Politique sous influence

En 1983, une campagne publicitaire massive lancée sous l’administration du maire Jean Drapeau allait marquer son temps.

Son slogan, inoubliable, était décliné sur toutes les tribunes publicitaires possibles : «La fierté a une ville : Montréal».

Les nostalgiques se rappelleront sûrement de la pub télévisée avec, en vedette, rien de moins que l’Orchestre symphonique de Montréal…

Et aujourd’hui?

Le contraste est frappant.

Pendant que la semaine dernière, le témoignage percutant de l’ex-entrepreneur Lino Zambito à la commission Charbonneau semblait vouloir confirmer les pires soupçons quant à l’emprise de stratagèmes de corruption, de collusion et de trafic d’influence sur le processus d’octroi de contrats de construction et d’infrastructures en tous genres, quel publicitaire serait aujourd’hui assez fou pour même songer à refaire le coup de la pub de 1983?

Pour les Montréalais, l’heure est plutôt à la colère, au trop-plein et à un profond sentiment d’impuissance devant l’ensemble de l’oeuvre.

La colère, c’est de ne pas savoir encore si Lino Zambito dit vrai, mais de soupçonner en même temps que ça commence à ressembler drôlement à ce que de nombreuses enquêtes journalistiques en ont déjà révélé ces dernières années.

Du genre :

– dépassements de coûts répétés;

– pratiques établies de collusion entre un nombre restreint de contracteurs dans le «marché fermé» qu’est devenu Montréal;

– une «taxe» de 2,5% prélevée par des entrepreneurs complices à même l’argent des contribuables pour le bénéfice de la mafia;

– une seconde «taxe» ajoutée, celle-ci de 3% et qui, selon Zambito, irait au parti du maire Gérald Tremblay;

– une troisième «taxe», celle-là de 1%, allant à un certain ingénieur de la Ville;

– des «cadeaux» de toutes sortes offerts ici et là «en reconnaissance» pour les beaux contrats lucratifs à des fonctionnaires municipaux, des ingénieurs, des cadres, des élus, etc.. Comme quoi, le yacht de Tony Accurso avait aussi de la compétition dans ce département.

Ajoutons au portrait l’arrestation en mai dernier d’une partie importante de l’ancienne garde rapprochée du maire Tremblay : son homme de confiance, Frank Zampino, ex-patron du comité exécutif de la Ville; Bernard Trépanier, nul autre que le responsable du financement du parti du maire; Martial Fillion, ex-patron de la Société d’habitation et de développement de Montréal et ex-chef de cabinet de Gérald Tremblay.

En 2010, La Presse rapportait aussi que ce même Frank Zampino faisait également «surveiller» sa maison gratuitement par la maintenant défunte agence de sécurité BCIA dirigée par Luigi Coretti.

(BCIA ferait ensuite faillite et coûterait même son poste de ministre à Tony Tomassi qui, pour avoir accepté une carte de crédit des mains de Coretti, devra faire face à un procès pour fraude et abus de confiance.)

La Presse soulignait également ceci :

La situation précaire de BCIA a eu de retentissants échos, parce que l’entreprise surveillait les locaux de plusieurs institutions publiques, comme le quartier général de la police de Montréal, la Société d’assurance automobile du Québec et l’Agence métropolitaine de transport. L’enquête de La Presse avait permis de mettre au jour plusieurs faits troublants concernant cette firme de 1000 employés (800 au Québec).

D’abord, BCIA avait obtenu la responsabilité de surveiller le quartier général de la police de Montréal sans contrat. Le chef de police était alors Yvan Delorme. À l’époque, le numéro 2 de la Ville, Frank Zampino, faisait surveiller sa maison gratuitement par BCIA, avait révélé La Presse, un cadeau estimé à 60 000$ sur quatre ans.

Grâce à ses liens avec l’ex-ministre Tony Tomassi, Luigi Coretti avait également fait pression auprès du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, afin d’obtenir un permis de port d’arme à feu. Le permis avait finalement été accordé, fait sans précédent. (…)

Autre fait particulier: Coretti se servait des cadres de BCIA pour financer le Parti libéral du Québec (PLQ) et le parti du maire de Montréal, Gérald Tremblay.

Après la publication des articles, pour des raisons parfois imprécises, trois décideurs ont quitté leurs fonctions, soit le chef de la police de Montréal, Yvan Delorme, le ministre de la Famille, Tony Tomassi, et le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis. Un membre du comité de direction du PLQ a également été remercié.»

