Procès Duffy : bien plus qu’un mauvais moment à passer pour les conservateurs

On dira qu’en plein été, cette saga passe à peu près inaperçue et n’a que peu de répercussions. Rien n’est moins sûr…

L’affaire Duffy, ses révélations et les réponses offertes par le premier ministre sortant, Stephen Harper, pourraient faire plus mal que ne le craignait le Parti conservateur (PC).
Politique
On dira qu’en plein été, cette saga passe à peu près inaperçue. Rien n’est moins sûr.

Selon un sondage Abacus, 22 % des Canadiens suivent l’affaire de près, dont 6 % de très près. Et parmi les électeurs encore hésitants, 20 % s’y intéressent de près et 42 %, un peu. Seulement 36 % des répondants ne s’attardent pas du tout au procès. Pour 25 % des électeurs, l’information qui en émane pourrait influencer leur vote.

(La maison de sondages a interrogé en ligne 1 439 Canadiens de plus de 18 ans, du 14 au 17 août. La marge d’erreur d’un sondage avec échantillon probabiliste de même taille est de 2,6 %, 19 fois sur 20.)

Duffy aux nouvelles

Le procès a fait les manchettes partout au pays sans que cela repousse lecteurs et auditeurs.

Chez TVA, on dit que l’auditoire des bulletins de nouvelles diffusés durant le procès aurait connu une légère hausse. Ce sont donc des centaines de milliers de personnes qui en ont entendu parler.

Du côté de la CBC, le panel politique du grand bulletin de fin de soirée, The National, a abordé le sujet trois jours d’affilée la semaine dernière, pour attirer un million d’auditeurs, jeudi soir. En plein été !

L’émission politique de fin d’après-midi du réseau de nouvelles continues Newsworld, Power and Politics, a enregistré des cotes d’écoute records pour cette période de l’année.

Selon le décompte fait par le cabinet Influence Communications durant la semaine du 11 au 17 août, la campagne électorale a dominé le palmarès des nouvelles québécoises, et le procès Duffy est arrivé en quatrième place. Dans l’ensemble du Canada, ces deux sujets sont arrivés, dans l’ordre, premier et deuxième.

Sur Twitter, le procès Duffy ne se classe pas parmi les cinq premiers sujets privilégiés au Québec durant cette semaine-là, mais il arrive deuxième dans l’ensemble du pays.

Quant au premier débat, tenu le 6 août dernier, dès le début de la campagne, il a attiré 3,8 millions d’auditeurs et internautes, selon les organisateurs de Maclean’s, ce qui est surprenant en pleine période estivale. Bref, il y a de l’intérêt pour le procès Duffy et pour la campagne en général.

Les partis d’opposition en sourdine

Reçues par bribes, ces nouvelles sédimentent des impressions ou confirment des opinions latentes. Et tout ce bruit de fond peut laisser des traces, comme ces publicités qu’on finit par ne plus voir. Ce n’est pas pour rien que les partis d’opposition se font discrets.

Ils sont assez présents pour qu’on parle d’eux, mais n’ont pas besoin de dépenser leurs fonds limités pour de la publicité destinée à renforcer leur message au sujet de Stephen Harper : l’actualité s’en charge.

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Il est clair que les citoyens les plus engagés et les plus férus de politique y sont pour beaucoup. Mais il ne faut pas négliger la curiosité que suscite cette élection chez ceux et celles qui ont faim de changement ou qui sont en colère.

Ces personnes sont des caisses de résonance et des relais dans leur collectivité. Rappelez-vous la campagne de 2005-2006. Les discussions en famille autour des repas du temps des Fêtes avaient nui aux libéraux, lestés par le scandale des commandites.

Cette année, les retrouvailles estivales autour du barbecue ou d’un feu de camp offrent des occasions similaires, d’autant plus qu’il n’y a à peu près rien d’autre (si on oublie un moment le mariage Péladeau-Snyder…) pour détourner l’attention.

