PKP, chef du PQ : vive le Québecor libre !

Comment se fait-il qu’il ne semble y avoir que Jean-François Lisée pour s’inquiéter de voir un magnat de la presse en voie de devenir chef de parti (puis chef de l’opposition, puis premier ministre, puis premier président du Québecor libre, un nouveau pays) ?

PolitiqueChaque jour, ils ouvrent La Presse et ils pestent : «Les maudits Desmarais ! Si ce n’était de ces scélérats, le Québec serait indépendant, le PLQ ne serait pas au pouvoir et René Lévesque serait encore vivant !»

Dans leurs meilleures journées, ils arrivent même à trouver des messages cryptofédéralistes dans les critiques de restaurants de Marie-Claude Lortie. «Si tu remplaces “poule urbaine” par “référendum”, puis “délicieuse mozzarella fraîche” par “les péquistes sont racistes”, tu découvres le vrai sens de son texte», t’expliqueront-ils.

Ils sont intarissables lorsqu’ils parlent du complot qui unit Gesca et Radio-Canada dans la promotion du fédéralisme, complot qui est à deux doigts d’impliquer les illuminatis et Duplessis encore vivant sur une île déserte.

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Rien ne les fait plus rager que la proximité présumée ou réelle du politique et du monde des médias — sinon, peut-être, la voix de Tasha Kheiriddin (photo) au Téléjournal de 22 h de Radio-Canada.

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Dans un Guantanamo fédéraliste, on diffuserait ses interventions au TJ pour torturer les séparatistes.

On pourrait donc croire qu’ils sont complètement ahuris de voir Pierre Karl Péladeau, magnat de la presse, détenteur de 35 % du marché audiovisuel au Québec et de deux des quotidiens les plus lus dans leur marché respectif, être en voie de devenir chef de l’opposition.

Pouvez-vous imaginer qu’un éventuel premier ministre soit également propriétaire de 40 % de la production de l’information au Québec ? Eux non, c’est sûr.

Et pourtant ! On les croise sur Internet, commentant qu’«au moins, PKP fait ça ouvertement, plutôt que de manipuler dans le noir comme les Desmarais». En fait d’argumentaire, c’est l’équivalent d’écrire «Oui, il sert de la viande de chaton à son restaurant, mais au moins, il n’écrit pas que c’est du poulet dans le menu». Merci bien, mais je n’ai pas plus faim.

Bien heureusement, tous les militants péquistes ne sont pas comme ces gens décrits ci-haut. On en trouve bien quelques-uns dans leurs rangs, de la même façon qu’on trouve chez les fédéralistes des militants qui trouvent que les analyses de Lysiane Gagnon ont bien du bon sens.

Des individus un peu déconnectés du réel, il y en a partout, mais la plupart des gens sont raisonnables.

Comment se fait-il, alors, qu’il ne semble y avoir que Jean-François Lisée pour s’inquiéter de voir un magnat de la presse en voie de devenir chef de parti (puis chef de l’opposition, puis premier ministre, puis premier président du Québecor libre — nouveau pays dont l’hymne national sera «Toi + Moi») ?

Que font donc les autres péquistes ? Sont-ils occupés à pratiquer leur levée-du-poing-en-l’air en vue du prochain référendum ?

Sur sa page Facebook, Péladeau y est allé d’une réponse plus inquiétante que rassurante à Jean-François Lisée.

«Probablement aussi que mon collègue [Lisée] a confondu dirigeant d’entreprise — ce que j’ai été pendant près de 28 ans avant de me présenter comme candidat du Parti québécois dans le comté de Saint-Jérôme — avec patron de presse.

Québecor, ce fut Donohue, un des plus importants producteurs de papier journal ; ce fut Québecor World, un des plus importants imprimeurs commerciaux, et avec Québecor Média, par l’intermédiaire de sa filiale Vidéotron, une très importante entreprise de télécommunications procurant câblo-distribution, accès Internet, téléphonie par câble et téléphonie sans fil.

C’est aussi Archambault, TVA, des maisons d’édition dont les Éditions de l’Homme — dont Pierre Lespérance était propriétaire — qui ont publié le livre fondateur du Parti québécois, Option Québec, de René Lévesque, etc.»

Trop long pour vous ? Je résume : «Cher Jean-François, tu dis que je suis un propriétaire de journaux, mais tsé, je possède aussi le câble, l’Internet, des magazines, des postes de télé et des maisons d’édition de livres, et je possède aussi les endroits où l’on vend ces livres».

J’espère que vous êtes rassurés.

Alors, vendra-t-il ou pas ses parts dans Québecor ?

«[Je] crois que toutes les autres questions sont hypothétiques et, dans ces circonstances, ne requièrent pas de réponses hypothétiques.»

Hypothétiques ?! Sa candidature à la chefferie du PQ est à peu près aussi hypothétique que la venue de l’hiver. Monsieur Péladeau se défile avec l’à-propos d’une femme enceinte de huit mois qui refuserait de confirmer ou d’infirmer qu’elle n’est plus vierge.

Qui sait, peut-être réserve-t-il l’exclusivité de l’annonce au TVA Nouvelles ou pour la une du 7 Jours.

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web et ex-chroniqueur musique à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue sur la politique avec un regard humoristique depuis 2014. Il a aussi participé à de nombreux projets radio, dont Bande à part (à Radio-Canada) et Dans le champ lexical (à CIBL). On peut l’entendre régulièrement à La soirée est encore jeune, et le suivre sur Twitter : @OursMathieu

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Pourquoi arguer qu’il y a conflit d’intérêt?
Tous les journalistes, les vrais, les professionnels, clament haut et fort que ni les propriétaires ni les dirigeants ne sauraient influencer leur travail. Ils clament haut et fort qu’ils sont libres.
Alors ils ne furent pas influencés par le propriétaire PKP et ne seront pas influencés par un PKP chef de parti ou chef de gouvernement.
Donc aucun conflit d’intérêt possible.

