Pour en finir avec le débat sur l’avortement

Je vous l’accorde, mon titre est un peu gros. Je ne suis pas certain qu’on pourra un jour en finir avec le débat sur l’avortement, un sujet délicat qui puise au fond des valeurs de chaque individu.

N’empêche, c’est un peu ce que deux sondages viennent dire, l’un au Canada, l’autre aux États-Unis. Les citoyens de ces deux pays ne veulent pas rouvrir le débat sur l’avortement.

Ce qui ne veut pas dire que les camps pro-vie et pro-choix s’affichent sans nuance en deux blocs, et que l’un a remporté une victoire décisive sur l’autre. Il y a beaucoup de gris dans les réponses.

Mais le statu quo convient à la majorité de la population. «Est-ce qu’on peut passer à un autre sujet?», semble la phrase-clé qui ressort des coups de sonde.

Aujourd’hui il y a 25 ans, le 28 janvier 1988, la Cour suprême du Canada affirmait qu’interdire l’avortement est inconstitutionnel. Depuis, aucune loi n’encadre vraiment la pratique.

La firme Angus Reid a sondé les Canadiens et les résultats viennent d’être dévoilés.

Ainsi, 59 % des Canadiens ne veulent pas rouvrir le débat sur l’avortement, contre 30 % des répondants qui le souhaitent et 11 % qui se disent indécis.

Lorsqu’on isole les chiffres du Québec, on se rend compte que 56 % des Québécois ne souhaitent pas rouvrir ce débat (sous la moyenne canadienne), contre 35 % qui veulent en débattre.

C’est en Alberta, en Colombie-Britannique et dans les Prairies qu’on souhaite le moins en parler (même si l’opposition à l’avortement est légèrement plus élevée en Alberta et dans les Prairies, comparativement au reste du pays).

Et les hommes (63 %), sont plus réfractaires à rouvrir ce débat que les femmes (54 %).

Même si des députés conservateurs ont tenté d’en discuter à la Chambre des communes avec des projets de loi et des motions dans les dernières années, leur volonté trouve un bien faible écho, même chez les électeurs de leur parti.

Près de 55 % des électeurs conservateurs ne veulent pas rouvrir ce débat, alors qu’ils sont 65 % au NPD et 66 % au Parti libéral du Canada.

Aux États-Unis, où l’on vient de franchir le 40e anniversaire du célèbre jugement de la Cour suprême Roe c. Wade, 62 % des Américains veulent garder le statu quo et souhaiteraient que la Cour suprême rende le même jugement aujourd’hui. Ils sont 28 % à vouloir que le plus haut tribunal revienne sur sa décision de permettre l’avortement.

Selon ce coup de sonde, lui aussi de la firme Angus Reid, les démocrates (79 %) et les indépendants (69 %), sont plus favorables à la situation actuelle que les républicains (43 %). Tous les résultats ici.

Revenons au coup de sonde canadien, fait auprès de 1009 personnes à travers le pays.

Quelques résultats supplémentaires:

44 % des Canadiens affirment qu’il ne devrait y avoir aucune limite à l’avortement (54 % au Québec, mais 34 % en Alberta).

23 % affirment que l’avortement doit être permis, mais avec plus de restrictions qu’actuellement (23 % au Québec).

–  18 % disent que l’avortement devrait être permis uniquement en cas de viol, d’inceste ou pour sauver la vie de la femme (16 % au Québec).

4 % pensent que l’avortement devrait être permis uniquement si la vie de la femme est en danger (2 % au Québec).

5 % affirment que l’avortement ne devrait jamais être permis (3 % au Québec).

43 % affirment que l’avortement doit être couvert par l’assurance-maladie (51 % au Québec), contre 7 % qui sont contre. Près de 42 % (39 % au Québec) des répondants disent que la procédure devrait être couverte seulement en cas d’urgence médicale.

Commentaire du sondeur, Mario Canseco: «Les Canadiens ont des sentiments partagés sur l’avortement, mais l’attitude générale est limpide: laissons ce débat de côté».

