Pour en finir avec la police politique

Péquistes et libéraux sont issus du même moule. Ils crient à l’existence d’une police politique à la SQ quand l’accusation sied à l’avancement de leurs intérêts.

Photo: Mario Beauregard/La presse canadienne
Photo: Mario Beauregard/La Presse Canadienne

PolitiqueLe retour en force des libéraux au pouvoir annonce le début d’une série de purges qui n’épargnera pas la Sûreté du Québec (SQ).

Dans son édition de jeudi, La Presse se fait l’écho d’une rumeur persistante sur le limogeage de Mario Laprise, nommé directeur général de la SQ il y a à peine 18 mois par le gouvernement du PQ.

La nomination de M. Laprise avait surpris bien des observateurs du monde policier. Ce policier d’expérience, dont la crédibilité avait été entachée par les travaux de la commission Poitras, sortait un peu du champ gauche.

En peu de temps, M. Laprise a bousculé les façons de faire dans l’univers fermé du quartier général. Il a accru la collaboration avec la commission Charbonneau, et il a dénoncé au sous-ministre de la Sécurité publique les comportements inappropriés de son prédécesseur, Richard Deschesnes, et deux de ses hommes de confiance, Jean Audette et Steven Chabot, pour un usage inapproprié du fonds secret de la SQ.

On connaît la suite. Richard Deschesnes, Jean Audette, Steven Chabot et Alfred Tremblay ont été accusés de fraude, abus de confiance et vol. Dans cette affaire, qui n’est pas gagnée d’avance, des fonds secrets dévolus aux enquêtes auraient été utilisés pour payer des primes de départ à Chabot et Tremblay.

Les libéraux n’ont pas digéré cet affront de la part d’un directeur général qu’ils disent inféodé au PQ.

Péquistes et libéraux sont issus du même moule dans cette affaire. Ils crient à l’existence d’une police politique à la SQ quand l’accusation sied à l’avancement de leurs intérêts.

Du temps où le PQ formait l’opposition, la rumeur voulait que la haute direction de la SQ empêchait ou ralentissait la tenue d’enquêtes pouvant embarrasser les libéraux. La filature interrompue sur Eddy Brandone, ça vous rappelle quelque chose ?

En mars 2009, des officiers de la SQ ont stoppé net une filature d’Eddy Brandone, un syndicaliste aux relations mafieuses, lorsqu’il a rencontré le premier ministre Jean Charest dans un événement public.

En septembre 2011, des officiers de la SQ avaient envoyé une lettre anonyme, encore à La Presse, pour se plaindre d’ingérence politique dans les enquêtes. Aucun membre du gouvernement libéral de Jean Charest ne sera accusé au criminel, malgré les enquêtes de l’UPAC et de l’escouade Marteau, prédisaient-ils… L’histoire leur a donné raison.

La nomination de Mario Laprise a entraîné tout un revirement de situation. Les libéraux ont perçu l’opération de démolition de Richard Deschesnes comme une vendetta péquiste. Et les péquistes verront maintenant une autre vendetta dans le procès d’intention contre Mario Laprise.

Ce climat de suspicion est délétère pour la crédibilité de la SQ dans l’esprit du public, et il risque de nuire à la conduite d’enquêtes sensibles. Quel directeur osera remuer les sédiments accumulés dans les couches inférieures de la corruption, en se sachant assis sur un siège éjectable ?

Je vois trois pistes de solution pour corriger le tir.

Philippe Couillard doit donner suite à ses premières réflexions à chaud et changer le mode de nomination du directeur. Un comité indépendant, incluant des civils qualifiés dans les affaires policières (comme des criminologues et des avocats), pourrait établir une liste de candidats, sans égard à leur couleur politique.

On pourrait très bien s’inspirer des comités qui président à la nomination des juges. Des comités indépendants font le premier tri, et le ministre de la Justice a le dernier mot sur le choix du candidat. Dans le cas de la SQ, le dernier mot reviendrait au ministre de la Sécurité publique, bien sûr.

Il s’agirait d’une amélioration par rapport à la situation actuelle. Des sous-ministres et leurs adjoints, presque tous des anciens de la SQ, exercent une influence démesurée dans le choix du «boss» de la SQ.

Si on veut éviter les expéditions punitives d’un gouvernement nouvellement élu, il faudrait que le directeur soit inamovible pour la durée de son mandat, sauf en cas de faute grave, comme c’est cas pour les juges administratifs.

Idéalement, le poste devrait être comblé lorsque que le gouvernent arrive à la mi-mandat. La loi sur les élections à date fixe permettrait d’y arriver, pour autant que le mandat renouvelable du directeur soit ramené à une durée de quatre ans.

Si le principe d’alternance entre les partis retrouve un jour grâce aux yeux des électeurs, le directeur aura au moins l’assurance de survivre à un changement de régime.

Les solutions ne sont peut être pas parfaites, mais il m’apparaît essentiel de trouver une autre option que le statu quo. Il est dans l’intérêt public d’accroître la séparation entre le chef de police et le politique.

* * *

À propos de Brian Myles

Brian Myles est journaliste au quotidien Le Devoir, où il traite des affaires policières, municipales et judiciaires. Il est présentement affecté à la couverture de la commission Charbonneau. Blogueur à L’actualité depuis 2012, il est également chargé de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). On peut le suivre sur Twitter : @brianmyles.

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M. Myles, je viens de vous découvrir. Après quelques articles je dois dire que vous redorez le blazon du journalisme. Votre objectivité est évidente. L’avantage de celle-ci est la cette capacité de reconnaître la personne que représente M. Couillard. Pour quelqu’un qui nous représentera tous pour le bien-être du Québec. Je crois vraiment qu’il instora une façon de faire pour le future. Les nominations partisanes et la partisanerie c’est fini.