Où clament-ils cette indépendance, pouvez-vous me le dire? À La Presse, je dirais, dans cette boîte « démagogique » à la solde des très méchants Desmarais, où la ligne de démarcation à La Presse est bien tranchée, entre la page éditoriale et celles des chroniqueurs ou journalistes, alors qu’au Journal de Montréal, PKP s’amuse sans doute à faire les entrevues d’embauche! Je n’aurais jamais cru que les indépendantistes s’enticheraient d’un Berlusconi.

« alors qu’au Journal de Montréal, PKP s’amuse sans doute à faire les entrevues d’embauche! »

Sans doute, après-tout c’est la première responsabilité d’un dirigeant d’entreprise, surveiller l’embauche, n’est-ce pas?

« Je n’aurais jamais cru que les indépendantistes s’enticheraient d’un Berlusconi. »

En matière d’impertinence, vous êtes difficile à battre M. Saint-Cyr!

Nous avons seulement qu’à regarder les articles ( placer très loin) et les chroniqueurs des média de Quebecor , pour voir qu’il y a un problèmes. Par curiosité j’ai regarder et lu les média de Quebecor mpour me rendre compte très rapidement des dangers qui nous guètes avec PM et proprio d’un empire médiatique . Tous les chroniqueurs de Quebecor ne semblaient pas voir de problème a cette situation , alors qu’il est évidant que ça n’a pas de bon sens . A tva le même constat, on traite la nouvelle très loin dans le bulletin après les chat écrasé , ça en dit long sur le traitement de l’information du parti Quebecor oups, je veux de de Quebecor

Le futur grand timonier du Québec clame qu’il ne pourrait se détacher de l’héritage de son père. Encore faudrait-il se rappeler que Vidéotron, le vaisseau amiral de l’Empire, désormais, a été construit par la famille Chagnon avant de tomber dans l’escarcelle des Péladeau par l’entremise (très coûteuse) de la Caisse de dépôt, que l’aventure de Québecor World ressemble fort à la retraite de Russie par l’armée de Napoléon, et que la vente de Sun News est une véritable braderie (316 millions versus 900 millions et plus à l’achat!).

Les deniers publics ont été constamment mis à contribution dans l’Irrésistible ascension du Timonier (voir l’amphithéâtre de Québec), et cela ne cessera pas s’il est porté au pouvoir et qu’il conserve les joyaux de famille.

Sun Media, c’est en fait un milliard et demi puisque que Sun Media a été fusionnée à Osprey Media, acquise pour 578 millions en 2007.

Les seules filiales que son père a connues, ce sont le Journal de Montréal/Québec et Archambault.
Tout le reste date du fils. Alors, pour l’héritage du père, on repassera.

Comme toujours votre texte ne vole pas bien haut. Je comprend que votre calibre d’analyse est assez limité mais vous auriez dû faire un petit effort. Le sujet mérite que les journalistes s’interrogent et en discutent, sans mépris envers tous et chacunes. Il est vrai que vous nous avertissez au bas de votre article que vous êtes un humoriste, mais je n’ai pas trouvé une seule ligne hilarante. Pour finir, je vous ai lu ce matin GRATIS sur ma tablette et je me félicite d’avoir cancellé mon abonnement à l’Actualité voilà un bout de temps et ceci à cause de vous et de plusieurs de vos amis « chroniqueurs » comme vous dites!

Comme tout bon séparatiste obtus et borné, vous ne vous abreuvez qu’à la source qui vous réconfortera dans vos illusions et SURTOUT, vous éviterez toute confrontation de peur que la réalité ne bousille totalement votre monde imaginaire.

SVP….du positivisme , la lumière est disponible pour tout les êtres humains……..élevez-vous mon ami !

Si on doit parler de Berlusconi (comme un cas extrême) on devrait aussi parler des membres de grandes familles ayant occupé des postes politiques au Quebec comme dans le Canada et des intérêts financiers et commerciaux de ces derniers. Paul Martin, par exemple. Alors seulement là aura t-on des comparables, des vrais. Et ainsi juger de ce qui devrait être fait, par le parti en question, autant que par le principal intéressé. Un bon journaliste ferait ce travail. Car pourquoi tolérer la situation des uns et s’offusquer de celle des autres ?

Je voulait juste ajouté a votre liste ,les artistes aussi lui appartiennent ,les stars academie et la voix etc….

Tiens…on les avait oublié ceux-là.

Pas pour rien qu’ils clament leur soutien à la séparation sur toutes les tribunes. Veulent garder leurs contrats avec PKP.

Les Martin, Mulroney, Chrétien et Charest, amis très intimes de Desmarais, avaient libre accès à ses journaux pour faire leur propagande. Pourquoi
Pierre K. Péladeau n’aurait pas le droit d’accès à ses journeaux pour ce faire?
Les autres partis sont pris de panique, je le comprends, mais je vois mal l’action de Lisée dans son propre parti. Avec Péladeau on a enfin espoir de voir se réaliser la souveraineté.

Comment se fait-il qu’il ne semble y avoir que Jean-François Lisée pour s’inquiéter de voir un magnat de la presse en voie de devenir chef de parti? Pour les mêmes raisons que peu de personne se mobilise à dénoncer le contrôle et la dictature que le ministre Barrette va infliger au réseau de la santé en nommant lui-même les DG et les conseils d’administration.