Quand le changement se bute au niqab

La controverse autour du niqab a été créée de toutes pièces et plantée dans le décor électoral bien avant le début de la campagne. Il ne restait à Stephen Harper qu’à attendre que la bombe explose.

Photo : Ametxa/Flickr
Photo: Ametxa/Flickr

Stephen Harper est-il en voie de remporter les élections et un quatrième mandat consécutif grâce à la controverse du niqab lors des cérémonies d’assermentation de citoyenneté? Cette question, qui semblait hypothétique il y a à peine 10 jours, doit maintenant être posée.

Une autre question, encore plus farfelue il n’y a pas si longtemps: puisque c’est au Québec que cet enjeu attise le plus les passions et fait bouger l’aiguille des sondages — ce qui permet aux conservateurs de grimper au détriment du NPD, et dans une moindre mesure, au Bloc québécois de revivre —, est-ce que les Québécois vont permettre à Stephen Harper de gouverner le Canada quatre autres années?

Tout peut se produire pendant une campagne électorale, surtout lorsqu’elle dure 78 jours. Le Parti conservateur a trouvé son «wedge issue» et mise beaucoup là-dessus, comme en témoignent ses nouvelles publicités à la radio.

Mais il se pourrait fort bien que cet effet soit temporaire, et ne soit pas déterminant le 19 octobre, au moment de compter les bulletins de vote.Politique

Pourquoi? En raison de la puissance des tendances de fond de cette élection: l’économie et le désir de changement des électeurs.

Les enjeux identitaires enflamment invariablement le débat public. Bien que légitimes, ce sont des sujets émotifs et polarisants.

Ils ne sont toutefois pas un gage de succès pour le parti politique qui enfourche ce cheval de bataille. Si c’était le cas, le Parti québécois serait encore au pouvoir avec sa charte des valeurs. C’est particulièrement vrai lorsqu’il y a une instrumentalisation du sujet à des fins électoralistes, ce que le Parti conservateur fait avec le niqab. Une controverse créée de toutes pièces et plantée dans le décor électoral bien avant le début de la campagne. Il ne restait à Stephen Harper qu’à attendre que la bombe explose. J’y reviendrai plus loin.

La charte des valeurs proposée par le Parti québécois en 2013 a monopolisé l’actualité pendant des mois. La tempête a été forte et les sondages montraient un appui majoritaire indéfectible à la mesure péquiste. Toutefois, une donnée importante passait inaperçue sondage après sondage: ce n’était pas une priorité des Québécois, malgré l’intensité du débat.

Entre 7 % et 13 % des Québécois seulement rangeaient la charte des valeurs dans leurs trois priorités (voir le sondage Léger marketing-L’actualité ici). La mesure figurait au 10e rang des priorités, loin derrière la santé, la création d’emplois, l’éducation, les tarifs d’électricité, la gestion de la dette… Même l’abolition des commissions scolaires se révélait plus importante que la charte de la laïcité.

Lors des élections du 7 avril, la charte a été emportée par deux tendances lourdes: la gestion de l’économie et la question nationale, qui a fait une entrée fracassante et inattendue après l’arrivée de Pierre Karl Péladeau dans la campagne.

Au fédéral, la gestion de l’économie est également un thème dominant, alors que le Canada est entré en récession technique lors des six premiers mois de 2015.

Un sondage Angus Reid publié le 14 septembre dernier montre que 34 % des Canadiens estiment que leur niveau de vie s’est détérioré depuis un an, alors que seulement 8 % jugent qu’il s’est amélioré. Près de 25 % des Canadiens pensent que leur situation va se détériorer dans la prochaine année, alors que seulement 12 % croient que le pire est passé. Le degré d’intervention du gouvernement dans l’économie, afin de soutenir la croissance et d’aider les familles, est un enjeu important de cette campagne.

Autre facteur majeur: malgré la remontée des conservateurs, les électeurs continuent de souhaiter massivement un nouveau gouvernement à Ottawa. Le désir de changement pourrait jouer le même rôle que la question nationale lors de la campagne au Québec: un enjeu de fond qui s’avère décisif au moment de voter. Or, les deux partis qui profitent le plus de la controverse autour du niqab, le Parti conservateur et le Bloc québécois, ne peuvent offrir un changement de pouvoir aux électeurs.