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Les Canadiens, sauf certain hurluberlus ont très bien compris dans une grande majorité que les femmes étaient assez évolués et possédaient un droit indéniable de décider comment choisir librement quand vient le temps d’être confronté à un avortement.
C’est une décision entre elle et elle.
Ce débat est aussi inutile que de débattre si la terre tourne autour du soleil ou le contraire.

Au Canada, on pratique bon an mal an environ 100 000 avortements. Cela signifie que sur 25 ans, c’est 2,5 millions d’enfants qui auraient pu vivre parmi nous et qui ne jouiront pas de ce privilège. Si on décidait de systématiquement tuer 100 000 nouveau-nés par année. On nous traiterait avec raison de peuple génocidaire et probablement nous nous attirerions les foudres de la communauté internationale.

– Peut-on me dire la différence qui existe entre un nouveau-né et un fœtus ?

Le Canada est pratiquement le seul pays au monde où il existe une législation qui n’interdit pas l’avortement quel que soit l’état d’avancement du bébé. En d’autres mots, lorsque les chances de vies sont de plus en plus grandes pour les prématurés (ce dont on doit se réjouir), n’importe quel médecin peut pratiquer des avortements quel que soit l’avancement de la grossesse.

Hormis les conséquences psychologiques qu’engendrent la pratique de l’avortement, cela peut même conduire certaines femmes au suicide. Il y a des conséquences physiques qui peuvent entrainer après plusieurs avortements la stérilité ou dans le meilleur des cas engendrer des grossesses à risques.

Il y a une énorme différence entre mettre la vie d’une femme en danger lorsqu’un avortement est pratiqué de façon non sécuritaire et mettre en prison un médecin qui pratique un avortement de manière sécuritaire – ce qui justifiait la croisade louable du docteur Morgentaler – et… faire usage de l’avortement (souvent gratuit) comme substitut à des moyens de contraception qui responsabilisent les personnes qui choisissent d’avoir des relations sexuelles dans un autre but que celui de procréer.

Si une majorité de gens ne veulent pas rouvrir le débat sur l’avortement, c’est tout simplement pour des questions d’ordre psychique. Dans les faits, très rares sont les femmes qui se font avorter par choix, elles se trouvent dans des situations qui ne leur permettent guère de faire autrement. – Cela signifie que nous devrions à l’occasion nous interroger sur notre finalité en tant que civilisation…. Nous sommes là pourquoi ?

Un avortement, ce n’est pas seulement un être en devenir qui voit son rêve s’envoler, ce sont aussi un homme et une femme qui perdent toute noblesse en reprenant de manière irréversible, ce qu’ils ont donné.

Bonjour,

Comme disait un autre : Soit, c’est bien pour dire ! En ce Jour du 28 de Janvier 2013, 25 années déjà que le débat fut réglé par la « COUR SUPRÊME » et non pas les Conservateurs d’alors et de droite qui avaient sous la houlette du bon P’tit Gars de Baie Comeau l’appui inconditionnel de la très grande majorité des nationalistes québécois. Car dès 1978, ces nationalistes québécois furent les béni oui oui de la droite Canadienne en étant les plus farouches partisans du Libre Échange par la « mondialisation de l’Aléna » avec les Yankees tout en se pensant de « gauche, les pôvres ».

En effet, le débat est maintenant clos et tout à fait heureux qu’il en soit ainsi. Tout pour dire que les citoyens du reste du Canada démontrent encore une fois une pensée plus libérale que les québécois et les québécoises. Avec un bémol sur l’énorme fossé existant entre les femmes québécoises et cet homo quebecus nationalus qui vit en grande partie du temps avec des idées moins modernes en ayant toujours les yeux dans le rétroviseur, c’est à dire tournés vers le passé.

En outre, si nous observons l’actualité de l’Hexagone par le prisme du Monde Diplomatique et du Courrier International, nous sommes en mesure de constater l’immense fossé séparant l’évolutive pensée toute Canadienne de celle de nos cousins français sur les débats entourant les mariages gais. Un fossé disais je, en me souvenant de Monsieur Pierre Elliot Trudeau qui dès 1968 légalisa l’homosexualité en donnant exactement aux homosexuels les mêmes droits que les hétérosexuels et comme disait ce brillant intellectuel il y a plus de 45 ans : L’État n’a pas affaire dans les chambres à coucher. En n’oubliant surtout pas les autres qui « étaient à voile et à vapeur » même en 1968……..

