la statue de la vertu antiraciste guidant le monde alors même qu’elle ajoute foi à ces délirantes et répugnantes sornettes naturelles-biologiques qui SONT le racisme.

Et songez, citoyen Drouginsky, que Sheila Copps est l’égérie, la cheftaine, la fée du prétendu multiculturalisme alors même qu’elle semble incapable de concevoir que la diversité humaine est bel et bien culturelle ! Elle prend la diversité humaine pour raciale, pour transmise par le sang ! C’est ça l’antiracisme ? Allons donc, qu’est-ce que c’est que ce délire carabiné ? Depuis que je l’ai aperçue, décelée, je vis dans la terreur de cette idéologie à 360 degrés, toute dégoulinante de vertu, qui commence toujours par t’enfermer dans le délire de la race avant de te hurler d’en sortir.

Alors pour en revenir à madame Hébert, ce qui éveille ma suspicion, c’est qu’elle cherche le racisme uniquement là où c’est stratégiquement utile d’en trouver et ne soupçonne à aucun moment le gentil Canada d’être à double fond, elle ne s’aperçoit jamais que l’antiracisme canadien est racial, il ne lui vient jamais à l’esprit ce que Sheila Copps et tant d’autres prennent pour un antiracisme est en fait un polygénisme mixophile. Et si elle ne voit rien, c’est peut-être qu’elle pense la même chose ? D’où mes soupçons.

«Citoyen» Provencher, votre maîtrise de la langue de Molière est exemplaire, de même que la profondeur de votre analyse. La délicatesse de vos réponses est un signe évident d’une culture raffinée. J’ai bien aimé vos commentaires et je dis qu’il ne faut jamais désespérer du français. Ne croyez surtout pas que je suis un «celebrator», ces thuriféraires d’un autre âge… il m’arrive juste parfois d’apprécier, à leur juste valeur, les bonnes choses, disons les esprits éloquents. K.

@ Marc Provencher,

La citation que vous faites de madame Copps démontre d’une certaine façon que pour être un politicien de « haut-niveau », il n’est nullement besoin d’être plus intelligent que ses électeurs. En revanche, le fait d’être tombé dans la politique depuis le plus jeune âge – son père Victor Copps était maire d’Hamilton et soutient de Paul Martin – cela est utile pour lever des votes.

Ce que les gens appellent le « sang », c’est un attachement affectif aux ancêtres. Ce qui est naturel en soi. Mais il y a des « croyances » suivant lesquelles nos caractéristiques nous viendraient essentiellement du sang, lorsqu’il y aurait de « bons » ou de « mauvais » sangs. Nous savons bien que biologiquement cela est faux, quand du point de vu de la formation de l’esprit, les premières influences nous viennent des parents, de la famille, du milieu de vie en général.

Vous soulevez pourtant un point essentiel : celui de toute chose et de son contraire. Comme vous le montrez, le racisme appelle son contraire : l’antiracisme. Lorsque tous deux relèvent en effet d’un même paradigme. À ce titre je suis d’accord avec vous que ce sont aux gens de choisir par eux-mêmes avec qui ils doivent avoir des affinités. Ce n’est pas à l’État d’édicter quelle position : multiculturelle ou interculturelle d’ailleurs, nous devrions obligatoirement adopter.

Après tout, ce qui compte, n’est-ce pas le bonheur ? Et ce qui devrait conduire les gens les uns vers les autres. Cela ne devrait-il pas être la valeur supérieure de l’amour ? — Bref… pour conclure : moi aussi j’ai également du « sang » celtes, ainsi que madame Copps 🙂

— Peut-être que je devrais songer à me présenter à un vote ! Ça pourrait peut-être pogner dans quelques circonscriptions.

Nota : Lorsque je parle ici de Paul Martin, il s’agissait de Paul Martin père. Preuve qu’au Canada, la politique est souvent une affaire de famille.