La firme Ekos montre depuis un bon moment que les Canadiens n’aiment pas la direction que prend le pays.

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Le sondage Abacus dévoilé le 28 septembre dernier situe la volonté de changement à 56 %. Une légère baisse depuis deux semaines, mais un résultat qui demeure plus élevé que les 53 % enregistrés en juillet dernier, avant le déclenchement des élections. Si on ajoute les 18 % qui affirment qu’un changement serait bien, même si ce n’est pas leur priorité, on atteint 74 %.

À peine 18 % des Canadiens souhaitent revoir Stephen Harper au pouvoir.

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La firme Nanos mesure une volonté de changement aussi forte, notamment au Québec, à 75 %.

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Abacus vient de confirmer dans un coup de sonde que le Québec est l’un des endroits où l’on souhaite les changements les plus ambitieux et rapides à la tête du Canada.

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Est-ce que les Québécois, qui semblent vouloir à ce point du changement, pourraient voter pour les conservateurs ou favoriser leur réélection le 19 octobre? Il y a un doute ici.

La controverse entourant le niqab a certainement raffermi la base conservatrice. Une portion des électeurs de Stephen Harper qui pensait s’abstenir de voter pour protester contre les agissements du premier ministre et de son entourage lors du scandale touchant le sénateur Mike Duffy est probablement de retour dans les rangs.

Mais les électeurs qui veulent du changement sont encore beaucoup plus nombreux. Ces citoyens qui reprochent au gouvernement conservateur une panoplie de griefs après 10 ans au pouvoir — sa gestion de l’environnement, la modification de l’âge de la retraite, la réforme de l’assurance-emploi, le musellement de la science et des scientifiques, l’abus de pouvoir au bureau du premier ministre, les scandales au Sénat, le déséquilibre entre la lutte au terrorisme et le respect des droits individuels, etc. — vont-ils se ranger du côté de Stephen Harper en raison du port d’un niqab lors d’une cérémonie de citoyenneté, un fait qui touche une poignée de femmes par année? (Selon le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration, depuis 2011, seulement deux femmes auraient refusé d’enlever leur niqab pour prêter serment.)

Ou alors, dans trois semaines, au moment de voter, alors que le sujet ne sera plus dominant dans les nouvelles, chercheront-ils un champion anti-Harper pour le déloger, quitte à se pincer le nez et voter pour un parti qui n’est pas leur premier choix (que ce soit le PLC ou le NPD), mais qui peut offrir ce changement?

Une controverse fabriquée de toutes pièces

Il est aussi possible que l’instrumentalisation du niqab à des fins électorales finisse par rattraper les conservateurs. En fin de semaine, le candidat conservateur et ancien député provincial Gérard Deltell a soutenu que son parti n’avait pas prévu faire du niqab un enjeu électoral. «Ce n’est pas un enjeu électoral qui est tombé ou qui a été télécommandé par un parti politique, a-t-il dit en entrevue avec la Presse Canadienne. Ce qui a fait que c’est tombé dans l’actualité, c’est la Cour d’appel fédérale.»

Bien essayé, mais c’est faux. Même la porte-parole du Parti conservateur, Catherine Loubier, a eu la franchise de le reconnaître: les intentions du parti étaient bien établies.

Toute cette histoire a été planifiée pour faire du bruit en campagne électorale, alors que si le gouvernement avait été sérieux sur le port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté, il aurait pu régler ce dossier en quelques minutes il y a plusieurs mois.

L’affaire remonte à 2011, lorsque le ministre de l’Immigration et de la Citoyenneté, Jason Kenney, lance une directive ministérielle afin d’empêcher une femme immigrante ou réfugiée de prononcer son serment de citoyenneté canadienne en portant le niqab — un voile qui cache tout le visage sauf les yeux. Il affirme qu’une nouvelle citoyenne doit le faire à visage découvert pour respecter les valeurs canadiennes.

