Pub: pourquoi le PLQ utilise l’artillerie lourde contre Legault

J’hésite toujours à commenter les publicités des partis politiques. La raison? Les journalistes font souvent le jeu des formations en diffusant largement leur message, sans que ceux-ci aient alors besoin d’acheter du temps d’antenne coûteux. Par exemple, on a beaucoup parlé et disséqué la publicité négative des libéraux sur les casseroles de Pauline Marois, en juin. Mais qui l’a vraiment vu plus d’une fois à la télévision, lors d’une pause publicitaire normale?

On verra si le Parti libéral mettra cette fois ce qu’on appelle du «poids médias» — des gros dollars — pour diffuser en masse sa nouvelle salve de publicités négatives contre François Legault. Le PLQ les a dévoilés aujourd’hui sur son site Internet.

Je fais une exception avec ce billet parce que la stratégie est non seulement intéressante, mais elle témoigne d’une réalité de plus en plus évidente: ça commence à sentir le roussi dans le camp libéral.

Même si l’une des deux publicités vise Pauline Marois et le PQ, en réalité, elle vise davantage François Legault, qui semble l’ennemi à abattre pour Jean Charest depuis quelques jours. Tous ses discours et ses points de presse servent à attaquer le chef de la CAQ, dont il ne parlait même pas lors des premiers jours de la campagne. Il a même accusé François Legault de ne pas aimer la ville de Québec aujourd’hui.

Le PLQ, qui oscille entre 18 % et 22 % dans les intentions de vote chez les francophones, semble résolu à y aller avec l’artillerie lourde pour regagner du terrain. Car si l’aiguille ne bouge pas, c’est la défaite assurée le 4 septembre.

Ainsi, la pub du PLQ sur François Legault, qui cherche à imposer le thème de la girouette qui a coulé Mario Dumont dans le passé, se range résolument dans la catégorie des publicités négatives. L’objectif est d’altérer l’image de François Legault avant les débats des chefs — qui commencent dimanche et se prolongent jusqu’à mercredi —, des événements-clés de la campagne qui cristallisent souvent le vote.

On se serait attendu à ce que la publicité qui vise Pauline Marois soit aussi dure que celle contre François Legault. Après tout, c’est le PQ qui trône en tête des sondages. Ce n’est pas le cas. Cette deuxième publicité montre Pauline Marois à un balcon (allusion au discours de Charles de Gaulle, «Vive le Québec libre!», de 1967?), qui affirme que son rêve est de faire du Québec un pays.

Grosse nouvelle…

Je soupçonne même l’entourage de Pauline Marois d’être plutôt heureux que Jean Charest fasse la promotion de leur option souverainiste, alors que Québec solidaire et Option nationale compliquent la vie du PQ.

C’est simple, cette pub ne vise pas les électeurs de Pauline Marois. Elle vise ceux de la CAQ.

Pauline Marois a beau faire un appel du pied aux anglophones et aux fédéralistes pour déloger Jean Charest du pouvoir, elle sait très bien que les chances que ces électeurs lui confient leur vote le 4 septembre sont très minces, voir nulles.

Un libéral fédéraliste ne votera pas pour le PQ. Et un électeur péquiste ne votera pas pour les libéraux de Jean Charest. Mais dans le milieu, il y a la CAQ, le vase communiquant des deux grands partis. Et Jean Charest a des raisons de s’inquiéter. La CAQ est le 2e choix de 49 % des électeurs libéraux et de 28 % des électeurs péquistes, selon le dernier sondage Léger Marketing. On répète: un libéral sur deux affirme que son 2e choix est François Legault.

En ramenant à l’avant-scène les thèmes de l’économie et de la souveraineté, le PLQ souhaite polariser le débat entre sa formation et celle de Pauline Marois. Comme avant. Loin du thème de la corruption. Il fait un appel à sa base électorale fédéraliste, inquiète d’un possible référendum, en lui rappelant que ce thème existe toujours. Et que ce ne serait pas un «crypto séparatiste» comme François Legault, laisse entendre Jean Charest, qui serait le mieux placé pour défendre l’option fédéraliste contre le PQ…

Est-ce que la stratégie va fonctionner? On verra dans les prochains jours. En 2007, un débat acrimonieux sur la stratégie référendaire du PQ entre Jean Charest et André Boisclair, en fin de campagne, avait finalement bien servi Mario Dumont, qui en avait profité pour dire que le Québec ne souhaitait plus ce type de chicane «entre les vieux partis».

