Petit cours de droit fiscal

Quels manquements éthiques ou moraux reproche-t-on précisément à Philippe Couillard ? Quels impôts devrait-il avoir payés, quand, et à qui ?

PolitiqueOn paie normalement ses impôts où l’on habite. C’est la règle. Elle est simple, logique, et ne pose aucun problème éthique.

Si vous êtes Français et que vous déménagez au Québec pour y travailler, vous paierez vos impôts au Québec plutôt qu’en France. Si vous êtes Québécois et que vous déménagez aux États-Unis pour y travailler, vous paierez vos impôts là-bas plutôt qu’ici.

C’est normal : vous payez vos impôts là où vous bénéficiez des services publics, et pas ailleurs. C’est la notion de «résidence». Elle s’applique au Canada, au Québec, et présumément dans la grande majorité des juridictions fiscales de la planète.

(Deux pays font aussi payer des impôts à leurs citoyens même quand ils ne sont pas résidants : les États-Unis et l’Érythrée. Par ailleurs, au Canada comme ailleurs, vous devez payer de l’impôt au Canada sur vos revenus gagnés au Canada, même si vous n’êtes pas considéré comme résidant canadien.)

Si vous travaillez et résidez dans un État qui impose moins ses résidents que le Québec, alors vous paierez moins d’impôt sur votre revenu que si vous résidiez au Québec. (Vous risquez aussi de bénéficier de moins de services publics.) Si vous travaillez et résidez dans un État qui impose davantage ses résidents que le Québec, alors vous paierez plus d’impôt. (Espérons que vous obtiendrez plus de services en retour.)

Pour déterminer la «résidence fiscale» d’une personne, les gouvernements considèrent un ensemble de facteurs : avez-vous une propriété au pays ? Y passez-vous la majorité de votre temps ? Y détenez-vous des comptes bancaires ? Profitez-vous de ses services publics ? Votre famille y réside-t-elle ?

Si vous répondez «oui» à toutes ces questions, il y a de fortes chances que le gouvernement conclue que vous êtes résidant, et qu’il cherche à vous imposer en conséquence.

Si vous répondez «non» à toutes ces questions, le ministère du Revenu ne vous pourchassera probablement pas.

Le hic, c’est quand vous répondez «oui» à certaines questions, et «non» à d’autres. Vous tombez alors dans une zone grise. Votre statut de résidant ou de non-résidant n’est plus clair, et vous vous exposez à de mauvaises surprises, comme le fait d’être simultanément considéré résidant de deux États.

Pour ces raisons, les fiscalistes suggèrent toujours aux gens qui quittent leur pays pour travailler à l’étranger de ne prendre aucune chance : plus de maison, plus de carte d’assurance-maladie, plus de compte bancaires. On évite ainsi les risques et on s’assure de ne payer ses impôts que dans la juridiction où l’on habite réellement.

Prenons un exemple au hasard : l’Arabie saoudite.

En 1975, l’Arabie saoudite a aboli l’impôt sur le salaire pour tous ses citoyens et tous les travailleurs étrangers. Si vous êtes un travailleur salarié résidant en Arabie saoudite, donc, vous n’avez pas d’impôt saoudien à payer sur ce salaire.

Cela implique-t-il que vous ayez à payer de l’impôt ailleurs ? Pas du tout — à moins d’être Américain ou Érythréen. (Le fait d’être exempté d’impôt en Arabie saoudite n’a pas pour effet de vous transformer en résident d’un autre pays.)

Que faire avec l’argent que vous gagnez comme travailleur en Arabie saoudite ? Ce que vous voulez, évidemment. Mais il faut mesurer les conséquences.

Vous pouvez le placer dans un compte de banque en Arabie saoudite. Mais, dans ce cas, vous devrez vous conformer aux pratiques bancaires saoudiennes, et vous vous exposez aux risques associés à ces comptes — incluant le risque de voir votre compte bancaire gelé pour des tracasseries administratives.

Pour éviter ces problèmes, vous pouvez déposer vos économies dans un compte en dehors du pays. Où ? Où vous voulez. Mais, là encore, il faut mesurer les conséquences.

Si vous ouvrez un compte en France ou en Angleterre, par exemple, vous paierez des impôts en France ou en Angleterre sur les intérêts de votre compte français ou britannique (voir le 4e paragraphe, ci-haut). Et ouvrir un compte en France ou en Angleterre ne doit pas être très simple pour des non-résidants.

