Politique étrangère: quand Baird étale son ignorance

Saviez-vous que la politique étrangère du gouvernement Harper était un retour à la «vraie» tradition diplomatique  canadienne? C’est ce que prétend sans rire le ministre des Affaires étrangères, John Baird, dans une entrevue à la Presse.

«Nous sommes retournés, selon moi, au rôle historique du Canada, dit-il. Au début de la Deuxième Guerre mondiale, nous n’avons pas dit que nous serions un médiateur honnête entre l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Nous avions des intérêts, nous avions des valeurs, et nous avons choisi un côté dans la bataille.»

M. Baird aurait intérêt à consulter l’historique de la diplomatie canadienne qui apparaît sur le site de son propre ministère. Ça lui remettrait les pendules à l’heure.

Il y apprendrait que ce n’est qu’à l’automne 1926, lors de la Conférence impériale de Londres, que le Canada et d’autres dominions ont obtenu le droit, «plus tard enchâssé dans le Statut de Westminster, d’établir des missions diplomatiques à l’étranger». Avant cette date et jusqu’au milieu des années 1930, la politique étrangère zigzague au gré des changements de gouvernement. Le ministère en est à ses premiers balbutiements.

C’est Mackenzie King qui, a son retour au pouvoir en 1935, consolide le ministère qui demeure toutefois, jusqu’à la guerre, «un fouillis», aux dires de Lester B. Pearson. C’est toujours King qui, face à la montée du nazisme, campe clairement la politique étrangère canadienne. Pas question d’être neutre ni anti-impérialiste. «Si la guerre est déclarée, le Canada sera de nouveau ‘aux côtés du Royaume-Uni’.»

Ce sera le cas et c’est cet engagement soutenu, de 1939 à 1945, qui donnera une influence nouvelle au Canada sur la scène internationale et qui lui permettra d’être un acteur important dans la construction des institutions onusiennes, la mise en place des institutions de Bretton Woods (GATT, Fonds monétaire international et Banque mondiale où il aura des sièges) et l’élaboration de la Déclaration des droits de l’homme des Nations Unies.

Ces rôles sont à l’origine de la réputation multilatéraliste solide du Canada. Une réputation qui lui a permis de mettre de l’avant des innovations qui ont été reprises par la communauté internationale, dont la création des casques bleus.

Cela n’a pas empêché le Canada de se mouiller quand il le jugeait nécessaire pour défendre ses principes. Oui, il a été longtemps un partenaire fidèle des missions de maintien de la paix, mais il n’a pas hésité non plus à prendre les armes aux côtés d’alliés, comme il l’a fait en Corée.

Quand le ministre Baird prétend fermer une parenthèse pour renouer avec la vraie tradition diplomatique canadienne, il se moque de nous. Ce qu’il propose en fait est de jeter aux orties une réelle tradition, bien établie et respectée depuis plus de 65 ans, pour imposer, sans débats, une vision bien étroite du rôle international du Canada.

Mais peut-on attendre autre chose d’un gouvernement qui tente de nous faire avaler à coup de millions son affection pour la monarchie et ses inventions sur la guerre de 1812? M. Baird ne s’inspire pas de l’histoire, il la déforme pour justifier un virage unilatéral.

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Le Canada était aussi un grand défenseur des droits humains. Comme vous le mentionnez, il a contribué activement à l’élaboration de la Déclaration des droits de l’homme des Nations Unies et il faut aussi ajouter qu’il a contribué activement à l’élaboration de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones… jusqu’à ce que les conservateurs prennent le pouvoir et changent la tradition diplomatique canadienne et renient la déclaration (pour ensuite la signer quelques années plus tard, sous les pressions internationales).

En fait, ce qu’il propose c’est de s’éloigner du respect des droits humains pour s’aligner plutôt sur le plus fort et écraser les plus faibles…

Bravo pour cet hymne dityrambique sur le l’historique du statut international enviable de notre pays, le Canada Madame Cornelier.

Je n’en espérait pas tant de vous.

Et dire que certains veulent s’en séparer… Eh misère.

D’un autre côté, on pourrait dire que pour le gouvernement conservateur, le retour à la politique étrangère traditionnelle, c’est de s’aligner sur celle du Royaume-Uni.

Lorsque l’on a un ministre de la science et de la technologie qui est créationniste.

Lorsque l’on a une ministre de la condition féminine qui est pro-vie.

Lorsque l’on a un ministre de la justice qui est contre l’enregistrement des armes à feu.

Lorsque l’on a un conseil des ministres qui se contrefout de l’unilinguisme de juges à la Cour Suprême (tribunal de dernière instance où non seulement les francophones devraient avoir le droit d’être entendus mais bel et bien compris dans leur propre langue).

Faut-il s’étonner d’avoir un ministre des affaires étrangères qui soit totalement à côté de ses pompes?

Ce Royal gouvernement n’a pas fini de nous faire avaler des couleuvres de tout acabit et de nous passer des sapins enguirlandés.

Vivement le lundi 19 octobre 2015…

Un ignorant qui de plus nous coûte cher! vraiment il ne mérite même pas son 4%! Avez-vous entendu des quarante plaies d’Égypte : il en fait partie!

Quel ministre insignifiant. Il nous a fait honte à plusieurs reprises et ce n’est pas fini. Il fait un fou de lui et il ne s’en aperçoit même pas.

J’espère que tous les membres de son gouvernement continueront de faire de même (des pitres) pour que tous les gens de ce pays les rejettent aux prochaines élections.

Dehors, les (…..) de réformistes-conservateurs.

Nous avons choisi démocratiquement ces énergumènes pour gérer nos avoirs collectifs et nous représenter à l’étranger. Chacune de leurs déclarations va dans le sens de l’étroitesse d’esprit et de l’intimidation. On en resterait sans voix : mais comment peut-on être aussi bête?
Pourtant, j’ai l’impression que nous devrons boire la coupe jusqu’à la lie. Beaucoup de nos concitoyens semblent s’accommoder très bien de ce type de pensée simpliste et agressive. Les conservateurs sont bêtes à manger du foin, mais ils ont un instinct de survie politique redoutable. Nous avions une délégation de politiciens souverainistes expérimentés et pugnaces à Ottawa. Nous les avons échangés contre des néophytes qui n’arrivent toujours pas à constituer une force de frappe crédible contre ce gouvernement caricatural. Nous voulions du changement? Nous sommes servis.

Je me questionne de plus en plus sur la validité de notre mode de scrutin.

Est-ce normal qu’un parti puisse former un gouvernement majoritaire avec 35% (chiffre à peu près) des votes? Surtout que ce gouvernement s’évertue à modifier profondément nos institutions, nos lois et ce malgré que la majorité de la population est contre.

Ne pourrions-nous pas modifier notre système pour celui de la majorité simple? Même si ça prend 2-3 tours avant d’avoir cette majorité, le gouvernement sera celui de la majorité de la population, pas celui d’une minorité qui adhère aux discours populistes et mensongers

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