C’était toutefois un contexte différent, avec des chefs et des partis différents. À l’époque, la poussée de l’ADQ en fin de campagne avait pris le PLQ et le PQ par surprise, au moment où le ciment des intentions de vote se fige. Cette fois, ils réagissent visiblement plus tôt, alors que plusieurs électeurs affirment encore pouvoir changer d’avis. Et dans le cas du PLQ, avec toutes les munitions dont ils disposent. La publicité en fait partie.

 

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Le PPP de M. Charest, son principal principe populaire : Mes adversaires c’toutes des écoeurants, des girouettes, des pas d’allure, des menteurs, des révolutionnaires de rues…genre.

Tu sais que ça va mal pour toi quand la première chose que tu vois sur le site d’un parti est une attaque contre le chef d’un autre.

Je suis fédéraliste , nationaliste plutot a droite et je ne voterais jamais Jean Charest !!!!

Mon travail est très exigeant et malheureusement je n’ai pas assez de temps et d’énergie pour intervenir de façon constructive sur les nombreux blogues en temps d’élection. Sauf qu’en écoutant 24 heures en 60 minutes avec Anne-Marie Dussault ce soir, je suis tombé en bas de ma chaise lorsque qu’on a montré la publicité négative utilisée par les libéraux de Jean Charest pour tenter de remonter dans les sondages, j’en ai eu un haut le coeur!
Doit-on faire de même, voila la question!
Malgré la facilité à prendre à contre-pied Jean Charest dans son long passé criminel à la merci de Power-Corporation du domaine Sagard, je pense que la victoire le 4 septembre sera la plus belle publicité positive qu’on pourrait lui renvoyer.

Faites attention à M. Charest. Il n’est pas à ses premières élections et il trouve TOUJOURS le moyen de gagner. Rappellons-nous simplement des 2 ans pour créer la commission sur l’industrie de la construction (il a même essayé de faire que ce ne soit pas une réelle commission au départ, vous vous souvenez?), ses promesses pour diminuer les temps d’attente pour la santé… Rappellons-nous qu’il n’est pas normal d’attendre 36 heures pour voir un médecin, c’est juste que nous sommes maintant habitués. Merci Jean!

Parce que Legault , qui avec Sirois -Charest- Sagard , voulait tromper les Québecois en fondant un nouveau Parti ultra fédéraliste ont fait un erreur en divisant le vote fédéraliste et la gang commence à s’en rendre compte . Pauline doit cesser d’attaquer Legault et passer tout son temps à inviter les jeunes à voter.
MICHEL

Monsieur Castonguay,

Il faut en finir avec le PLQ, avec ce Charest qui,
qui dans son rôle d’hypnotiseur patenté,
a su placé les amis du régime à la tête
des sociétés d’État. Ainsi, et par exemple,
il faut en finir avec un Hydro-Québec obscur, dirigé par un petit Vandal, qui par le passé
faisait des dons à des écoles privées ontariennes,
et qui dernièrement a donné l’Ile d’Anticosti
à d’anciens membres de ce parti recyclés en petits capitalistes magouilleurs.

La présence de 3 partis politiques, dont 2 fédéralistes, devrait avantager le PQ car normalement seul le vote fédéraliste se divise.

Si le vote normalement acquis au PQ se déplace et si les jeunes votent en grand nombre, mettons qu’on devrait parler d’un gouvernement majoritaire du PQ.

Si la campagne loge plutôt autour du thème de la corruption et que la question nationale est présente, on parlerait d’un gouvernement minoritaire péquiste. Si le vote souverainsite reste à la maison ou va ailleurs, on pourrait parler d’un gouvernement minoritaire de la CAQ.Oublions le PLQ qui va directement dans l’opposition avec ses comtés du west island et de l’ouest de Montréal.

La CAQ depuis une semaine a prouvé que c’est un parti qui n’est pas prêt à gouverner, dépenses cumulatives et promesses pour un parti qui veut un État minceur plus ou moins interventionniste mais pas trop. Une CAQ qui ressemble à la toupie des partis politique ça ne fait pas sérieux.