Si vous êtes citoyen canadien, vous pouvez aussi déposer vos économies dans un compte bancaire au Canada. C’est certainement plus simple que d’ouvrir un compte en Europe ou en Asie. Vous paierez des impôts au Canada sur les intérêts générés par ce compte. Mais, dans ce cas, vous augmentez les risques d’être considéré résidant canadien et d’avoir à vous disputer avec le ministre du Revenu.

Existe-t-il une troisième solution ? Oui. Vous pouvez ouvrir un compte dans un «paradis fiscal». Ces comptes sont généralement faciles à ouvrir pour des non-résidants. Et ils sont soumis à un impôt minime ou inexistant. Ils constituent un moyen relativement simple, légal et sans risque de «stationner» des sommes d’argent à l’extérieur d’un pays où le système bancaire n’inspire pas confiance.

(Évidemment, les paradis fiscaux sont aussi utilisés par des individus et des entreprises qui font de l’évasion fiscale et/ou du trafic criminel. Mais il n’y a aucune trace d’allégation du genre en ce qui concerne Philippe Couillard. Le Parti libéral, par voie de communiqué, a par ailleurs affirmé que la plupart des collègues canadiens de M. Couillard faisaient affaire avec la même Banque Royale du Canada à Jersey.)

Supposons maintenant que vous quittiez votre emploi en Arabie saoudite pour revenir au Canada.

Du coup, vous redevenez résidant canadien, et vous devez payer de l’impôt sur tous vos revenus, quels qu’ils soient : salaire, revenus de placements, d’intérêts, etc.

Est-ce que tous vos comptes bancaires et toutes vos sources de revenus doivent être situés au Canada ? Pas du tout. Vous pouvez avoir des comptes aux États-Unis, au Maroc, en Suisse et au Bangladesh si vous le voulez. L’important, c’est que ces revenus soient déclarés à l’impôt et que vous payiez ce qui est dû. Autrement dit, il n’y a en principe rien de mal, voire d’immoral, à détenir un compte dans un paradis fiscal si l’existence de ce compte est connue du ministère du Revenu et que les impôts dus sont payés.

Comment le ministère du revenu peut-il connaître l’existence de ces comptes ? Pas facile, en raison du secret bancaire particulièrement étanche des paradis fiscaux. Les contribuables honnêtes peuvent toutefois faire une «divulgation volontaire» dans laquelle ils informent leur gouvernement de l’existence de revenus taxables qui échapperaient normalement à leur vigilance. C’est ce que M. Couillard aurait fait quand il est rentré au pays.

Depuis 24 heures, plusieurs s’époumonnent toutefois à répéter que, bien qu’elle ait été parfaitement légale, la conduite passée de M. Couillard soulève des questions morales ou éthiques.

Lesquelles, exactement ?

Quels manquements éthiques ou moraux reproche-t-on précisément à M. Couillard ?

Quels impôts devrait-il avoir payés, quand, et à qui ?

Fallait-il que M. Couillard garde ses économies dans un compte saoudien plutôt que de les transférer dans une banque canadienne en dehors du pays ? Si oui, pourquoi ?

Fallait-il que, contre les avis des fiscalistes, M. Couillard rapatrie ses économies dans un compte situé au Canada, et qu’il paie des impôts sur ces sommes ici, alors qu’il n’était pas résidant du pays et que l’ouverture d’un compte au Canada augmentait les risques qu’il soit considéré résident canadien ? Si oui, pourquoi ?

A-t-on des raisons de croire que M. Couillard n’a pas révélé le montant réel de ses avoirs à Jersey lors de sa divulgation volontaire ? Si oui, pourquoi ?

A-t-on des raisons de croire que M. Couillard, parce qu’il a légalement fait affaire avec Jersey quand il travaillait comme chirurgien en Arabie saoudite, il y a 20 ans, accepterait soudainement qu’on utilise les paradis fiscaux à des fins illégales s’il devenait Premier ministre du Québec ? Si oui, pourquoi ?

Quiconque est incapable de répondre à ces questions mais persiste dans les insinuations est coupable de salissage. Et ça, c’est immoral.