Péladeau «vise-t-il» l’immigration ou dit-il simplement que les nouveaux arrivants ne sont pas portés à voter pour l’indépendance ?

Je trouve faux de dire que Péladeau «vise» l’immigration ou pire, « les immigrants ».
Il me semble qu’il est facile de comprendre la différence entre un constat et une « attaque » contre les « immigrants ».

Les nouveaux arrivants sont-ils favorables à l’indépendance ?
Quel est le pourcentage des nouveaux arrivants qui voterait pour l’indépendance ?
Péladeau a-t-il raison de dire que les nouveaux arrivants ne sont pas favorables à l’indépendance ?

Les nouveaux venus peuvent-ils comprendre et sentir nos 400 ans d’Histoire ?
NON.

Il faut donc leur faire comprendre et sentir ces 400 ans.
Il faut aussi leur faire sentir et comprendre notre révolution tranquille.
Il faut aussi leur faire aimer notre langue française.
Il faut leur faire comprendre que nous avons lutté pour notre langue et notre culture.
Il faut leur faire comprendre que nous sommes comme une bourgade de gaulois dans l’empire romain.

Le défi se situe là et je crois que Péladeau doit en être conscient.
S’il l’est pas, il faut qu’il se réveille.
La souveraineté ne se fera jamais uniquement avec ceux que l’on dit « pure laine ».

Le constat que les immigrants ne sont pas portés vers l’indépendance est absolument juste.
Et on peut facilement comprendre cet état de choses.

En s’appliquant à faire comprendre et sentir le Pays, les immigrants peuvent devenir des souverainistes
ayant à coeur de vivre dans un Pays où ils seraient fiers de cette culture unique en Amérique du Nord
et où ils sentiraient le besoin et la satisfaction d’être maîtres de leur Pays.

Serge Charbonneau
Québec

@ Serge Charbonneau,

— Vous déclarez : « En s’appliquant à faire comprendre et sentir le Pays, les immigrants peuvent devenir des souverainistes (…) »

Vous commettez la même erreur que commettent tous les souverainistes. Le Pays, ce n’est pas mon pays, mais c’est « ton » Pays. Et je ne suis pas dans « mon » pays aussi car votre « Pays » ce n’est pas mon Pays suivant vos dires.

Comme mon pays ce n’est plus la France, je suis devenu désormais un apatride au Québec dans le Canada.

J’ai plus voté pour le Parti Québécois et même le Bloc Québécois depuis que j’ai le droit de vote, plus que pour toutes autres formations politiques. Je ne suis ni indépendantiste, ni souverainiste, je respecte les droits de tout un chacun et encore la démocratie (c’est dans mon ADN), je peux pleinement comprendre les raisons qui peuvent porter les habitants du Québec à vouloir former un pays. Et je pratique généralement l’empathie envers autrui.

Je connais l’histoire en général, la géographie et aussi l’histoire de ce coin de pays depuis plus de 400 ans, il y avait déjà des gens avant Jacques Cartier, certains souverainistes semblent avoir oublié qu’ils aient jamais existés. Il est vrai que pour plusieurs, la « Révolution tranquille » ou même René Levesque, ça parait lointain !

Je ne suis point trop sot (enfin je crois), les années passent et malgré tout, je reste toujours une « hostie » d’étranger dont il faut se défier. Malgré tous mes efforts pour être un véritable québécois, aux yeux des gens de votre « race » ; je ne ferai jamais parti de « ta gang ».

Pourquoi ? — Parce que je suis justement cultivé. De plus, c’est vrai, parce que je souscris à des valeurs éthiques. Ce n’est pas bien vu par les temps qui courent. Lorsque nombre d’entre vous n’ont plus de foi et crachent sur les lois du Canada (sauf quand ça vous arrange). Vos parents souscrivaient pourtant pour la plupart à des valeurs d’éthiques. Mais vous pas. On veut donner des leçons aux autres…. Sauf que la mémoire est courte.