Sourd, muet et aveugle

Or, malgré les allégations et maintenant, les arrestations, qui ne cessent de s’accumuler autour de lui, Gérald Tremblay s’entête à nous faire son numéro du maire aussi immaculé que muet,sourd et l’aveugle. Le tout sur fond de «surprise» et de «choc»…

Et donc, il ne démissionnera pas, lançait-il suite aux déclarations de Lino Zambito, parce que, voyez-vous, sa «conscience» est en paix. La belle affaire.

Pour un maire dont la marque de commerce est devenue l’«inconscience» chronique, cela n’a rien de bien rassurant pour les Montréalais.

Mais que faire?

La présomption d’innocence a beau être de mise et les travaux de la commission Charbonneau ont beau être à leurs débuts, il reste que le maire Tremblay n’a plus la moindre crédibilité auprès des Montréalais.

Nul besoin d’un sondage pour le confirmer. La chose crève les yeux dans la métropole économique du Québec.

Sur son blogue, mon collègue François Cardinal fait même état de ceci:

C’était prévisible et c’est maintenant confirmé. Gérald Tremblay est un maire toxique.

La sortie de la Fraternité des policiers, ce matin par communiqué de presse, démontre en effet à quel point il sera difficile pour le maire de se cramponner longtemps à son fauteuil sans nuire à Montréal et à son fonctionnement.

En un mot, les policiers ne veulent plus transiger avec l’administration Tremblay en raison des allégations de corruption qui pèsent sur son parti. Ils demandent, en quelque sorte, une mise en tutelle partielle de la Ville : que les budgets du corps policier soient désormais déposés au gouvernement.

«Il y a un problème de principe à ce que le SPVM vienne énoncer ses priorités devant une commission de la sécurité publique contrôlée par un parti qu’on allègue corrompu», a indiqué le président de la Fraternité, Yves Francoeur.

«Les policiers ne veulent pas être apparentés à cette administration, a-t-il ajouté. Nos policiers sont honnêtes et intègres.»

Les mots sont accablants. Leur implication, dramatique.

La sortie de la Fraternité s’apparente à l’installation d’un cordon sanitaire autour de l’hôtel de ville. Le fait que ce soit les policiers qui sortent publiquement les premiers ne fait qu’ajouter de la valeur à cette image…

Par son geste, la Fraternité laisse en effet entendre que le maire est toxique, qu’il ne faut plus l’approcher, qu’il est contagieux, qu’il ne faut plus rien à voir avec lui et son parti.

En fait, elle montre ce qui attend personnellement Gérald Tremblay au cours des prochaines semaines, des prochains mois, si jamais il s’accroche.

Bref, si «la fierté a une ville», une chose est sûre, elle n’a plus de maire depuis longtemps pour s’en réclamer.

Tout récemment, un magazine de Québec du nom de Prestige, tournait même gentiment le fer dans la plaie jusqu’à observer ceci : «quant au slogan « La fierté a une ville », jadis celui de Montréal, il colle davantage à Québec». Ouch…

Idem pour la deuxième ville du Québec, Laval, alors que son indélogeable maire, Gilles Vaillancourt, croule lui-même sous les pires soupçons depuis longtemps.

Or, ce n’est qu’en 2010 qu’un indice de taille est apparu – Serge Ménard du PQ et Vincent Auclair du PLQ affirmant chacun avoir été victime d’une tentative de corruption de la part du maire de Laval.

La semaine dernière, c’était au tour de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) à procéder à une série spectaculaire de perquisitions à Laval. Et ce, jusqu’aux domiciles de Gilles Vaillancourt lui-même.

Ce qui ne va pas sans rappeler une autre déclaration-choc de Lino Zambito à la commission Charbonneau:

Il est important de comprendre aussi les demandes. Là, on est dans la ville de Montréal, mais lorsqu’on va sortir de Montréal et qu’on va aller au ministère des Transports, sur la Couronne Nord, à Laval, vous allez réaliser les demandes politiques qui étaient faites aux entrepreneurs. Oui, les entrepreneurs entretenaient un système qui n’était pas légal, mais je peux vous assurer qu’à d’autres niveaux, il y avait beaucoup de politiciens qui étaient au courant de ce qui se passait et ça faisait leur affaire que ce processus-là avait eu lieu. (…)

À Montréal, on a beaucoup identifié le fait que c’était le crime organisé, mais je peux vous dire qu‘à certains endroits, le rôle du crime organisé, il était joué par des élus.

