PKP : briseur de pays et ennemi des Nordiques

«Quand LE magnat de la presse au Québec se présente en politique, on devrait avoir assez d’arguments sous la main sans avoir à ressortir les Nordiques». Un billet humoristique de Mathieu Charlebois.

PolitiqueJe pourrais parler longtemps de Pierre Karl Péladeau et des problèmes éthiques et moraux qui entourent son arrivée au PQ. Je pourrais, mais je ne le ferai pas parce que j’aimerais pouvoir encore travailler dans les médias quand se terminera mon contrat avec L’actualité. (Juge à La Voix ? Je ne dirais pas non. Si Éric Lapointe peut…)

En lieu et place, je vous propose de nous pencher sur l’étrange réaction du PLQ face à l’arrivée de PKP au PQ. Vous l’aurez compris : ce billet contiendra son lot d’initiales en majuscules.

Le plan Nord(iques de Québec)

Si l’expression «les grands esprits se rencontrent» est vraie, le libéral Sam Hamad doit se sentir souvent bien seul. Abonné aux déclarations aussi éclairantes que l’ampoule du frigo de Gandhi pendant sa grève de la faim, Hamad a lancé, lundi matin :

«Les gens de Québec, ils ne veulent pas un pays, ils veulent une équipe de hockey.»

Parce que, c’est bien connu, la LNH ne donne des équipes qu’à des villes qui sont dans des provinces, pas à celles qui sont dans des pays. Ou quelque chose comme ça. (Je ne suis pas vraiment le sport. Jusqu’à ce matin, je pensais que l’équipe de Québec s’appelait le National.)

Il y a sans doute trop de syllabes dans l’expression «faux dilemme» pour que ça vaille la peine d’essayer d’expliquer ce concept à Sam Hamad. Passons donc.

Il poursuit :

«M. Péladeau s’engage en politique, s’engage pour faire un pays. Je suis convaincu que son arrivée en politique va nuire au dossier de l’amphithéâtre […] Pensez-vous que M. Bettman et ses associés veulent avoir quelqu’un de ce genre-là ?»

Je me demande ce qui est le plus difficile à croire :

– Que Gary Bettman s’intéresse activement à la politique du Québec.
– Que Gary Bettman, telle une octogénaire anglophone de Westmount, aurait un mouvement de dégoût devant un séparatiste.
– Qu’un politicien qui a déjà été ministre puisse proposer ce genre d’argument.

Le PLQ accuse le PQ de diviser les Québécois avec la Charte des valeurs, mais il souhaite le retour des Nordiques, dont la rivalité avec les Canadiens divise encore le Québec même après 20 ans d’absence. Où est la cohérence ?

Parlant cohérence…

PKP veut t’enlever tes Rocheuses

Dimanche, on pouvait trouver sur la page Facebook du PLQ cet avertissement :

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Alors je peux voter pour lui même si je suis fédéraliste ? Je note, PLQ, je note.

Pierre Karl Péladeau, un faux séparatiste ? Quel coup de théâtre !

Puis, le lendemain, autre coup de théâtre ! PKP est un vrai séparatiste.

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Oui, c’est une vraie image créée par le PLQ et rendue publique. Je vous le jure.

Les séparatistes veulent «briser un pays» et les électeurs «devront choisir entre un référendum et des emplois». Le sentez-vous, ce vent de fraîcheur qui souffle sur la politique au Québec ? Les entendez-vous, ces paroles inspirantes qui nous parlent de choses inédites ?

Non ? Moi non plus.

Quand LE magnat de la presse au Québec se présente en politique, on devrait avoir assez d’arguments sous la main sans avoir à ressortir les Nordiques. Quand son entreprise est responsable d’autant de lock-out que Sam Hamad a de pieds dans la bouche, a-t-on vraiment besoin de se rabattre sur la peur de perdre son passeport ?

Mais si vous voulez aller par là, cher PLQ, d’accord. Je vous soumets humblement ces deux images, que vous pourrez utiliser à votre gré.

PKP-nordiques PKP-rocheuses

Tout le plaisir est pour moi.

***

Pendant ce temps, dans la caravane du PQ…

En apprenant que PKP se joignait au PQ, Yves Desgagnés s’est tout de suite enquis : «M. Péladeau, a-t-il déjà eu une luge ? Parce que ça ferait une maudite bonne suite à La Première, ça… Citoyen Pierre Karl…»

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue sur la politique avec un regard humoristique depuis 2014. Il est aussi chroniqueur musique pour le magazine L’actualité depuis 2011 et co-rédacteur en chef du webmagazine culturel Ma mère était hipster, en plus d’avoir participé à de nombreux projets radio, dont Bande à part (à Radio-Canada) et Dans le champ lexical (à CIBL). On peut le suivre sur Twitter : @OursMathieu.

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Bonjour,premierement il faut un bon respire et le calme revient.M.Peladeau a fait un traitement chock dans chacune.des piscine au Canada et la preuve la neige est en train de fondre.Le plus important est d’aller au dela des personnages,pour bien entourer nos leaders par une constitution voter par le peuple et nos leaders vont nous proposer soit une constitution de pays ou une constitution Etat par association.Le Canada sont des terres et tout est de la maniere de faire de la politique seul comme pays ou par association avec d’autre Etat ,mais il y a un mais il faut devenir un Etat pour la reconnaissance de la nation quebecoise ensuite en avant.Bonne reflexion.

Une petite image de quelques camions de la Brink ou de Garda allant du Québec en Ontario avec ça ! Ça fait partie des mêmes vieilles stratégies de fédéralistes, c’est à suivre.

Quant aux chansons de Sam elles sonnent faux et sont héritantes tout le temps, mais il y a pire que ça, imaginez une minute les airs cacophoniques qui émaneront de Sam mais aussi de Julie Boulet, Jean-Marc Fournier, Pierre Paradis, Pierre Moreau, Laurent Lessard, Jean D’Amour, Lise Thériault… dans l’opposition après le 7 avril… bien sûr s’ils réussissent à se faire réélire, ça risque d’être très très professionnel.

Pour revenir à votre article, dans le passé, lorsque les fédéralistes étaient en état de panique c’est le genre d’arguments qu’ils sortaient pour contrer l’adversaire, faire peur au lieu de débattre sur les questions de fond; de toute évidence ils sont retombés en mode panique. Pövres petites bêtes !