Cet homme remettra le Qc sur le droit chemin, j’en suis sûr!

You gotta be one to recognize one. Acknowledging the welfare of all human beings comes first!

Excellent weekend à vous!

Incroyable faire ,l,autruche comme ca Le PLQ gangrener j,usqu,a la moelle….Sur qu,il,vont changer le chef .de la SQ..Vous savez ,au États Unis il a déjà eu le Watergate…..

Est-ce que la police doit s`inquiétée quand un permi de port d`arme est donné à un membre proche de la mafia, et, que 15 ministres contribuent à la fondation d`un membre de la mafia, quand un député est nommé ministre et qui est proche de la mafia, oui je crois qu`ils faillent s`inquiété et nommé un nouveau chef ce que mme Marois a fait , M Laprise est un incorruptible, relisez la guerre faite aux motards criminels.

« Les nominations partisanes et les partisaneries, c’est fini » On se garde une petite gène, on parle quand même des libéraux! Il est possible que M.Couillard. soit rempli de bonnes intentions, mais il devra en faire la preuve.Et, ce sera tout un défi…

La grande différence #PLQ entre M. Charest et M. Couillard…deux hommes extrèment intelligents. Le premier avec des idées pour le Canada impressionantes représentant une verve pour son pays incomparable mais pour des raisons conservatrices contextuelles n’a pu gagner le leadership de celui-ci, le deuxième, son status professionnel déjà impressionnant et maintenant Leader du #PLQ ne doit que nous donner espoir au futur à court terme Il saura nous redonner espoir!

J’espère avant tout que m. Couillard ne jètera pas le bébé en changeant l’eau du bain.
J’espère que M.La prise restera en place malgré ce que certains extrémistes libéraux ont dit.
J’espère que les projets de transports électriques seront conservés.
J’espère que le Ministère de l’Éducation ne sera pas amputé.
J’espère Monsieur Brunet que vous serez d’accord avec ce que des milliers de Québécois espèrent: la conservation de notre héritage culturel francophone!

M. Myles….

Est-ce que cela seraient des menaces à peine voilées aux policiers ( gare à votre carrière ) afin de freiner l’ardeur de trouver les coupables de corruptions chez nos ministres…. ????

Est-ce que cela serait une façon de discréditer les enquêtes de nos policiers dans les dossiers recherchant les coupables de corruptions chez nos ministres…. ????

On JASE là….. Serions-nous déjà rendu aux purges staliniennes ????

Bonjour,la question que je me pose pourquoi ne pas laisser le choix au judiciaire comme a titre exemple les juges et procureurs pourrait voter sur des nominations du directeur de la SQ laissant le judiciaire valider le judiciaire,car la comission Bastarache nous appris les nominations partisanne de partie et les fameux POST-it JAUNE .
Bonne reflexion..Ecris avec un pointeur lazer alors pas d’accent.

En bout de ligne, les citoyens doivent désormais payer directement, avec leurs impôts, leurs élections jadis payées par les ingénieurs, les entrepreneurs et autres acteurs intéressés. Je me demande quand le citoyen deviendra le décideur du prochain de son propre ‘trip électoral’, s’il demeure à date fixe? Le système judiciaire, incluant la police, se doit de faire, bien malgré lui, un travail au-dessus de la partisanerie politicienne. Avec des politiciens, des juges et des policiers honnêtes… les chèvres de monsieur Séguin seront bien gardées.

Allo! la terre? Une police politique au Canada? La GRC ca vous dit quelque chose?

Très bonne article , ce sera peut être le premier test pour Couillard a démontré si il est de parole ou si la culture libérale reviendra la surface .
Tel qu’énuméré il faut que ces nominations se fasse a l’Assemblé en accord avec les parties et nom par Marois quand elle est au pouvoir ou Couillard

Vous avez raison sur le fond mais il ne faut pas oublier que le processus de nomination des juges est un écran de fumée et que la politique joue toujours un très grand rôle dans ces nominations puisque justement un politicien prend la décision finale. Le comité de sélection n’est qu’une manoeuvre pour faire croire au public que les nominations sont impartiales mais la vérité c’est qu’elles ne le sont généralement pas.

Pour la police, on peut aussi considérer faire comme dans bien des pays où des juges sont responsables des enquêtes criminelles et de superviser la police. Les juges peuvent très bien nommer les autres juges à partir de ceux qui ont les compétences requises (ou peut même penser à une école de la magistrature) et pour la police, on pourrait nommer le directeur par un comité non partisan d’élus du peuple, par consensus. Au moins les enquêtes seraient supervisées par quelqu’un de neutre (le juge d’instruction), indépendant du pouvoir politique.

Mon plus grand souhait serait que notre police reste tout à fait indépendante des pouvoirs politiques, pour ce faire faudrait-il mettre des taupes à l’intérieur de notre réseau policier? Et aussi avoir des directeurs qui ont de la poigne, mais on craint toujours pour son gagne-pain ou sa carrière.

Je voudrais que la SQ puisse sévir contre les élus en cas de corruption avec une solide démonstration de faits. Fini l’impunité. Peut-être que je rêve en couleurs, mais bon…

La police doit et devrait être totalement indépendante du Politique.
Aucunes enquêtes, que se soit filature ou pas ne devrait être décidé de poursuite ou d’annulation par le politique.
C’est au Corps Policier et au procureur général de décider ou pas des poursuites à intenter.
Le Ministre de la Justice dans des cas litigieux et/ou complexes pourrait être interpellé, lui et seulement lui.
Le Politique et la Police ne devrait jamais dormir dans le même lit.
C’est mon opinions.