Vous voudriez faire sentir quoi aux immigrants au juste ? Quoi qu’ils ne ressentent déjà pas ? — Le monde, cette terre sur laquelle nous survivons, elle n’appartient à personne. On ne fait que passer. Et si on aime son prochain comme soi-même, on commence d’abord autant que faire se peut, par partager quelques choses avec les autres.

Lorsqu’une personne immigre ici. On commence d’abord par lui prendre sa vie. Qu’est-ce qu’on reçoit en échange ? Essentiellement de l’opprobre, toujours de opprobre, encore de opprobre, rien que de opprobre. C’est comme ça que sont bien des québécoises et des québécois avec les immigrants.

Alors avant de vouloir donner des conseils de vie au monde entier. On commence d’abord par se regarder tel qu’on est. Et si on est vraiment beau, bon et chaud. On partage de la beauté. De la bonté et de la chaleur humaine avec ceux qui viennent, on évite de faire des distinctions entre immigrants et non-immigrants. Ainsi, le miracle se produit. Celui qui était immigrant hier devient comme par magie un québécois à part entière aujourd’hui.

La question de la souveraineté, versus la fédération, cela devient secondaire. On se tient tous debout, nous formons d’abord une nation cohérente, solide et solidaire.

Pour conclure et pour tout vous dire, cher Serge Charbonneau. Votre Pays, le Vôtre pas le mien ! Je m’en « krisse » désormais assez souverainement merci ! Et s’il me fallait demain choisir entre la mort ou un Québec souverain, je choisirai la mort inconditionnellement. « Over my dead body » comme disait si bien notre Premier ministre lors de la dernière élection provinciale.

Avec la charte que proposait le P.Q. comment voulez-vous que les immigrants votent pour la souveraineté? Ce n’était la meilleure méthode de les intégrer..

Mme Hébert, lors de la campagne du dernier référendum, ma fille adoptive qui est née au Mexique a obtenu son passeport canadien quelques jours avant le vote qui, on le sait s’est soldé par un non à peu près égal à 50%. Cela faisait plusieurs années qu’elle tentait d’obtenir sa citoyenneté sans succès. Lors du passage devant les autorités fédérales, il a été question de son choix personnel sur ce vote crucial sur notre futur. Je lui avais fortement conseillé de dire qu’elle voterait non même si elle a fait le contraire dans les urnes. Curieusement, de nombreux immigrants ont reçu un peu avant le vote leur citoyenneté. Le fédéral savait donc que le vote ethnique avait son importance pour le non à ce moment-là et je ne vois pas pourquoi les Parizeau ou Péladeau se trompent de cible. Je conçois que la jeune génération s’est éloigné de l’indépendance par la suite et qu’il y a un travail à faire de ce côté.
Le vote ethnique, l’argent et le vote des jeunes seront les déterminants d’un éventuel futur vote sur la question. Rien de nouveau !

Beaucoup de lecteurs québécois « pure laine » semblent penser que les immigrés arrivent avec des préjugés défavorables à l’indépendance du Québec. En fait, il me parait que, au début, ces derniers n’ont que rarement une idée sur un sujet, accessoire à leurs yeux : ils ont bien d’autres soucis. C’est sur place qu’ils découvrent le problème. Mais ils apprennent aussi que le P.Q., grand défenseur de cette cause, a tendance à mêler indépendance et socialisme. Or, sans parler des cas extrêmes, beaucoup ont quitté leurs pays pour trouver plus de liberté et ne plus avoir à supporter l’étatisme et la médiocrité qui découle justement de cette conception des relations sociales. Le système québécois ne fait pas rêver tout le monde : sur le plan des retraites ou de la santé, il existe l’équivalent, ou mieux, dans bien des pays, y compris pour les immigrés. Par contre, ces arrivants aimeraient bien ne pas subir systématiquement un lourd déclassement au niveau professionnel. Or il semble que cela soit moins un problème dans les autres provinces. Cela en fait rêver beaucoup. Et le P. Q. ferait mieux d’oublier le socialisme s’il veut défendre un Québec indépendant.

