Pour ne pas oublier Matricule 728 (II)

 

Pour faire suite à la première partie de mon analyse sur le «cas» de la policière Stéfanie Trudeau, alias Matricule 728…

***

Une enquête publique, s’il-vous-plaît!

Si la Matricule 728 a maintenant droit, in extremis, à une enquête accélérée, c’est essentiellement pour cause de diffusion publique des événements troublants du 2 octobre entourant l’arrestation violente et dégradante de citoyens pacifiques par la policière Trudeau.

Or, les manifs de ce printemps ont donné lieu à d’autres cas d’abus d’autorité et de violence policière trempés dans le même préjugé anti-carré rouge dont j’analysais les origines dans mon billet précédent.

C’est pourquoi les demandes d’enquête publique sur ces événements se multiplient depuis plusieurs mois.

Dès mai dernier, même Amnistie Internationale, section Canada francophone, en demandait une…

Faisant état de plus de 3 000 arrestations pendant la grève étudiante, de nombreux témoignages rapportant des sévices et des violences physiques et verbales, une pétition formule aussi cette même demande pour une enquête publique au nouveau ministre de la Sécurité publique du gouvernement Marois, Stéphane Bergeron.

Parmi ces témoignages, des vidéos troublantes ont également circulé, dont celle-ci (également ici).

(À titre de comparaison, lors du sommet du G20 tenu à Toronto en 2010, il y avait eu 1, 200 arrestations. Une enquête indépendante fut pourtant tenue par le Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police de l’Ontario. Son rapport déposé cette année blâmait sévèrement les corps policiers pour avoir usé d’une force excessive et de préjugés contre les manifestants de même que pour des arrestations massives et illégales. Ce rapport final contenait  également 42 recommandations pour améliorer le travail des policiers en situation de conflit.)

Un collectif de professeurs demandent également une enquête publique sur la répression policière de ce printemps.

Bref, si de toute évidence, le «cas» de Matricule 728 n’est pas généralisé, cela n’en fait pas pour autant un cas isolé.

Esprit de corps ou omerta?

En situation de conflit social, les forces policières étant appelées à réprimer, elles deviennent souvent le reflet du discours politique ambiant.

Ce qui ne veut pas dire, par contre, que tous les policiers le partagent, mais que ce discours peut tout de même devenir rapidement la «norme».

Quant à l’«esprit de corps» dont on parle souvent dans le cas des forces policières, il n’est pas à confondre avec ce qu’on appelle l’«omerta» – la loi du silence. L’esprit de corps suppose surtout une capacité exceptionnelle de pouvoir travailler en équipe, dans le cadre d’un boulot où son absence peut coûter des vies dans certaines circonstances plus difficiles.

Or, ce même esprit de corps n’inclut pas celui de taire publiquement certains préjugés qui s’expriment pourtant ouvertement derrière les portes closes entre des policiers. L’esprit de corps, ce n’est pas l’omerta.

Le problème est que dans le cas de l’historique rempli d’incidents troublants de Matricule 728 datant de bien avant les événements du 2 octobre – tout comme dans celui de la grève étudiante et de ses manifs -, c’est bien une omerta cachant une culture de préjugés qui semble s’y être installée.

Dans le Journal de Montréal du 15 octobre, il n’est donc pas surprenant d’y lire qu’un policier de Montréal est prêt à se dire «fier» d’avoir porté un carré rouge le printemps dernier hors de ses fonctions, mais à la condition de garder l’anonymat…

***

Un bref retour en arrière…

Pour mieux comprendre, prenons un petit détour chronologique éclairant par les années 60 et 70 – une époque de grande effervescence au Québec où les manifestations, sans être quotidiennes, étaient nombreuses et parfois durement réprimées par les forces policières.

