Printemps érable: l’héritage de Jean Charest

Affiche: Clément de Gaulejac. Source: eau-tiede.blogspot.ca

Du moment où le gouvernement Marois confirmait qu’il annulerait la hausse de 82% des frais de scolarité du gouvernement Charest et tiendrait un sommet sur l’éducation supérieure, plusieurs ont décrété la fin officielle de la crise du printemps dernier.

Cette crise, rappelons-le, fut provoquée par la non résolution de la plus longue grève étudiante de l’histoire du Québec. Des manifestations quotidiennes l’ont jalonnée pendant des mois – toutes générations confondues.

Le 22 de chaque mois, des manifs monstres traduisaient le ras-le-bol qui gagnait des pans substantiels de la société contre la manière dont le Québec est géré et gouverné.

Ce mouvement, dans les faits, il disait «non» à un gouvernement qui demandait aux étudiants et à la classe moyenne de faire leur «juste part» en même temps qu’ils soupçonnaient déjà l’ampleur du vol collectif dont ils sont victimes depuis des années. Un vol de fonds publics que la commission Charbonneau commence à peine à exposer.

Ce mouvement signalait aussi un retour marqué dans une partie de la population à des valeurs plus social-démocrates.

Bref, de la grève étudiante est apparu un mouvement social nettement plus large encore que la grève étudiante. La parole citoyenne était de retour. Elle parlait haut et fort.

Si certains disent aujourd’hui que cette crise est terminée, j’avancerais plutôt qu’elle est dormante. Elle pourrait se repointer éventuellement sous une forme ou une autre, qui sait?

Car si l’élection du PQ a réglé la question des frais de scolarité – du moins, pour le moment – elle n’aura pas pour autant «réglé» ce même sentiment de ras-le-bol.

Surtout pas en pleine commission Charbonneau. Et surtout pas après un budget Marceau taillé en bonne partie pour rassurer les milieux d’affaires et les agences de notation.

Une crise qui fait des petits

En fait, cette crise, même si elle ne fait plus descendre des citoyens dans la rue à coup de centaines de milliers, continue de faire des petits. Politiquement et socialement parlant.

Dans mon billet précédent, j’abordais le rôle de l’art tout au long de ce printemps érable.

Dans celui-ci, j’analyse plutôt certains des dommages collatéraux majeurs avec lesquels la société québécoise vit encore aujourd’hui.

Des dommages créés essentiellement par le régime Charest et auxquels le nouveau gouvernement peine encore à lui opposer un contre-discours aussi efficace. Ce qui explique en partie pourquoi cette grève commença et se termina de manière non partisane et sans grand enthousiasme pour les grands partis.

Quelques exemples parmi d’autres de ces dommages collatéraux :

– Quoique les gréves étudiantes soient un phénomène socio-politique quasi universel et reconnu qui ne date pas d’hier, le gouvernement Charest a réussi un véritable tour de force de conditionnement de l’opinion publique. Du moins, d’une part importante de celle-ci.

Et il l’a fait tout simplement en substituant de manière répétitive le mot «boycott» à celui de «grève».

Il l’a fait pour plusieurs raisons, dont la principale était de discréditer le mouvement étudiant en le réduisant à une série d’actes égoïstement individuels (boycott) par opposé à un processus décisionnel collectif majoritaire (grève).

Je fais ici l’analyse détaillée de cette stratégie discursive extrêmement politique du gouvernement Charest, laquelle vaudrait sûrement à elle seule quelques bonnes thèses de doctorat.

Sa réussite fut telle que le nouveau ministre de l’Éducation supérieure, inquiet de ce qui se passerait lors d’une prochaine grève étudiante sous un gouvernement libéral ou caquiste, a soulevé la possibilité de légiférer pour encadrer le droit de grève des étudiants.

 

Or, ce faisant, il se retrouve maintenant prisonnier d’une situation périlleuse de double contrainte. Ce que les Anglais appellent le «damned if you, damned if you don’t».

En d’autres termes, s’il légifère, la prochaine grève donnera lieu à une multiplication de contestations juridiques de la loi. Mais s’il ne légifère pas, ce sont les injonctions qui, comme ce printemps, se multiplieront de plus en plus face à une opinion publique de plus en plus montée contre ces présumés «enfants rois».