En réaction aux perquisitions de l’UPAC, Gilles Vaillancourt reprenait sans hésitation le mantra de Gérald Tremblay. Quelque chose comme il ne démissionnera pas; il est surpris; sous le choc, etc., etc., etc..

Mais que faire avec ce sentiment d’impuissance face aux maires Tremblay et Vaillancourt, lesquels s’accrochent becs et ongles au pouvoir?

Si les deux hommes doivent se trouver pas mal chanceux de ne pas voir des centaines de Montréalais et de Lavallois manifester leur dégoût tous les soirs en tapant de la casserole devant les hôtels de ville en question, leurs citoyens n’en pensent pas moins pour autant.

Du côté du gouvernement Marois, on dit s’en remettre à leur «conscience» pour la suite des choses. Bonne chance à nous.

Or, les élections municipales n’ayant lieu qu’en novembre 2013 et la commission Charbonneau poursuivant ses travaux pendant tout ce temps, le problème est qu‘il n’existe pas ici de mécanisme clair de destitution pour les maires applicable dans certaines circonstances extrêmes.

Maintenant, le gouvernement Marois corrigera-t-il ou non cette situation?

Le pouvoir de l’argent

Même chose pour le mode de financement des partis politiques. Autant au municipal qu’au provincial.

En 2010, un ex-président du Parti libéral du Québec, Robert Benoît, qualifiait sans complaisance son propre parti de «machine à ramasser de l’argent».

En fait, le problème est archi connu: plus les partis lèvent eux-mêmes leurs propres fonds, plus ils deviennent vulnérables aux stratagèmes de corruption et de manipulation en échange de gros contrats publics; aux dons occultes; à la corruption d’élus eux-mêmes; aux compagnies qui les financent illégalement en passant par des prête-noms ou des enveloppes brunes. Tous partis, ou presque, confondus.

Lorsqu’on ajoute à ces phénomènes un contexte où la corruption ne date pas d’hier, où le crime organisé ne s’arrête certes pas aux frontières et où, ici, au Québec, les contrats d’infrastructures se multiplient à la vitesse de l’éclair, la tentative du gain, voire la gloutonnerie de certains pour les fonds publics, devient irrésistible.

C’est ainsi, entre autres manières, que le pouvoir de l’argent achète l’argent du pouvoir. L’influence coûte cher.

Et c’est ainsi que la politique, le politique, le processus décisionnel, la gouvernance et les institutions elles-mêmes, tombent peu à peu sous influence. Ce qui, on en conviendra, est antinomique à la protection de l’intérêt public et du bien commun.

À ce compte, rien de surprenant à ce que la «une» du Devoir du 2 octobre dernier ait posé LA question : «La mafia finançait-elle le parti de Tremblay?».

Ce pouvoir de l’argent fait que les partis les plus «habiles» à lever des fonds, de manière légale et/ou occulte, s’achètent aussi un avantage certain sur le terrain électoral. Déjà gravement désavantagés par notre mode de scrutin, ce pouvoir évident de l’argent sur la politique handicape d’autant plus les «petits» partis.

Ce faisant, le pouvoir démesuré de l’argent contribue à discréditer le processus démocratique lui-même.

Si l’heure est arrivée pour un financement complètement public des partis politiques, même cette mesure, si prise isolément, ne suffirait pas à nettoyer nos écuries. Le processus d’octroi des contrats publics, à tous les paliers de gouvernement, est lui aussi devenu une passoire.

La commission Charbonneau avancera sûrement à terme ses propres recommandations en la matière, mais en attendant, le gouvernement Marois peut bouger. Et doit bouger. Et le faire nettement plus que le gouvernement Charest n’a pu le faire lorsqu’il s’est vu obligé d’enclencher tout au moins un certain nettoyage.

D’autant plus que ce sont des milliards de dollars publics qui pleuvent et pleuvront ici par le biais d’une pléthore de projets de construction et d’infrastructures… jusque dans le Plan Nord.

Pleuvent et pleuvront donc aussi les tentatives de malversation, de corruption, de collusion, de copinage, de trafic d’influence et d’infiltration du crime organisé pour boucler la boucle…

On ne refera pas ici la nomenclature de tout ce qui cloche encore dans ce processus d’octroi des contrats publics, dont la perte éhontée d’expertise d’évaluation, de contrôle et de surveillance dans les administrations publiques municipales et provinciale au profit du privé et de firmes de génie-conseil qui en mènent de plus en plus large.