Une Torontoise d’origine pakistanaise, Zunera Ishaq, est au centre de la plainte. Elle a immigré en 2008 et a passé son examen de citoyenneté en 2013. Quand elle apprend qu’elle devra retirer son voile lors de la cérémonie, elle décide de ne pas y participer et s’adresse aux tribunaux en janvier 2014. Elle plaide que la liberté de religion, garantie par la Charte canadienne des droits et libertés, devrait lui permettre de prêter serment en portant le niqab.

Précision: il est uniquement question de la cérémonie protocolaire devant la famille et les amis, puisqu’il est déjà obligatoire de se dévoiler le visage lors de l’assermentation officielle, à la signature des documents qui octroient la citoyenneté, quelques minutes auparavant.

Le 6 février 2015, le juge de la Cour fédérale Keith Boswell rabroue le gouvernement, mais il refuse de statuer sur le bien-fondé des arguments. Il n’aborde pas la Charte des droits. Il ne donne pas raison ou tort à la plaignante. Il rend un jugement technique.

Dans son jugement, il explique simplement que le gouvernement fédéral a erré et que Jason Kenney a mal fait son travail en donnant une directive ministérielle qui interdit le port du niqab, puisque cette directive est en contradiction avec un règlement de la loi qui donne pleine latitude au juge d’assermentation dans la conduite de la cérémonie. Plus encore, la loi encourage le juge de citoyenneté à laisser une grande place à l’expression des croyances des nouveaux citoyens.

Or, une directive ministérielle n’a pas le même poids qu’un règlement en bonne et due forme. Le règlement a préséance. Le juge Boswell renvoie le gouvernement à ses devoirs et lui demande de travailler dans les règles de l’art.

Si le gouvernement veut interdire le port du niqab lors des cérémonies, il n’a qu’à modifier le règlement dans la loi et ce sera réglé. Il pourrait le faire en quelques minutes, par décret du conseil des ministres. Les juristes du ministère de la Justice pourraient préparer le nouveau règlement et hop! on passerait à autre chose. Ça ne veut pas dire qu’une autre plainte en vertu de la Charte des droits ne serait pas un jour déposée pour un cas similaire, mais l’assise juridique serait alors plus solide pour plaider la cause.

Le gouvernement conservateur a-t-il tenté de régler ce problème qui lui tient à cœur au nom des valeurs canadiennes? Non, il a plutôt porté la cause en appel, même s’il avait toutes les chances de se faire battre de nouveau parce que le fonctionnement des lois est clair: une directive est inférieure à un règlement.

Jason Kenney le savait. Stephen Harper aussi. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a déposé un projet de loi afin d’interdire le port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté… le dernier jour de la session parlementaire, en juin. Le pays se préparait alors à des élections, et le projet de loi n’avait aucune chance d’être adopté. Mais le Parti conservateur tenait son arme électorale. Le jugement de la Cour d’appel fédérale serait rendu pendant les élections, et lorsqu’il serait annoncé que le gouvernement perdait de nouveau, il brandirait son projet de loi.

Le 15 septembre, le Parti conservateur était prêt au jugement, qui ne faisait aucun doute. Quand les juges de la Cour d’appel fédérale ont rendu leur décision sur le banc, sans même délibérer parce que le verdict était évident, le parti a annoncé son intention de légiférer dans les 100 premiers jours d’un nouveau mandat, et a déclaré qu’il porterait le jugement en appel à la Cour suprême. Le Bloc québécois, faisant fi des faits dans cette cause, a aussi demandé au gouvernement d’aller en Cour suprême.

Or, étant donné que la Cour d’appel fédérale ne se prononce pas davantage sur le fond de cette histoire ou sur la Charte, mais qu’elle insiste plutôt sur la technicité juridique d’une directive par rapport à un règlement, il y a fort à parier que la Cour suprême refusera d’entendre l’appel du gouvernement. C’est de l’esbroufe de campagne électorale.

Pourquoi le gouvernement conservateur n’a-t-il pas pris quelques minutes pour changer le règlement lorsqu’il est devenu clair que la directive ministérielle était insuffisante? D’abord pour créer une controverse émotive en pleine campagne électorale. Visiblement, le Parti conservateur était prêt et le succès est au rendez-vous.

