Québec, paradis des chasses gardées

Il va sans dire que certains métiers et professions doivent faire l’objet d’une réglementation rigoureuse. Trop souvent, par contre, les restrictions ne font que protéger les intérêts particuliers de certains groupes, sans avancer l’intérêt commun. 

Photo: Scott Halleran/Getty Images
Photo : Scott Halleran/Getty Images

PolitiqueIl y a deux semaines, quelques personnes se sont indignées en apprenant que les sœurs Dufour-Lapointe, portées aux nues pour leurs exploits sportifs à Sotchi, participeraient au doublage de Les avions : les pompiers du ciel, le dernier dessin animé de Disney.

Il n’en fallait pas plus pour qu’éclate un de ces microscandales dont le Québec semble avoir le secret : de quel droit ces athlètes viennent-elles jouer dans des plates-bandes qui «appartiennent aux comédiens» ?

Aux yeux d’une certaine clique, non seulement les sportifs sont-ils réputés sans talent, mais — surtout — ils n’auraient pas d’affaire à s’approprier des cachets qui «appartiennent» aux comédiens certifiés.

«Verrait-on un comédien se pointer aux Olympiques ou jouer pour le Canadien de Montréal ?», demandait-on avec sarcasme.

(La question était mal choisie. Si un comédien réalisait les performances nécessaires pour se qualifier au sein de l’équipe nationale de ski, de natation ou d’athlétisme, il irait aux Olympiques. De même, pour se tailler une place dans la LNH, la provenance d’un joueur n’a aucune importance, pas plus que son rang au repêchage, ou même le fait d’avoir été ignoré par les recruteurs. Ce qui compte, c’est sa capacité à livrer la marchandise, peu importe sa formation ou ses certifications préalables.)

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Au bout du compte, l’affaire des soeurs Dufour-Lapointe n’aura été qu’une tempête dans un verre d’eau. L’incident s’ajoute toutefois à une longue liste de combats, gagnés ou perdus, pour le maintien ou l’instauration de chasses gardées au Québec.

Toujours dans le milieu culturel, plusieurs se souviendront de la sortie de Christian Bégin d’il y a dix ans. Il s’agissait alors d’empêcher des gens — une gagnante de Star Académie, en l’occurrence — d’obtenir des rôles au cinéma, sous prétexte que ceux-ci devraient être exclusivement réservés aux comédiens en bonne et due forme. Il aurait visiblement fallu cloisonner les métiers, limiter l’accès, et que chacun reste à sa place.

Plus récemment, on a vu une tentative semblable dans le monde du journalisme. Face à la menace posée par l’essor du Web et des nouvelles voix qu’il a fait éclore, certains ont cherché à réglementer l’accès à la profession au moyen d’un mélange de certifications et de subventions. Sous le couvert de la protection du public, on cherchait évidemment à protéger les intérêts économiques des journalistes des inquiétudes (par ailleurs légitimes) suscitées par le profond bouleversement de l’industrie médiatique. La tentative a échoué, heureusement.

Depuis deux ans, le même genre de logique est apparu dans le contexte de la restauration de rue à Montréal. Horrifiés de voir apparaître de la concurrence sur roue — légalisée depuis l’an dernier —, les restaurateurs de Montréal ont cherché à exclure et à limiter cette nouvelle offre le plus possible. Ce lobbying intensif a accouché d’une réglementation dont l’objectif principal semble être de tenir la cuisine de rue le plus loin possible des restaurants actuels, et de leurs clients.

Pour changer encore une fois de domaine, pourquoi ne pas aussi parler de l’industrie de la construction au Québec, avec son adhésion syndicale forcée (unique en Amérique du Nord) et ses innombrables certifications obligatoires — de loin les plus contraignantes au pays —, qui servent elles aussi à restreindre la mobilité de la main-d’œuvre et l’accès aux métiers ?

Encore une fois, on invoquera sans doute le besoin de «protéger le public» ou de garantir la qualité des travaux, ou encore, de maintenir «la paix sur les chantiers». Mais a-t-on réellement l’impression que les immeubles et les infrastructures de l’Ontario ou de la Colombie-Britannique s’effondrent davantage qu’au Québec, ou que leurs chantiers sont moins paisibles ?

Pour élargir encore davantage le débat, pourrait-on aussi s’intéresser aux clauses des conventions collectives (et les équivalents applicables aux ordres professionnels), qui ne font que cloisonner inutilement les tâches des uns et des autres, réserver des actes sans raison valable, et restreindre le plus possible l’accès et la mobilité des travailleurs ?