P.S. arrivé ici avec des revenus, je n’ai pas eu à chercher à travailler et ne plaide donc pas pour ma cause. Par contre, pour avoir connu les « bienfaits » à long terme du socialisme même mou, je suis pas prêt d’y revenir.

Vous prêchez pour votre paroisse car je ne crois pas que la majorité des immigrants fuient des pays « sôcialisses ». Souvent ils le font pour fuir la violence et la corruption de dictatures ou de pays où la règle de droit est « flexible » ou encore la situation économique ne les satisfait pas. Je pense en particulier aux gens provenant d’Amérique latine, d’Inde et du sud-est asiatique – très peu de ces pays sont de gauche. On ne reçoit pas tellement d’immigrants des pays socio-démocrates de Scandinavie…

N’ayant jamais vécu dans des pays scandinaves, je ne prendrai pas parti. Le seul que je connais un peu est le Danemark et, si ce n’était la météo, j’e m’y serais volontiers attardé. Mais, ayant eu l’occasion de vivre ou au moins de séjourner longuement, autrement que pour des vacances, dans certains pays officiellement socialistes, je me permets de vous affirmer que, en en ce qui concerne la violence et la corruption, ils avaient peu à envier à des régimes d’extrême droite : c’était des dictatures comme les autres. La règle de droit y était flexible et la situation économique,sauf pour la classe au pouvoir, très peu satisfaisante. Le communisme,forme extrême du socialisme et le fascisme, ont très peu à s’envier. Les immigrants, qui dans leur très grande majorité ne sont pas des réfugiés, me semblent pour la plupart des gens qui ne fuient pas mais qui espèrent simplement trouver mieux. Franchement,la question du fédéralisme ou de l’indépendance n’est certainement pas au centre de leurs soucis. Par contre, le retour à la médiocrité sociale n’est pas leur objectif. Ils aimeraient bien que leurs espoirs ne soient pas déçus. Le « rêve américain » existe toujours.

@ Garnier,

Le PQ n’est pas un Parti socialiste. C’est un Parti qui est formé par un regroupement de souverainistes venants de tous horizons politiques. Puisque son article 1, c’est d’abord de faire la souveraineté. Bien qu’il prétende officiellement pencher pour la social-démocratie. Les politiques menées par ce Parti sont plutôt de nature Conservatrice lorsqu’il est au pouvoir.

En ce sens, le PQ est un parti plus nationaliste que souverainiste puisqu’incapable de faire la souveraineté. C’est un parti qui compte malheureusement un grand nombre de sympathisants xénophobes qui croient encore en la supériorité de la « race » québécoise.

Cela dit, j’aimerais bien savoir en quoi en France, la droite fait mieux que la gauche. Les 12 années de Chirac suivies des 5 de Sarkozy, n’ont pas été très brillantes non plus. Comment voudriez-vous que Hollande puisse faire en seulement 3 ans ce que les autres ont su défaire avec brio depuis plus de 20 ans. Avant d’être président, Chirac était le Premier ministre de Mitterrand. — Avez-vous vraiment envie d’en reprendre encore pour 5 ans avec Sarkozy dans deux ans ?

Cher Serge Drouginsky,

Je n’en reprendrai pas pour cinq ans avec Sarkozy, vu que je ne vote pas en France. Quant à vos nuances entre social-démocratie, souverainisme, conservatisme, socialisme et venus de tous les horizons, cela m’a fait sourire. J’ignore votre âge mais vous faites déjà politicien plus intéressé à manier la langue de bois que de discuter de la réalité. Bonne chance dans votre carrière politique.