Ensuite, parce que s’il avait modifié le règlement, le Parti conservateur serait entré tout juste avant les élections dans une zone grise qui aurait pu ne pas plaire à sa base religieuse et à certaines communautés ethniques qu’il courtise. En retirant au juge d’assermentation la gestion du décorum de la cérémonie et en réécrivant un règlement qui modérerait l’expression des croyances des nouveaux citoyens, il serait alors plus difficile à un nouveau Canadien de se présenter avec une bible à la main ou un habit de prêtre, ou encore avec un turban ou une kippa sur la tête.

Dans ce domaine, le Parti conservateur a des principes variables. Il est contre le port du niqab lors des cérémonies protocolaires de citoyenneté parce que ce voile relève d’une «culture anti-femme», comme l’a soutenu Stephen Harper cet hiver. Une telle culture rétrograde peut toutefois s’exprimer sans problème dans la fonction publique fédérale, puisque le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, affirme n’avoir aucun problème à ce qu’une fonctionnaire porte le niqab pour servir les citoyens ou qu’une citoyenne le porte pour obtenir les services du gouvernement…

Dans sa chronique publiée dans Le Devoir, Manon Cornellier raconte que le gouvernement conservateur était plus pressé de commander un sondage sur le sujet, afin de savoir comment l’exploiter, que de régler cet enjeu.

* * *

En terminant, plusieurs citoyens promettent d’aller voter masqué ou le visage voilé le 19 octobre afin de protester contre le niqab et le droit de voter à visage couvert au fédéral. Le Bloc québécois ne s’est pas fait prier (excusez le jeu de mots) pour sauter dans ce train, comme en 2011, lorsque cet enjeu avait fait son apparition.

C’est mal comprendre notre système électoral. Au Canada, une pièce d’identité suffit pour voter au bureau de scrutin, et il n’est pas obligatoire de le faire à visage découvert. Pourquoi? Ce n’est pas une question de croyance religieuse, mais de cohérence dans l’application de la loi.

Au niveau fédéral, il est même possible de voter par la poste. Les citoyens qui vivent en régions éloignées, les expatriés ou les paresseux n’ont pas à se rendre dans un bureau de vote. Ils peuvent se prononcer de la maison. L’objectif est d’encourager la participation. Assis chez vous, il est possible de voter dans l’accoutrement de votre choix: burqa, masque de gardien de but, costume de clown, cagoule de voleur… La vérification de l’identité se fait avec un document officiel, pas avec la reconnaissance du visage. Il serait donc incongru d’exiger davantage à ceux qui se déplacent dans un bureau de vote. C’est aussi simple que ça. À moins qu’on cherche à attiser la tension pour remporter des votes en pleine élection… ou qu’on interdise le vote par la poste.

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J’avais accroché sur cette phrase : « C’est particulièrement vrai lorsqu’il y a une instrumentalisation du sujet à des fins électoralistes, ce que le Parti conservateur fait avec le niqab. » Et tout le reste de votre texte va dans le sens de ma réflexion, un parti politique qui instrumentalise un sujet à des électorale, oh làlà que c’est pas beau, mais que des journalistes instrumentalise des sujets à des fins électorales, ça c’est correct. Des exemples : mike Duffy qu’on a a couvert comme si les conservateurs avaient effectué un génocide. La récession, ah! ah! La récession, imaginez une récession qui crée des emplois et qui permet au gouvernement fédéral de continuer d’engrenger des surplus. Le petit Aylan. La photo que plusieurs médias ont instrumentalisé. Que disait Lysianne Gagnon récemment : « Confronté à deux partis de l’opposition qui s’arrachent la même clientèle et à l’hostilité à peine déguisée de nombreux médias, le Parti conservateur reste quand même bien en selle. » Je recite « l’hostilité à peine déguisé de nombreux médias ». Non, l’hostilité des médias n’est pas à peine déguisé, elle travaille a visage découvert et sans subtilité.

http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/lysiane-gagnon/201509/21/01-4902590-chaude-chaude-la-campagne.php

…et que dire de « l’austérité » au Québec où on a affaire à un gouvernement qui dépense toujours PLUS que l’année précédente!!!