* * *

À propos de Jérôme Lussier

Jérôme Lussier est juriste et journaliste. Au cours des dernières années, il a notamment travaillé à Radio-Canada et tenu un blogue au journal Voir, en plus d’avoir été conseiller politique à la Coalition Avenir Québec. Il blogue sur les enjeux sociaux et politiques contemporains à L’actualité depuis 2013. On peut le suivre sur Twitter : @jeromelussier.

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Vous défendez très bien votre chef. C’est beau! Continuez.

Même le péquiste Devoir n’y trouve rien d’illégal ou d’immoral…:

http://m.ledevoir.com/politique/quebec/403831/paradis-fiscal-rien-a-reprocher-a-couillard-disent-experts-et-liberaux

Par contre, au sujet du « deal » du couple Marois-Blanchet et de la mafia syndicale, je vous suggère cette lecture des plus intéressantes:

http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/commission-charbonneau/201402/06/01-4736082-capital-blf-le-deal-et-les-regles-de-lart.php

« Par contre, au sujet du « deal » du couple Marois-Blanchet… »

Tu essaye de nous en passer une autre petite vite pour salir plus grand.

Les affaires de Blanchet ne sont pas les affaires de Marois.

Par contre les affaires de Couillard avec un certain Arthur Porter recherché par la justice dont des accusations de fraude, blanchiment d’argent, recyclage des produits de la criminalité et complot pèsent sur lui?

« Dans une entrevue à La Presse début mars, Arthur Porter s’en désolera, décrivant Philippe Couillard comme un «ami inconditionnel». Dans une vidéo qui refera surface à une semaine du congrès, on entend l’ancien ministre, en 2011, lors d’un colloque à l’Université McGill, décrire Porter comme un «excellent ami».

Des amis des vrai!

Tant qu’a mettre de la marde dans la fan…

Félicitations aussi, M. Lussier, vous êtes un ardent défenseur de la moralité et c’est tout à votre honneur. Retablir les faits pour M.Couillard est très noble de votre part… Et la noblesse reste une valeur droite et cohérente et Votre noblesse servira aussi à défendre chacun des politiciens dont la réputation serait mise à mal par par des intérêts vils ou immoraux…

En effet, dans toute cette histoire suivre les règles légales que le Canada a établit est primordiale. Comme nous le faisait comprendre M. Alain Deneault à l’émission Tout le monde en parle: Les banques Canadiennes sont parmi les créateurs de programmes de Paradis fiscaux « clé en main » qui ont le plus d’expertise en la matière. Réf. Les Paradis Fiscaux, par Alain Deneault.(2013)

Tous très légales, plusieurs économistes, en contestent pourtant la Moralité ( probablement de mauvaises langues qui pourraient sûrement se voir accusés de diffamation 🙂

Donc M. Lussier, d’accord avec vous, à bas le salissage immoral de TOUS les politiciens tout parti confondu…:-) Et faisons taire ces mauvaises langues… potentielles.

Tiens en passant, une autre question que je crois être en droit de pouvoir demander, en tant que citoyen dans une démocratie où la liberté d’expression est une valeur individuelle hautement prisée….

Comment ce fait-il qu’il y ait un si grand nombre de journalistes, de chroniqueurs et d’analystes de tout acabit qui semblent affectionner, défendre, publiciser et favoriser tant le parti libéral ???? On jase là….

Moi, je ne suis pas invité, bien sûr ( il devrait y avoir une touche » bien sûr » sur mon clavier ) aux conférences de presse du parti (et je ne le souhaite pas vraiment non plus). Donc des conférences de presse où les crevettes, les petits fours et le bar doivent être merveilleusement disponibles….

C’est, bien sûr, une supposition car j’essaie seulement de comprendre…. Le parti libéral a toujours été reconnu pour son expertise en matière de financement politique et électorale ( j’espère que je n’invente rien là 🙂 comme les diners à $5000 ou $10,000. le couvert etc. Alors il doit savoir » recevoir »…

Peut-être que c’est pas facile de mordre la main qui sait si bien les sustanter…. Si il y a des citoyens qui ont de meilleures réponses à mes interrogations, (ma foi bien légitime…. Je pense….) n’hésitez pas… J’essais de réfléchir, tout simplement…:-)

Les journalistes sont assez instruits pour comprendre ce qu’est un état de droit. Le Canada est un pays qui reconnait le droit à la liberté d’opinion et vous avez bien le droit de privilégier un état où les citoyens seraient jugés non pas selon des lois écrites et adoptees par un processus démocratique comme le vote nominal d’une assemblée legislative mais selon le code moral d’un petit groupe. Aurez-vous au moins l’humilité de publier une ‘bible’ ou votre moralisme est-il infaillibe et indisputable?