Bref, s’il ne légifère pas, la prochaine fois pourrait être encore pire pour les étudiants. Et s’il ne légifère pas, la prochaine fois pourrait être encore pire pour les étudiants. Ouf…

La judiciarisation du conflit étudiant de ce printemps par le recours répété à des injonctions pour briser ce droit de grève est un autre dommage collatéral. Et il est majeur.

L’appui de juges qui, eux-mêmes, dans leurs propres décisions, reprennent systématiquement le vocabulaire du gouvernement Charest – incluant, ceci est un »boycott» – est en voie de créer un «droit» nouveau.

Au fil de ces décisions, le droit collectif acquis à la grève est peu à peu remplacé par un nouveau droit individuel, paradoxalement, qu’on ne retrouve nulle part dans les chartes de droits.

Soit le «droit» présumé d’un étudiant, seul, à avoir accès à SES cours malgré un vote de grève pris en assemblée générale. Et ce, pour cause de circonstances strictement personnelles.

Un nouveau lexique politique avec lequel on vit encore aujourd’hui

En démocratie, les mots ont pourtant un sens.

Le problème arrive lorsqu’un gouvernement habile – pouvant compter de surcroît sur d’excellentes courroies de transmission – peut aussi réussir à détourner les mots de leur vrai sens. Ici, ces courroies ont été les tribunaux et certains médias grand public.

Quand ça se produit, comme je l’expliquais récemment en conférence au Sommet social de Laval, les mots deviennent des armes politiques.

Le printemps dernier en fut une démonstration d’une efficacité exceptionnelle.

Jean Charest était déterminé à imposer sa vision économique de l’«utilisateur-payeur», incluant aux étudiants. Et tout aussi déterminé à se servir de la grève pour mieux polariser l’électorat à son avantage.

Et il l’a fait en partie en imposant un tout nouveau lexique politique particulièrement péjoratif pour le mouvement étudiant et tous ceux et celles qui les appuyaient.

Même les citoyens occupés à exercer pacifiquement leur liberté d’expression se sont retrouvés réduits à «la rue». Comme s’ils étaient de dangereux éléments révolutionnaires…

Pis encore, ce simple geste les associait au radicalisme, de même qu’à la «violence et l’intimidation» dont le gouvernement parlait constamment alors que dans les faits, il y en avait fort, fort peu.

En fait, les Québécois ont eu droit à un premier ministre étonnamment prompt à ridiculiser la libre expression de ses propres citoyens. Et ce, jusqu’à leur imposer une «loi spéciale» faite sur mesure pour les intimider.

Ce nouveau lexique politique déformait volontairement la réalité. Un grand classique dans la «communication» et le marketing politique modernes. En cela, M. Charest espérait qu’il l’aiderait à se positionner pour l’élection générale comme le grand gardien de l’ordre et de la démocratie face à une «rue» qu’il disait menaçante, radicale et violente.

Donc, au fond, antidémocratique…

Cette stratégie fut efficace au point où le 4 septembre, elle est passée à moins d’un point de pourcentage du vote de réussir.

Efficace, en effet, ce lexique a laissé une profonde empreinte sur les débats politiques au Québec.

En fait, nous vivons encore avec.

Je reviendrai sûrement plus en détails sur le sujet dans un billet à venir…

 

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Chère Madame Legault

J’avoue un certain agacement à toujours vous voir frapper sur le clou, lorsque vient le temps de commenter le conflit étudiant. On pourrait résumer votre pensée à: Charest est responsable à 100% de tout!

Or dans tout conflit, il est généralement juste de distribuer les blames des 2 côtés. Certes Jean Charest a des torts, par contre le «jusqu’auboutisme» des étudiants doit également être sévèrement blamé. Or on n’en voit nulle trace dans vos écrits. C’est malheureux…

Il ne faut tout de même pas oublier que GND (la CLASSE) a aussi polarisé l’opinion: les méchants néolibéraux (lesquels?), les libéraux qui veulent diminuer l’accessibilité aux études (personnes est contre, les moyens diffère), les méchants riches, etc. La Classe à utilisé les mêmes moyens que le gouvernement, les deux voulaient polariser l’opinion. Ne pas parler de la stratégie de la CLASSE (la même que le gouvernement) montre votre parti pris pour le mouvement étudiant. Ce n’est pas uniquement la faute du gouvernement, c’est la faute de tous ceux qui n’était pas du tout nuancé dans leur propos: La CLASSE et le Gouvernement (La FEUQ aussi mais dans une moins grande mesure, la FECQ beaucoup plus nuancé sous LBB).

