Pierre Bibeau, un candidat pour l’«optimisation» chez Loto-Québec

Alors que le gouvernement Couillard est en mode austérité, exigeant des sacrifices ici et là, il serait indécent qu’il récompense Pierre Bibeau d’un poste grassement payé, dit Brian Myles.

Pierre Bibeau témoigne devant la Commission Gomery en 2005. (Photo: Paul Chiasson/La Presse Canadienne)
Pierre Bibeau témoignant devant la commission Gomery, en 2005. (Photo: Paul Chiasson/La Presse Canadienne)

PolitiqueQuelle fâcheuse coïncidence. Loto-Québec a coupé une soixantaine de postes depuis mai dernier, révèle Le Devoir de ce mardi… soit le jour même où un vice-président quasi tabletté de la société d’état, Pierre Bibeau, livre un témoignage gênant à la commission Charbonneau.

M. Bibeau est toujours vice-président «sans rôle défini» à Loto-Québec. Il s’occupe de mandats ponctuels, dont celui de «l’optimisation des espaces», un terme de technocrate qui désigne un travail bien simple. Il doit évaluer les besoins en espace de Loto-Québec et suggérer des ajustements sur la taille de son parc immobilier.

Dans un souci d’optimisation, Pierre Bibeau devrait libérer son bureau. Pour de bon.

M. Bibeau est un militant libéral de longue date. Il fut notamment l’organisateur en chef du PLQ, de 2001 à 2003, avant d’être nommé vice-président aux communications et affaires publiques à Loto-Québec, en 2003.

Il n’a jamais véritablement tourné le dos à la politique. Il a rencontré, à ses bureaux, des ingénieurs et des entrepreneurs mêlés au financement sectoriel du PLQ, dont Lino Zambito. Il a favorisé sa famille, ses amis et les collecteurs libéraux dans la distribution des billets de faveur de Loto-Québec.

Même s’il n’y avait rien d’illégal dans ses activités parallèles de scalper, elles sentent le copinage.

La commission Charbonneau soupçonne que sa générosité relève de l’échange de bons procédés. Les billets étaient souvent destinés aux amis de la famille libérale. Un autre hasard.

M. Bibeau aurait aussi continué de s’impliquer dans le financement de son épouse de l’époque, Line Beauchamp, qui était ministre dans le cabinet de Jean Charest.

Lino Zambito a affirmé qu’il a versé 30 000 dollars (en argent comptant) à Pierre Bibeau pour le financement de Mme Beauchamp. Le principal intéressé a nié les faits, mais deux semaines après le témoignage de Zambito, il vidait ses coffrets de sûreté.

À titre de gestionnaire d’une société d’État, Pierre Bibeau ne pouvait s’impliquer dans la politique active. La preuve présentée à ce jour à la commission tend à démontrer qu’il a transgressé cette règle. Lino Zambito et l’ancienne secrétaire de M. Bibeau, Jocelyne Truchon, ont livré des témoignages autrement plus crédibles que le sien.

Alors que le gouvernement Couillard est en mode austérité, exigeant des sacrifices ici et là, il serait indécent qu’il récompense Pierre Bibeau d’un poste grassement payé pour ses errements du passé. Inaugurer une nouvelle ère implique aussi de faire table rase du passé. Il n’y a pas de raison que la famille libérale échappe aux efforts d’optimisation.

* * *

À propos de Brian Myles

Brian Myles est journaliste au quotidien Le Devoir, où il traite des affaires policières, municipales et judiciaires. Il est présentement affecté à la couverture de la commission Charbonneau. Blogueur à L’actualité depuis 2012, il est également chargé de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). On peut le suivre sur Twitter : @brianmyles.

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Un autre libéral au tableau noir…
Ça doit-être ça les changements promis du docteur: changement pour la population qui paiera les pots cassés, mais pas de changements pour les membres de la cour!
Si non, qu’est-ce qui fait qu’il occupe encore un poste aussi bien rémunéré mais complètement inutile?
Si non, que font les Hamad, Thériault et qui d’autres comme celle qui ne savait pas…la très honorable Julie Boulet comme ministre, même comme député libéral?

Il ne se passe pas une semaine sans qu’on entende des problématiques au sujet de membres du parti libéral. Le parti libéral est comme un iceberg , sous-entendu que ce qu’on ne voit pas est le plus dangereux. La compagnie Mosanto ne pourrait-elle pas produire un mélange pour éradiquer ces mauvaises pousses.