Bonjour Violette, J’attendais cette accusation de moraraliste ou angéliste ou plus blanc que blanc… elles sont nombreuses c’est, soi-disant, accusations qui servent habituellement à chercher à faire taire….

Au contraire je vous encourage à discuter et à élaborer ces notions morales. A échanger sur les différentes visions que nous pouvons avoir, en tant que citoyen, sur le » comment vivre ensemble » et » dans quelle genre de société voulant nous vivre.. nous et nos enfants »

Si j’ai une bible ? Ben voyons: non seulement un « résidus » de valeurs et d’Histoire qui m’aide à penser un idéal qui NE DOIT certainement pas être DOGMATISER dans une bible…Un idéal ou des valeurs qui demandent à être confronté à une réalité qui évolue et qui devrait, selon moi, être orienté par le plus grand nombre de citoyens…

Justement parce qu’aujourd’hui le rouleau compresseur de la Mondialisation FINANCIÈRE nous tire dans une direction qui peut ne pas être trés favorable à une classe moyenne importante pour la démocratie….

Mais cela, c’est seulement mon HUMBLE avis… faïllible et disputable….( 😉

Vous passez à côté de la vraie question, la plus importante et ce n’est pas une question de Droit mais une question de Principe : Si un futur politicien à simplement penser exploiter un paradis fiscal parce que « tout le monde le fait » et que c’est légal , pouvons nous croire que plus tard cet individu viendra en politique pour y travailler en veillant aux intérêts des citoyens qu’il représentera. Voilà la bonne question.

Maintenant oublions cet acte légal qu’à fait m.Couillard et voyons ce qu’il a fait de 2003 à 2008 alors qu’il était ministre de la Santé au PLQ… Hum ! Pas sûr qu’ils a toujours travailler en recherchant et favorisant le meilleur intérêt des québécois, il a plutôt travailler dans le sens des meilleurs intérêts des services de Santé privés et il revient comme chef du PLQ en nous disant ouvertement que la solution qu’il entrevoit aux problèmes des services de Santé du Québec passe par d’avantage de cliniques et services privés au frais du secteur public ,

Elle est là la question, est-ce qu’on peut faire confiance à P.Couillard pour s’occuper de nos affaires ?

Avant de jouer aux vierges offensées, je me demande combien d’entre nous auraient fait la même chose que le Dr Couillard. Moi, je ne m’en cache pas, j’aurais sûrement fait comme lui.

En ce qui regarde les soins au privé, à vrai dire cette notion à l’effet que tous les soins de santé devraient toujours être nationalisés me dépasse. Récemment j’ai du subir des radiographies et je me suis présenté dans une clinique privée avec ma carte d’assurance maladie. Dix minutes d’attente, pas de frais de stationnement et un travail très professionnel. Si j’avais attendu d’avoir un rendez vous dans une centre hospitalier, Dieu sait combien de temps j’aurais du attendre et quels patients urgents j’aurais pénalisés. Je ne vois pas en quoi la société est pénalisée par le fait que j’aie utilisé une clinique privée pour répondre à mon besoin.

À mon avis, ça ne coûte pas plus cher au gouvenrnement et, pour certains besoins, c’est beaucoup plus efficace. Sans ces cliniques, plusieurs ne pourraient bébéficier des services dont ils ont besoin dans un temps rasisonnable sans mettre en danger leur santé voir leur vie.

Diogene,
le danger, je crois, avec les cliniques privées, est la tentation ( si mal règlementée) qu’elles produisent ce que l’on appelle une médecine à deux vitesses.

C’est à dire, offrir des soins plus spécialisés, plus marketing et beaucoup plus dispendieux que, seule, une portion très aisée de la population pourrait s’offrir. De plus, avec une surenchère des rémunérations, ces cliniques pourraient drainer une portion grandissante
de médecins et spécialistes privant le secteur publique ainsi l’ensemble des citoyens, lesquels auraient contribués financièrement aux études de ces mêmes médecins…

On voit, ici, le côté ironique de la chose… Par contre, j’imagine que rien n’empêche la recherche de solutions mitoyennes…

— D’accord avec vous !

