Promis: les Talibans seront plus gentils

Il ne faut pas lever le nez sur les bonnes nouvelles. Le New York Times rapportait hier que le chef des Talibans afghans a émis une nouvelle directive: Finis les attentats-suicides contre les civils, interdits les incendies d’écoles, bannies les coupures d’oreilles, de langues et de lèvres. Et si on exécute quelqu’un, il faut le faire avec une arme, pas un couteau, et ne pas photographier ou filmer la mise à mort.

Le Times rapporte cependant que ce nouveau code de conduite aurait été émis au printemps de l’an dernier, mais «qu’il n’est qu’occasionnellement appliqué». La structure talibane est fondamentalement décentralisée, donc les ordres ne sont pas toujours suivis.

Dommage, voilà un cas où on ne peut pas dire que c’est l’intention qui compte.

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5 commentaires
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Tiens les Talibans évoluent depuis qu’ils ont été dressés par la CIA contre les Russes sous la gouverne de l’agent des Bush monsieur Oussama Ben Laden, est-ce pour honorer Oussama Barak Obama ?
J’avoue que je n’ai jamais compris cette tactique des jihadistes de massacrer les civils sans aucune considération autant en Algérie qu’en Afghanistan et partout dans le monde. Est -ce vraiment rentable ces massacres pour faire peur à tous ?
Je trouve l’idée des Snippers plus intelligente même si tuer est toujours une mésintelligence endémique dans l’humanité et même si la légitime défense est une obligation contre les agresseurs envahisseurs , résistance oblige .

Bonjour,

Mais nous avons déjà les « Taliban modérés » qui apparaissent dans le discours depuis un certain temps. Ensuite, on aura le « néo-Taliban », le « Taliban-démocrate », le « Taliban de gauche » ou le « Taliban-Harki », « Taliban supplétif » puis le « Taliban allié ». Pour négocier avec d’autres humains, nous serons bien obligés de leur redonner le statut d’être humain au moins temporairement…

C’est écrit depuis le début, avec même les fautes d’accord grammaticales qui fait de « taliban », pluriel de « taleb », étudiant, un nom singulier.

Ce ne sera qu’un retour au point de départ – à un point de départ parmi d’autres – quand les États-Unis négociaient en juillet 2001 des travaux de gazoduc en échange d’une potentielle reconnaissance du régime des Talibans.

Quand nous aurons enfin perdu cette guerre, la politique reprendra ses droits, avec ses crasses, mais peut-être avec moins que 3 enfants tués par jour en Afghanistan – moyenne 2009.

Pour les ancien(ne)s ou les cinéphiles de films (assez) drôles retenons une réplique de papa Schultz, l’ignoble chef de la Gestapo (rôle tenu par Francis Blanche) dans « Babette s’en va en guerre » (avec Brigitte Bardot) : « Vous serez fusillé, très sévèrement, trois fois par jour, jusqu’à ce que mort s’en suive ».

Étonnant que le New York Times laisse entendre que ce nouveau code de conduite issu du «leader spirituel» Mullah Omar puisse convaincre «ses» troupes. Heureusement que l’article rajuste le tir vers le réalisme, plus loin.

Les talibans sont non seulement «décentralisés», mais ils ne sont tout simplement plus les mêmes que durant l’époque de 1994-2001. Il y a une nouvelle garde qui s’est de beaucoup radicalisée (ce dont témoigne la décision, après quelques débats de recourir aux bombes humaines tuant les civils) et ont assassiné d’anciens leaders talibans pour prendre leur place. Même s’ils étaient plus « centralisés » ils ne suivraient pas plus Mullah Omar.

Pourquoi la nouvelle garde se mettrait-elle à l’écouter à nouveau, quand elle ne reconnait plus son autorité depuis au moins 5 ans?

Et puis, pour parler « grass roots »… jusqu’à quel point la population du sud du pays va-t-elle vraiment croire à cet adoucissement des ceux qui tuaient la populations des villages pour des rien?

Pendre les instituteurs des nouvelles écoles ici. Ou là, tuer des citoyens parce qu’il avaient utilisé pour des travaux, les équipements des équipes de reconstruction occidentales.

D’autant plus qu’adoucissement ou pas, les menaces nocturnes, intimidations, assassinat ciblés demeurent monnaie courante. On peut bien vouloir radoucir le taliban, mais on ne sort pas le taliban du taliban. Ces techniques -menaces, intimidation et assassinat des opposants- étaient la méthode d’infiltration des villages du sud du pays dès 2005.

Alors, qu’il y ait adoucissement pour retourner aux tactiques-mêmes qui ont inauguré la prise de contrôle de la vie des Afghans du sud par les talibans… ça ne signifie qu’un repli tactique. Ce serait vraiment surprenant que la population y croie vraiment, sinon comme un répit que lui consentiraient l’oppresseur taliban.

Ces nouvelles tactiques talibanes doivent rendre encore plus urgent et résolu l’effort de la mission de l’OTAN et l’ONU de gagner les coeurs des Afghans et surtout de leur rendre justice, vis-à-vis les seigneurs de guerre et le gouvernement corrompu.

On ne peut continuer à ramasser les pots cassés de la corruption. Le gouvernement Afghan veut que l’occident continue à l’aider? Qu’il change clairement ses pratiques de corruption et ses liens avec les seigneurs de guerre non-repentis.

Sinon, il devra comprendre que les membres de la mission n’auront bientôt plus envie de participer à ce soutien de la corruption et laisseront Karzai et ses suivants se débrouiller avec la colère de la population et les méthodes douces-de-nom des talibans.