Si la CAQ dans les sondages se maintient à 24% ce sera beau pour le parti de F.Legault parce que le manque de rigueur ça se paie.

Reste le choix entre un parti au gouvernement usé et corrompu sans vision autre que les PPP depuis 9 ans et un parti PQ qui a déjà géré le Québec et qui en a fait de bonnes choses.

Les publicités libérales elles sont à l’image de ces 9 ans de gouvernement de laisser faire, les libéraux pratiquent la publicité négative. Étalage de mauvaise foi politique.

Je ne suis pas d’accord avec le commentaire de M. Bouchard. Avec ses 94 engagements, la CAQ n’est pas en contradiction avec elle-même car en réduisant la taille de l’État (enfin on range la gourvenemaman au placard!), en diminuant la bureaucratie, en enrayant la collusion et la corruption surtout dans le secteur de la construction qui nous coûte près de 30% plus cher qu’ailleurs, en devenant partenaires des compagnies minières, les revenus générés vont largement compensés les dépenses générées par les dits engagements. Je suis plus confiante dans un gouvernement dirigé par M. Legault qu’un sous la gouverne de Mme Marois qui n’a même pas encore présenté son cadre financier et encore moins en M. Charest qui milite pour le statu quo. J’espère que les Québécois sauront aller au-delà des propos démagogiques entendus durant le face-à-face du 21 août dernier. Une élection devrait idéalement être un moment privilégié pour réfléchir à notre avenir, les politiciens devraient s’adresser davantage à l’intelligence des citoyens et à leur gros bon sens plutôt que nous imposer la médiocrité à laquelle ils sont habitués en Chambre. Enfin une femme a l’droit de rêver!

Bien sûr que le vote dit »fédéraliste » sera divisé entre le PLQ et la CAQ, ce qui ne peut qu’avantager le PQ. Et si un ex-péquiste plutôt dur devenait le chef d’un parti qui compétitionne avec le PLQ pour un certain électorat, ne serait-il pas possible qu’en fait, ce soit le fait des stratèges du noyau dur péquiste que de demander à l’un des leurs de se sacrifier pour la cause?

Bon, je l’admet, ce serait un scénario plutôt tordu et disons le, malhonnête car se serait duper le peuple(d’autres diraient à la guerre comme à la guerre… à chacun son opinion).

Cependant, je pense qu’un individu, même un M. Legault, a le droit de changer d’allégeance sans être un traître à la nation! Cela s’appelle une remise en question de ses convictions. J’aime à penser que quelqu’un pourrait avoir le courage de mettre bon ordre dans nos structures gouvernementales et nos façons de faire ainsi que d’assainir les finances publiques… de réduire intelligemment la dimension de l’appareil d’état, bref de mettre en place les règles qui permettront à tous les futurs gouvernements de mieux gérer, avec transparence, les avoirs de la société… mais cela aussi est peut-être du domaine de la fiction.

Pour terminer et être plus terre à terre, je trouve que ce qu’il y a d’énervant dans ces périodes d’élection ce sont effectivement les activités/publicités de salissage (On en a eu une belle démonstration au fédéral avec le parti conservateur, et cela les a très bien servi, malheureusement) mais pires encore sont les activistes qui partent rumeurs et médisent en situation préélectoral afin de bien »imbiber » les éponges d’information que nous sommes de demi-vérités. Actuellement, il semble que nous ayons presque tous gobé les propos à l’effet que la corruption et PLQ sont synonymes, et que les autres partis n’y ont jamais pris part… Désolé, mais tous les partis qui ont un minimum d’historique ont des gens qui ont les mains sales, même le PQ… Est-ce que cela veut dire que tous les membres influents d’un parti ou d’un gouvernement sont corrompus à l’os… ben voyons. Des innocents, des magouilleurs, des maquilleurs de vérité, des profiteurs et des malhonnêtes il y en a toujours eu, quelle que soit leur allégeance politique. Il faut seulement mettre en place des mécanismes qui découragent de telles pratiques… comme la possibilité de poursuivre un élu, la transparence du financement des partis et un dispositif de vérification de l’octroi des contrats, des amendes et des peines sévères pour des contracteurs coupable de collusion (il y a d’autres domaines que la construction qui y ont recours puisque cela marche…), réduction de l’influence des lobbyistes…