J’aimerais en complément de tout ceci apporter quelques précisions relatives au soi-disant concept de « paradis fiscaux », un terme four tout pour parler de tout et de rien.

Dans le reportage présenté par Ici-Radio-Canada :
http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-quebec-2014/2014/03/26/018-philippe-couillard-paradis-fiscal.shtml

Le journaliste Alain Gravel, dont on connait pourtant usuellement la grande éthique professionnelle, affirme que Jersey se trouve sur la liste noire des paradis fiscaux. Je me demande d’où il sort une telle information. Hormis le fait qu’il n’existe plus de liste noire des paradis fiscaux et seulement une liste grise. Jersey ne figure pas sur cette liste car au risque de déplaire à celles et ceux qui voient le mal partout : ce n’est pas un paradis fiscal.

— Pas plus, dans les années 90, Jersey ne figurait sur une quelconque liste noire des paradis fiscaux. Cela relève de la légende urbaine.

Ici on amalgame très exactement deux concepts, pour n’en former qu’un :

1/ Le concept de : Centres financiers off shore dans lesquels toutes les grandes banques ont pignon sur rue.

2/ Le concept de Paradis fiscaux dans lesquels les pays (et non les établissements financiers) n’ont aucune entente fiscale (ou presque) avec qui que ce soit, ne rendent presqu’aucun compte sur la provenance des capitaux qu’ils reçoivent et abritent toutes sortes de compagnies ou sociétés écrans dont la finalité est bien de planquer de l’argent. Ce qui correspond par conséquent à la définition de l’évasion fiscale.

Jersey est bien listée parmi les centres financiers off shore. Plusieurs îles britanniques disposent de ce privilège en raison du fait que ce sont des zones franches, qui disposent d’une fiscalité et de taux de taxation plus avantageux. On trouve aussi dans le même cas : Guernesey, tout comme l’île de Man. Quoiqu’il en soit, la réglementation bancaire qui s’applique est conforme à celle du Royaume-Uni et les banques, comme les déposants qui font affaire à Jersey doivent s’y conformer.

L’Island d’où est partie d’ailleurs la crise financière de 2008, est un de ces centres financiers, tout comme c’est également le cas du Luxembourg qui compte plus de sièges sociaux de compagnies qu’elle ne compte pratiquement d’habitants.

L’OCDE qui tient d’ailleurs un palmarès des meilleurs endroits en Europe pour profiter de conditions fiscales hors paires place en tête les Principautés : d’Andorre, celle du Lichtenstein et celle de Monaco. Pas étonnant donc que des sportifs de haut-niveaux (incluant des canadiens) choisissent Monaco pour y résider. Pas seulement pour le soleil, mais parce que leurs grosses primes qu’ils perçoivent ne sont pour ainsi dire pas taxées. Ce qui ne les empêche pas de représenter nos couleurs dans le monde et même de recevoir toutes sortes d’honneurs de la main même de celles et ceux qui nous dirigent. Tandis qu’ils ne payent pas une cent d’impôts au Canada.

On peut bien sûr s’interroger du caractère éthique de cette démarche d’évitement fiscal. Si ce n’est que les canadiens, particuliers, comme entreprises, peu importe où se trouve leur foyer fiscal, sont des spécialistes pour trouver des moyens pour réduire leurs impôts ou les reporter de diverses façons.

Pas étonnant d’ailleurs qu’une formation comme Québec Solidaire propose d’aller chercher un peu plus d’argent dans ces sociétés ou ces particuliers qui savent comment faire en toute légalité pour payer moins de taxes et d’impôts.

— Mais quel gouvernement fédéral ou provincial serait prêt aujourd’hui à s’engager sur la voie d’une véritable réforme fiscale ? Certains économistes, souvent libertariens d’ailleurs, inspirés par ce grand économiste qu’était Friedrich Hayek souhaiteraient une réforme plus juste et plus équitable des prélèvements publics.

Y’a-t-il un seul parti ici-même qui serait prêt à engager sa responsabilité et sa confiance dans pareille direction ?