@ Garnier,

Si vous ne votez pas, c’est votre choix. Puisque comme français vous avez toujours la possibilité de participer aux élections. Même si vous avez choisi le Canada pour y vivre tout comme moi. Peut-être que vous avez raison, je joue un peu sur les mots. En fait, beaucoup de politiciens de tous bords se ressemblent 🙂

Quant à mon âge. Je ne m’en cacherai pas, j’ai à quelques dizaines d’heures près (Oui quelques dizaines !) exactement le même âge que Nicolas Sarkozy….

@ Serge Drouginsky : «C’est un parti qui compte malheureusement un grand nombre de sympathisants xénophobes qui croient encore en la supériorité de la « race » québécoise. »

Allons donc, citoyen Drouginsky. Mes ennemis les nationalistes québécois, bien qu’il y ait parmi eux toutes sortes de tendances plus ou moins douteuses, ne croient guère, en général, à une prétendue « race québécoise », mais au peuple québécois. La meilleure preuve en est justement dans toutes ces clameurs pour que les nouveaux arrivants s’assimilent à la culture locale. « Culture publique commune » VS « multiculturalisme », c’est l’affrontement de deux doctrines identitaires d’État – auxquelles je m’oppose également, pour les raisons indiquées dans mon message à la page 1, mais là n’est pas la question. Si nos nationalistes étaient racistes, i.e.. s’ils prenaient le peuple québécois pour une prétendue « race québécoise » (!!) et les autres peuples pour de soi-disant races, alors ils tiendraient les peuples pour inassimilables les uns aux autres. Ils ont beau abriter en leur sein des tripeux de généalogie (qui tendent souvent à prendre les peuples pour des faits héréditaires – vessies – plutôt que des faits culturels – lanternes), nos nationalistes, dans l’ensemble, en général, comprennent parfaitement que l’on DEVIENT québécois, donc que ce n’est pas une affaire de naissance.

Mon maître à penser le comte Sforza, fameux antifasciste libéral de la première heure, prônait: «…un patriotisme sain, raisonnable, fécond, à l’opposé de ses misérables déformations nationalistes ou raciales.»

Avec les nationalistes québécois, nous sommes en plein dans les « misérables déformations nationalistes » du sentiment patriotique. Par contre, pour ce qui est des « misérables déformations raciales », c’est autre chose ; mais soit dit en passant, c’est parfois inattendu de voir où peuvent aller ce loger lesdites déformations. (Voir mon message page 1 sur Sheila Copps).

@ Marc Provencher,

Vos propos m’ont plutôt amusé.

Hormis le fait que vous parlez de vos amis comme des nationalistes et non spécifiquement comme des indépendantistes, est-il possibles que vos amis soient des personnes pour la plupart éduquées et polies ?

Moi qui ne fréquente que la plèbe et la lie du peuple, je peux vous dire qu’il est plutôt question de « race » que de « peuple »…. J’en ai encore fait l’expérience récemment. Alors, ce que disent les élites intellectuelles ou financières souverainistes et ce que pensent et ce que font les membres de la population, je dis bien population, pas « le peuple » auquel j’appartiens…. Ce sont un peu comme deux mondes qui s’entendent dans le but ultime : « Le Pays », alors qu’ils s’affrontent littéralement dans le fondement même de leur vie.

C’est donc une sorte de relation tyrannique que les nationalistes entretiennent avec « leur » peuple.

La question alors est de savoir qui dans ce petit jeu finira par manger l’autre. Le peuple ou ses élites ?

Je suppose que dans vos propos, vous faisiez référence à Carlo Sforza qui fut une des grandes figures morale de l’opposition au fascisme et un homme politique respectable. Alors précisément, qu’est-ce qui rend si attractif pour les gens cette dérive nationaliste qui actuellement fait fureur de plus en plus en Europe notamment ?

— Est-ce la passion ou bien la raison ?

@ Serge Drouginsky: «Je suppose que dans vos propos, vous faisiez référence à Carlo Sforza qui fut une des grandes figures morale de l’opposition au fascisme.»

