Les scénarios du 19 octobre

Le NPD a été doublé sur la gauche par le Parti libéral de Justin Trudeau. Si le pouvoir n’est pas au rendez-vous, c’est une métamorphose qu’on risque de faire payer cher à M. Mulcair.

Photo : Sean Kilpatrick/La Presse Canadienne
Photo : Sean Kilpatrick/La Presse Canadienne

Après avoir passé deux mois à se tirer dans les pattes, libéraux et néo-démocrates vont-ils se retrouver au lendemain du vote du 19 octobre devant un gouvernement conservateur majoritaire?

Dans une telle éventualité, les jours de Thomas Mulcair à la tête du NPD seraient comptés. Si Stephen Harper était reporté au pouvoir pour quatre années, ni les bonzes néo-démocrates ni la base militante du parti ne lui pardonneraient d’avoir laissé filer une victoire historique.

Ce n’est pas que les néo-démocrates n’aient pas l’habitude des défaites. En plus de 50 ans, le parti n’a jamais remporté une seule élection fédérale. Mais dans le passé, ses militants se consolaient en se disant que leur parti était mort debout, en défendant des idées d’avant-garde.

L’accès universel et gratuit aux soins de santé, la formule Rand, qui a aidé les syndicats à s’installer à demeure dans le monde du travail canadien, le droit à l’avortement ou le mariage entre conjoints de même sexe sont toutes des politiques que le NPD a contribué à imposer au reste de la classe politique fédérale.

La campagne de 2015 a été menée dans un tout autre regis­tre. Au nom de la quête du pouvoir, les néo-démocrates de Thomas Mulcair ont mis de l’eau dans leur vin. Ainsi, le NPD — version 2015 — se prosterne devant l’autel du déficit zéro, trouve des mérites aux projets d’oléoducs et voue aux gémonies l’idée de faire payer plus d’impôts aux Canadiens mieux nantis.

Fait inédit: dans la foulée de ce virage vers le centre, le NPD a été doublé sur la gauche par le Parti libéral de Justin Trudeau. Si le pouvoir n’est pas au rendez-vous, c’est une métamorphose qu’on risque de faire payer cher à M. Mulcair.

* * *

La facture du retour au pouvoir d’un gouvernement majoritaire conservateur serait moins lourde pour Justin Trudeau. Au moment de son arrivée à la tête du PLC, son plan d’action pour ramener le parti au pouvoir s’étalait sur deux campagnes.

Pour bien des lieutenants libéraux fédéraux, le véritable objectif de la campagne en cours consiste à couper l’herbe sous le pied du NPD. Dans leur esprit, une telle manœuvre mènerait au retour en force des libéraux aux élections suivantes.

Rien n’est pourtant moins sûr. D’un scrutin à l’autre, la lutte fratricide que se livrent libéraux et néo-démocrates s’impose comme une condition gagnante pour les conservateurs. Devant une victoire majoritaire pour Stephen Harper, le débat quant à la nécessité de mettre fin à la division chronique du vote d’opposition pourrait reprendre de plus belle.

Déjà au cours du dernier mandat conservateur, des ténors libéraux et néo-démocrates, comme Jean Chrétien et l’ancien premier ministre de la Saskat­chewan Roy Romanow, avaient prôné une fusion des deux partis. Pendant la campagne, ils ont mis cette option en veilleuse.

L’ancien premier ministre Chrétien a même pourfendu le NPD du haut des tribunes de la campagne libérale. Parce que les néo-démocrates disent qu’ils accepteraient de négocier le départ du Québec de la fédération sur la foi d’une majorité simple en faveur de l’indépendance, M. Chrétien a soutenu que l’arrivée des néo-démocrates au pouvoir mettrait en danger l’unité canadienne.

Devant une victoire conservatrice décisive, changerait-il de nouveau son fusil d’épaule et recommencerait-il à plaider pour un mariage de raison entre le NPD et le PLC? Il y a deux ans encore, M. Chrétien soutenait, en entrevue, qu’une telle union serait garante de davantage de stabilité à Ottawa. À l’époque, les divergences du NPD sur la politique référendaire fédérale ne le dérangeaient pas outre mesure.

Et Stephen Harper dans tout cela? Si le chef conservateur remporte son pari, il aura devant lui une opposition désemparée et carte blanche pour gouverner. Depuis le déclenchement des élections, il n’a promis aucun changement de cap dans sa gestion des affaires de l’État canadien et du Parlement.