Vous frappé juste Madame.
Rendu à un âge avancé,je suis en mesure de dire que Charest,(remarquez que je ne dis pas monsieur)est ce que le Québec a produit de pire.
Il passera à l’histoire pour avoir envoyé la police et les juges contre notre jeunesse.
Il serait trop long d’énumérer toutes les magouilles de ce parti.
Mon souhait est qu’on en entende plus jamais parler,ça va prendre du temps pour corriger tout ce qui a été brisé à cause de cet olibrius.

Le tout s’inscrit dans la déformation du véritable capitalisme tel que conçu par Adam Smith.
Depuis les années soixante, le néo-libéralisme déforme la trame même du capitalisme premier pour en faire un capitalisme strictement financier au service uniquement de l’individu et au détriment de la collectivité.
Le tout repose sur deux mamelles empoisonnées: la sur-consommation et la promotion individuelle.
La sur-consommation ne tient nul compte de l’augmentation de la population mondiale et de la rareté de plus en plus grande des matières premières.
La promotion individuelle ignore sciemment le rôle de la société dans toute promotion individuelle.
Les jeunes, et de plus en plus les moins jeunes d’entre nous, commençons à nous apercevoir de ces ratés du système. Nous sentons que nous ne pouvons continuer sur cette lancée. Pas encore sûrs comment y remédier, nous recherchons de nouvelles façons de faire.
C’est la raison pour laquelle j’ai pris la rue, que j’ai porté le carré rouge. Et c’est pourquoi je suis prêt à récidiver si besoin est.

Madame Legault,

Mettons les emotions de coté et regardons la réalité en face. Pour avoir le droit de grève, il faut qu’il y a un employeur. Qui sont les employeurs des étudiants ? on peut s’attendre que ce ne sont pas les universités car celles-ci fournissent un service.

Pour équilibrer le droit des grèves, les employeurs ont le droit de lock-out. Est ce que les universités ont ce droit ?

J’aimerais bien que tu me reponds dans ton prochain billet.

Merci

Alors une grève de la faim ne pourrait se faire car il n’y a pas d’employeur en cause. Vous devriez consulter le dictionnaire m. Randy

A Maxime et Robert

Oui il y a une faute attribuable aux deux mais le gouvernement est celui qui demeure responsable – et dans ce dossier il a abdiqué ses responsabilités. C’est le point majeur qu’il faut retenir.

Le ministre Duchesnes est tombé dans le panneau. En indiquant justement qu’il veut légiférer un présumé droit de grève accordé au étudiants, il légitimise la démagogie libérale de dire que les étudiants ont fait la grève ce qui est complètement faux. Les étudiants ont utilisé leur droit à la liberté d’expression au maximum tout en sachant qu’ils ont limité certains droits d’expressions individuels.

Le principe de droit auquel il faudra s’attarder est justement où commence le droit individuel lorsque le droit d’expression collectif s’exprime. Normalement le politique intervient pour canaliser ce désir collectif alors que dans le dernier conflit étudiant, le politique l’a utilisé et exacerbé plutôt que de le concilier.

Si M.Duchesnes persiste à dire qu’il s’agit de définir ce nouveau droit de grève pour les étudiants, il faudra aussi qu’il définisse tout la notion de liberté d’expression et du droit de manisfester ce qui à sa face même est indéfinissable.

Non mais de quoi parlez vous Robert Ouellet et Maxime. Hausse de 82%! Juste ça, ça n’a pas de bon sens. Pour la suite, Charest fut simplement fidèle à lui-même : Méprisant.

Il y aura d,autres grèves des étudiants,cette fois ce pourait bien ¸être sur la qualité de l,enseignements!
L,état n,a pas les moyens d,y ajouter des sous alors les universités devront réduire leurs couts ,ce à paretir de maintenant!

