Pourquoi la Pologne est-elle de droite ?

Nous qui avons manifesté pour Solidarnosc (et qui sommes plus vieux, dois-je dire), nous sommes un peu intrigués par la force de la droite dans le paysage politique polonais pré- et post-tragédie.

J’ai voulu comprendre en interrogeant, dans le dernier Planète Terre, Magdalena Dembinska, Polonaise d’origine et politologue à l’UdeM. Aussi au programme : les « économies morales » et la lecture de Daniel Weinstock : Why Not Socialism ?

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Parce qu’elle n’a rien apprise suite aux massacres de l’extrème droite( 1939-45) et ceux aussi de l’extrème gauche( 1933 à aujourd’hui) . La Pologne devrait se centrer au centre et le Québec aussi.

D’après ce que je comprends de l’entrevue:
1) L’aile gauche est occupée par l’ancien parti communiste qui bénéficie d’une bonne organisation. Ce qui nuit à l’apparition de nouveaux partis de « gauche » qui ont du mal face à cette « concurrence » beaucoup plus forte et présente.

2) L’église joue un rôle politique très important et pousse l’électorat vers la droite.

La Pologne a déja gouté au collectivisme et l’a payée trés cher ! Tous les pays qui ont gouté à cette doctrine l’ont payés trés chers ! Qui plus que les Polonais savent « Si vis pacem, para bellum » !Toute l’Histoire de la Pologne fait que les Polonais sont méfiants aujourd’hui et doutent du gauchisme !

@MichelG

Confondre l’extrême-droite et la droite est un peu ridicule.

Dois-je croire que, parce que vous vous identifiez avec la gauche, vous aimez autant les politiques de Staline que des Khmers Rouges?

Aussi, cette idée que le nazisme était de l’extrême droite, vous comprenez pourquoi? C’est uniquement parce que l’histoire nous enseigne que le nationalisme est généralement associé à la droite, il faudrait donc réfléchir à la position d’un mouvement politique au Québec qui se revendique de la gauche, en prônant le nationalisme et le socialisme.

Il faut aussi comprendre cette logique européenne. Le nationalisme est toujours associé à la droite. Lorsque Nietzsche en parlait à la fin du XIXe, il décriait autant les Nationalistes que les Socialistes, les deux partis qui dominaient la politique allemande à cette époque. Il détestait fondamentalement les Allemands, tout en en étant un.

Vous savez quoi, anecdote intéressante sur cet homme qui allait définir le XXe siècle. Il détestait tellement son peuple qu’il se vantait de ses ancêtres polonais (fait invérifiable, mais il reniait son héritage allemand). Certes, Nietzsche est de droite, mais clairement pas du type qui en est venu à redéfinir le discours en Europe plus tard. Car il est vrai que la droite là-bas n’est pas celle d’ici… et surtout pas celle des Américains, encore empreint du siècle des Lumières et de l’idéal Lockéen. Vous pouvez essayer l’exercice suivant si vous le voulez, vous êtes ce qu’on peut considérer un ultranationaliste. Essayer d’affirmer que vous êtes de gauche en Europe et nul ne vous prendra au sérieux. Car, en effet, vous pouvez appuyer toutes les politiques de gauche que vous voulez, si vous êtes du type très nationaliste… Vous êtes d’extrême-droite, point final. Pour preuve, un politicien nommé Pim Fortuyn a été assassiné parce qu’on le croyait dangereux. Politiquement, selon nos standards, il était de centre-droite, il était ouvertement homosexuel et admirait certains socialistes. Mais parce qu’il exprimait des craintes à propos de l’immigration musulmane dans son pays, il était islamophobe et donc un politicien d’extrême-droite.

Voilà pourquoi le nazisme est défini comme de l’extrême-droite dans le contexte européen. Dans sa pratique, si on a une compréhension un peu plus aigu des distinctions entre la gauche et la droite, le nazisme ne peut pas être considéré comme étant de droite, excepté dans son discours ultranationaliste. La République de Weimar était une social-démocratie et elle ne fonctionnait pas tellement bien. La crise économique est arrivée, le populisme a pris les devants, tout le monde voulait blâmer quelqu’un, quelque part, pour ses problèmes. Les banques étaient une cible idéale et derrière elles, les juifs qui les contrôlaient et volaient les pauvres allemands (je répète la logique nazi ici). De dire maintenant que le nazisme était de l’extrême-droite est juste, dans son contexte, mais ça ne l’associe en rien du tout avec la droite, dans le contexte britannique, américain ou canadien. Churchill était de droite, le Général de Gaulle était de droite, le Général Eisenhower était de droite, le Général MacArthur était de droite. Le nazisme, c’était un étatisme exacerbé (un état policier) qui violait toutes les libertés individuelles et fomentait un culte fanatique de la personnalité du leader. Le contrôle de nombreuses entreprises étaient aux mains de l’État (pas tellement à droite, ça), c’est-à-dire qu’il pillait les méchants capitalistes (surtout les juifs, franc-maçons et autres groupes considérés comme hostiles au régime) et nationalisait ces industries. Enfin, il y a une vaste littérature sur les politiques économiques du troisième reich. Ce qui est clair, c’est qu’elles ne sont pas de droite, mais pas du tout, du tout.

Mais sinon, même si on a été dirigé par un dictateur de droite comme Pinochet. Saviez-vous que le Chili vient d’élire un parti de droite? Seulement vingt ans après ce dernier. Ça va plutôt bien pour eux, c’est l’une des démocraties les plus fonctionnelles d’Amérique du Sud aujourd’hui. Alors que l’Argentine, juste au-dessus d’eux, avec l’aide des amis iraniens, a décidé d’exterminer des juifs. Résultat, d’un pays riche, c’est devenu un fiasco.