Les journaleux perdent de plus en plus de crédibilité.

On a couverr le cas de Duffy parce que Duffy était une personalité médiatique, et l’était bien avant qu’il devienne sénateur. Les conservateurs, et le PM, savaient bien qu’ils plaçaient au sénat une personne qui ferait parler de lui – c’est pour cela qu’ils l’ont choisit. Pourquoi blâmer les médias ? Les conservateurs n’ont qu’à nommer des personnes moins médiatisées. Pas besoin d’être une vedette de télé pour être sénateur. .Ce qui est arrivé avec Duffy était aussi prévisible, et prévu, que le déroulement de cette affaire du niqab en pleine campagne.

C’e

Ben oui, quand ça fait votre affaire on critique les médias et on oublie de parler du fond du problème! Votre commentaire confirme éloquemment qu’il s’agissait d’une tactique prévue à l’avance pour aller chercher des votes. D’ailleurs n’importe quel juriste informé abonderait dans le sens de M. Castonguay (et des tribunaux) sur la préséance d’un règlement sur une directive ministérielle – même les avocats du ministère de la Justice savent ça sauf qu’ici ils avaient une « commande » politique.

Lorsque je relève que certains canadiens qui ne vivent pas au Québec profitent de cette affaire du niqab pour s’adonner à leur sport préféré en l’occurrence le « Kouébek bashing », je dois dire que ce genre de propos font carrément insulte à mon intelligence.

J’en conclus que quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, la majorité des canadiens n’est pas prête pour le changement ou ont une vision très romantique du changement, lorsque ni Tom Mulcair, ni Justin Trudeau n’incarnent le changement, alors qu’ils évitent soigneusement de monter au créneau pour prendre la défense des québécoises et des québécois qui comme moi-même s’expriment en toute conscience et librement. Expriment une sensibilité différente que j’estime agréable pour le Canada.

Au terme de l’exercice, ce qui m’ennuie ce n’est pas cette histoire anecdotique, d’une ressortissante d’origine pakistanaise qui fait de la « résistance vestimentaire », c’est la manière dont le ROC se sert de cela pour casser du sucre sur les québécois. Ce qui équivaut à dire que le québécois et une « race inférieure » et que s’il faut choisir entre l’islam radical et ces grenouilles de québécois. Le canadien moyen préfère encore l’islam radical et la dictature de l’EI aux « F…g grenouilles » !

— La volonté de changement où la voyez-vous dont ?

Désolé, rien à voir dans ce débat avec la Charte des valeurs du Parti Québécois ou quel qu’enjeu identitaire typiquement québécois. Cela met le doigt sur le mal canadien. Un pays bien trop grand pour développer un sentiment de partage et d’appartenance commune. Un pays ou l’égotisme fait loi.

Ce qui est choquant, c’est que le PLC, le NPD et le Parti Vert volent au secours d’une pakistanaise qui selon moi souffre de diverses affections qui relèveraient plutôt d’un bon soutien psychologique que du droit commun ; quand on ne trouve personne au NPD ou au PLC pour voler à notre secours ! Pour mettre en garde les canadiens que le Québec jusqu’à nouvel ordre, c’est toujours le Canada. Personne ! Calme plat, mutisme de circonstance et silence radio ! Nous ne faisons plus partie du débat.

Seuls Stephen Harper et Gilles Duceppes ont des mots qui dans ce cas chantent à mes oreilles.

Quant à moi, je n’ai aucun problème à vivre 4 années de plus avec les Conservateurs. Des lois comme la loi C-51 par exemple, ces lois ne me touchent pas le moins du monde. Je n’ai absolument rien à me reprocher, je suis un citoyen modèle et mes droits constitutionnels ne sont nullement bafoués. Zunera Ishaq devrait plutôt prendre exemple sur moi.