Même l’octroi du méga contrat pour le méga hôpital du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) fait l’objet de soupçons de malversation, de favoritisme et de corruption.

Bref, le gouvernement Marois peut toujours décider d’attendre béatement le rapport final de la commission Charbonneau. Or, les péquistes étant minoritaires, ce rapport pourrait fort bien être terminé qu’après la prochaine élection générale…

Ou bien, le gouvernement Marois peut choisir d’agir. Mais pour vrai. Question de modifier, pour vrai, dès les prochains mois, le mode de financement des partis politiques et les divers processus d’octroi de contrats publics. À tous les paliers.

Le tout, partant du principe que si la corruption est aussi vieille que le monde et donc, impossible à éradiquer totalement, la responsabilité de ceux et celles qui nous gouvernent est néanmoins de lui mettre le maximum de bâtons dans les roues… Et de le faire concrètement.

À tout prendre, considérant le Rapport Moisan, il est aussi fort possible qu’au fil des mois, la commission Charbonneau ne pointera peut-être pas que le PLQ ou les administrations de Gérald Tremblay et Gilles Vaillancourt.

En attendant Charbonneau

La résultante est que le lien de confiance est brisé entre de nombreux citoyens et leur classe politique. Les manifestations quotidiennes du printemps – lesquelles ont rapidement transcendé la seule question de la hausse des frais de scolarité -, en ont amplement attesté.

Un climat général de type «tout est pourri» et donc, irrécupérable, est en train de s’installer à demeure.

Bref, il y a à faire en attendant le rapport final de la juge France Charbonneau. Beaucoup à faire.

Incluant – et cette courte liste n’est pas exhaustive – un financement totalement public des partis politiques; un resserrement radical des processus d’octroi des contrats publics et un mécanisme clair de destitution des maires pour que les mots «imputabilité», «responsabilité» et «gestion responsable des fonds publics» retrouvent leur sens.

Ce qui n’exclut en rien, bien au contraire, les initiatives citoyennes. (Aller voter en 2013 serait aussi une bonne idée… Rappelons qu’en 2009, en plein scandale des compteurs d’eau, moins de 40% des électeurs montréalais ont voté à l’élection municipale.)

Un autre exemple d’initiative citoyenne, tout frais celui-là, est rapporté ici:

Des organismes se mobilisent pour créer un fonds destiné aux citoyens québécois qui veulent intenter des poursuites judiciaires contre leur municipalité.

Le projet est piloté par la Ligue d’action civique et la Clinique juridique Juripop. Le directeur général de Juripop, Marc-Antoine Cloutier, affirme que le fonds servira à fournir de l’information et des conseils aux citoyens désireux de contester leur administration municipale.

« Les gens qui ont une problématique comme ça en droit municipal sont exclus de l’aide juridique gouvernementale […] le ministère des Affaires municipales leur dit souvent : vous avez sûrement raison, mais poursuivez vous-mêmes », explique-t-il.

Le Regroupement des payeurs de taxe de L’Ancienne-Lorette espère profiter de ce fonds afin de contester l’administration Loranger.

Son président, Alain Fortin, n’en est pas à ses premières flèches contre les élus de L’Ancienne-Lorette, mais il espère cette fois avoir de meilleurs outils pour se faire entendre.

« On va mettre en place des gens […] pour venir protéger les droits et venir équilibrer les forces et les gens qui ne sont pas élus et qui se font un peu arnaquer. C’est s’attaquer à la corruption pour qu’il y ait une saine gestion des affaires municipales », a déclaré monsieur Fortin.

 

Alors. d’autres suggestions?

 

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1- Un bureau nationale de l’estimation, sous l’égide du ministère des transports, qui évalue tous les travaux du gouvernement québécois. À la base, si on contrôle les coûts réels, la marge de profit est aussi calculée. La supervison des travaux peut être faite péremptoirement par les employés du ministère si elle a des doutes.

S’il y a pas de surprise en cours de route, les suppléments sont contrôlées avec rigueur. Ce bureau peut aussi évaluer tous les dossiers municipaux en haut d’un certain montant ou tous autres dossiers s’il y a matière à vérifier.

Cette intervention ne peut attendre la création de l’agence, tant souhaitée. Prendre ces responsabilités n’est pas tributaire de déléguer à quelqu’un d’autre parce qu’on ne veut pas voir..