C’est une époque où le mouvement souverainiste prenait forme; le FLQ menait certaines opérations; le mouvement féministe montait; les manifs pro-français se multipliaient; la communauté noire, aux prises avec ses propres difficultés ici, regardait les États-Unis où le «civil rights movement» luttait pour l’émancipation des Afro-américains; des groupes communistes d’obédiences diverses apparaissaient; et enfin, la plupart de ces groupes et mouvements étaient aussi infiltrés, bien entendu, par les forces policières…

Conséquemment, les «préjugés» les plus répandus à cette époque dans la police étaient contre les communistes, les «séparatistes», les féministes, les noirs, etc..

Étant moi-même la fille d’un policier qui, pendant plusieurs années, était dans l’escouade anti-émeute, j’ai en quelque sorte grandi dans cette culture policière. Et j’en ai entendu de toutes les couleurs dans ce milieu.

Bien sûr, c’était une autre époque, mais ces préjugés procédaient du même réflexe de groupe que ceux qui sont apparus ce printemps contre le mouvement étudiant.

Et lorsque, comme ce printemps, le discours politique dominant est fait, lui aussi, de préjugés et de désinformation, les forces policières appelées, après tout, à réprimer les mouvements qui s’opposent au gouvernement dans le cadre de manifs, y deviennent encore plus vulnérables.

La formation déformante

Les forces policières seront toujours à la base ce qu’elles sont : un outil de répression. C’est au coeur de leur travail.

Mais dans une société démocratique, elles sont beaucoup plus que cela.

Elles appliquent la loi, certes, mais les «polices de quartier» de création plus récente à Montréal se veulent également une manière de se «rapprocher» des citoyens dans une approche nettement plus collaborative et communautaire que simplement répressive.

Dans les grandes villes – multiculturelles, multiethniques, où les opinions politiques divergentes sont nombreuses, où l’itinérance est une réalité marquée dans certains quartiers, où les troubles mentaux et les personnes vulnérables se multiplient -, cette approche se complexifie d’autant.

Question: les policiers sont-ils suffisamment outillés pour faire face à une réalité aussi multiple, aussi complexe?

Certes, les corps policiers se «diversifient» déjà eux-mêmes de l’intérieur avec l’embauche de femmes et de personnes de différentes origines.

Or, on dirait bien que cela n’empêche pas pour autant l’apparition de certains préjugés nourris par le contexte social et politique du jour.

Ce qui, on en conviendra, peut poser un sérieux problème dans certains contextes sociaux ou politiques plus tendus. Nous en connaissons tous des exemples, incluant des épisodes par le passé où il y a eu mort d’homme.

Face au cas criant de Matricule 728, plusieurs experts, avec raison, ont pointé du doigt la formation des policiers et ont proposé plusieurs moyens de l’enrichir.

Le suivi professionnel et psycho-social des policiers, disent-ils, devrait également être nettement mieux encadré et serré. Car on ne le dira jamais assez : le travail policier est un des plus durs, des plus exigeants et des plus stressants qui soit.

Pour ma part, je poserais une partie de ce problème sous forme de question : peut-on songer à donner aux policiers une formation apte à les rendre plus résistants aux discours politiques et aux préjugés ambiants du moment? Une formation mieux habilitée à les doter de ce que Pierre Foglia qualifie de «distanciation» essentielle à ce type de travail?

Bref, sans en faire pour autant des travailleurs sociaux (!), comment donner aux policiers les connaissances et l’ouverture d’esprit nécessaires pour aborder les problèmes sociaux sous un angle, disons, mieux informé et donc, moins biaisé par des préjugés ou le discours politique dominant du jour?

Certains experts ont également parlé du manque de discipline dont souffriraient aujourd’hui les jeunes policiers et de la peur que cela générerait chez-eux en situation de conflit social. Ce qui semble en effet faire partie de la problématique globale.

Pour la création d’un bureau indépendant de surveillance de la police

Au Québec, l’absence d’un organisme civil de surveillance et d’enquête complètement indépendant des corps policiers est une grave lacune.

Lorsque les policiers enquêtent sur les agissements d’autres policiers et que les comités de déontologie auxquels on invite les citoyens à se plaindre sont une véritable passoire, aucun message de dissuasion ne se rend aux policiers eux-mêmes.