Il va sans dire que certains métiers et professions doivent faire l’objet d’une réglementation rigoureuse — quand la protection du public est réellement en jeu, notamment. On n’autorise pas n’importe qui à pratiquer des opérations à cœur ouvert, à concevoir des ponts, ou à piloter des Boeing 747.

Trop souvent, par contre, les restrictions existantes ou espérées ne font que protéger les intérêts particuliers de certains groupes, sans avancer l’intérêt commun. Il semble que la nécessaire protection du public se soit transformée, pour certains, en un étrange droit aux chasses gardées, dont il faudrait défendre l’accès.

Si le Québec semble particulièrement infecté par cette mentalité, il n’est pas seul pour autant. Une récente lettre ouverte publiée dans le New York Times (et qui s’attardait, entre autres, à l’absurde certification obligatoire des fleuristes en Louisiane) indiquait que le nombre d’emplois nécessitant un permis a triplé en 40 ans aux États-Unis. L’auteur donnait plusieurs bonnes raisons de s’attaquer à ces règles contre-productives.

Ces réformes sont aussi nécessaires au Québec. Pour que la réglementation privée et publique soit en phase avec les trajectoires professionnelles de notre époque. Pour s’attaquer énergiquement au chômage des jeunes et des immigrants. Et pour redonner à tous — et particulièrement à ces 60 % de jeunes qui voudraient vivre ailleurs — le sentiment que le marché du travail québécois est ouvert, et qu’il encourage la flexibilité, l’initiative et les nouveaux départs.

* * *

À propos de Jérôme Lussier

Jérôme Lussier est juriste et journaliste. Au cours des dernières années, il a notamment travaillé à Radio-Canada et tenu un blogue au journal Voir, en plus d’avoir été conseiller politique à la Coalition Avenir Québec. Il blogue sur les enjeux sociaux et politiques contemporains à L’actualité depuis 2013. On peut le suivre sur Twitter : @jeromelussier.

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L’une des grandes problématiques qui sévit déjà dans l’arène politique depuis le 19ième siècle, c’est la question de la propriété. On pense bien sûr à la propriété foncière, mais il y a toutes autres sortes de propriétés, comme la propriété intellectuelle et le métier qui est exercé, qui peut apparaitre comme une autre forme de propriété.

La protection du bien acquis ou du privilège acquis ou du droit d’exercer acquis ne date pas précisément d’aujourd’hui et quelques révolutions se sont succédées pour des sujets comme cela. Incluant certaines révolutions de type prolétariennes.

Aucun modèle économique ou politique jusqu’à ce jour, n’est à ma connaissance parvenu à régler ce problème. Pas même la pensée libérale revendiquée et déclinée par toutes sortes de politiciens, laquelle est souvent confrontée où que ce soit, lorsque mise à l’épreuve des faits à toutes formes de représentations assez différentes, merci.

Ainsi le Québec oscille et flirte entre toutes sortes d’options possibles sans être le moins monde réellement engagé sur la voie du libéralisme. Même nos libéraux actuels sont ancrés dans leurs propres contradictions. On va essayer d’avancer dans la bonne direction… Mais pas trop vite !

Lorsqu’on parle d’ouverture et de libre marché, y compris en terme d’emploi, c’est encore et toujours : « pas si vite », faut encore montrer « patte blanche » ; ce protectionnisme admis ici et ailleurs s’explique par le fait qu’on se doit de protéger « nos gens » et on ne comprendrait pas que « nos gens » soient exclus du marché parce que contre-productifs ou sous-performants.

En d’autres mots, vous ne pourrez changer la donne que dès lors que vous tiendrez le gros bout du bâton. À l’instant seulement où vous pourrez instaurer un rapport de force qui forcera justement les autres à ouvrir la machine et partager toutes les parts du gâteau entre tous équitablement. — Un bel effort en perspective !

À ma connaissance seul un processus révolutionnaire peut venir à bout d’une semblable problématique. Certains leaders inspirés comme Mao Zedong ou mieux encore Trotsky, avaient compris que la révolution pour réussir, se doit d’être un processus permanent. Ce qui signifie qu’il faut brasser et rebrasser les cartes tout le temps.

Brillante démonstration! Vous avez juste oublié Pol Pot et Castro au nombre des leaders inspirés et désintéressés qui avaient aussi tout compris et qui ont aussi fait tellement de bien à leurs peuples. Si cela vous tente, il doit bien rester un ou deux kolkhozes en Russie (l’URSS dans votre langage).