Cela ne me dérange en aucun lieu qu’il y ait un Bloc québécois plus fort à Ottawa. J’y vois même une certaine santé démocratique. Si je souhaitais le changement, c’était pour le bien de mes concitoyens, tous les concitoyens de l’île de Terre-Neuve jusqu’à celle de Vancouver… Ce n’était pas pour mon bien à moi, égoïstement comme c’est le cas pour un nombre certains de canadiennes et de canadiens.

De plus, l’analyse des propositions du PLC comme celles du NPD démontre qu’elles ne feront pas avancer d’un pouce le Canada, car elles sont pour la plupart trop timorées et toutes ont des fins purement électoralistes. Aucune audace chez Justin Trudeau et sous la couenne progressiste d’un Tom Mulcair on trouve un esprit étroit encore pétri d’une touche de conservatisme désuet. Pas un homme de gauche, un social-démocrate de la trempe d’un Alexis Tsypras notamment ! Sans doute pas le digne successeur de Jack Layton.

Le 19 octobre prochain, les canadiens s’apercevront sans doute, qu’une simple émigrante d’origine pakistanaise aura su à elle seule changer par un simple appareil vestimentaires (et non un signe religieux) le destin d’un pays qui s’appelle Canada. À cet effet, j’aimerais bien savoir qui a pu financer ses frais de Cour. Car la justice (pour tous) n’est pas spécialement bon marché (surtout en Appel) dans ce pays ; je serais bien étonné qu’il existe de telles facilités au Pakistan.

De plus autant que je sache, la photo sur la pièce d’identité sert également à vous identifier. Il faut donc lors de l’identification être démasqué.

— Pour finir dans la joie, voici ma chanson :

Bye bye Tom, bye bye Justin, bye bye love, bye bye happiness, be proud to be canadians as I am…. But do not count on me anyhow, anywhere, anyway, anymore, anytime! Don’t miss to keep always high the niqab everywhere!

Justement non, Monsieur Drouginsky, la photo sur la pièce d’identité ne sert pas à vous identifier. Elle sert à confirmer que vous vivez à l’adresse qui y est inscrite.

Notez que la carte d’information de l’électeur, que vous devriez avoir recue, est adressée à Drouginsky, Serge, OU A L’ELECTEUR, qui vit à une adresse qui est inscrite dans un poll décrit à l’endos ainsi et le lieu où vous devrez voter le jour de l’élection.

Les Canadiens n’ont pas le droit de voter dans le district électoral de leur choix, seulement dans celui pour lequel ils peuvent fournir des preuves documentaires confirmant le lieu de résidence.
C’est le lien entre le nom de l’électeur et une adresse précise qui est située dans un district électoral qui doit être établi pour voter.

J’irai voter, comme je l’ai fait par le passé, avec un état de compte de ma banque et un compte d’hydro, clairement à mon nom et à mon adresse, deux documents qui n’ont pas ma photo. Je pourrais donc voter avec un masque et ne pas avoir à le retirer, ou voter par la poste, selon les règles. Je ne le ferai pas parce que celà ne servirait qu’à démontrer que ce processus est non seulement légal mais tout à fait sécuritaire pour s’assurer de la légitimité de mon droit de vote dans un district électoral précis.

@ Violetta Valery,

Je ne dis pas que vous n’avez pas raison et peut-être je confonds avec les élections municipales et provinciales. Toujours est-il que les dernières fois que je suis allé voté, le scrutateur m’a demandé de produire une pièce d’identité avec photo (permis de conduire ou passeport), j’imagine qu’il voulait bien s’enquérir du fait que ma face correspondait.

S’agissait-il d’un abus de pourvoir ? Je devrais peut-être aller en Cout pour le savoir ???

Mais je prends en bonne note ce que vous écrivez. Le 19 octobre je prendrai mon état de compte d’Hydro et on verra bien ce qu’on me dira. Merci pour cette information précieuse.

Vous devriez surtout prendre note sur le site d’Élections Canada de la liste des documents qu’on peut utiliser pour prouver votre identité et votre adresse :

http://www.elections.ca/content2.aspx?section=id&document=index&lang=f

Notez que si vous choisissez comme moi de ne pas utiliser un permis de conduire, ou autre document avec votre photo, vous devrez présenter deux documents, par exemple, un état de compte bancaire et une facture d’un service public.