Cette absence de surveillance adéquate et indépendante nourrit chez-eux un sentiment d’impunité.

Pourtant, des organismes indépendants et efficaces de surveillance, ça existe. Il y en a même un tout juste à côté, en Ontario.

Son nom : Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police (BDIEP).

Son mandat : veiller à ce que les plaintes du public à l’égard de la police de l’Ontario soient traitées de façon équitable et efficace.

Pourquoi le Québec n’a-t-il pas son propre bureau indépendant d’examen de la police? Vaste question…

Or, il serait temps d’en créer un. Point.

Pour une formation universitaire obligatoire

Comme fille de policier, je n’ai également jamais compris pourquoi on se limitait à une formation de niveau collégial pour les policiers et les policières.

Lorsqu’on est appelé à porter une arme pour gagner sa vie; qu’on entrera en contact avec ce qu’il y a de plus dur et de plus complexe dans une société; qu’on possède une autorité et une force de répression très larges, le minimum serait d’imposer une formation universitaire AVANT de pouvoir même appliquer pour suivre la formation en techniques policières au cégep pour passer ensuite à l‘École nationale de police.

Bref, pas de techniques policières sans avoir réussi son baccalauréat. Ce qui, bien entendu, voudrait dire deux passages par le cégep. Un premier comme préparation à l’université et un second, après un baccalauréat, pour faire ses techniques policières. Serait-ce trop demander de ceux et celles qui auront la sécurité des citoyens entre leurs mains?

Sans compter que les salaires et les avantages sociaux des policiers sont tels que la demande d’un baccalauréat serait une exigence tout à fait raisonnable.

L’idéal serait sûrement un baccalauréat multidisciplinaire incluant des cours de sociologie, de littérature, d’histoire, de science politique et même de psychologie. Certes, une partie de cette formation est déjà disponible dans certains programmes de formation pour les aspirants policiers, mais elle n’est pas de niveau universitaire.

Mais déjà, de faire et de compléter un baccalauréat, point, serait une bonification considérable de la formation des policiers et des policières. D’autant que ce passage obligatoire par l’université aurait également comme avantage de leur donner quelques années de maturité en plus avant de porter un uniforme et une arme.

Et je ne parle pas ici du «baccalauréat en sécurité publique» puisque celui-ci est optionnel dans la mesure où il n’est offert qu’à ceux et celles qui sont déjà policiers.

J’en parlais d’ailleurs souvent avec mon père.

Je lui demandais pourquoi on «armait» des personnes aussi jeunes et aux expériences de vie et aux horizons culturels et intellectuels souvent insuffisants pour faire un travail aussi exigeant et de plus en plus complexe?

De son côté, il aura mis plusieurs années avant de commencer à penser que sans être la panacée, une formation universitaire ne serait peut-être pas une si méchante idée que ça…

Bien sûr avec, entre autres éléments, une formation et une discipline policières encore plus adéquates. De même que la création d’un bureau indépendant de surveillance et d’enquête sur les corps policiers.

Pourquoi?

Parce que Stéfanie Trudeau, tout en étant un cas extrême, n’est ni un cas généralisé, ni un cas isolé. Les événements de ce printemps l’ont amplement démontré.

En entrevue avec The Gazette, un officier du SPVM le reconnaît sans la moindre hésitation. Et ce, en des termes qui n’ont rien de rassurant pour les citoyens.

Bref, un beau dossier pour le nouveau ministre de la Sécurité publique.

 

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16 commentaires
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Encore une fois, Madame, vous apportez un regard indispensable sur notre société. Un regard articule, lucide, base sur des faits, des références solides. Bravo! N’accrochez pas votre plume/clavier de si tôt, nous avons trop besoin de vos analyses…

Un formation universitaire pour les policiers? Je parlerais plutôt d’une formation civique de base où le policier serait sensibiliser à la réalité d’aujourd’hui, particulièrement en mileu urbain, pauvreté, étinérance,exclusion, communautés, gangs de rue.Comprendre avant d’agir. Développer un sens critique avant de frapper. Être fier et décourager des pratiques excessives.