Finalement, si nous pouvions avoir un Grand Merci pour le Canada pour toutes ces nécessaires mesures de gauche. Car dans l’Histoire récente des derniers siècles, le Canada fut précurseur dans bien des domaines au niveau Planétaire et la plupart des Autres Pays se virent obligés de suivre les « balises Canadiennes en Droits Humains». Tout comme le droit de vote des femmes Canadiennes en 1918, ce qui brisa bien des patterns de pensée Conservatrice avec le Québec inclus…… Au plaisir, John Bull.

@Serge Drouginsky:
La différence entre un nouveau né et un foetus? Vous posez sérieusement la question?
La différence est énorme!! Le foetus est entièrement biologiquement dépendant de sa mère. Tant qu’il est dans l’utérus, personne d’autre que sa mère ne peut le nourrir et assurer sa survie.
À partir du moment où il naît, même prématurément et incomplètement formé, d’autres personnes, des médecins, des infirmières, et plus tard des parents adoptifs (en admettant que les parents n’en voudraient pas), peuvent s’en occuper. C’est fondamental comme différence.
Un pourcentage très réduit d’avortements sont pratiqués au-delà de la 12e semaine de grossesse, et dans la plupart du cas, ce sont pour 2 raisons, soit un examen qui ne peut être pratiqué plus tôt a révélé que l’enfant souffrait d’un très lourd problème de santé qui non seulement le condamne à une vie d’horribles souffrances mais souvent met aussi la vie de la mère en danger lors de l’accouchement; ou encore parce que la femme n’a pas eu accès à des services assez rapidement.
Les premiers cas sont extrêmement dramatiques car souvent ces grossesses sont désirées et c’est un véritable drame pour les parents.
Le deuxième cas ne devrait pas se produire, mais se produit, et est assez lourd de conséquences – intervention plus invasive et difficile à supporter, aux complications potentielles plus nombreuses et plus lourdes.

Une femme enceinte de 36-38 semaines qui décide du jour au lendemain qu’elle ne veut plus le bébé? En admettant qu’elle soit trop stupide pour s’être décidée avant, elle a des options bien moins traumatisantes et dangereuses pour la santé, comme donner l’enfant en adoption.

Quant aux mythiques femmes qui utiliseraient l’avortement comme moyen de contraception, colporté par bien des gens, c’est sûrement extrêmement rare, et vous pouvez être sûr que les services sociaux diraient quelque chose.

Je serais d’accord avec une loi limitant la période de temps où l’avortement est possible à condition que la limite ne soit pas pensée pour en réduire l’accès, en tenant compte des difficultés d’obtenir le service dans quelques régions, etc. De toute façon, il serait rarement nécessaire de l’invoquer. Je ne sais d’où vient cette apparente croyace que des avortements tardifs se pratiquent de façon courante, mais c’est plutôt rarissime. Plus de 95% des avortements se pratiquent entre la 7e et la 9 ou 10e semaine.

Je ne crois pas être un »huluberlu »,néanmoins je m’interroge sur la légèreté avec laquelle M. Robert Brodeur traite de la question de l’avortement.
Ça reste une grande et sérieuse question de civilisation.
Le Canada,paraît-il,est le seul parmi les pays dits développés à permettre l’avortement sans aucune balise.Cela aussi pose une question.
Ceci dit, je me garderais bien,dans le concret de la vie, de porter un jugement sur les motivations de la femme qui en vient à choisir l’avortement.

@ Sophie (# 4),

Merci pour toutes vos précieuses précisions. Dans les faits je n’ai pas écrit que des avortements tardifs se pratiquaient de façon courante. J’ai seulement dit que la loi canadienne n’encadre pas la pratique de l’avortement de telle sorte qu’il est possible de le pratiquer à n’importe quel période de la grossesse. D’ailleurs je relève que vous êtes également d’accord pour un encadrement légal de meilleure qualité.

Vous relevez aussi certains aspects régionaux, qu’on trouve d’ailleurs partout au Canada ce qui prouve justement que toutes les canadiennes ne bénéficient pas de soins identiques.