Madame,
Je suis de tout coeur avec vous madame. Merci d’apporter un point de vue différent de la majorité des traditionnels porte-paroles de l’establishment. Je nous souhaite que plus de gens se rendront enfin compte à quel point le pouvoir manipule l’opinion publique. La gang de la construction nous le montre tellement. Mais non, il faut encore dire que charest n’est pas responsable…moi je dis irresponsable socialement, très responsable pour les grands riches de ce monde.

Le principal dommage collatéral de ladite crise est que certaines personnes n’en reviennent toujours pas et continuent de blâmer le précédent gouvernement pour tous les maux de la Terre.

Je n’aime absolument pas votre condescendance envers la frange de la population dite « de droite », celle qui a fait passer « à 1% près » la réélection du PLQ, c’est à dire les 55-65% qui étaient pour la hausse et ont voté PLQ ou CAQ. Selon vous, ils ne seraient finalement que les victimes de la propagande du « régime Charest », de ses stratégies de polarisation et de discréditation. Ne croyez-vous pas que ces gens auraient pas été aussi capables d’analyser la situation en terme de droit, d’accessibilité aux études, de qualité de l’éducation, de bien commun?

Oui je l’avoue, j’étais prêt à reconnaître aux associations étudiantes le droit de grève AVANT le printemps 2012. Mais ce n’est pas que le gouvernement qui m’a fait changer d’idée: c’est une longue réflexion sur le droit commun vs droit individuel, les différences fondamentales entre un employé et un étudiant, entre un syndicat et une asso étudiante, et finalement, les abus éhontés dudit « droit de grève » qui ont eu lieu.

Nul besoin de M Charest répétant « boycott » à la télé pour me faire réfléchir ou changer d’avis Mme Legault.

Votre sous-entendu concernant « des juges(…) qui créent un droit nouveau » est d’ailleurs risible. TOUS les jugements ont été dans le même sens. Certains y verront un « appui des juges au gouvernement » (et donc un scénario à peine voilé de vendetta ou de complot), d’autres y verront simplement une cohérence, une législation qui ne porte aucunement à confusion et la bonne interprétation des lois courantes.

Les étudiants avaient payé pour un service : recevoir un cours magistral à l’université.

Des étudiants choisirent de ne pas jouir de leur droit à être éduqués alors que d’autres choisirent d’en jouir. Après tout, ils avaient payé ce service.

Aucun étudiant n’avait le droit de priver un autre étudiant de jouir du service déjà payé. On appelle cela un vol dans le Code criminel.

C’est là le noeud de la question.

On ne peut confondre le monde ouvrier et le monde étudiant. Il y a des similitudes mais il n’y a pas correspondance parfaite. Donc différences.

Cela dit, le Parti Libéral du Québec s’est très mal conduit, et la gratuité scolaire est un principe parfaitement défendable et applicable au pays. Il suffit d’adapter la fiscalité à nos besoins de société et non adapter la fiscalité aux désidérata des multinationales et des banquiers.

La cause était juste. Le modus operandi mal appliqué.

Le boycott étudiant n’est pas plus une grève qu’une météorite n’est une étoile.

La “stratégie discursive extrêmement politique” était celle de Mme Legault, qui a systématiquement appelé “grève” le boycott étudiant, malgré tous les faits sur le terrain qui la contredisaient.

Cela me fait penser au film des hommes d’influence qui parle de la manipulation de l’opinion publique pour déplacer l’attention de l’électeur par des illusions en projetant un écran de fumée, tel ce qu’a dit Charest « C’est la loi ou la rue » beau sophisme du faux dilemme pour discréditer les manifestants et faire avaler aux gens ce genre de préjugé. (La propagande est à la démocratie ce que la propagande est à l’État totalitaire comme dirait un philosophe du nom de Noam Chomsky)