Il ne faut pas négliger, pour expliquer le contexte du »printemps érable » le rôle incendiaire du gouvernement libéral. Les policiers – par la force des choses- doivent faire appliquer les lois. Devaient-ils dénoncer tout le climat de montée de crise mise en place par le gouvernement libéral? Ils n’avaient pas le choix d’intervenir et de limiter les excès. Je ne dit pas qu il n’y a pas eu débordement. Au contraire, ces excès ne sont pas excusables et en ce sens, je suis pleinement favorable avec la création d’une commisssion indépandante des pouvoirs policiers, un peu comme en Ontario.

Il faut aussi dénoncer, un peu comme l’a fait l’ancien ministre de la justice, M.Ménard, les cas de manipulation des versions officielles données afin de ne pas incriminer un collègue plus qu’un autre. C’est aussi ça un cas d’abus qu’une commisssion indépandante sera dénoncé et empêché à l’avenir.

Il y a plusieurs années, le SPVM avait décidé d’embaucher des candidats policiers qui devaient posséder un Bacc. en poche avant d’être formés à Nicolet. Je suis curieux de savoir si cette opération a été un succès et si cette (ces) cohorte(s) a (ont) changé quelque chose depuis.

Pendant ce temps, le président de la fraternité refuse de se prononcer puisque, dit-il, elle doit défendre la policière Trudeau. Deux choses.
Ayant déjà été président de syndicat, je ne suis pas sûr que le syndicat doive défendre tous ses membres dans toutes les circonstances. J’ai déjà dit à mon DG que certains professeurs ne faisaient pas leur job correctement, d’y voir et que je ne défendrais pas l’indéfendable. Aparté: comme bien d’autres, le DG n’a rien fait: la supervision est la tâche la plus négligée des cadres.
Je ne suis pas convaincu qu’un président de syndicat ne puisse donner son opinion sur le comportement d’un membre. Si le syndicat doit défendre ce membre, il le défendra, peu importe l’opinion du président. Si les dirigeants syndicaux agissaient ainsi, les gens auraient peut-être une moins mauvaise opinion des syndicats.

Je rajouterais finalement une troisième chose. Parmi les services du syndicat des policiers à ses membres, peut-être devrait-il y avoir des professionnels de l’opinion (journalistes, sociologues, politologues), des criminologues, des philosophes tous aptes à les éclairer sur la société et les situations.

Informations supplémentaires:

Dans les critères de sélection spécifiques au SPVM, parmi les catégories précisées de candidats, il existe une catégorie dites des «conventionnels» -, i.e., pour des personnes membres de minorités visibles. C’est pour cette catégorie que la détention d’un baccalauréat fait partie des critères de sélection. Mais la détention d’un bacc y est un critère optionnel et non pas obligatoire.

Voir ici pour plus de détails:

http://www.spvm.qc.ca/fr/carrieres/5_2_1_1_typescandid.asp

Pour ce qui est des critère de sélection de base, il sont ici:

http://www.spvm.qc.ca/fr/carrieres/5_2_1_2_criteresgen.asp

Quant aux critères de sélection de l’École nationale de police, ils sont ici:

http://www.enpq.qc.ca/comdevpolque.html

Josée Legault

Eh bien! Fille de policier. Nous sommes chanceux car cela vous donne un éclairage de plus que d’autres chroniqueurs ou éditorialistes.

Les discussions ont dû être animées parfois chez vous :).

Un policier ne sera jamais trop éduqué, on est bien d’accord là-dessus. Une bonne éducation en sociologie, en histoire des mouvement ouvriers ouvre l’esprit critique.

Il est impérieux de bien connaître et savoir reconnaître son interlocuteur. De plus, la politesse est toujours de mise.

Je regarde beaucoup de séries policières européennes et on y remarque une manifestation de respect de la personne interpellée, sauf en France , où le mépris et la plus que familiarité sont monnaie courante.

Servir et protéger, on insistera jamais trop là-dessus.

