Pourquoi les Américains sont obsédés par leur histoire

Ceux qui suivent l’actualité politique américaine ont pu constater, ces temps derniers, des références constantes faites aux événements qui sont à l’origine du pays: Sarah Palin parlant de Paul Revere, Michelle Bachman parlant des pères fondateurs, le mouvement moderne du « Tea Party », etc, etc.

Dans le dernier Planète Terre, Je demande à deux historiens des États-Unis, François Furstenberg de l’Université de Montréal et Greg Robinson de l’UQAM de mettre un peu d’ordre dans tout ça.

 

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Toujours très intéressant d’écouter ces émissions. Encore une fois merci.
En tant que monarchiste j’ai ma petite opinion personnelle pour expliquer que les Américains en reviennent toujours à relire publiquement leur Constitution : c’est un document imparfait, vieux de plus de deux siècles, difficile à comprendre et ouvert à de nombreuses interprétations. Même quand une imposante majorité des citoyens réclame, disons un système universel de santé, il est difficile, voire impossible, aux législateurs américains de s’entendre. Chacun à son tour, on viendra donner sa propre interprétation de la Constitution et on piétine ainsi pendant des décennies. Mais quand le chef d’état est une famille qui prête serment lors du couronnement d’assurer la gouverne du royaume selon les lois adoptées par un parlement où siègent les élus du peuple, on reconnaît que c’est le peuple de par son parlement qui a la primauté en démocratie. C’est le peuple qui choisit – pas, de par leurs édits, des politiciens morts depuis plus de deux siècles. Ce n’est pas la pensée des pères de la Constitution qui s’impose mais la volonté de la majorité des élus d’aujourd’hui. C’est pour cela que les premiers ministres de certaines provinces avaient tant insister pour ajouter une clause dérogatoire : malgré le texte du document et malgré les jugements des cours, c’est la volonté des élus du peuple au parlement qui a la primauté en démocratie.

Enfin, c’est la théorie. En pratique, nos politiciens ont réussit à convaincre une grande partie de la population et de l’élite dans les médias que ce sont les partis politiques qui devraient être nos maîtres idéologiques.

@rod
J’ignore si vous sous-entendiez que nos politiciens ne parlent pas assez de notre histoire (ça en donnait l’impression) mais si c’est le cas, c’est une fausse impression.
En faisant référence à Jean Charest, les politiciens des autres partis font référence à Duplessis, la grande noirceur, Taschereau… Les références à la révolution tranquille abondent. L’été passé les libéraux provinciaux jouaient aux persécutés pour la énième fois en commémorant ENCORE la crise d’Octobre.
C’est sans compter que ceux qui reprochent aux politiciens Québécois de ne pas parler de leur histoire le leur reprocheront si, par malheur, ils parlent de la Conquête ou des Patriotes. Au fait, il n’y a pas eu tout un brouhaha parce que des politiciens ont participé à une lecture d’une série de textes sur notre histoire? Il y avait d’autres gens que Luck Mervil et le manifeste du FLQ à ce moment-là. De mémoire, il y avait Bernard Landry, l’ancien ministre conservateur Bouchard (pas Lucien, l’autre)…

Par contre, je note une manie très conservatrice à manipuler cette même histoire. Sarah Palin a donné de véritables faussetés sur l’histoire Américaine. Le Tea Party se revendique du mouvement original pour se draper de patriotisme. Et ici, Stephen Harper fait régulièrement des accroire en disant que la fondation de Québec « est la fondation du Canada ». Je ne pense pas qu’il se croit lui-même mais il semble penser que nous, on devrait.
Comme quoi on n’importe pas que le meilleur de nos voisins du sud…

Bonsoir,
Les Américains patriotiques sont souvent des sosies de nos nationalistes québécois qui vénèrent leur drapeau tout comme des patriotes américains qui, pour la plupart ont de fortes tendances d’extrême droite. Mais au moins, les Américains ne font pas mentir l’Histoire autant que nos amis les nationalistes québécois ont pu faire pour justifier leurs lubies nationalistes. Bien à vous, John Bull.

@John Bull

Si vous affirmez que nos nationalistes Québécois sont d’extrême-droite, vous dites vraiment n’importe quoi.

John Bull parle de sujet qu’il ne connaît visiblement pas en affirmant que les nationalistes québécois sont d’extrême-droite. Les nationalistes québécois sont généralement plutôt de gauche.

Il est aussi naïf de croire que les américains autant que les canadiens anglais n’arrangent pas leur histoire, ils le font comme tous les peuples pour se donner bonne conscience et justifier leurs actions présentes.

Fascisme, extrême droite, xénophobie, et cetera, sont des accusations souvent portées contre les indépendantistes québécois.

Celles-ci sont, à la longue, plutôt irritantes quand on considère qu’outre quelques exceptions marginales, l’extrême droite québécoise fut habituellement fédéraliste, voir pro-britannique.

En guise de preuve, Adrien Arcand et Robert Rumilly, les deux figures incontournables de cette idéologie, étaient tous les deux fédéralistes et promouvaient la monarchie britannique.

De surcroit, de nos jours, bien que l’extrême droite traditionnelle, fascisante, ne semble plus très présente dans la société québécoise, si l’on observe l’extrême droite libérale, incarnée par des libertariens tels que André Arthur, le RLQ et certains animateurs de radio, on constatera que l’indépendance a environ autant de succès chez eux que chez les électeurs de Westmount.

Enfin…