Dans tous les cas de figure, après quatre mandats, M. Harper ne sera vraisemblablement pas sur les rangs en tant que chef pour une autre campagne. D’ici là, il aurait, comme chef d’un gouvernement majoritaire, le loisir de bétonner son héritage sans trop se soucier de la réélection de son gouvernement.

* * *

Voilà pour le scénario d’un gouvernement majoritaire. Celui d’une victoire conservatrice minoritaire est nettement plus problématique: pour rester au pouvoir dans de telles conditions, Stephen Harper aurait besoin de l’appui ponctuel d’au moins un parti d’opposition.

Or, libéraux et néo-démocrates ont déjà catégoriquement écarté l’hypothèse de permettre au Parti conservateur minoritaire de rester au pouvoir. Dans des déclarations inédites dans l’histoire électorale canadienne, aussi bien Mulcair que Trudeau ont prévenu qu’ils feraient tomber un gouver­nement minoritaire con­servateur à la première occasion.

Dans cette perspective, le Canada se retrouverait en territoire parlementaire inconnu. Battu dès l’ouverture du nouveau Parlement, Harper pourrait demander au gouverneur général de renvoyer le Canada aux urnes. Ou encore, lui recommander de demander au chef de l’opposition officielle de tenter sa chance à sa place au pouvoir.

Dans ses diverses incarnations parlementaires, Harper a favorisé l’une et l’autre de ces approches.

Comme chef de l’opposition dans un Parlement minoritaire dirigé par Paul Martin, en 2004, il avait tenté de rallier les autres partis d’opposition au projet de déloger les libéraux pour installer ses conservateurs aux commandes et exécuter un programme commun. Il croyait alors qu’il était possible d’évincer le parti qui avait remporté un mandat minoritaire en faisant l’économie d’une nouvelle campagne.

Mais comme premier ministre, Harper tient un autre discours. À l’époque de la crise parlementaire qui a failli lui coûter le pouvoir, peu après les élections de 2008, il avait laissé entendre qu’il aurait voulu en découdre dans une nouvelle campagne plutôt que de céder sa place à un gouvernement de coalition.

Parce que les libéraux ont renoncé à mener le projet de coalition à terme, la question ne s’est finalement pas posée. On ne sait pas si Michaëlle Jean, qui était alors gouverneure générale, aurait confié les rênes au PLC et au NPD — sans égards à l’opinion de Stephen Harper — ni si cette décision aurait mené à une sortie de crise ou à son contraire.

En entrevue à la CBC le mois dernier, le chef conservateur a réitéré sa conviction que c’est le parti qui remporte le plus de sièges aux élections qui a le droit de gouverner.

* * *

Si, malgré tout ce qui précède, Harper acceptait de s’incliner, PLC et NPD réussiraient-ils à mettre de côté une rivalité exacerbée par la campagne électorale pour que l’un d’eux gouverne avec l’appui de l’autre?

À quel point seraient-ils capables de collaborer de bonne foi en sachant que leurs formations devraient s’affronter dans un match de revanche électoral à courte ou moyenne échéance?

Les mêmes questions se poseraient si l’un ou l’autre remportait de justesse les élections et se retrouvait à la tête d’un gouvernement minoritaire.

On peut imaginer que Mulcair aurait de la difficulté à jouer les seconds violons dans une saga qui verrait Justin Trudeau devenir premier ministre. Depuis le début de la campagne, le chef néo-démocrate cache mal son mépris pour son rival libéral.

On peut croire, à l’inverse, que bien des stratèges libéraux trou­veraient difficile de laisser au NPD la chance de se faire un précieux capital de crédibilité au pouvoir en appuyant, ponctuellement, un gouvernement dirigé par Thomas Mulcair.

Il y a une autre variante. Si Gilles Duceppe se retrouvait avec la balance du pouvoir devant un gouvernement conservateur minoritaire, le chef du Bloc québécois choisirait-il de sauver la peau du premier ministre Stephen Harper plutôt que de risquer soit de replonger à toute vitesse en campagne électorale, soit de permettre aux libéraux ou aux néo-démocrates de faire le plein de popularité au pouvoir?