Si le scrutateur n’aurait qu’à établir que la photo doit correspondre au visage de l’électeur devant lui, l’électeur pourrait se présenter dans 50 polls dans une seule journée, parce que chaque scrutateur pourrait établir que votre photo est bien celle de votre face.

Au Canada, vous devez prouver que vous vivez dans le district électoral où vous vous présenter pour voter. La première chose que le scrutateur vous demandera est votre adresse. Ce sont les preuves d’adresse qui comptent, pas l’identification du visage. Évidemment que ni le scrutateur, ni vos voisins n’ont le droit de vous regarder pendant que vous votez. Nous votons tous le visage caché, par un paravent.

Ouf, que d’affirmations gratuites et non fondées dans ce commentaire. D’abord s’il est vrai que le ROC comme vous le dites voit cette question d’une manière différente de la vôtre c’est qu’on est capable de voir qu’il s’agit d’un épouvantail électoral pour provoquer une situation de clivage et récolter les quelques votes de plus qu’ils ont besoin pour former le prochain gouvernement. Vous avec la couenne sensible mais on ne peut blâmer le ROC de juger la situation québécoise un peu ridicule, surtout quand on parle de 2 cas rapportés. Andrew Coyne résumait la situation assez simplement dans le National Post et reflétait assez bien la perception du ROC sur cette affaire – on ne comprend pas que d’une part on monte aux barricades contre une femme qui veut porter le niqab à une cérémonie strictement protocolaire et d’autre part l’Assemblée nationale vote unanimement contre l’islamophobie… pas facile à suivre.

Ce n’est pas Mme Zuneda (celle que vous appelez la ressortissante pakistanaise) qui change la donne dans la campagne électorale – ça s’est passé il y a quelques années et l’affaire est devant les tribunaux – mais c’est bien le PCC qui surfe sur une vague qui frise la xénophobie et un certain déficit de tolérance. Que le ROC soit moins sensible (à peine 2% des gens trouvent cette question importante pour l’élection dans le ROC) ne fait pas de doute mais le vote québécois risque de torpiller les efforts de changements du ROC. Ah oui, et en passant, le ROC compte aussi plus de 1 million de francophones qui eux aussi regardent ce dérapage québécois et trouvent ça ridicule dans le contexte des défis que devra faire face le Canada face à l’ineptie de l’administration Harper.

Je voudrais vous féliciter M. Castonguay. Belle analyse. Je vous suis depuis que vous étiez au Cooperator, j’étais à Winnipeg dans le temps. Merci. On continue.

Un seul message est clair, celui de la population qui souhaite une réglementation à propos du niqab. Prévue ou non l’intention de vote pour Stephen Harper a augmenté avec sa position contre le niqab. Tous les problèmes de l’Europe avec les islamistes n’existent pas aux yeux de nos autres candidats qui vont jusqu’à porter voile et chapeau blanc pour aller chercher des votes. Allons-nous voter pour ces gens qui ont déjà si peu d’écoute et de respect envers la population canadienne ? Faire entrer sans vérification des milliers de migrants tel que le propose Justin Trudeau ? Que penser de Mulcair quand il dénigre ses candidats qui ne partagent pas sa ligne de conduite ? N’est-ce pas de la dictature avant même d’être élu ? Est-ce que réélire Harper ne servirait pas le Québec quand viendra le temps de se prononcer pour un Québec indépendant ?

Au lieu de blâmer Stephen Harper pour avoir tendu un piège à Mulcair, pourquoi ne blâmons-nous pas Mulcair pour avoir choisi de sauter à pieds joints dans ce piège? Si ce dernier avait simplement gardé le contact avec la réalité et dit ce qui semble être l’évidence pour à peu près tout le monde : « Ici, nous prêtons serment et nous votons à visage découvert », il n’y aurait pas eu d’enjeu électoral là-dessus. Les seules personnes qui agissent pour que les électeurs soient obligés de se prononcer pour ou contre le niqab le 19 octobre sont celles qui défient 93 % des Québécois et 100 % des députés de l’Assemblée nationale : Thomas Mulcair et Justin Trudeau.