@ Philippe Gardy,

Merci pour ce complément d’information dont je prends bonne note. Je suis bien aise d’apprendre qu’il existe encore des kolkhozes en Russie. Une organisation sociale de coopératives agricoles préfigurée d’ailleurs par Léon Tolstoï, laquelle est encore très populaire en Israël sous la forme des kibboutz.

Vous mentionnez fort bien le nom de Fidel Castro, mais vous manquez l’essentiel, celui du docteur Ernesto Guevara. D’ailleurs, le modèle médical de Cuba est très efficient, certainement plus que le modèle québécois. Il est peut-être temps de s’en inspirer si nous voulons sauver notre système de santé.

Hélas, je ne partage aucunement votre ajout dithyrambique pour ne pas dire exalté relativement à Pol Pot qui selon moi fut essentiellement un boucher. Tout cela pour vous dire que ceci me conduit à évaluer que vos connaissances en matières historiques et géopolitiques sont plutôt limitées.

J’estime par vos amalgames et vos associations ; que vous manquez complètement par vos propos de respect pour la population cambodgienne qui ne s’est pas encore remise de ce génocide effroyable. J’en conclus que vous êtes réactif mais pas vraiment sérieux.

De plus monsieur Gardy, je ne vous permets pas de vous en prendre à mes manières de langage. Je sais établir clairement une distinction entre ce qu’est la Russie et ce que fut l’Union Soviétique. Vous ignorez de toute évidence que Léon Trotsky a dû fuir la Russie stalinienne, lorsqu’il aura finalement été assassiné par un agent infiltré de ce dernier.

Votre amalgame entre Trotsky et l’URSS est complètement bancal. Vous ne comprenez évidemment à peu près rien aux principes philosophiques sous-jacents aux concepts de « révolution permanente » qui pourtant sont également esquissés sous une autre forme par David Henry Thoreau dans « La désobéissance civile ».

Finalement, je m’exprime toujours à la hauteur de mes connaissances, bien conscient de l’imperfection de celles-ci. — N’ayant aucune appartenance politique partisane, je me garde bien de produire quelque démonstration, je préfère laisser ce genre de soins aux politiciens de profession. Ma collaboration sur les blogues est purement bénévole et gracieuse. À ce titre j’assume pleinement toutes mes opinions.

À mon avis, Les railleries et le dénigrement ne sont vraiment divertissants que lorsqu’ils reposent en fait sur certains fondements.

« Vous mentionnez fort bien le nom de Fidel Castro, mais vous manquez l’essentiel, celui du docteur Ernesto Guevara. D’ailleurs, le modèle médical de Cuba est très efficient, certainement plus que le modèle québécois. Il est peut-être temps de s’en inspirer si nous voulons sauver notre système de santé. » (sic)

Mais…dans quelle direction vont les radeaux?

@ François 1,

Vous devriez plutôt poser cette question à monsieur Gardy , c’est lui qui faisait mention de Fidel Castro dans ses commentaires. Pas moi spécifiquement !

Cela dit, je peux répondre à votre question. Le crime organisé d’origine cubaine est très prospère en Amérique du nord particulièrement en Floride. Et si vous donnez le choix au gens entre vivre en santé et être pauvre ou rêver de devenir riche quitte à vivre des paradis artificiels ; eh bien croyez-le ou non les gens n’hésitent pas. Au risque de mourir jeune dans son sang et ses excréments.

J’ai pour vous une petite question, mon cher François : Est-ce vous savez nager ? Cela vous serait peut-être utile si par mégarde il devait vous arriver par l’ironie du sort, un jour de vous abîmer.
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quand on a pas confiance en son propre talent pour obtenir du travail, on se lance a corps perdu dans le protectionnisme! Dans une société qui se dit démocratique les chasses gardées n’ont pas lieu d ‘exister sinon cela devient une oligarchie! voyez vous une politique québécoise avec des gens issus d’une seule école de pensée? exemple tout les politiciens doivent avoir leur bac de l université Laval en politique? adieux les René Lévesque de ce monde!!! C’est assez machiavélique comme société, diviser pour régner !!!!!

Le pouvoir de l’argent.

Voilà bien ce qui a sans doute convaincu l’Union des Artistes (UDA) d’autoriser la dérogation demandée par Disney. Quand un producteur « big shot » débarque à Montréal avec des gros billets, et que vous savez que l’UDA gagne en cotisation 17% à même les cachets, on peut s’imaginer que le syndicat ne s’est pas trop fait prier pour accepter.