Excellent résumé de l’état des lois fiscales. J’ajouterai que les USA n’imposent pas les premiers 97 000 $ et offrent une déduction pour l’impôt payé à un pays étranger sur les montants supérieurs à 97 000 $.

Mais au Québec, il faudrait satisfaire non seulement les lois civiles telles qu’écrites mais les lois morales non-écrites, dites lois moralo-nationalistes. La sharia est fondée sur un texte religieux, le Coran, alors que les lois moralo-nationalistes québécoises sont sans fondement. Un ayatollah de la pensée nationaliste n’a qu’à vous accuser d’avoir des pensées immorales pour qu’on vous déclare coupable et c’est à vous de prouver votre innocence.

Les québécois qui se disent moralement insultés par les agissements de M. Couillard, que font-ils lorsque leur plombier, leur menuisier, leur électricien leur offre un beau rabais s’ils renoncent à leur facture? Pourquoi ont-ils recours à tous les crédits d’impôt qui leur sont offerts lors du rapport annuel? Pourquoi ne pas ignorer ces crédits, par devoir « moral » envers le Québec ou le Canada?

Bonjour Monsieur Lussier. Merci de votre invitation.

Quels manquements éthiques sont reprochés ? Juste un. Avoir utilisé un paradis fiscal alors que déjà à l’époque de M. Mulroney c’était considéré comme de l’évasion fiscale.

Quels impôts , à qui et quand ? Il n’a pas nécessairement à payer de l’impôt puisqu’il n’était pas résidant canadien et qu’il habitait (avait-il le statut de résidant ? Sinon, de quel pays était-il ?) ne l’en obligeait pas. Toutefois pour quelqu’un qui veut servir le Qc, il m’est difficile de le croire s’il n’a pas participé d’une manière ou d’une autre (mais de préférence bénévole) à l’amélioration de son milieu de vie et de ses voisins, compte tenu de ses moyens. A-t-il été membre de Médecins sans frontière ? Sinon c’est dommage car je suis sur qu’il aurait été très bon.

Où M Couillard devait-il placer ses économies ? Où il veut mais il aurait pu laisser de côté le paradis fiscal. N’oublions pas que M Couillard est médecin parce que ses concitoyens, via leurs impôts, soutiennent l’Université à laquelle il a étudié et par conséquent, a une certaine dette envers eux… Quand même, on s’entend que si une partie de ses études est financée par ses voisins, ce n’est pas (juste) pour ses beaux yeux.

En ce qui concerne le risque d’être résidant canadien vis-à-vis de ses économies, je ne saisis pas où est il est, ce risque. En fait, à force d’écouter les Premiers Ministres variés du Canada dirent que le CND est le plus meilleur pays du monde, j’aurais plutôt l’impression que le risque en vaut la chandelle. Sauf, bien sur, si on considère la solidarité citoyenne comme étant un risque quasi-mortel.

À propos de la divulgation, franchement oui ! Si on utilise un paradis fiscal, vu le niveau de cachotterie qui existe, il faut s’attendre à ce genre de soupçon. S’il a « sous-estimé » ses avoirs, il aura payé moins d’impôts sur les intérêts. Ce serait conséquent avec l’utilisation d’un paradis fiscal.

Enfin quant à la question que M Couillard pourrait avaliser l’utilisation « illégale » des paradis fiscaux, cette question n’est pas pertinente et plutôt tendancieuse.

« Depuis 24 heures, plusieurs s’époumonnent toutefois à répéter que, bien qu’elle ait été parfaitement légale, la conduite passée de M. Couillard soulève des questions morales ou éthiques.
Lesquelles, exactement ?
Quiconque est incapable de répondre à ces questions mais persiste dans les insinuations est coupable de salissage. Et ça, c’est immoral. »

Comment dire mieux!!!!

Serions-nous trop sevré, alimenté, gavé par les « Commissions Charbonneau, Marteau etc… »? C’est vrai que de se faire dévoiler en bloc autant de tricheries peut rendre même les plus raisonnables suspicieux. Mais quand même, restons MAÎTRE de notre DISCERNEMENT des faits et de la réalité .

Salir la réputation de qui que ce soit à des fins partisanes et de pouvoir demeure une bassesse aussi immorale que répugnante.