Vous devriez lire l’article – il n’est pas question du vote à visage découvert. L’AN a voté CONTRE l’islamophobie…

P. S. Il faut une raison pour voter par la poste : être à l’extérieur du pays ou être malade ou incapable de se déplacer. Il est loin d’être certain que la population soit prête à accepter que des convictions religieuses poussées à leur extrême puissent être placées sur le même pied que ces situations.

« Si vous êtes absent de votre circonscription ou si cela est plus pratique, vous pouvez voter par la poste ».

http://www.elections.ca/content2.aspx?section=vote&document=index&lang=f#mail

Nul besoin de raisons précises pour voter par la poste. Si vous trouvez cela plus pratique de voter par la poste, vous n’avez qu’à demander un formulaire. Vous n’avez pas à justifier les raisons de votre demande au gouvernement.

P.S. Ce n’est pas Mulcair ou Trudeau que M. Harper a voulu piéger, mais vous et moi. Pourquoi choisir de sauter à pieds joints dans ce piège ?

Je trouve particulièrement odieux votre appel aux québécois de ne pas contribuer à la ré-élection du parti conservateur d’autant plus que les résultats obtenus par le NPD est en grande partie fondé sur l’appui d’un bon nombre d’indépendantistes et vous leurs demandez de sauvez le Canada! Faut le faire.

Quand toutes les femmes du Canada porteront le niqab (vu le prosélytisme musulman d’une part et de l’autre la complaisance de ceux qui ne le sont pas, on finira bien par y arriver), le Canada sera-t-il toujours le Canada ou bien une annexe de l’Arabie saoudite ?…

Je rêve d’une société plus égalitaire, centrée sur l’habilitation des individus plutôt que la préservation et l’agrandissement des privilèges ou du bien-être de quelques-uns, fussent-ils plus utiles à la société. Je voudrais que nos gouvernements trouvent un meilleur équilibre entre l’impartialité scientifique et la recherche du consensus. Je souhaite une société où l’intelligence supérieure, la passion d’agir et l’idéalisme seraient plus largement mobilisés, en mettant fortement en concurrence les idées, les volontés et les talents. Au plan international, je voudrais que mon pays s’engage plus avant dans l’entraide et l’échange des idées, des personnes et des biens. Je rêve donc d’une démocratie libérale et progressiste.

Mais voilà que je me retrouve dans un débat usé jusqu’à la corde, celui du niqab, où deux partis tentent hypocritement de paraître « justes » en faisant la guerre aux juges, qui n’en méritaient pas tant. Duceppe et Harper mènent le même combat, également populistes et primaires l’un et l’autre. D’ailleurs, ils ont besoin l’un de l’autre: dans la mesure où le Bloc divisera le vote des québécois, les conservateurs en profiteront. Les souverainistes ont besoin de Harpe(u)r comme l’éolienne a besoin du vent. Tom(Thomas) Mulcair de son côté, patine entre le centre, la gauche et la droite, comme une girouette. Du vent, tout cela.

Le seul à prendre de la hauteur (de même qu’une certaine distance avec le débat idiot qu’est celui sur le niqab), c’est Trudeau. Je me surprends moi-même, mais après avoir boudé pendant des décennies le parti libéral, je voterai pour celui-ci.

Je crois qu’on va beaucoup trop loin en permettant de voter par la poste sous prétexte de favoriser une plus grande participation. Voter est le seul vrai pouvoir que possède les citoyens afin de faire avancer les choses dans notre société et en ce sens ce geste mérite le plus grand des respects et ne doit pas être banalisé par des règlements trop permissifs. Voter est un geste qui doit se faire en public. C’est important d’aller voter …. ne serait-ce que pour ne pas que quelqu’un d’autre le fasse à notre place! Lors d’une des dernière élection provincial mon nom avait été barré. Pour retrouver mon droit de vote il a fallu que je montre ma carte d’électeur. Beaucoup de gens sont morts pour qu’aujourd’hui nous aillons le droit de choisir ceux qui nous dirigent. Par respect de tous ces gens il ne faut pas banaliser ce geste d’une importance cruciale en démocratie.