Parlons-en de ce conflit qui ne semble pas être compris, Droit individuel face à un choix fait en assemblée générale, aucun arguments n’a suffit pour me convaincre qu’il est juste d’accéder à ses cours alors qu’un mouvement social s’exécute. Ce que j’ai entendu c’est des plaintes personnelles sur un mouvement pour la communauté. Étrangement toujours des plaintes qui commence en «JE» comme s’ils étaient les seuls à être affectés, c’est un sacrifice que l’on fait pour les générations suivantes, pour la communauté simplement au nom du droit fondamentale d’aller à l’école et ce pour tous, pauvre et nantis. Certains sont convaincus qu’il est impossible d’avoir la gratuité scolaire, que de faire des grèves ça ne mènera nul part. J’ai deux chose à répliquer, rappelez-vous quand les femmes n’avaient aucun droit, tous croyait qu’il était impossible alors qu’aujourd’hui les femmes atteignent de plus en plus l’égalité. À la lumière des recherches d’IRIS, la gratuité scolaire est largement réaliste(Mythe #8)-» http://www.youtube.com/watch?v=aOLB3CWV-sA

C’est désolant d’avoir une phrase nationale comme la nôtre, -Je me souviens- aujourd’hui personne ne se souvient, personne ne veut fournir d’effort pour se rappeler, on écoute la TV, puis le reste s’envole.

Le « Printemps érable » est, selon moi, loin d’une « crise sociale » mais elle est plutôt une flambée temporaire ourdie par les étudiants gauchistes appuyés par les grosses centrales syndicales dans le seul but de changer de gouvernement.

Rien de plus.

À chaque permission que faisait le gouvernement Charest correspondait immédiatement une (des?) nouvelle demande des étudiants qui, visiblement, n’avaient absolument aucune envie de jouer franc jeu et de régler la situation.

D’ailleurs, le parti politique qu’ils appuyaient a, à leur très grande déception, tout juste remporté les élections avec moins de 1/2% de plus de voix que celui qui était au pouvoir depuis près de 10 ans et qu’ils voulaient voir disparaître.

On oublie beaucoup trop facilement que pendant de cette « crise » fabriquée de toute pièce, 75% des étudiants québécois étaient..sagement en classe.

Le Parti québécois a fait l’immense erreur de donner aux étudiants tout ce qu’ils voulaient cet automne au moment où ces derniers commençaient enfin à réaliser les conséquences de leurs actes et retournaient docilement en classe sans demander leur reste.

Ce fut un cadeau aux étudiants déjà les plus choyés en Amérique payé par les contribuables déjà les plus taxés en Amérique.

Comme je l’ai déjà tweeté, on ne mesure pas encore l’ampleur des dommages causés par le gouvernement Charest durant son règne. Dommages économiques, sociaux, politiques, etc…

Charest c’était un bon « vendeux de bazou » ces bonshommes qui réussissaient à vendre n’importe quoi à n’importe qui, sauf que Charest c’était le premier ministre que Québec, on ne fait pas n’importe quoi quand on est premier ministre. Je n’élaborerai pas davantage allez voir liberaux.net pour en avoir une petite idée, juste une petite idée, la pointe de l’iceberg seulement

@François Paquet: quand on fait une grève de la faim c’est un boycott de nourriture qu’on fait, et non une grève au sens du code du travail.

Personne ne peut forcer un voisin à faire la grève de la faim sous prétexte que « c’est ce que la majorité de ton groupe a voté ». Même chose pour le boycott des cours.

Grève de la faim est acceptable parce que pas trop ambigu: y-a-t-il quelqu’un ici qui croit qu’on peut, par un vote majoritaire, forcer une tierce personne à ne pas manger? Je ne crois pas. Tout le monde comprend que « grève de la faim » signifie « boycott de l’absorption de nourriture »

Grève étudiante n’est pas acceptable parce que plusieurs, Mme Legault la première, ne comprennent pas qu’on ne peut pas forcer, par un vote majoritaire, une tierce personne à boycotter ses cours. C’est pourquoi on doit dire « boycott étudiant » si on ne veut pas induire le public en erreur.

Dans le PQ plusieurs on voulu induire le public en erreur: faire croire au public que les étudiants avaient le droit de grève. D’où leur utilisation systématique et trompeuses (le but était clairement de tromper) du mot « grève » pour ce qui était un boycott.

« Ce qui se concoit bien s’exprime clairement et les mots pour le dire viennent aisément » (Boileau) Mais quand on veut tromper, on utilise des mots à double sens pour berner le public.

