Quand C-38 dérange même des conservateurs

Député conservateur de la Colombie-Britannique, David Wilks est sur la sellette depuis la publication, mardi, d’un article faisant état de sa rencontre avec des commettants très critiques du caractère omnibus du projet de loi budgétaire C-38. M. Wilks semblait partager leurs préoccupations, leur expliquant même qu’il faudrait rallier 13 députés conservateurs pour forcer la division de C-38 en plusieurs projets de loi. Selon l’article, il aurait même dit être prêt, lui-même, à s’y opposer. La nouvelle a vite circulé sur la Toile, ainsi que des extraits d’une vidéo de la rencontre. Le démenti – bilingue – est vite venu, M. Wilks disant appuyer C-38.

Les extraits de la vidéo ne permettent pas de trancher avec certitude, mais ils sont quand même révélateurs. On y voit un député soucieux d’écouter ses commettants, de répondre à leurs questions et de leur offrir une piste de solution. Il dit bel et bien que plusieurs conservateurs ont un problème avec ce projet de loi et il est du nombre. On comprend aussi, et ce qui est beaucoup plus triste, combien ses collègues et lui n’ont eu aucun mot à dire, que ce projet de loi leur a été imposé comme au reste des Canadiens. M. Wilks dit très clairement que le premier ministre et le cabinet ne leur ont jamais demandé leur avis et qu’ils ont pris connaissance du C-38 en même temps que les journalistes. Et comme il s’agit d’une mesure budgétaire, la discipline de parti s’applique avec toute sa force. Comme il dit, il pourrait s’opposer, dit-il, mais ses commettants devraient accepter de le voir siéger comme indépendant car l’exclusion du caucus serait la sanction automatique.

Mais à l’entendre, on se demande à quoi bon y rester. S’il ne peut faire valoir ses vues sur un projet d’une telle portée et n’arrive à être écouté que sur des questions accessoires, aussi bien retrouver sa liberté de parole.

Et dire que les conservateurs aux racines réformistes, l’aile dominante de ce gouvernement et de ce parti, disaient vouloir changer la façon de faire la politique pour permettre aux députés de représenter les vues de leurs électeurs… Il faut maintenant comprendre que ces vues ne comptent que si elles font écho au gouvernement.

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L’étau se resserre sur tout ce qui peut contredire les visées de ce gouvernement à la noix.

C’est le discours unique du parti unique de l’unique gouvernement Royal Harper de Sa Majesté la Reine du Dominion du Chef du Canada.

Les canadiens-anglais ont voté massivement pour leur fournir leur «strong and stable National majority» (C.-B. 45,5%, Alberta 66,8%, Saskatchewan 56,3%, Manitoba 53,5%, Ontario 44,4%, N.-B. 43,9%, I-P-E 41,2% et Nunavut 49,9% des suffrages exprimés)*

Et bien, les esprits manichéens les adulent et la majorité silencieuse les subit. Ça a l’air que ça fait partie de la nature humaine…

«On les élit pour qu’ils nous servent, mais ils nous asservent» (sic – c’est la faute de conjugaison qui produit l’effet, s’cusez-le)

* Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_f%C3%A9d%C3%A9rale_canadienne_de_2011

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