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29 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Étonnant que personne ne parle encore de scénarios alors que tous les sondages indiquent un gouvernement minoritaire?
Si Harper gagne est-ce qu’il va pouvoir former un gouvernement?
S’il est renversé en chambre, est-ce que le GG va demander à Justin de former un gouvernement?
Est-ce Mulcair va s’engager aujourd’hui à supporter Justin?
Je doute que Duceppe aille à jouer un rôle puisqu’il semble qu’il va être battu dans son comté

— « Ce qu’on donne, Amable, est jamais perdu. Ce qu’on donne à un, un autre nous le remet. Avec une autre sorte de paye. Et souvent au moment où on s’attend à rien. » — Le survenant, de Germaine Guèvremont

À la lecture de ce texte, on dirait qu’au choix : les carottes sont cuites ou que les jeux sont déjà faits. Ce billet a une certaine saveur plutôt « post-électorale ».

Quoique les astres ne soient pas encore alignés dans ma boulle de cristal. Bien que je pense que le Parti Conservateur serait celui qui remportera le plus de sièges… à moins que Justin Trudeau ne fasse une fin de campagne transcendante. J’ai le sentiment que c’est le deuxième scénario qui devrait l’emporter. Une courte minorité peut-être, mais une minorité malgré tout.

En cette contingence, il sera plus important de savoir qui arrive second et troisième que premier et quels sont les écarts en nombre de sièges pour chacun des partis. Je conçois que cette campagne serait à l’image de deux volontés complémentaires et contradictoires qui contredisent un peu les antagonismes d’usage.

D’une part les canadiens désirent un certain changement, d’autre part ils ne sont pas tous si mécontent que cela des Conservateurs. La faiblesse de cette campagne, c’est qu’aucun candidat ne s’est assez distingué pour parvenir à pleinement s’imposer. D’où une sorte de statuquo dû à cet imbroglio.

Honnêtement, je ne vois pas comment, NPD et Libéraux pourraient conclure une entente de gouvernement. Cette campagne, hormis quelques points de convergence ponctuels comme l’âge de la retraite, n’a fait que mettre en lumière leurs disjonctions. Si bien que nous sommes arrivés à cette sorte d’évidence que Trudeau rassemble et que Mulcair décompose, un comble pour le NPD.

Nous sommes loin des campagnes positives telles que celles initiées pas Jack Layton. On ne peut vouloir le changement comme citoyen sans mûrir simultanément dans nos cœurs le fruit d’un avenir chantant. Ce qui suppose de la convergence et un dénominateur commun.

Paradoxes pour apories. Le Bloc québécois pourrait en effet une fois de plus se révéler être le fidèle allié de Stephen Harper. Ce qui ne pourrait que combler d’aise cet ancien blogueur souverainiste de L’actualité (qui aujourd’hui sévit au Journal de Montréal), je pense ici tout spécialement à Stéphane Gobeil qui n’a jamais tari d’éloges flatteurs pour le Parti Conservateur. Alors qu’il fût un des premiers depuis des lustres à prédire un quatrième mandat consécutif pour Stephen Harper. — Chapeau Stéphane, c’est bien vous qui êtes le meilleur !

Enfin, comme dit le proverbe : Nul n’est prophète en son pays.

@ Pierre Simard,

Merci de me lire. Cela signifie que de temps à autres je dois avoir quelque chose d’intéressant à raconter. Vous vouliez certainement me rapporter encore une fois mes fautes d’orthographe : « boulle » avec un seul « l », la chose est notée.

Quelle erreur absolument inadmissible en effet…. Laquelle doit faire frémir d’horreur les lettrés en très grand nombre qui peuplent cette Belle Province du Québec, dans ce plus grand meilleur pays au monde qu’est le Canada.

Les lapsus linguae de nos politiciens sont à côté de cela de la « petite bière » ou de la « p’tite bibine » comme on disait de par « cheu nous ». C’est d’ailleurs parce que tous sont irréprochables en tout et pour tout qu’ils ont été désignés pour nous gouverner. — Non ?

— J’attends avec impatience vos commentaires sur le fond. Car c’est dans vos propos « ce qui manque le plus ». À ne pas confondre avec fonds, évidemment !

C’est un véritable plaisir de vous lire et une petite coquille de temps à autre me dérange beaucoup moins qu’un texte idiot. Continuez à débattre et à nous informer.

Facile d’imaginer des scénarios rocambolesques, mais tout celà finalement ne tient qu’à une seule chose : qui a les moyens de retourner en campagne dans les prochains six mois? Les règles du système parlementaire sont très élastiques, mais les bourses de certains partis le sont beaucoup moins. Follow the money….

