Pouvoirs accrus d’Élections Canada : rien n’est gagné

C’est unanime. Tous les députés fédéraux approuvent la motion du NPD visant à donner à Élections Canada davantage de pouvoirs pour vérifier les rapports financiers que les partis politiques produisent après chaque élection. Et ils sont tous d’accord pour exiger des centres d’appels qu’ils s’inscrivent auprès d’Élections Canada quand ils travaillent pour un parti durant une élection et qu’ils vérifient et conservent l’information sur l’identité de leurs clients. Le seul hic est qu’on n’a aucune assurance que la loi sera changée pour refléter cette volonté exprimée lors d’un vote tenu ce lundi 12 mars.

Le gouvernement Harper s’est rangé derrière les autres partis, mais refuse systématiquement de dire s’il présentera un projet de loi d’ici six mois, comme le demande la motion. Rien ne l’y force car une motion ne peut servir à dicter au gouvernement sa conduite. Il pourrait décider de l’ignorer et rien ne se produirait. Et qui dit qu’on en parlera encore dans six mois?

L’appui conservateur ressemble à s’y méprendre à une tentative pour gagner du temps. Dans l’eau bouillante depuis que cet affaire d’appels frauduleux a été mise au jour, les conservateurs ne pouvaient s’opposer à cette motion sans avoir l’air de vouloir cacher quelque chose. Ils ont pourtant essayé de refuser ces pouvoirs au directeur général des élections (DGÉ). Mais c’était avant que la controverse éclate.

Actuellement, le DGÉ a accès aux pièces justificatives à l’appui des dépenses électorales des candidats, mais pas à celles des partis. Depuis 2008, il demande qu’on corrige cette incohérence et qu’on lui accorde les mêmes pouvoirs que ses homologues provinciaux. La question a été à nouveau débattue cet hiver par le comité de la procédure et des affaires de la Chambre et la majorité conservatrice a préféré suggérer qu’on exige des partis qu’ils fassent vérifier leurs rapports par des vérificateurs externes.

Le rapport a atterri aux Communes au milieu de cette affaire d’appels frauduleux. L’opposition en a profité pour revenir à la charge, exigeant du gouvernement les raisons de son refus de la demande du DGÉ. Sans succès. Ce qui a poussé le NPD à utiliser sa journée d’opposition pour présenter cette motion et forcer la main du gouvernement.

Mais voilà, le gouvernement refuse de s’engager à joindre le geste à la parole et le ton continue de monter. Maintenant, comme une majorité de Canadiens et comme le Bloc québécois et le Parti vert avant eux, néo-démocrates et libéraux demandent la tenue d’une enquête publique pour aller au fond de cette histoire d’appels frauduleux.

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Franchement madame Cornellier, qu’est-ce que ça change cette farce sinistre qui se joue sur une scène qui nous intéresse de moins en moins, avec notre argent, et qui finira queue de poisson ?

À quoi ça rime? Vous pensez encore sérieuesment que nous sommes ici en démocratie? Vous êtes sérieuse? Vraiment vous aspirez à une transparence transparente, une vérité vraie, une honnêteté honnête ?

Comment on pourrait faire pour faire exploser ce système de merde et qu’il se dissolve d’une façon définitive ?

Qu’est-ce que sa peut donner d’augmenter les pouvoirs du DGE? En sachant que le DGE n’a pas donné suite à plusieurs plaintes.
Je doute fort qu’il utilisera les nouveaux pouvoirs et je pense que les politiciens connaissent très bien les limites du DGE et de son équipe. Parce que ce sont les politiciens qui les ont mis en place.

Du gros tape à l’œil.

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