C’est cela même. J’ai travaillé très fort, dans le temps, sur cet article de Wikipédia où vous avez puisé l’expression «grande figure morale de l’opposition au fascisme».

Constructeur précoce de l’Europe moderne – malgré son titre, il était un républicain ardent et un partisan des idées de Mazzini, lequel pensait déjà l’unité européenne dans les années 1830 – le comte Sforza était dans une égale mesure un particulariste convaincu, qui dénonçait avec vigueur «L’entreprise la plus factice et anti-italienne du fascisme : la lutte contre les traditions de patriotisme local.» Car l’objectif premier du fascisme italien était de « nationaliser les Italiens », comme le formule si bien l’historien Sergio Romano (‘Histoire de l’Italie du Risorgimento à nos jours’), c’est-à-dire de fabriquer depuis les hauteurs de l’État une seule identité « nationale » similaire d’un bout à l’autre du pays. Dès le tout début, la pensée du comte Sforza prenait l’exclusivisme totalitaire fasciste en tenaille, en rappelant aux Italiens qu’ils ne sont pas seulement italiens car ils sont aussi, plus généralement, européens ; pas seulement italiens car ils sont aussi, plus spécifiquement, napolitains, piémontais, siciliens, romains, etc.

Aujourd’hui, la pensée de cet antifasciste libéral me fournit des armes de choix, dont je me sers régulièrement – quitte à être un peu répétitif – sur le forum de L’Actualité et ailleurs. En voici deux parmi mes préférées:

La première, tirée de ‘L’Italie contemporaine: ses origines intellectuelles et morales’ (1948) :

«Le nationalisme n’est pas seulement la contrefaçon et la caricature du patriotisme, mais à proprement parler, son antithèse même.»

D’où mon idéologie politique, le patriotisme antinationaliste, une posture puisée à la meilleure source de l’antifascisme libéral, et qui permet de penser soit l’unité canadienne, soit l’indépendance du Québec, tout en luttant sans merci contre le nationalisme aux deux échelles. Nationalisme qui est d’abord la confusion entre citoyenneté (fait politique) et identité (fait culturel), comme dans «identité canadienne» et «identité québécoise». Dire que l’identité est culturelle, c’est dire deux choses qu’elle n’est pas. En ordre de priorités: 1) elle n’est pas naturelle (contrairement à ce que croit le racisme) et 2) elle n’est pas « nationale » (contrairement à ce que croit le nationalisme).

La deuxième, tirée de ‘Les Italiens tels qu’ils sont’ (Montréal, Éditions de l’Arbre, 1944):

«La guerre de 1939 aura montré même aux plus aveugles que rien n’est plus insensé et dangereux que de substituer exclusivement l’idée abstraite de Nation à la réalité de la vie sociale.»

Celle-là est vraiment mon arme contondante favorite, autant contre mes ennemis les zélateurs de la nation à l’échelle du Québec que contre mes ennemis les zélateurs de la One Nation à l’échelle du Canada. Une position, vous l’imaginez bien, qui me fait bien peu d’amis, tant dans la capitale provinciale (et pas « nationale », comme on dit souvent par erreur) que dans la capitale fédérale (et pas « nationale », comme on dit souvent par erreur).

«C’est un parti qui compte malheureusement un grand nombre de sympathisants xénophobes qui croient encore en la supériorité de la « race » québécoise.»
C’est du délire totale.Jamais jamais jamais de ma vie j’ai entendu un seule péquiste parler de race québécoise. Encore moins de race supérieure. Vous délirez complètement. Pire, vous diffamez

( Lorsque les ténors souverainistes martélent le genre de discours a saveur identitaire… Non seulement ils enfoncent le mauvais clou, mais ils se tapent collectivement sur les doigts.) D’ accord 100% avec Mme Hébert! Même l’ ancien premier ministre le disait a la radio de Radio Canada que ce parti avait perdu son âme!

