Quand nos élus s’achètent nos votes avec notre argent

Une série de vidéos montrent le ministre de l’Emploi et du Développement social, Pierre Poilievre, vantant les politiques les plus aguichantes de son gouvernement. L’une d’entre elles a été tournée un dimanche par des fonctionnaires qui faisaient du temps supplémentaire.

PolitiqueLa campagne électorale officieuse bat son plein, et il semble que les contribuables sont déjà mis à contribution. Les partis fédéraux vont s’en défendre, c’est sûr  et le gouvernement en particulier , mais ça commence à manquer sérieusement de subtilités.

Prenez ces vidéos du ministre de l’Emploi et du Développement social, Pierre Poilievre, qui le montrent vantant les politiques les plus aguichantes de son gouvernement.

L’une d’elles a été tournée un dimanche par des fonctionnaires qui faisaient du temps supplémentaire, pour être mise sur YouTube par le ministère. On le voit à une manifestation familiale dans sa circonscription, en train de distribuer des dépliants expliquant des mesures du dernier budget qui n’ont pas encore été adoptées.

Si la loi ontarienne interdisant la publicité gouvernementale à saveur partisane était en vigueur à Ottawa, cette vidéo n’aurait jamais vu le jour, aux dires mêmes de la vérificatrice générale de la province.

Pierre Poilievre ne s’en excuse pas, au contraire. Sur son compte Twitter, il a fièrement invité les gens à aller voir une autre des vidéos dont tout le monde parle.

Selon lui, il n’a fait qu’utiliser des moyens innovateurs pour faire connaître la nouvelle prestation pour garde d’enfant. Sauf qu’il vend son chef et, bien sûr, la prestation, alors que cette dernière attend encore l’approbation du Parlement.

Même la Fédération canadienne des contribuables dénonce ces «vanity vidéos», qui sont, selon elle, de la publicité partisane déguisée en publicité gouvernementale.

Pierre Poilievre n’est pas le seul. En fait, il prend exemple sur son chef, Stephen Harper. Depuis des mois, une équipe de vidéastes suit le premier ministre à la trace pour produire chaque semaine une vidéo qui est mise sur son site officiel. Intitulée 24/sept, elle résume la semaine de M. Harper tout en le mettant en valeur. À nos frais, encore, et sans grand résultat.

C’est d’ailleurs en produisant la vidéo résumant son voyage éclair en Irak que son bureau a enfreint les règles de sécurité de la Défense, qui interdisent de montrer les visages des soldats déployés à l’étranger. Mais des visages brouillés, ça a moins d’effet. Pris en défaut, le gouvernement a d’abord affirmé avoir l’accord de la Défense pour ensuite retirer les images controversées.

Avant même le dépôt du budget, le gouvernement avait prévu 13,5 millions pour mousser le plan économique des conservateurs, en particulier durant les séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey. Cette somme représente plus du double des fonds alloués à la promotion du budget lors des années précédentes. Mais ce n’était pas des années électorales !

Il faut ajouter à tout cela les voyages du premier ministre, Stephen Harper  qu’on voit de moins en moins à la période des questions, mais de plus en plus à travers le pays. Il multiplie les annonces pour, presque toujours, aller s’adresser ensuite à un auditoire partisan. Même chose pour plusieurs ministres.

Les chefs des partis d’opposition ne sont pas en reste. Eux aussi font coïncider — quand ils le peuvent — affaires parlementaires et activités partisanes, ce qui permet d’alléger la facture du parti.

Mais les conservateurs sont champions à ce petit jeu. En fin de journée, jeudi dernier, la tribune de la presse parlementaire avait reçu plus de 20 avis d’événements différents qui devaient se tenir vendredi partout au pays, et où au moins un parlementaire conservateur serait présent, chaque fois au nom du gouvernement. Donc, à nos frais.

Ce n’est pas près de s’arrêter. Le gouvernement s’est gardé des munitions jusqu’à la veille des élections grâce, entre autres, au fonds pour la réfection d’infrastructures en vue du 150e anniversaire de la Confédération.

On a prévu 150 millions de dollars sur deux ans. Mais voilà qu’on est pressé, sous prétexte que tout doit être complété pour 2017. Les échéances pour présenter les projets aux agences de développement régional, qui gèrent le programme, sont donc très serrées. Fin juin au Québec, 9 juin en Ontario.

Puis, sous prétexte, encore, d’être pressé par le temps, on n’a même pas essayé de s’entendre avec Québec pour permettre aux municipalités d’en bénéficier. Québec protège jalousement sa juridiction exclusive sur les affaires municipales et exige toujours que l’argent fédéral transige par le gouvernement provincial. L’absence d’entente veut dire que les fonds réservés au Québec n’iront qu’à des organismes communautaires et sans but lucratif.

Cela veut dire aussi que les chèques seront distribués par le fédéral ou, plutôt, par des élus conservateurs. Et comme par hasard, plusieurs agences régionales promettent des réponses dans les 90 jours. Juste à temps, donc, pour permettre aux conservateurs de se pavaner devant les caméras avant les élections.

