Pour qui votent les antivaccins ?

Les personnes rébarbatives aux vaccins contre la COVID-19 campent bel et bien sous des allégeances politiques précises.

Montage L'actualité

La vaccination contre la COVID-19 va bon train partout au pays. En date du 2 juin, près de 60 % des Canadiens avaient reçu au moins une première dose de vaccin visant à combattre le coronavirus.

Contrairement à ce qu’on voit aux États-Unis, la vaccination ne semble pas être un enjeu partisan au Canada, d’après les résultats d’un nouveau sondage. La maison Abacus Data a récolté des données sur les positions des électeurs canadiens envers la vaccination contre la COVID-19 selon les intentions de vote. Bien que certaines différences s’observent entre les allégeances, les écarts demeurent mineurs entre les électeurs des principaux partis.

À la question « Lequel des énoncés suivants décrit le mieux votre position à propos de la vaccination contre la COVID-19 ? », les choix offerts aux répondants étaient ceux-ci :

  • J’ai déjà reçu au moins une dose de vaccin.
  • Je me ferai vacciner le plus tôt possible.
  • Je préfère attendre encore avant de recevoir le vaccin.
  • Je préfère ne pas recevoir le vaccin, mais je pourrais en être convaincu.
  • Je ne recevrai jamais le vaccin sous aucune condition.

Au pays, 80 % des répondants affirment avoir déjà reçu une première dose ou avoir l’intention de se faire vacciner aussitôt que possible. Lorsque nous répartissons les réponses à cette question selon les intentions de vote au niveau fédéral, nous remarquons que les électeurs du PLC, du Bloc québécois et du NPD se retrouvent tous dans les mêmes eaux. En effet, parmi les électeurs libéraux, 87 % disent avoir déjà reçu le vaccin ou avoir l’intention de le faire. Nous observons des proportions similaires pour les électeurs du Bloc québécois (84 %) et du Nouveau Parti démocratique (83 %).
Chez les électeurs conservateurs et ceux du Parti vert, la proportion descend à 73 %, soit certes un pourcentage plus faible que chez les électeurs des autres partis, mais cela demeure tout de même un écart modeste.

En contraste, l’hésitation vaccinale aux États-Unis est fortement corrélée avec les allégeances politiques. En effet, dans un sondage récent de la maison YouGov, 78 % des électeurs du Parti démocrate disent avoir déjà reçu le vaccin ou avoir l’intention de se faire vacciner, contre seulement 51 % pour les électeurs républicains. De plus, seulement 8 % des répondants démocrates affirment qu’ils ne recevront pas de vaccin contre la COVID-19. Chez les électeurs républicains, cette proportion grimpe à 30 %.

Ces chiffres permettent aussi d’apporter d’importantes nuances à propos du mouvement antiscience qui sévit dans la société, ainsi que de détruire quelques préjugés quant aux allégeances politiques des adeptes de ce mouvement, qui représentent une minorité d’électeurs au Canada. Comme près de trois électeurs conservateurs sur quatre affirment qu’ils ont déjà reçu le vaccin ou qu’ils n’attendent que leur tour afin de le recevoir, il serait tout simplement faux, ou du moins grossièrement exagéré, de prétendre que les électeurs du PCC sont des « antivaccins ».

Considérez le graphique ci-dessous. Il s’agit des intentions de vote récoltées par Abacus Data auprès des répondants déjà vaccinés ou qui ont l’intention de recevoir le vaccin.
Le Parti libéral du Canada demeure en tête avec 37 % d’appui dans cette tranche de l’électorat, une avance de huit points sur le Parti conservateur du Canada. Quant au NPD, il est appuyé par 18 % des répondants. Or, si l’on compare ces chiffres avec les dernières projections fédérales, on remarque qu’ils se trouvent bien à l’intérieur des intervalles de confiance des moyennes actuelles, et ce, pour chacun des partis. Sur ce plan, la population vaccinée ou qui a l’intention de recevoir le vaccin semble nettement représentative de la population en général au Canada.

Comparez ces chiffres avec les intentions de vote de ceux et celles qui refusent le vaccin :
Dans ce sous-échantillon (d’une taille d’à peine 100 répondants et comportant donc une part d’incertitude élevée), les intentions de vote ne ressemblent en rien aux tendances actuelles. En effet, le PCC domine avec l’appui de près de la moitié de ces répondants, et le parti de Maxime Bernier, le Parti populaire du Canada (PPC), se trouve au deuxième rang avec 15 % d’appui des électeurs antivaccins. À l’évidence, cette tranche démographique n’est pas du tout représentative de la population canadienne.

Comme on l’a mentionné plus haut, il serait statistiquement erroné d’affirmer que les électeurs conservateurs sont antivaccins. Toutefois, ces chiffres indiquent qu’une proportion importante d’antivaccins penchent du côté des partis se situant à la droite de l’échiquier fédéral au Canada.

Évidemment, ces chiffres pourraient changer au cours des prochains mois, en même temps que se poursuivra le déconfinement graduel au pays. Parions qu’une fraction non négligeable des personnes qui hésitent à recevoir le vaccin, soit 14 % de la population canadienne, selon Abacus Data, se feront convaincre au fur et à mesure que les citoyens retrouveront un semblant de liberté, et qu’elles verront la corrélation claire de la hausse des vaccinations avec la baisse des infections et des décès dus à la COVID-19.

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Sujet : « Pour qui votent les anti-vaccins.»

Bon jour !

Permettez-moi de suggérer la probabilité d’une autre explication aux résultats concernant l’Usa ( «uza» pour U S A ; une identité… enfin !) et, peut-être aussi, pour le PCon.

Mon hypothèse est que les Usaniens ( nos voisins du sud ) qui ont une sympathie pour le 45e, aussi nommé Bouffon-à-tête-jaune, sont majoritairement ceux qui ont une éducation et une instruction relativement faibles, ce qui représente en cette population une forte proportion.

Ce postulat n’engage que moi s’il vous prenait l’envie de le diffuser.

« par Amour  («SOLEIL»)  créer la Beauté »
Migaël
(AW) La Baie
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