Il reste deux mois de campagne. C’est long et ça peut nous réserver des surprises. Il est toutefois dangereux de tenir pour acquis que personne ne se soucie de ces événements et que les autres passeront à autre chose. Quand une impression d’un chef s’enracine, elle est difficile à déloger.

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8 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Est-ce qu’on va arrêter de nous écoeurer avec ce maudit procès. qu’on lui fasse payer ce qu’il doit. C’est Duffy le coupable, qu’on lui fasse un procès et qu’on arrête d’en parler. A tous les jours on en parle sur le magazine l’actualité au lieu de nous parler des programmes des partis politique. J’inclus tous les partis politique, pas seulement ceux que vous aimez.

Le verdict, coupable ou non coupable, vient à la conclusion d’un procès, pas durant. C’est le procès judiciaire du sénateur Duffy mais c’est le procès politique du chef du gouvernement conservateur. Vos prédictions pour la conclusion des deux?

Oui, les conservateurs aimeraient bien qu’on passe à autre chose et c’est ce qu’Ils espèrent de tout coeur. Mais, malheureusement pour eux, le procès est en marche et il est normal qu’on en parle puisqu’il dévoile une parcelle, aussi infime soit-elle, de ce qui se passe dans les hautes sphères du gouvernement Harper. Car qu’on se le dise, ceci n’est que la pointe de l’iceberg et ce genre de choses se passe à tous les jours au bureau du PM et le plus important c’est l’image du chef et du parti, pas l’intérêt public et encore moins la vérité.

En réalité Duffy fait partie d’une conspiration pour tromper le public quant à son pillage des fonds publics et il n’est certainement pas le seul responsable. Son avocat fait un très bon travail pour démontrer que l’intérêt du parti conservateur et du chef étaient les préoccupations principales de tous les intervenants dans cette affaire pour étouffer ce que l’accusation appelle un crime. Malheureusement pour vous et vos amis conservateurs, ce procès va continuer et le public va continuer à s’intéresser à ce qui se passe au bureau du PM et avec les fonds publics. Que cela ait un impact sur les élections n’est pas surprenant – c’est un des scandales que les conservateurs doivent en subir les conséquences… ils se sont fait élire sur la promesse d’un gouvernement intègre et transparent et 10 ans plus tard on se retrouve avec le gouvernement le moins intègre et transparent des temps modernes! Scandales libéraux et conservateurs? Dans le fond, du pareil au même.

Roger16 et Albert ont tout à fait raison! Nous le savons tous que Harper est un menteur, pourquoi aurait-on besoin d’en avoir une preuve sous serment? [fin du sarcasme]

Bien sûr, il est coupable d’abus.
Notre premier miinostre Harper le prétend depuis des semaines.
L’avocat de Duffy ne s’y intéresse même plus.

La tactique est : si Duffy doit tomber, il ne tombera pas seul.

La question est devenue : le premier ministre savait-il la manignance
du chèque de 90 000$ pour étouffer l’affaire.
Il a toujours prétendu que non.

Si ce n’est finalement pas vrais, ça veut dire que celui qui autorise les budgets, envoie nos soldats à la guerre et décide de tout a menti.
Est-ce important ou son bilan suffit-îl à llui accorder notre confiancd.

Ramenons le dêbat à un autre niveau.
Si votre conseiller financier personnel qui vous. procure des rendements acceptables vous mentait.
Lui feriez quand même confiance ?

Depuis quand REMBOURSER les contribuables Canadiens (d’un maigre $90,000.00!) est-il un « scandale »?

Pensez aux:

Commandites des Libéraux.
Personnel politique payé illégalement à même l’argent des contribuables Canadiens par le Bloc québécois (directeur général du Bloc payé $100,000.00 PAR ANNÉE à même l’argent du pays qu’il veut détruire!!!).
Bureaux satellites payés illégalement par le NPD de Mulcair.

Ça c’étaient de VRAIS scandales.