Il y a un truc que je ne comprends pas. Depuis des mois, les médias nous disent que la comission cherche à faire le lien entre le politique et le financement illégal. Avant M. Bibeau, on a le témoignage d’un organisateur de Pauline Mirois qui nous dit qu’en 2008 il a sollicité Roche pour un « don » de 10,000$ qu’il a reçu (en prête-nom sinon est encore plus dans l’illégalité). L’organisateur en parle à Mme Marois. Là, on a le fameux lien direct en financement et politicien et en plus au sommet de l’appareil d’un parti et … Et plus rien. Pouf! Évaporer. Je n’ose même pas imaginer le même témoignage où le nom de Jean Charest aurait été cité!

J’endosse entièrement les commentaires de Martin Beaulieu. Quand la commission Charbonneau va-t-elle enquêter sur le copinage et la collusion péquiste et ne faire que des effleurements et non de vraies enquêtes sur ce parti et n’enquêter que sur les libéraux? La Commission serait-elle infiltrée par le PQ, que se passe-t-il, on veut que le PQ soit enquêté sur les années qui découlent de la Commission et ça presse avant la fin de son mandat.

C’est justement la question que je me pose? On enquête sur les libéraux et le P.Q dans les années 95 à 2003 qu’en fait-on ?On en a eu une petite idée avec M.Chevrette et Mme Marois mais,veut-on nous faire croire qu’il n’y en a pas d’autres?Et le supposé montant que M.Blanchet aurait demandé pour son épouse c’est au point mort.? Je veux bien croire que les libéraux sont croches mais de là à croire que le P.Q.n’aurait rien fait d’illégal de plus mon oeil !!! Marie Gaétane Charest

Non mais franmchement, tout parti confondu, un gars comme Bibeau « sacrez-moi ça à la porte et ça presse » Un méchant gros colon en plus d’être un hypocrite et bandit de grand chemin… !!!

Ce nest pas que le PQ est blanc comme neige!
C’est qu’il était second:et on donne plus au premier qu’au second ou troisième…
L’enquête ne porte pas beaucoup avant 2003.

Personnellement, cela fait déjà longtemps que j’estime que l’État québécois devrait se désengager de l’industrie du jeu qui dans ce segment touche directement ou indirectement l’industrie du sport et spectacles, l’hôtellerie, tout comme en sous-main des activités grises, voire prohibées comme la prostitution ou le trafic de stupéfiants ; même la distribution des alcools et autres spiritueux ne devrait pas selon moi impliquer l’État.

Mais ça fait rien ! Au Québec on est fier de nos sociétés d’État. Même si dans certains secteurs énergétiques comme les éoliennes notamment, la gestion de ce type d’énergies en principe renouvelables, donc rentables à long terme, se trouvera avoir été menée non pas de main de maître mais en dépit du « bon sens ».

Aussi pourquoi faudrait-il s’étonner plus que cela ? — Qu’il y ait toutes sortes de copinages ici ou là, qu’il y ait quelques jeux de coulisses quand le monsieur a aussi été l’ex-copain d’une ministre senior de l’ère Charest laquelle s’est assez bien planté merci par son incompétence dans la gestion positive d’une crise étudiante.

Ce que nous enseigne jusqu’à présent et globalement la commission Charbonneau, c’est que ce copinage est en quelques sortes œcuménique, si vous faites partie de la « gang », peu importe votre couleur politique, votre allégeance syndicale ou syndicaliste. L’ensemble de vos prières et de vos oboles seront partagées parmi les tous les fidèles et les croyants.

Et si vous n’êtes pas dans la « gang », c’est vous qui avez tort ! Ça vous fait manquer bêtement quelques bons spectacles, quelques joyeux divertissements, quelques bonnes bouteilles ou quelques voyages que vous pourriez avoir gratis en échange de vos bons procédés, comme de vos bons et loyaux services.

Alors c’est tant pis pour vous ! Vous ne vous rendez de toute évidence pas compte de toutes ces bonnes choses que vous avez manqué et que vous risquez à l’avenir de continuer çà et là encore de vous en voir privé, il n’est pas trop tard, rejoignez vite le troupeau de moutons 🙂

Je pensais aux coupure de poste à LOTO/Québec. Quelle honte de garder un Bibeau qui nous a volé. Si les coffres de l’État sont vides, c’est le PLQ qui pendant 9 ans les ont vidés.
Le pire c’est de garder un tel parasite et combien d’autres,?
Louise

Si j’ai bien saisi son témoignage, M. Bibeau a vidé ses comptes de banque par anxiété et ses coffrets de sécurité qui ne contenaient que des bacs de cennes noires (à changer en billets au casino). De deux choses l’une, ou M. Bibeau nous prends pour des valises ou il est d’une incompétence crasse. Dans les deux cas, il faut le foutre à la porte vite et sans compensation.

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