Quand vous savez que les comédiens « ordinaires », c’est-à-dire ceux qui n’ont pas une médaille olympique autour du cou, doivent débourser plus de 1200$ de leur poche, en cumulant 30 crédits à jouer plus souvent qu’autrement dans des conditions salariales proches du bénévolat et de la charité, pour avoir le statut de membre actif à l’UDA – le seul statut leur permettant d’avoir accès aux contrats de doublage et de publicité (en temps normal, c’est-à-dire toujours sans avoir de médaille olympique autour du cou et un producteur big shot qui vous a dans l’oeil même si votre seule expérience de théâtre est peut-être d’avoir fait de l’art dramatique en secondaire 2) -, je pense qu’en sachant cela plusieurs commentateurs feraient une lecture bien différente de cet événement.

Je n’en veux pas aux soeurs Dufour-Lapointe d’avoir accepté le contrat : qui aurait refusé un contrat qui se chiffrera sans doute dans les 5 chiffres, voire 6? C’est plutôt vers l’UDA qu’il faut se tourner. Qui protège vraiment ce syndicat? L’exception qu’elle autorise sert-elle vraiment l’intérêt de la grande famille des comédiens québécois? Ce n’est pas comme si l’UDA avait accepté qu’un de ses membres stagiaires obtienne le rôle même s’il lui manque quelques crédits : il s’agit d’outrepasser son propre principe fondateur qui est de protéger l’accès à l’emploi des comédiens professionnels.

L’auteur est radicalement anti-syndicaliste et déréglementaliste, et ça n’a rien de surprenant de la part d’un ancien conseiller politique de la CAQ. S’il vaut mieux selon lui laisser le marché s’auto-réguler, soyons honnête jusqu’au bout et fermons l’UDA et les écoles de théâtre.

Faut pas nécessairement être »radicalement anti-syndicaliste » pour comprendre que le protectionnisme généralisé comporte des effets pervers. La Grèce en est un exemple remarquable car les économistes ont démontré que le protectionisme rampant en Grèce a contribué largement à sa décomfiture financière.

« qui aurait refusé un contrat qui se chiffrera sans doute dans les 5 chiffres, voire 6? » mais vous rêvez en couleur ou vous en avez fumé du bon! LES SOEURS EN QUESTION N’ONT EU QUE QUELQUES RÉPLIQUES À RÉCITER POUR LE FILM… Il est temps de dégonfler la baloune…

Vous avez totalement raison! Prenons tous les secteurs et appliquons les mêmes règles pour tous! Au diable les détails et vive le libre-marché! Que tous soient traités égaux sans restrictions et le marché se régularisera par lui-même! Tous le monde est compétent en autant qu’il y ait du profit en bout de ligne, right? Privilégier les contacts au lieu de la compétence est une fabulation, les concours de popularités sont garants de la réussite. La corruption et les dérapages? Jamais entendu parler! La crise financière de 2008, le scandale de Maple Leaf qui a tué des gens, la commission Charbonneau, ce ne sont que de la propagande gauchiste pour nous enfermer un peu plus dans des carcans! Moi j’aime beaucoup la biologie, je lis beaucoup là-dessus et je sais diagnostiquer les maladies de mes proches grace à internet. Plus besoin de médecins de famille! Et depuis que le registre des armes à feu n’est plus, je n’ai plus besoin de la police pour protéger ceux qui me sont chers. Non mais quand même! Pour qui ils se prennent ces artiss hein? Moi aussi je peux faire semblant d’être triste ou de rire, j’ai même déjà fait semblant d’être malade pour aller tirer du gun à plomb avec des chums! Les restaurateurs qui paient des loyers et des taxes faramineuses et qui sont soumis à des règles très strictes d’hygiène nuisent au développement économique d’une bouffe de rue en imposant des règles, c’est scandalisant! Les lobbys, c’est bon juste quand ça sert une cause qui fait notre affaire! Quand aux journalistes, n’importe quelle cruche peut faire ça, c’est le maire de Saguenay qui l’a dit. Finalement, abolissons l’école, quand on regarde bien comme il faut, les profs sont presque tous des syndiqués qui préparent nos enfants à devenir des mous de gau-gauche qui gambadent dans les prés, des fleurs dans les cheveux, en chantant Kumbaya! Ark!

Respirez par le nez et analysez et comparez le Québec avec les autres juridictions qui nous font concurrence. Vous trouverez que le Québec est champion dans la règlementation et le protectionisme corporatif. Vouloir corriger une situation qui a bout du compte cause des torts à tout le monde n’est pas l’équivalent d’abolir toute règlementation.