Les policiers, de par leur essence, sont des partisans de la loi et l’ordre. Le désordre leur répugne. Leur premier réflexe est d’y mettre bon ordre. Evidemment, lorsque le gouvernement décrit les manifestants comme des criminels qu’il faut mettre aux pas, redresser, il faut posséder un solide jugement et une bonne éducation pour faire fi de cette rhétorique manipulatrice, criminelle, et bien saisir les enjeux.

Les policiers ont été abusés par ce gouvernement intellectuellement malhonnête. Et on a encore rien dit des agents provocateurs chargés de saboter les manifestations pacifiques. Une manifestation pacifique rend sympathique les manifestants. Foutez y la pagaille, la violence, et vous provoquez un virage à 180 degré. C’est une vieille tactique, toujours efficace.

Mme Legault, si je peux me permettre, à votre très instructive analyse, à vos très pertinentes et sages recommandations, j’ajouterais cet élément non moins important qu’est l’influence (intrusion) que peut exercer le politique – un gouvernement sans vergogne – sur le pouvoir judiciaire.

En plus de manipuler l’opinion publique en fomentant une crise politique et sociale à des fins électoralistes le régime Charest n’a-t-il pas sciemment provoqué, avec la complicité des forces policières, toute la violence vécue lors des manifestations du « printemps érable » ?

En plus de vos recommandations j’ajouterais celle de la tenue d’une Commission extraordinaire d’enquête sur l’existence alléguée d’une escouade policière politique créée sous le régime républiko-bananier liberull de John James Charest.
Je convoquerais à y venir témoigner, par subpoena, l’ex-premier ministre et ses ministres de la justice et de la sécurité publique, ainsi que les directeurs de la SQ et du SPVM.

Un facteur qui ne joue pas en faveur d’une plus grande exigence des pré-requis pour devenir policier c’est l’aspect financier.

Aujourd’hui un policier sans formation universitaire, simplement issu de l’École nationale de police du Québec, peut raisonnablement prétendre à un excellent salaire. Et c’est bien ainsi.

Les syndicats / associations de policiers veillent d’ailleurs très efficacement au respect et à l’amélioration des conditions de travail de leurs membres.

Avons-nous seulement une petite idée de ce que seraient les exigences salariales si les policiers devenaient des « universitaires » ? Toutes les municipalités crieraient au secours et exigeraient que Québec paie la note d’un tel changement. Voila entre autre pourquoi les policiers avec une formation universitaire seront toujours des exceptions.

Nous ne sommes pas dans un monde idéal et il est utopique de penser que la formation universitaires des policiers soit une réelle solution aux problèmes que vous évoquez dans ces deux billets.

Dans toutes organisations, la culture de travail, la vision dépendent d’abord et avant tout des plus hauts dirigeants. On peut avoir un indice de leurs seuils d’incompétence par les ratées observables au sein de l’organisation. Je crois donc que c’est à ce niveau que devrait prioritairement être posés les gestes visant à améliorer les comportements des policiers.

Et n’oublions pas une autre loi non écrite en gestion : ce qui s’établit au cours de nombreuses années ne peut pas disparaître du jour au lendemain. Chaque jour qui passe sans entreprendre les réformes nécessaires consolide, enracine plus profondément les dysfonctionnements.

«La patience a des limites. Attendez trop et c’est de la lâcheté.»
[Georges Jackson]

Je préfère ne pas oublier les 3 « leaders » étudiants. A cause d’eux, 3 400 drames ou perturbations familiales ont été créées au Québec.

A cause du boycott étuditant, le nombre d’étudiants ayant abandonné leurs cours, avec ou sans échecs, a augmenté de 170 %: les 2000 abandons d’une année typique sont devenus 5 400 abandons: un surplus de 3 400.

Les abandons ou échecs sont passés de 1 600 à 2 200 ( un surplus de 600 causé par le boycott étudiant), alors que les mentions incomplets sont passés de 400 à 3200 ( un surplus de 2 800 causé par le boycott étudiant).