@ Serge Gingras
Je vous invite à lire votre code criminel, pour vous informez sur la signification du terme vol. Je doute qu’un service soit une chose au sens du code criminel. Quant au » service » que vous prétendez prévaloir sur tout autre droit : « Outre la confusion regrettable entre liberté d’expression commerciale et liberté d’expression politique qui ressort de ces propos – comme si l’une valait l’autre et que l’éducation était une simple marchandise! – il est déroutant de constater avec quelle indifférence le système de représentation collective mis en place par le législateur est ainsi détourné, au nom d’une logique purement individuelle qui banalise l’exercice de la démocratie participative étudiante. Si important soit-il, le droit civil, et la liberté contractuelle qu’il aménage, ne jouit pas d’une prépondérance sur tout autre droit. Si les étudiants regroupés en association ne sont pas tenus de respecter les décisions prises par une majorité d’entre eux, comment l’association étudiante parviendra-t-elle à bâtir la solidarité étudiante essentielle à l’établissement d’un certain rapport de force avec les autorités? »
Christian BRUNELLE
Louis-Philippe LAMPRON
Myriam ROUSSEL
http://gfol1.gedel.org/download/droit_de_greve_etudiant_brunelle,_lampron,_roussel_ws68946776.pdf

@ honorable

Arrêtez de vous prendre pour un dictionnaire. Votre définition de grève (forcer quelqu’un à ne pas faire ou faire) ne correspond même pas à celui du code du Travail. Je préfère les explications des professeurs de droit Brunelle et Lampron à ce sujet : « Eu égard au silence du législateur qui prévalait avant l’adoption de la Loi 78, le choix du moyen de pression opportun devait revenir aux individus qui tentent de le mettre en œuvre et, sous ce rapport, force est de constater que la réalité du conflit étudiant de 2012 ne correspond pas à la définition qu’il convient de donner au boycott (individuel) mais s’inscrit plutôt dans la logique propre à une « grève » (collective). Certes, l’étymologie révèle une certaine « proximité du boycott avec la grève, puisque dans les deux cas, il s’agit d’un refus de coopération ». Toutefois, « le terme boycott est utilisé prioritairement pour désigner les refus de relations marchandes ou de services ». Or, le conflit étudiant n’impliquait pas des groupes qui incitaient d’autres personnes à ne pas s’inscrire aux études postsecondaires ou encore à privilégier certains établissements scolaires au détriment d’autres (auxquels cas ces activités auraient valablement pu être qualifiées de boycott étudiant). Il impliquait plutôt des regroupements d’étudiants inscrits à différents établissements d’études postsecondaires, agissant par l’entremise d’associations étudiantes dûment accréditées et donc représentatives, et qui votèrent démocratiquement pour la tenue de grèves étudiantes dans le but de forcer le gouvernement à revoir une décision politique en lien direct avec leur statut d’étudiant, soit une hausse importante des droits de scolarité.

Dans une lettre ouverte publiée une dizaine de jours avant l’adoption de la Loi 78, l’avocate québécoise Mireille Beaudet nous semble avoir fort bien résumé cette idée en quelques lignes : « Plusieurs associations ainsi accréditées ont également adopté des résolutions de grève, ponctuelle ou illimitée. Il n’est pas inutile ici de rappeler qu’une grève se distingue d’autres mouvements qui peuvent présenter des similitudes, comme le boycott, par deux caractéristiques: le concert et l’intention. La grève résulte en effet d’une volonté concertée d’un groupe de cesser d’accomplir quelque chose dans la poursuite d’une finalité: défendre ou améliorer leur situation
collective. Il s’agit donc bien ici d’un mouvement de grève, tant au sens des dictionnaires usuels qu’à celui des critères que le droit a développés pour circonscrire la notion même de grève, avant que les lois ne la reconnaissent et l’encadrent, dans le monde du travail. »
Christian BRUNELLE
Louis-Philippe LAMPRON
Myriam ROUSSEL
http://gfol1.gedel.org/download/droit_de_greve_etudiant_brunelle,_lampron,_roussel_ws68946776.pdf

@Sauvageau: même JF Lisée et Pierre Duchesne contredisent vos assertions. La position des “professeurs” que vous cités a été maintes fois contredite par les tribunaux.

