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Il est arrivé en criant «Un pays!», et il est reparti en sanglotant «Une famille».

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Pierre Karl Péladeau lors de l’annonce de sa démission. (Photo: Ryan Remiorz/La Presse Canadienne)

On s’attendait à tout sauf à ça. Personnellement, j’avais parié que Péladeau venait annoncer que QS, le PQ et la CAQ allaient s’unir pour former un robot indépendantiste géant, comme dans les Super Sentai japonais. J’ai perdu.

Il est arrivé en politique le poing dans les airs, et il est reparti la mine tellement basse qu’elle laissait une trace sur le sol derrière lui. Il est arrivé en criant «Un pays!», et il est reparti en sanglotant «Une famille».


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Ce fut un discours laborieux, prononcé en paquet de trois mots, avec ce genre de regards durant les pauses: pkp démission gif

Il s’en trouve pour douter de la véracité de ses sentiments, mais si Pierre Karl peut vraiment simuler un tel air de bœuf, Guylaine Tremblay devrait avoir peur pour ses futurs trophées Artis.

Un tel degré de motton dans la gorge (un bon 11/10 sur l’échelle Lise Thériault), ça ne s’est pas vu souvent en politique et ce n’était vraiment pas facile à regarder. Comme le chantait Jacques Brel:

«Bien sûr, il y a les guerres d’Irlande
Et les peuplades sans musique
Bien sûr, tout ce manque de tendre
Mais… voir PKP pleurer»

«Je veux passer plus de temps avec ma famille» est l’excuse préférée des politiciens qui quittent leur poste, avec «aller relever de nouveaux défis». Peut-être parce que la famille n’avait pas tant envie de passer du temps avec le démissionnaire, celui-ci se trouve généralement un beau poste bien prenant dans une entreprise privée quelques semaines plus tard. On comprend le public d’être sceptique quand il entend ce refrain usé comme le Boléro de Ravel.


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Évidemment, on peut se dire que Péladeau aurait pu y penser plus tôt. De la même façon que tu ne deviens pas actuaire ou comptable si tu aimes la joie de vivre et le plaisir, tu ne deviens pas chef de parti et aspirant premier ministre si tu tiens à voir tes enfants.

Mais, pour une fois, parce qu’être cynique tout le temps c’est plate, j’ai envie de croire que c’est vraiment vrai. J’ai envie de croire que PKP a quitté son poste avec la même abnégation de père qui fait qu’on accepte d’écouter La reine des neiges une 457e fois et qu’on endure le boucan épouvantable d’un centre d’amusement pendant une fête d’enfant.

On lui souhaite aussi que ce soit réciproque. Mon ado serait prête à devenir chef du PQ pour éviter d’avoir à passer plus de temps avec son vieux père pas cool

Et maintenant, qu’est-ce qui attend le Parti québécois?

PKP en était le chef depuis moins d’un an. Son successeur sera le quatrième à occuper le poste en moins de 10 ans. C’est un taux de roulement digne du poste de ministre de l’Éducation. Le PQ se lance donc à la recherche d’un nouveau chef, idéalement orphelin, stérile et qui «swipe» toujours à gauche sur Tinder.

PQ Remi démission PKP
En avance dans les sondages internes.
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10 commentaires
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P.K. Péladeau a été critiqué – souvent injustement- de toutes parts. Je lui trouvais plus de mérites que de défauts. En particulier de faire contrepoids aux vautours Desmarais ( spécialistes du dépecage) !

« Tout ça pour ça » allié à la potentielle perte de la garde des enfants ont amené Péladeau à cette démission. Il n’allait nulle part sauf dans un mur avec le PQ et risquait de perdre la garde partagée des enfants avec Snyder. Il s’est dit aussi bien partir maintenant. Constat d’un double échec, finalement.

J’aime vraiment pas votre article de ce matin…c’est le genre de remarque arrogante qui laisse un goût amer après l’avoir lu…la souffrance d’un homme qui risque de ne plus avoir accès à ses enfants est plus grande que les motivations de la politique. Et pour les pères qui n’ont aucunement ce sentiment, ils n’ont certainement pas touché la raison d’être de leur court temps sur terre.

Il est malheureux que TLMEP ait conclu sa saison. Guy-A aurait pu inviter P.K.P. à la dernière émission, pour répondre à Julie et partager avec nous quelques pleurs sur la famille, en oubliant tous ces couples qui travaillent en boucle. Le démissionnaire aurait également pu dire un bon mot pour le retour des Nordiques, en compagnie de Régis Labeaume, sans même consulter « son » président de Québecor P. Dion. Danny aurait pu lui décerner un carton d’invité permanent. La télé-réalité est devenue le pain quotidien de R-C. Dans le pigeonnier, les invités auraient pu s’attendrir par des oh! et puis des ah!, et lui adresser, au signal convenu, des tonnerres d’applaudissements.

Il y a du Jeff Filion dans votre commentaire.
À moins que cela soit du André Arthur.

Gros parleur ! Petit faiseur !!! Next

Voyons donc! Il y a deux ans et demi ,le poing en l’ air et voulant faire du Québec un pays pour ses enfants ! Probablement qu’ il n’ a pas réalisé qu’ il était père de trois enfants !!!!! Un homme d’ affaire aguerri comme lui qui n’ avait pas planifier que pour du Québec un pays , il faut une dose de courage exceptionnel et un don de soi incommensurable ! Non je regrette , il y a anguille sous roches!!!

Exact. Pour un « homme d’affaires » réputé et admiré, il l’a drôlement échappée.

En fait, il est venu nous dire qu’il avait très mal planifié son entrée en politique tout comme il a mal géré les sociétés auxquelles il a été relié et qu’il a hérité de son père. S’il n’avait pas eu Pierre Péladeau avant lui et s’il n’avait pas été étroitement entouré des conseillers qui l’ont empêché de faire encore plus de dommages qu’il n’en pa fait, il ne serait qu’un obscur gratte-papier dans une société anonyme.

Eh ben… Quelle généralisation sur les actuaires et les comptables! On lit votre article en concluant que vous avez un esprit bien étroit…

Péladeau s’est enfin rendu compte que son rêve de devenir le Président de la République du Québec pour le plus grand bien de son égo surdimensionné était irréalisable. Tout le reste n’est que du cinéma.