En somme: des milliers de drames ou perturbations familiales pour obtenir ce qui aurait de toute manière été obtenu par le changement de gouvernement. Bien sûr, la journaliste ne va se pencher sur aucun de ces milliers de drames ou perturbations dans le futur…

http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/education/201210/18/01-4584760-la-greve-a-incite-3400-etudiants-a-abandonner-leur-session.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO2_quebec_canada_178_accueil_POS1

P.S.: notez l’euphémisme déplorable de la journaliste: elle considère que le nombre a « sensiblement augmenté »!

POUVONS-NOUS FAIRE LA PART DES CHOSES EN TANT QU’ETRES HUMAINS?

Il n’y a pas si longtemps dans l’histoire humaine et plus précisément durant le triste règne de Hitler, un citoyen allemand qui manifestait le moindrement contre le régime ou se faisait prendre à distribuer un quelconque écrit commentant négativement ce dit régime, était assurément pendu après un court procès.
Aujourd’hui dans ce pays qui est le Canada, on marche dans les rues afin de manifester quand bon nous semble, on abreuve d’injures et traite de tous les noms les policiers qui sont présents afin de protéger ces même citoyens ainsi que les propriétés les entourant.
On omet de dire que ces policiers sont aussi des humains.
Un policier (une policière dans ce cas-ci)saute une coche et on en fait la une des médias pendant des jours et des jours. Tous ces médias concurrencent et s’acharnent sur le même sujet d’actualité afin de trouver la petite brèche qui n’aurait pas été mise à jour afin d’alimenter le réseau de communications où il (elle) travaille.
L’on va même jusqu’à demander une enquête publique dans cette affaire. Pensez-donc.
L’histoire le prouve à chaque occasion qu’elle se présente, l’humain n’est pas capable de garder un juste niveau de modération. Il est assuré qu’il va toujours basculer soit sur un côté ou soit sur l’autre.
Que la policière en question dans ce cas-ci aie sauté une coche, je suis d’accord et je sympathise avec les individus qui en ont peut-être été victimes. Mais de là à suggérer parfois que nous vivons dans un état policier il y a une gigantesque marge à franchir.

Daniel

@ Daniel Bernier
De toute évidence vous n’avez pas lu les deux derniers billets de Josée Legault ou vous jouez le jeu de l’autruche.

@ Daniel Bernier # 13

Vous avez tout à fait raison de rappeler l’importance de faire la part des choses. Mais la question qui se pose est : jusqu’où devrait-on encourager cette honorable attitude qu,est :faire la part des choses » ? Il y a un peu d’exagération en introduisant les faits historiques hitlériens, ces massacres pour faire une comparaison avec ce qui fut vécu dernièrement particulièrement à Mtl.

Justement, nous devrions nous rendre compte que si le peuple allemand avait été disposé à dénoncer l’attitude des autorités nazies dès le tout début, avant que les histoires horribles qu’on connait bien ne se produisent, peut-être que ces terribles évènements ne se seraient pas produits.

Un État policier ne s’installe pas du jour au lendemain. Ça se fait insidieusement, par petites couches, une à la fois.

Ce qui m’inquiète le plus dans l’affaire du matricule 728 c’est bien justement le silence des confrères de cette policières, de la hiérarchie au sein de la SPVM et de la fraternité des policiers et policières de Mtl. Je veux bien faire la part des choses mais il est inadmissible d’accepter que le silence s’installe sous le seul prétexte qu’il faille faire la part des choses.

En terminant, je voudrais juste rappeler à mon ami Honorable que le conflit étudiant à été volontairement planifié et instrumenté par le gouvernement Charest. Si nous devons identifier un responsable à ce conflit étudiant, je n’hésite pas à dénoncer l’ex-premier ministre : Jean Charest. La preuve, depuis sa disparition du monde politique, TOUTES les manifs étudiantes sont disparues elles aussi.

«Les politiciens et les couches
doivent être changés souvent
… et pour les mêmes raisons.»
[George Bernard Shaw]

Le conflit étudiant a été bien organiser par le PLQ pour se faire réélireet faire oublier le scandale de la construction