Petit guide de nomination partisane

Quand vient le temps de nommer ses amis dans différents postes du gouvernement, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Est-on en train de faire une vilaine nomination partisane ? Comment devrait-on réagir ?

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Photo : Getty Images

Quand vient le temps de nommer ses amis dans différents postes du gouvernement, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Est-on en train de faire une vilaine nomination partisane ? Comment devrait-on réagir ? Voici un petit guide qui saura éclaircir la situation pour les politiciens un peu déboussolés.
Politique

Qu’est-ce qu’une nomination partisane ?

Une nomination peut être qualifiée de partisane lorsqu’elle implique des gens du parti adverse.

Comment déterminer si vous venez de faire une nomination partisane ?

Avez-vous nommé à un poste important quelqu’un très près de votre parti, le tout donnant l’impression qu’il s’agit d’une compensation ou d’une récompense ?

A) Non — alors ce n’est pas une nomination partisane.

B) Oui — alors ce n’est pas une nomination partisane, puisqu’il s’agit de quelqu’un de près de votre parti. Il possède donc un profil exceptionnel et des compétences exceptionnelles qui lui permettront de faire un travail exceptionnel. C’est d’ailleurs exclusivement pour ça que vous lui donnez ce poste.

Devrait-on s’abstenir de faire des nominations partisanes ?

Tout à fait ! Le parti adverse devrait vraiment s’abstenir de nommer ses amis. C’est inacceptable lorsqu’il le fait. Lui.

La députée péquiste Agnès Maltais apporte cependant une nuance : on peut faire des nominations partisanes, mais il faut le faire au moment approprié.

«Selon Mme Maltais, les péquistes attendaient généralement la fin des mandats avant d’effectuer des nominations.»

– Le PQ qualifie les récentes nominations libérales de «nettoyage», 11 septembre 2014

Comment réagir lorsqu’on est témoin d’une nomination partisane, ou qu’on nous accuse d’en avoir fait une ?

Le passé est une source pratiquement infinie de réactions possibles face à une nomination partisane. N’hésitez pas à réutiliser de vieux classiques tels que :

«Je trouve que c’est du patronage éhonté, une bêtise monumentale. (…) Cela envoie le message que pour faire carrière dans la haute fonction publique, ce n’est pas la compétence qui compte mais plutôt de posséder la carte du parti au pouvoir.»

Jean-Pierre Charbonneau (PQ), 15 novembre 2003

«Nous, on a mis des gens compétents en qui on a confiance dans ces fonctions-là. (…) C’est le PQ qui a dégommé Lise Thibault comme présidente de l’Office des personnes handicapées du Québec. C’est eux qui vont nous faire des leçons de morale ?»

Thomas Mulcair (PLQ), 17 novembre 2004

«C’est un retour au patronage des années 1950.»

Bernard Landry (PQ), 3 septembre 2004

«Pour le PQ, leur opération, c’est de dire que tout ce qui est libéral est incompétent, mais si c’est péquiste c’est parfait. On a une mesure de l’hypocrisie qui se cache derrière leur stratégie.»

Jean-Marc Fournier (PLQ), 26 octobre 2010

«Nicolas Girard était le principal tireur et dénonciateur de nominations partisanes. […] J’imagine [qu’il] aura la décence, dans la foulée des opinions qu’il a émises largement en chambre, de refuser une nomination si elle lui était proposée dans ce contexte-là.»

Pierre Moreau (PLQ), 27 septembre 2012

«Quand le Parti québécois formait le gouvernement, il privilégiait la compétence.»

Bertrand St-Arnaud (PQ), 20 octobre 2012

«Le PQ nommera sur la base des compétences. […] La meilleure façon de servir l’intérêt public est de ne disqualifier personne. On met la meilleure personne au bon endroit.»

Yves-François Blanchet (PQ), 3 novembre 2012

«Le Parti québécois applique le principe de “un péquiste, une job” et vraisemblablement, ils vont nommer des péquistes jusqu’à ce qu’il n’en reste plus.»

Lise Thériault (PLQ), 10 avril 2013

«Doit-on comprendre ici que c’est plutôt parce qu’elle lui doit une faveur ou parce qu’un chum, c’est un chum ?»

Lise Thériault (PLQ), 16 avril 2013

Peut-on faire quelque chose pour régler le problème ?

Je ne comprends pas la question. Pourquoi voudrait-on changer quoi que ce soit ?

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À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web et ex-chroniqueur musique à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue sur la politique avec un regard humoristique depuis 2014. Il a aussi participé à de nombreux projets radio, dont Bande à part (à Radio-Canada) et Dans le champ lexical (à CIBL). On peut l’entendre régulièrement à La soirée est encore jeune, et le suivre sur Twitter : @OursMathieu

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Le P.Q.dit à propos des nominations partisanes que leur gouvernement ne nommait que des gens d’expérience et Nicolas Girard quelle expérience avait-il et pourtant il fait un très bon travail. Le gouvernement actuel ne l’a pas remercié. Ce même M.Girard s’époumonait dans l’opposition contre les nominations partisanes.C’est bien pour dire pour les autres c’est pas bon mais pour lui c’est correct….