@ honorable

En aucun temps J.F. Lisée et Pierre Dufresne ont traité la grève de boycott. Les tribunaux ont fait allusion tantôt au boycott, tantôt à la grève sans aller au fond sur le sujet, et aucune des décisions n’a contredit les définitions données par les professeurs Brunelle et Lampron.

@Sauvageau, quand Lisée écrit « Les associations étudiantes n’ont jamais eu le droit légal de faire appliquer à tous les étudiants les décisions prises par la majorité ». il ne mentionne peut-être pas le mot boycott, mais c’est bien le mot boycott qui est décrit par son texte.

Quand on ne peut « faire appliquer à tous les décisions prises par la majorité », il ne nous reste plus que le droit de boycott…

@ honorable

Quand Lisée a écrit son texte, il se référait à ses années où il était étudiant. Sauf, que depuis ce temps, les associations étudiantes sont accréditées et forment de véritables syndicats d’étudiants, qui sont incorporés selon la partie 3 sur la loi des compagnies, possédant de ce fait une personnalité morale. Selon le code civil, « Les règlements de la personne morale établissent des rapports de nature contractuelle entre elle et ses membres. ». Ce qui veut dire que les décisions prises en assemblées lient les étudiants comme dans un contrat. Et pour être plus clair, l’article 361 du code civil du Bas-Canada qui prévalait avant l’adoption du nouveau code Civil du Québec en 1991, mentionnait : Toute corporation a droit de faire pour la régie de sa discipline intérieure, pour la conduite de ses procédés et l’administration de ses affaires, des statuts et règlements auxquels ses membres sont tenus d’obéir, pourvu qu’ils soient légalement et régulièrement fait. Malheureusement, «« le droit des associations est un lieu trop peu fréquenté par les juristes québécois » et le cas des associations étudiantes ne fait pas exception. » Christian Brunelle et autres, La liberté d’expression en contexte de crise: Le cas de la grève étudiante p.9

La décision de faire un boycott n’est jamais prise en groupe, et n’est pas non plus, le résultat d’une concertation.

@Sauvageau: Lisée ne se référait nullement aux années où il était étudiant, mais au boycott de l’hiver 2012. C’est d’ailleurs durant cet hiver 2012 qu’il a écrit le texte. « N’ont jamais eu le droit » est clair: cela veut dire ni dans le passé, ni au cours de l’hiver 2012.

Une décision de boycott peut fort bien se prendre en groupe, et cela arrive d’ailleurs assez souvent. Informez-vous …

@ honorable

Quand Lisée a écrit son texte, il le fait en se basant sur ses connaissances lorsqu’il était étudiant (Je vous parle d’un temps … J’ai bien connu le processus …). Maintenant, lorsqu’il mentionne :« L’état du droit est clair: les associations étudiantes n’ont jamais été, stricto sensu, des organisations syndicales. Elles n’ont jamais eu le droit légal de faire appliquer à tous les étudiants les décisions prises par la majorité. », il se trompe puisque les associations étudiantes ont un statut de syndicat par la loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants. Tout le reste est dans mon commentaire précédent.

Je vous rappelle qu’une série de décisions individuelles (boycott) n’en fait pas un acte collectif.

@Sauvageau, si je vous ai bien compris: tout le monde se trompe, incluant les juges québécois et même un activistee de gauche (mais intelligent) comme JF Lisée, sauf les ultraactivistes comme vous et d’autres.

Fin des émissions en ce qui me concerne à votre égard. Il n’y a rien à discuter avec des ultrapartisans imperméables aux faits comme vous.

@Sauvageau, si je vous ai bien compris: tout le monde se trompe, incluant les juges québécois et même un activistee de gauche (mais intelligent) comme JF Lisée, sauf les ultraactivistes comme vous et d’autres.

@ honorable

Votre remarque mérite une réplique :

De un, J.F. Lisée n’est pas pape et n’est donc pas infaillible. Il s’est trompé, ce que j’ai démontré.

De deux, si les cours d’appels existent, c’est que les juges peuvent errer.

De trois, j’ai commenté vos allégations avec preuve à l’appui, en me servant d’articles de loi et de textes signés par des juristes. Vous avez été incapable de me contredire sur ces points.

Le peu d’effort que vous avez mis à aller lire les jugements et les critiques de ces jugements, aura fait ressortir la pauvreté de vos raisonnements.

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