Prédictions estivales: le Québec en mode électoral

C’est l’été. Jusqu’à preuve du contraire, des élections s’en viennent au Québec. Rarement, en tout cas, aura-t-on vu une classe politique et un électorat s’entendre autant sur la nécessité d’un scrutin. En attendant de passer aux choses sérieuses, voici un clin d’œil estival sur ce que l’avenir pourrait réserver.

Photo : publicité PLQ

Scénario 1:

Le Parti libéral reçoit un quatrième mandat, du jamais-vu depuis la Révolution tranquille. Le Parti québécois change (encore) de chef. Gilles Duceppe fait une troisième tentative pour s’installer à sa tête.

Amir Khadir n’est plus l’unique porte-étendard de Québec solidaire à l’Assemblée nationale. Françoise David entre au Salon bleu avec une poignée de députés. François Legault retrouve un fauteuil de député après quelques années d’absence, mais son caucus est nettement plus petit que celui que dirigeait Mario Dumont en 2007.

Fort d’un mandat majoritaire, le gouvernement impose sa solution à la crise étudiante. Des libéraux commencent à penser activement à la succession de Jean Charest. Mais celui-ci n’est pas pressé de partir. S’il peut obte­nir un quatrième mandat en pleine crise étudiante et dans l’ombre d’une commission d’enquête qui met en cause l’inté­grité du gouvernement, c’est qu’il est probablement imbattable.

Son téléphone recommence à sonner. On le courtise en vue de la succession de Stephen Harper… et de Michael Ignatieff. Mais la course libérale fédérale est trop rapprochée et la course conservatrice trop éloignée. Et Jean Charest n’a vraiment pas envie d’aller se colleter avec Thomas Mulcair dans l’arène fédérale.

Scénario 2:

Le PLQ remporte les élections mais perd sa majorité. Le gouvernement impose tout de même sa solution à la crise étudiante avec l’appui de la Coalition Avenir Québec. Tout cela est ponctué de nouvelles turbulences.

Pour consolider sa position à l’Assemblée nationale, le premier ministre offre des postes au Cabinet à Fran­çois Legault et à quelques ténors de la CAQ dans le cadre d’un gouvernement de coalition. Ces derniers hésitent, mais finissent par refuser.

Le PQ tente (encore) de changer de chef. Gilles Duceppe est (de nouveau) sollicité pour participer à un putsch contre Pauline Marois. Jean Charest ne reçoit  pas beaucoup d’appels en provenance du Canada.

Scénario 3:

Le PLQ perd les élections et le PQ obtient un mandat majoritaire. Pauline Marois fait la paix avec les associations étudiantes, dont les membres retournent en classe après avoir gagné sur toute la ligne.

Jean Charest démissionne le soir même de sa défaite. Les candidats à sa succession ne se bousculent pas au portillon. Le téléphone de l’ex-ministre Philippe Couillard se met à sonner. Il s’inscrit aux abonnés absents et fait rediriger les appels chez Martin Cauchon et Denis Coderre.

Pauline Marois découvre que le rêve inachevé d’un match de revanche référendaire n’augmente pas son rapport de force avec Ottawa. Il n’y a plus de friture sur la ligne Ottawa-Québec ; Stephen Harper l’a fait couper.

Pour convaincre Pauline Marois de donner une chance au Conseil de la fédération, ses homologues provinciaux lui offrent de tenir les réunions en français. La majorité d’entre eux sont plus bilingues que la nouvelle première ministre. Elle refuse. La quête d’un nouvel élan pour réaliser la souveraineté recommence.

Scénario 4:

Le PQ remporte les élections, mais il est minoritaire et doit composer avec trois partis d’opposition. Des conseillers de Pauline Marois voudraient qu’elle offre deux postes au Cabinet à l’équipe de direction de Québec solidaire ; Françoise David serait tentée d’accepter, mais le compte d’une majorité n’y serait toujours pas.

Sans l’appui du PLQ et de la CAQ, le nouveau gouvernement n’a pas assez de voix à l’Assemblée pour faire passer sa solution à la crise étudiante. Le PLQ, dont le chef est démissionnaire, finit par accepter un compromis avantageux pour les étudiants.

Scénario 5:

Les Québécois ont un coup de cœur à la Jack Layton pour François Legault. Contre toute attente, la CAQ remporte le pouvoir. Le PLQ et le PQ se cherchent chacun un chef. Le reste du Canada est (encore) tout désorienté.

Tout cela, c’est de la politique-fiction. Mais si la tendance se maintient, une variante d’un de ces scénarios attend le Québec au détour de l’automne. Bon été quand même !

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