Comme ça, le duo d’enfer Duceppe/PKP est nul à ch…!

Quelqu’un de surpris?

Ceci est une élection référendaire où l’on pourra mesurer l’intérêt des Québécois et des Québécoises envers le séparatisme.

Ce qui est vraiment, mais vraiment à ch…, c’est ton genre d’intervention qui invariablement débute ou se termine par une insulte.
L’intérêt du propos s’en trouve dilué d’autant.
Il serait temps que le modérateur de ce blog refuse de publier tout commentaire qui débute ou se termine par une insulte.

Bon…alors, je recommence: Comme ça, le duo d’enfer Duceppe/PKP est…lamentable… Ça vous va?

En effet, notre François 1 national semble moins lucide en milieu d’après-midi qu’aux petites heures du matin, quoique…

J’ai l’impression que le ROC va choisir le parti qui répugne le plus aux Québécois, c.-à-d. Le Parti Conservateur.

Petite crise de paranoïa? Pensez-vous sérieusement que le ROC va voter en fonction du Québec? Le plus drôle c’est que la chute du NPD est causée par le Québec et la paranoïa entourant le niqab! Le ROC est très diversifié et ils vont voter selon leurs intérêts et s’il y a un fait maintenant c’est que les conservateurs ont plus de chances de former le prochain gouvernement grâce justement au Québec et ses problèmes avec les minorités.

Je trouve l’affirmation souvent répétée selon laquelle le PLC aurait doublé le NPD sur sa gauche un peu courte. Gouverner à gauche ne signifie pas simplement se trouver dans le rouge à la fin de l’exercice budgétaire. Que dire des positions respectives du NPD et du PLC sur le contrat de vente d’arme à l’Arabie Saoudite, le projet de loi C-51, la mission d’attaque contre l’EI et les garderies à 15$ pour ne nommer que ceux-ci? Sur tous ces enjeux le NPD se situe nettement à gauche du PLC.

Si le Bloc s’allie aux Conservateurs, on pourra conclure qu’il sert son propre intérêt plutôt que celui des Québécois!

Et si Justin Trudeau, avec l’aide des Québécois, remportait une majorité de sièges, tous ces scénarios plus ou moins inquiétants prendraient le bord…

Si c’est un gouvernement minoritaire (peu importe le parti), M.Harper va quitter son poste de chef du parti conservateur et vous verrez le retour de M.Charest à ce même parti. Une bataille: Charest vs Trudeau vs Mulcair (et peut-être Duceppe) en 2017. Du bonbon pour les commentateurs politiques: Mme Hébert, MM. Lapierre, Castonguay et Marissal.

Le scénario le plus attrayant est celui d’une victoire libérale, majoritaire. C’est pour l’heure le parti le plus progressiste et le moins corporatiste parce qu’il se tient à distance, dans cette campagne, des puissants groupes corporatistes ( syndicats, agriculteurs, minorités religieuses et identitaires) et des riches, qu’il se propose même de taxer un peu plus, alors que M. Mulcair louvoie au point où ses plus fidèles partisans y perdent leur latin.
Il reste à savoir à quel point les bonzes du parti libéral du Canada, nichés sur Bay Street, consentiront, une fois au pouvoir, à appuyer les réformes proposées. Assisterons-nous au traditionnel retour du balancier, vers « la responsabilité fiscale », après l’examen du « vrai » bilan économique du gouvernement sortant ? Pour moi, le jeu en vaut la chandelle parce que le programme de gouvernement est bien connu et que les attentes sont là.
Dans le cas d’une victoire du NPD, l’establishment aurait tôt fait de ramener Mulcair sur la bonne voie de le gauche syndicaliste, c’est-à-dire celle du protectionnisme, contre les ententes de libre-échange (TransPacifique, mais aussi Europe), et du maintien des industries en déclin, jusqu’à l’absurde (ou la faillite) sous prétexte de préserver l’emploi. Le maintien du statu quo plutôt que l’innovation, le risque, l’ouverture des marchés et la confiance.
Dans tous les cas, G. Duceppe et P.K.Péladeau seront contents de garder quelques sièges à Ottawa, puisqu’on n’a pas besoin d’être nombreux pour jouer les gérants d’estrade.