2- Un code d’éthique pour les élus qui est béton. Si tu interviens dans un processus qui ne te regarde pas, tu perds tous tes privilèges, ta pension, tes bonus et tu est passible de destitution si la preuve est claire. Un point c’est tout. Il y a des limites au rédicule.

Je suis évidemment favorable au financement totalement public pour tous les partis politiques, autant municipals que provincials.Les économies seraient substantielles au bout du compte et ne venez pas me dire que la contribution maximum de 100.00 par citoyen est suffisante. Ne soyons pas dupe et cessons de jouer les vierges offencées.

Je suis aussi favorable à une formation de base pour tous les postulants à des postes d’élus. Comprendre ce que vous faite avant d’accepter un poste de responsabilité. Gérer en sachant d’avance quels seront les obstacles et comment fonctionne la machine. Cette formation serait sous la supervision de l’ÉNAP.

Outre cela, pour les maires en perte de crédibilité, la responsabilité appartient à Québec de mettre en place un processus accéléré de vérification et de pousser sur la SQ au sujet des nombreuses enquêtes en cours. J’imagine que, par la suite, les casseroles se feront entendre..

Lorsque Duplessis a été élu, en remplacement du régime Taschereau que l’on affirmait être le plus corrompu depuis la Confédération, y avait-il une Cosa Nostra ou toute autre organisation mafieuse d’origine étrangère?

Je crois que nos criminels indigènes n’ont pas eu à suivre des cours du soir sur l’art de corrompre les élus.

Comme le chantait Léo Ferré : C’est l’homme. C’est inné chez les individus Alphas qui sont programmés pour dominer. Il n’y a pas de maîtres sans esclaves volontaires. Les autres, les hommes libres, résistent et se battent.

Les meilleurs mécanismes ne feront que rendre plus difficile la corruption. De bonnes lois, que l’on applique systématiquement, rendront impossible la durée de la pratique douteuse.

Il n’y a pas de crime organisé systémique sans la collaboration des gens sensés le combattre. Les solutions sont connues, la volonté politique absente. Regardez ce qui se passe au fédéral. On juge les lois italiennes trop sévères pour les criminels. A-t-on jamais entendu pareille ineptie? Trop dure avec les criminels! Et quoi encore.

Lorsque les politiciens refusent de fesser dans le tas, comme c’est le cas au fédéral, il y a lieu de s’interroger. Pourquoi les politiciens fédéraux sont-ils si complaisants?

La question est posée.

Slogan auquel j’avais répliqué, avec preuves à l’appui, par celui-ci: « les fissures ont une ville. »

Puis je montrais que le nombre de fissures par km de rues à Montréal était 1000 fois plus élevé que dans des villes comparables du Danemark ou de Suède.

Aujourd’hui, il faudrait compléter en prenant comme slogan:
« les fissures et la finasserie ont une ville ».

La finasserie la plus évidente consiste à remplacer des trottoirs ou des bordures de rues qui n’ont NULLEMENT besoin d’être remplacés tout en ne touchant pas à des trottoirs qui sont vraiment en mauvais état, sans doute pour justifier plus tard une nouvelle opération de la part de la mafia du béton, opération qui consistera à remplacer de nouvelles sections quasi neuves de trottoirs tout en laissant à l’abandon les trottoirs vraiment endommagés, qui demeurent intouchés afin de servir de preuve qu’une nouvelle rénovation sera nécessaire dans X années….

On devrait exiger de nos élus des vidéos des trottoirs qu’ils veulent remplacer AVANT le remplacement afin de mettre en évidence cette mafia-là qui crève pourtant les yeux.

On comprend mieux pourquoi le chef par intérim libéral Jean- Marc Fournier fait ses sparages insensés autour de la Centrale Gentilly-2 pour détourner l’attention des nombreux scandales politiques de corruption de son parti qui ne cessent de s’accumuler.

En une seule journée et ça ne fait que commencer.

Des dons politiques illégaux lors d’une activité de financement de l’ex-ministre Normandeau
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/10/09/003-zambito-normandeau-financement.shtml

Financement politique: 11 ingénieurs devant leur comité de discipline
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2012/10/09/003-ingenieurs-comite-discipline.shtml

Bon retour de vacances Mme Legault.