Si on devait élire un Ministre avec cette stratégie de fond, cela équivaudrait à dire que le citoyen n’a plus d’outils « de valeurs » pour voter. On a beau dire que le Québec est différent, encore faut-il que cette différence en soit une positive. Et là, on est dans un Québec de guerre de « suspicions », ça sent vraiment mauvais, ça pu la vengeance et les petites mesquineries.

Le salissage sous toutes ses formes est immoral. Dans la vie de tous les jours comme dans les débats politiques. Point final.

Mais pourquoi aller en Arabie saoudite??? Voici la réponse:

« Les hôpitaux du Moyen-Orient offrent aux candidats l’opportunité de gagner des salaires exonérés d’impôt de même que d’excellentes conditions de travail dans des hôpitaux très modernes dotés de la technologie la plus avancée. La plupart des pays du Moyen-Orient acceptent un enregistrement à partir de votre pays d’origine. En plus de salaires exonérés d’impôt, les candidats bénéficient normalement de vols annuels et d’un logement gratuits. Au regard des salaires et des avantages offerts, les salaires les plus élevés sont généralement offerts en Arabie Saoudite. » (réf.:http://www.imsrecruitment.com/france/index.html).

Couillard veut faire le plus d’argent possible sans aucune considération pour la société qui lui a permis de faire ses études. C’est ça qui est immoral.

M. Lussier, les lois sont faites pour protéger les riches et leur fortune. La preuve? Le vol est puni par la loi mais « ne pas partager », au prix de voir des gens mourir de faim, ne l’est pas. Moral ou immoral?

Comme l’explique le chroniqueur, Philippe Couillard avait le choix de placer ses revenus de chirurgien non imposables en Arabie Saoudite dans une banque au Canada. Il n’aurait alors payé d’impôt que sur les revenus d’intérêts ou de placement.

Mais en plaçant son argent dans un compte secret, il a bénéficié d’un autre avantage. Il a pu déclarer le montant qu’il veut dans sa «déclaration volontaire». Il a déclaré un montant de seulement 600,000$ pour quatre années de chirurgies neurologiques, sa rémunération non-imposable en Arabie. Difficile à croire qu’il n’ait pas accumulé plus d’argent. On peut évaluer qu’il a gagné 2 millions de dollars. Où est le reste de cette somme?

Autre chose, dans la déclaration de revenu et d’actifs qu’il vient de rendre publique, le Dr Couillard, fait état d’un revenu de 136 305$ en dividendes de sociétés canadiennes avec des actifs totaux de 667 160$, selon La Presse du 27 mars, incluant sa résidence. Comment M. Couillard fait-il pour obtenir de tels dividendes avec des actifs si réduits?

Bon soit , mais que fait-on de Mme Marois et sa non- divulgation. De sa fiducie familiale , du DEAL avec le fond de solidarité? Pour les gens ordinaires je ne crois pas que Mme Marois soit plus blanche que M. Couillard! Même sincèrement je crois que Mme Marois a un plan planiffié pour prendre le pouvoir et ensuite nous éduquer à l`indépendance et je ne suis pas le seul à penser comme cela! D`ailleurs vérifiez les résultats le 7 avril au soir et vous verrez!!

Le cours de droit fiscal serait tout à fait compréhensible et ne susciterait aucune objection, si celui qui a vécu l’expérience de l’Arabie Saoudite, de s’être conformé à la règle des impôts du lieu où il était domicilié et d’avoir déposé ses avoirs à la Banque Royale du Canada à Jersey, s’était appelé René Lévesque, Bernard Landry, Jacques Parizeau… au lieu de Philippe Couillard. Par le fait même, pour agir selon les règles de l’art et être considéré tel, cet homme, d’une autre allégeance, avait l’obligation d’être marqué du sceau de la caste, sinon il est discrédité. La réaction d’avoir mis tant d’emphase sur cette HAUTE TRAHISON n’est pas rationnelle mais provient d’un réflexe reptilien. Pour eux, cette perception des choses est naturelle et toute explication est superflue… dans dix ans, ils vont toujours en parler avec la même intensité, avec la même errance. Là où ma surprise est entière est qu’Alain Gravel, que je considérais intègre, ait sorti ce NON ÉVÉNEMENT, en pleine campagne électorale: Radio-Canada a l’obligation de livrer des sujets qui reposent sur l’exactitude et la rectitude.