Les maudits sondages sont favorables seulement à ceux qui veulent absolument gagnés leur élection.
C’est désolent mais ils n’ont aucunes convictions.S’il faut que Harper gagne l’élection majoritaire je n’y
comprend rien.Moi c’est simple je vote bloc je ne vote pas pour gaghé car c’est ma conviction

Le NPD et les libéraux ont plus à coeur leurs propres intérêts que ceux du Canada et leurs chefs ont soif de pouvoir ce qui fait bien l’affaire de Harper et ses cohortes. Avec Mulcair le NPD s’est effectivement déplacé vers le centre alors que Justin a déplacé un peu les libéraux à gauche sur certains sujets mais aussi à droite sur d’autres comme C-51, une loi qui de toute évidence viole les droits fondamentaux et qui sera probablement désavouée par la Cour suprême, le dernier chien de garde des droits des Canadiens. Les deux partis naviguent dans les mêmes eaux alors que le PCC est carrément à droite et on doit leur reconnaître leur fidélité à leur idéologie.

La question de la souveraineté du Québec est une diversion et un prétexte car premièrement le scénario est loin d’être immédiat ou même possible à moyen terme, que ce soit 50% + 1 ou autre, que c’est une élection fédérale, pas un référendum et la question du Québec n’a pas été discutée (on préfère jaser du niqab au lieu de l’environnement et des velléités guerrières du Canada à l’étranger) et qu’enfin c’est une question purement académique puisque ce serait aux Québécois de décider de leur avenir, pas au ROC, advenant un référendum gagnant, quelque soit le pourcentage au-dessus de 50%.

Il n’en reste pas moins que la division du vote dit « progressiste » favorise Harper et ses fidèles surtout à cause du système électoral bancal, peu démocratique, que nous avons. Le système uninominal à un tour est démocratique quand on a une situation de bi-partisme mais quand il y a plus de 2 partis en lice, il devient carrément déficient. Pas étonnant dans ce contexte que les partis d’opposition reconnaissent qu’il doive être changé (ils sont d’accords sur le fond) et que le parti qui en bénéficie le plus est contre. Sans une coalition / collaboration entre les partis dits « progressistes », il est très probable que les conservateurs vont garder le pouvoir, comptant sur ce système anachronique pour les aider et… sur le Bloc.

Élection fédérale 2015
Je désire proposer une liste de questions qui permettra aux concitoyens de prendre une décision quant à leur choix lors du scrutin du 19 octobre prochain. Cette liste n’est peut-être pas exhaustive mais elle se veut un outil de reddition de compte du gouvernement Harper.
1. Fiscalité :
À baisser à tout prix les revenus du gouvernement fédéral, on impose en contrepartie des coupes budgétaires qui a long terme paralysent le gouvernement et l’empêchent de jouer pleinement son rôle. Voulons-nous une gestion strictement comptable du pays?
2. Institutions :
Le rôle des députés est réduit à acquiescer bêtement aux directives du bureau du premier ministre. La crise du Sénat, Harper nous a démontré qu’il a nommé des gens qui sont loin d’être honorables. Ses attaques répétées contre la Cour Suprême du Canada démontrent le peu de respect que son gouvernement porte à la constitution du pays. Voulons-nous d’un gouvernement de ce type? Pourquoi cette phobie sur le « Royal », nous sommes un pays indépendant.
3. Collaboration avec les provinces et territoires :
Le courant ne passe pas bien entre le gouvernement Harper et les provinces. À titre d’exemple, sa position concernant le régime de retraite proposé en Ontario, il fait de la politique partisane sur le dos de la sécurité financière des travailleurs. Est-ce que nous voulons ce type de politique ou préférons-nous un régime de protection pancanadien?
4. Citoyenneté :
La nouvelle loi sur la sécurité nationale érode le statut de citoyen canadien, personne n’est à l’abri des décisions aléatoires du ministre responsable. Nous sommes loin d’un état de droit!
Sommes-nous protégés par notre gouvernement quand nous sommes à l’étranger?
5. Condition de la femme :
Voulons nous en savoir plus sur la disparition des femmes autochtones? Le refus de M. Harper en ce domaine est bien triste. On peut disparaître ou mourir au Canada de façon douteuse sans avoir aucun impact sur les affaires de pays!
6. Premières Nations :
Comment pouvons-nous accepter un bilan désastreux en matière de développement pour les Premières Nations? Nous acceptons une forme d’apartheid au sein même du Canada!
Harper refuse d’examiner la situation et de faire les correctifs nécessaires
7. Art et culture :
Est-ce que le gouvernement Harper soutient la culture canadienne? Avec les coupes budgétaires, il est de plus en plus difficile de promouvoir la création canadienne devant le géant américain.
Radio Canada-CBC est au cœur de la culture et de l’identité canadienne, peut-on envisager un financement renouvelé et stable pour en permettre le développement dans la modernité?
8. Science et recherche :
La position du gouvernement Harper est de réduire et de bâillonner les chercheurs et scientifiques au pays. La liberté dans le travail est essentielle pour le secteur de la connaissance. Pourquoi imposer un tel bâillon? Voulons-nous nous développer dans l’ignorance? Adieu Prix Nobel pour le Canada!
9. Energie et transport:
Sommes-nous satisfaits des mesures de sécurité pour le transport du pétrole et des matières dangereuses?
Train, pipeline, navires, quelle est la méthode la plus efficace à tout point de vue pour assurer la sécurité d’approvisionnement pour tous les canadiens? Et l’exportation, dans quelle mesure voulons-nous agir dans ce marché?
10. Défense :
Harper est toujours prêt à impliquer les forces canadiennes dans des intervention militaires, mais il ne soutient pas la santé des anciens combattants qui ont répondu aux appels du gouvernement. Le manque de soutien est une trahison! Voulons-nous de ce type de rapport avec nos concitoyens qui ont servi le pays?
11. Rôle international :
La perception du rôle du Canada a bien changé au cours des récentes années. Nous sommes plus alignés sur les positions de l’OTAN, organisme militaire, que du rôle de l’ONU, organisme pacifiste. Et que dire de l’aide internationale, l’ACDI n’a plus les moyens financiers pour jouer son rôle d’agence de développement.
La crise en Syrie nous a démontré le caractère mesquin de ce gouvernement. Pourquoi permettre les bombardements et ne pas soutenir les familles complètement déstabilisées?