Vous finissez votre billet par : «Alors, d’autres suggestions?» Oui ! je pense que la corruption n’est possible que si plusieurs personnes ferment les yeux. Alors les autorités civiles devraient annoncer que les fonctionnaires de tous les ordres gouvernementaux jouiront de l’immunité s’ils viennent témoigner de ce qu’ils ont vu et entendu. Sinon, s’il est prouvé qu’ils n’ont rien fait pour sonner l’alarme, ils seront suspendus ou remerciés. Bon c’est certain que les syndicats n’aimeront pas cela. Donc faudrait peut-être inclure les syndicats dans la listes de ceux qui ont crapuleusement fermé les yeux. On en est rendu à une question de survie NATINALE. Rien de moins. N’oublions pas que tout ce monde de la collusion et de la corruption aura coûté au fil des ans des milliards de dollars qui auraient dû servir à la santé, à l’éducation, aux routes et ce qui auraient peut-être empêché, par exemple, le drame du viaduc de la Concorde à Laval qui a fait plusieurs victimes et des morts.

Un mot sur le maire de Laval. M. Vaillancourt est une personne plus intelligente que la moyenne et de beaucoup. Une petite histoire pour le prouver. Il y a quelques années j’assistais à une assemblée publique où le maire de Laval devait répondre aux questions spontanées des citoyens. Alors, le moment venu, un citoyen se lève pour évoquer son problème d’aménagement de la portion de son terrain riveraine de la rue. Alors sans plus d’explication que l’adresse du citoyen M. le maire lui décrit son quartier, les particularités de sa rue et même la situation particulière de la propriété du citoyen, dont la localisation de la valve de contrôle de l’arrivée de l’eau de l’aqueduc. M. le maire lui donna une série d’explications tout à fait pertinentes et le citoyen n’eut d’autre chose à répondre que : «Merci M. le maire !» Et on passa à une autre question.

Alors, je dis que M. Vaillancourt est au courant de tout ce qui se passe dans son royaume. Il peut tirer toutes les ficelles. De plus, il est de notoriété publique que le maire de Laval ( même ceux qui ont précédé M. Vaillancourt ) et le PLQ ne faisaient qu’un au plus haut niveau.

Ce que je ne comprends pas c’est la frilosité du nouveau gouvernement de Mme Marois envers le monde municipal. Ce gouvernement a encore peur de s’opposer aux politiciens municipaux. Est-ce par crainte de représailles ou par crainte de nuire à des amis ? Les gestes du gouvernement Marois nous donneront la réponse. À moins que le fait d’être minoritaire … ?

Je pense que la corruption est endémique sur le territoire québécois, mais pas uniquement québécois. Je pense que les législateurs et les citoyens doivent sérieusement envisager faire des changements drastiques dans nos lois pour combattre le crime organisé, la mafia et la corruption qui s’étend à tous les niveaux de notre société. Notre société doit recevoir un traitement de chimiothérapie à hautes doses pour éliminer toutes les métastases de la corruption qui nous coûtent des milliards de dollars.

«Malheureusement, nos politiciens sont soit incompétents, soit corrompus. Quelquefois les deux en même temps, le même jour.»
[Woody Allen]

«Fonds secrets. – Sommes incalculables avec lesquelles les ministres achètent les consciences.» [Gustave Flaubert]

A Gatineau aussi on fait vivre les amis du béton et de l’asphalte.

On fait des » améliorations » non réclamées aux rues et aux trottoirs et on néglige les rues les plus abîmées. Bizarre.

Et quand tout cela va t-il cesser? L’avenir qu’on réserve à nos enfants c est un monde de corruption alors qu’on tente de les éduquer dans le respect? On semble gérer en fin du monde, on empoche sans égard aux autres! En tant que citoyens, nous devrions exiger le détecteur de mensonge à tous les politiciens sans exception, sans lequel ils ne pourraient être à la tête de décision. Je ne vois pas comment on pourrait autrement faire confiance à nos élus. Disons haut et fort notre ras le bol!

Bonjour Mme Legault,
Il ne faut pas attendre beaucoup du gouvernement actuel tricéphale (monstre à trois têtes) que les Québécois viennent de se donner. Un tier des députés provenant du parti politique le plus corrompue. Presqu’un autre tiers de députés débranchés, irréalistes et finalement le parti québécois minoritaire, mains liées qui ne pourra pas faire grand chose. On vient tout juste de le voir avec la taxe santé. L’horizon est flou…

Depuis quand Laval est la 2ème ville du Québec ? C’est plutôt Québec… À voir votre réaction face à la ville qui serait maintenant devenue celle de la fierté (Ouch…), il semble que vous soyez tombée de haut… tout comme plusieurs montréalais qui se sont longtemps cru le centre du Québec (pour ne pas dire du monde…) !

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