En fait c’ est difficile de maintenir ensemble des gens de la droite, de la gauche, du centre, de l’ extrême gauche et enfin les immigrants! Si tu n’ es pas souverainiste au Québec; tu n’ as pas le droit de porter le nom de QUÉBECOIS! Si tu es nationaliste, encore ce n’ est pas suffisant pour porter le titre de QUÉBECOIS! Imaginez pour un immigrant qui arrive au Canada et veut s’ établir dans la belle province, quel LITIGE!

Bref au Québec si tu ne fais pas parti du troupeau SOUVERAINISTE et de la gauche sociale démocrate; tu es condamné a être un anti-québecois!

Concept d’un parti politique d’une cause versus un parti politique de gouvernance.
Les analystes ne semblent pas pouvoir reconnaître les distinctions entre les deux genres de partis politiques. Il faut dire que cette situation est unique au Québec où il y a un parti d’une cause, faire de la province de Québec un pays, le Québec.
Tous les autres partis en Amérique du Nord sont des partis qui ont comme mission de prendre le pouvoir d’un état pour le gouverner de la façon choisie par les membres de ce parti, dans l’intérêt de leurs partisans et accessoirement de tous leurs concitoyens.
Les analystes politiques québécois ne parlent que de gouvernance même lorsqu’ils parlent du Parti Québécois pour qui la gouvernance est accessoire. C’est ainsi que vous trouvez à l’intérieur de ce parti des gens qui aimeraient gouverner à droite, d’autres à gauche, d’autres au centre, etc. Les analystes semblent n’avoir en bouche que les débats (disputes) que suscitent des opinions de gouvernance différentes. Ils semblent ne pas avoir la capacité d’élever leur esprit jusqu’à la cause portée par ce parti qui est sa réelle identité.
Lorsque le chef du Parti Québécois refuse de parler gouvernance, les analystes sont dépassés, ils ne comprennent pas, ne crois pas, que gouverner la province de Québec ne l’intéresse pas autrement que pour réaliser l’indépendance. Ce parti veut nous donner un pays, un point c’est tout.
C’est pourtant simple.

D’abord, les immigrants viennent au Canada même s’ils sont sélectionnés par Québec et quand ils deviennent « citoyens », ils deviennent d’abord Canadiens. Donc, que le Québec approuve les immigrants n’a rien à voir avec leurs penchants pour leur nouveau pays, le Canada et cela est normal car l’immigration ne devrait jamais être basée sur les opinions politiques des immigrants. Que la majorité d’entre eux ne soient pas chauds pour la sécession du Québec n’est pas surprenant et découle en partie du respect qu’ils ont pour leur pays d’accueil. PKP ne fait que constater une réalité même si toute vérité n’est pas bonne à dire et peut lui coûter politiquement.

Deuxièmement, le PQ a lui même fait la preuve que même si le Québec continue à faire partie de la fédération canadienne, il peut très bien prendre les mesures nécessaires pour se développer normalement tout en protégeant sa langue et sa culture ainsi que son identité. Il fait face aux mêmes défis que les autres pays, grands et petits, face à l’immigration qui, jusqu’à un certain point, « dilue » l’identité d’un peuple. L’intégration d’un grand nombre d’immigrants constitue un défi croissant avec le nombre, en particulier si les gens choisissent de résider dans des « ghettos » culturels qui répliquent souvent la situation de leurs pays d’origine. Dans ce sens, le Québec s’est assez bien débrouillé pour encourager les immigrants à s’intégrer à la société d’accueil et la loi 101 en particulier n’y est pas étrangère – mais c’est justement ça qui rend le projet souverainiste un peu plus nébuleux puisque ça fonctionne en grande partie.

Pour les générations plus âgées, il est évident que le projet souverainiste est plus pertinent car ils ont connu les « Speak White » chez Eaton, la tête de cochon du maire Jones de Moncton, les déboires linguistiques du CN, la crise des gens de l’air à qui on interdisait d’utiliser le français dans les communications aériennes au Québec etc etc. Il leur incombe d’expliquer leur projet aux jeunes générations et, surtout, l’adapter aux besoins contemporains des Québécois.