Bonne réflexion!

Claude Leblanc, Saint Laurent.

Indirectement la religion fait son apparition dans les élections. Est-ce , finalement, quelqu’un va finir par demander à .Harper ce qu’Il pense de la théorie de l’évolution. Nous aurions quelques réponses aux choix que les Conservateurs font dans certaines décisions.

Vue dans Ahunsic hier soir. Maria Mouranie aurrai été vue pleurant de chaudes larmes dans dans son local électoral…. Pour moé son chien est mort…

Laurent va vite prendre des cours d’écriture du Français et en prime d’orthographe !

Je reconnais bien là la méthode « Hébert ». Une analyse forte, bien articulée, avec des idées et des perspectives originales et soudain, alors que nous sommes bien en selle, embarqué(e)s et en confiance dans son propos, zoup, la petite peau de banane qui déstabilise et fait passer le message en même temps qu’on perd pied juste ce qu’il faut pour que l’insinuation s’infiltre. Je parle ici de la prise de position par la bande par rapport aux récentes rumeurs, à mon avis complètement loufoques quand on connaît un peu le personnage, à l’effet desquelles Gilles Duceppe s’alignerait sur Harper étant donné qu’il partage certaines de ses ‘idées’ (visage découvert et interventions au Moyen-Orient) et même qu’il pourrait éventuellement soutenir (« sauver la peau ») de Stephen Harper en cas de gouvernement minoritaire.

Duceppe a dû vous lire car il y a cinq minutes, Radio-Canada.ca publiait ce propos du chef bloquiste : « « Il [Justin Trudeau] dit qu’il n’appuiera pas M. Harper pour former un gouvernement si ce dernier est minoritaire; M. Mulcair a dit la même chose et moi aussi. Donc, c’est clair que M. Harper ne sera pas premier ministre même s’il finissait premier dans le cadre d’un gouvernement minoritaire », a-t-il tranché devant quelque 70 militants entassés dans le minuscule local du candidat bloquiste de Shefford, Jocelyn Beaudoin. » Quel sens y aurait-il pour le Bloc à soutenir Harper alors que Duceppe le dénonce à tour de bras comme celui qui doit ‘débarquer’ à tout prix ? Vraiment. Cf. http://ici.radio-canada.ca/sujet/elections-canada-2015/2015/10/13/011-duceppe-bloc-quebecois-harper-minoritaire-gouvernera-pas.shtml.