Je comprends bien que pour des raisons médicales et de santé, qu’il soit dans quelques rares circonstances nécessaire de pratiquer des interruptions de grossesse tardives.

On relève toutefois dans d’autres pays (dont la France notamment) que les avortements sont pour plus de la moitié pratiqués sur des femmes de moins de 25 ans dont plus de la moitié d’entres elles sont mineures, que de telles opérations pourraient dans de nombreux cas être évitées en raison d’un manque de prévention. C’est en tout cas l’opinion de médecins. Quoique je n’ais pas cherché les chiffres au Canada. Je suppose que ces proportions devraient se vérifier ici aussi.

Ce qui illustre bien que dans un certain nombre de cas :

1/ Que l’avortement sert de substitut à la contraception.

2/ Que beaucoup de jeunes femmes par manque d’information, d’encadrement ou pour toutes autres raisons consentent, sont incitées ou même forcées à des relations sexuelles qui ne sont pas entièrement désirées lesquelles par le fait même ne sont pas protégées.

3/ En outre, même si ces phénomènes sont marginaux, il existe des avortements répétés parmi certaines femmes, ce qui ne devrait logiquement pas avoir sa raison d’être dans une société développée, ce qui relève aussi d’une assistance sociale et psychologique déficiente lorsque certaines personnes gagneraient à être suivies.

Enfin vos propos démontrent éloquemment que cette dépendance biologique du fœtus est également une grand protection, ce qui a permis d’ailleurs le développement de l’espèce humaine, raison pour laquelle il est important de protéger les mères pour protéger la viabilité des enfants et leur meilleure chance d’arriver à terme.

@ Real nadeau
Ça reste une grande et sérieuse question de civilisation.

Vous avez raison M.Nadeau, parlez en en a la grande civilisation sudiste et républicaine américaine.

2013,début du siècle 21,la sience peut sonder l`infiniment petit comme l`infiniment grand, et l`humain se demande encore si le foetus qu`il a fabriqué en toute humanité, est un humain à ses débuts dans le sein de sa mère, cette question est d`une malhonnêté, d`une hypocrésie peu commune.Si on admettait une fois pour toute que le foetus est un humain dès sa conseption et en faire un cas de conscience et se poser beaucoup de question avant de se faire avorter et non de prendre le tout comme un simple acte médical comme se faire enlever l`apendicite. Je comprend les femmes qui sont obligées de passer par l`avortement pour régler un problème de santé, ce n`est sûrement pas plaisant. Je ne suis pas contre l`avortement, mais ce n`est pas un acte banal,et prouvez moi que le foetus n`est pas un humain.

On parle des conséquences psychologiques et physiologiques d’un avortement pour la femme, mais les conséquences d’une grossesse non désirée menée à terme sont-elles considérées? La venue d’un enfant alors que ses parents ne voulaient pas de lui peut sans doute avoir de grandes conséquences dans la vie de celui-ci. Il faudrait voir un peu plus loin que la simple image d’une femme (alors que cet enfant a été fait à deux) qui se débarrasse d’un foetus comme elle se débarrasse de ses vidanges. Tant qu’à moi, mettre un enfant au monde quand on est dans la misère, quand on est irresponsable ou quand on n’est pas fait pour être parent est bien plus indigne d’une personne vivant dans une société civilisée que le fait d’avorter un foetus dont on ne connaissait même pas l’existence avant d’uriner sur un bâton.

Je suis complètement contre l’avortement. Premièrement, car tué un bébé c’est tout simplement dégoutant. Ainsi, si une femme se fait avorter, il peut y avoir pleins de conséquence sur son physique, ainsi que son psychologique. En commençant par une perturbation dans le comportement sexuel, ainsi que des douleurs lors des relations, ensuite, des blessure de l’utérus, menstruations déréglées,sentiments de honte, Abus d’alcool, de médicaments, et usage de drogue, perturbation dans le comportement sexuel, trouble de sommeil, des pleures non-justifié, problèmes de concentration et de mémoire, anxiété, dépression. Ainsi, cela mène souvent a suicide.

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