Ce n’est pas tout. Il y a cette fameuse prestation pour garde d’enfant, que le budget a bonifiée et étendue à tous les enfants de moins de 18 ans. Oui, oui, y compris votre grand ado de 17 ans.

Ainsi, toutes les familles avec des enfants de moins de 18 ans à la maison recevront 60 dollars de plus par mois, par enfant. En quoi cela sert-il les conservateurs ? Voici l’astuce.

La prestation est rétroactive à janvier dernier, mais n’entrera en vigueur qu’une fois le budget adopté. Alors, le versement des prestations des six premiers mois de l’année aura lieu en même temps que le versement de juillet prochain.

Toutes les familles recevront donc un beau gros chèque de 420 dollars par enfant (imposable, n’oubliez pas), quelques semaines avant le début de la campagne électorale.

Après cela, on essaie de nous faire croire qu’on ne tente pas de nous acheter avec notre propre argent et qu’on devrait être reconnaissant.

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Il y en a qui prennent plus de temps que d’autres à comprendre…

Ça fait longtemps que les lucides de la droite ont compris le petit stratagème des gauchistes qui consiste à remplir les poches de l’État au détriment des travailleurs (les VRAIS, pas les fonfons!) pour que celui-ci l’engloutisse dans des projets strictement dévolus à acheter des votes et ainsi à perpétuer un système qui n’avantage qu’eux-mêmes.

Pas pour rien que les gens éclairés veulent RÉDUIRE le rôle de l’État.

J’aimerais vous faire savoir que Pierre Poilievre est membre du parti conservateur du Canada. Un peu loin des « gauchistes » que vous mentionnez dans votre délire.

Ai-je mentionné quelque part que mon commentaire s’adressait à l’auteur de cet article?

François 1 qui traite le Parti conservateur du Canada de gauchistes, je pensais avoir tout vu avec ce triste personnage!

Ai-je mentionné quelque part que mon commentaire s’adressait à l’auteur de cet article?

Bah,

Même si cette loi existait au niveau fédéral, les conservateurs s’essuiraient les pieds dessus. Peur eux, les lois ne sont brandies que lorsque ça sert le dessein du parti et de son petit control freak.

Les idéologues voient le monde en noir et blanc et ce qu’ils dénonçaient avec raison avant de former le gouvernement, eh bien ils le font allègrement et même au centuple maintenant et c’est bien correct pour eux car ils ont toujours raison et sont guidés par la main de Dieu. Ils critiquaient les dépenses exagérées des libéraux, surtout en publicité, et ils en dépensent maintenant beaucoup plus, plus que tout gouvernement précédent… Ils critiquaient le sénat et regardez ce qu’ils en ont fait, un nid de patronage autant que les gouvernements précédents. Et j’en passe.

Ils s’attaquent à la fonction publique, comme leurs prédécesseurs, en pensant que ça va plaire à l’électorat mais après des vagues de coupures, il y a des services essentiels qu’une société moderne, développée, a besoin mais ces services ont été saccagés par ces idéologues pour plaire à leur base. Par exemple, on a coupé le nombre d’inspecteurs des aliiments, se fiant que l’industrie pouvait s’auto réguler et nous avons fait face à des crises sans précédent où la santé publique a été mise en péril. Autre exemple, ils ont coupé dans les postes de la garde-côtière, en particulier sur la côte ouest, avec des résultats mettant encore en danger la santé et la sécurité des gens: récemment il y a eu un déversement de prétrole et la réaction a été indigne d’un pays développé et on a mis plusieurs heures à prévenir la ville de Vancouver ou encore le système de communication maintenant centralisé à Victoria est tombé en panne pendant la grande fin de semaine de mai et les embarcations dans une des régions les plus achalandées en matière de navigation en mer ont été incommunicado pendant quelque jours…

Grâce à ces coupures, ils peuvent se payer de la pub à nos frais, dépensant notre argent comme des soulons! Ça c’est facile à comprendre… pour ceux qui sont encore intéressés à comprendre!

Je me demande comment ça se fait qu’on a pas encore compris qu’il vaudrait mieux pour le Québec de se séparer de ce Canada qui a de moins en moins à voir avec nous.

Maintenant François, Pierre et Guillaume vous avez laissez votre venin sur le parti Conservateur celui qui a géré le mieux depuis tellement d’années je suppose que les partis Libéral et le NPD d’après vous ne font pas de publicité, bien renseignez-vous regarder la TV ils en profitent avant qu’ils soient obligé de payer Il y a tellement de publicité du NPD que……….. A VOUS.

Les conservateurs ne gèrent pas bien le pays. Ce n’est pas parce qu’ils le disent (ad nauseam) que c’est vrai…

De plus, vous êtes passé à côté. Relisez le titre:
«Quand nos élus s’achètent nos votes avec notre argent»

Je vais faire la travail pour vous en vous pointant les mots clés:
«…avec notre argent»

Vous avez compris là?

Bonne journée,

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