Je suis en contact quotidien avec les jeunes , et de plus je ne suis pas à Montréal , mais en région, où la diversité culturelle est plutôt absente ,et effectivement mes observations donnent raison à madame Hébert .
Je crois que le P^Q est vraiment devenu une affaire de cheveux gris. J’irai plus loin, le projet de pays est tout à fait dépassé. Les jeunes me disent candidement: « On a déjà un pays. » Pour eux , c’est simple, le Canada c’est leur passeport sur le monde.

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Je ne suis pas né au Québec, ni francophone, et je me souviens de la première fois qu’un nationaliste québécois m’a dit que je ne pourrais jamais être québécois à cause des ces deux défauts. Ça rend le choix très clair, non? Si un immigrant est donné l’option ou de participer dans la création d’un nouveau pays qui ne l’inclut pas, ou de rester dans le pays qui l’accepte, qu’est-ce qu’il va faire? Le PQ récolte ce qu’il a semé.

Andreas…..

UN nationaliste…. vous a dit…. ET CELA VOUS SUFFIT ???? Ok…

On voudrait les gens d’ici plus PARFAITS que partout ailleurs… Plus évolués que tous les humains des autres contrées….

MALHEUREUSEMENT, l’ignorance de l’Autre et la méfiance de l’inconnu EST une constante quasi-universelle… OUI, il existe des gens, extrêmement ouverts et sociables, capables de dépasser ces limites et c’est tant mieux.

Mais la plupart des nouveaux arrivants AURONT à composer avec ce fait… avec des gens d’ici, au Québec. Et ils n’auront bien souvent pas à vivre, comme voisins avec des CANADIENS d’autres provinces ou avec des gens d’autres pays. Ils n’auront pas de chicane de clôture ou des expériences de continuité avec un entourage précis.

C’est alors que LEUR capacité d’intégration seront mis à l’épreuve… Et s’il s’avère que certains préféreront EXHIBER une supériorité hautaine et DÉFENSIVE dans leur interaction avec la plèbe ( comme certains aiment à mentionner ), il risqueront bien évidemment de tomber sur un os !!!!

Il pourront même entretenir, quelquefois pendant des générations, cette idée de non-acceptation de la part des » de souches « … Malgré TOUTE LA VALEUR que l’on s’accorde à soi-même, il reste toujours que c’est À NOUS de se faire accepter des autres… Et c’est TRÈS rare qu’un sourire et qu’un peu de diplomatie ne viennent pas à bout d’une réticence bien commune à la plupart des gens…

L’arrogance et la condescendance, par contre, peut souvent servir d’armure mais peut devenir gage d’EMPRISONNEMENT dans une vision négative de la majorité qui acceuille.

Cela devient alors une EXCUSE à se cantonner dans une position de REFUS d’accorder aucun mérite aux aspirations d’un peuple qui ne nous a pas ouvert les bras INCONDITIONNELEMENT… et à ne pas avoir accepter de voir notre intelligence telllllement supérieure….

A bons entendeurs, SALUT….

Ce parti me décourage que ce soit PKP ou un autre candidat sur l’identité québecoise avec un grand I. Pourquoi faut-il toujours qu’il parle en faisant des allusions sur le groupe ethnique. On le sait très bien, il y a des communautés comme il en existe partout dans le monde, on ne fait pas exception. De plus, lorsqu’un immigrant est reçu et accepté citoyen canadien, il est nous. C’est une vraie idée fixe de toujours interpellé les québecois ainsi. Je ne sais pas si le fait de faire une telle analyse, il se sent menacé par je ne sais quoi, le québecois «pure laine» n’est plus qu’une minorité à en devenir pour faire place à des québecois de tous les horizons, quelle richesse!