Votre réaction épidermique illustre bien les dires de l’auteur, à savoir que seulement questionner la pertinence de l’ordre imposé serait synonyme de trahison.

»…c’est sa capacité à livrer la marchandise. », dans le cas spécifique des soeurs Dufour, leur embauche n’est qu’une question de marketing. Le talent n’a rien à y voir. Quant à la marchandise, comme vous dites, on s’en fout un peu pas mal, elles sont si sympathiques et jolies les soeurs Dufour, ça va upgrader l’affiche.

Vous avez oublié les médecins qui entendent bien fermer l’accès du marché du travail aux confrères et consoeurs étrangers : la rareté fait le prix… La profession des infirmiers et infirmières semble être en train de céder sous la pression des besoins. Evidemment les arguments mis en avant sont très nobles!

« Toujours dans le milieu culturel, plusieurs se souviendront de la sortie de Christian Bégin d’il y a dix ans. »

Absolument je m’en souviens et ma blonde aussi, elle ne peut toujours pas le sentir à cause de ça…

Vous avez raison ces règles protectionnistes sont contre-productives et font très mal à notre compétitivité et notre économie.

Et on sait ce qui arrive à l’eau qui stagne, le secteur de la construction est un bon exemple…

Okay…. et moi qui travaille en informatique, qui a un bac en génie logiciel, qui va se faire « tasser » par un autoditacte plus performant. Je peux me plaindre? sincèrement, c’est du n’importe quoi ça…

Taxis, coiffeurs, chiropraticiens… bien oui.
Mais il faudrait commencer par le corps médical, qui contrôle l’entrée des nouveaux étudiants, restreint le taux des réussites de candidats en résidence, garde les immigrants à distance et s’assure ainsi de salaires qui vont bien au-delà du mérite. Milton Friedman, il y a cinquante ans, proposait déjà de s’en tenir à la certification des professionnels, et de laisser tomber la licence juridique, qui confère à ceux-ci, notamment aux médecins des pouvoirs démesurés. C’est du corporatisme, point à la ligne.

Il faut faire du discernement: les ordres professionels sont nécessaires pour les professions de façon à bannir les personnes qui ne respectent pas des règles sur lesquelles tout le monde s’entend. Les enfants devraient être confiés à des personnes compétentes. En tant que journaliste de formation, il a toujours été dit que quiconque pouvait pratiquer ce métier si on connaît le sujet que l’on couvre et commente. En parlant du journalisme, il est curieux de constater combien d’acteurs professionels se transforment en journaliste dans des émissions publiques (et fortement culturelles) et que cela ne suscite pas de réaction..

Une chasse gardée que ne dénoncera jamais Jérôme Lussier, c’est le « club » des 1% des plus riches de la planète. C’est bien beau de dénoncer les ordres professionnels et les syndicats et là-dessus, j’aimerais bien qu’il me démontre comment une convention collective « cloisonn[e] inutilement les tâches des uns et des autres », quand on connait comment le patronat défend bec et ongles son droit de gérance à distribuer et gérer le travail. Jérôme Lussier a-t-il déjà lu attentivement, quand il pratiquait le droit, des contrats de travail pour ne pas constater dans ceux-ci et peut-être dans celui qu’il a présentement, une clause de non-concurrence qui empêche un employé de travailler pour un certain temps et un certain lieu dans le domaine d’activité de l’ancien employeur lorsqu’il aura quitté ? Pourquoi ne dénonce-t-il pas ce diktat patronal, cette autre forme de chasse gardée, de protectionnisme, lui qui est toujours là, à défendre les droits individuels des personnes ?

On pouvait lire ce matin dans le Devoir, une grève des taxis européens dont le but était justement de défendre une chasse gardée, comme quoi, il n’y a pas qu’au Québec où se trouvent les paradis.

Lorsque l’on est compétent et que l’on fait du bon boulot, on n’a pas besoin du racket de la protection de la mafia syndicale. Notre travail parle par lui-même.

Le système de nivellement par le bas nuit au Québec.

On en fait toute une société moderne et ouverte sur le monde lorsque celle-ci est basée sur…l’ancienneté.

« Selon une étude américaine, les premiers bénéficiaires de l’assistance publique, du Medicaid et/ou des coupons alimentaires dans un grand nombre d’États américains sont [les employés de] Walmart et McDonald’s. » (Manon Cornellier, Suggestions de lectures : Walmart, McDonald’s et les inégalités) Quand on peut lire sur une affiche d’un magasin Wallmart (antisyndical) : « Please donate food items here so Associates in Need can enjoy Thanksgiving Dinner » ou lorsque MacDonald (antisyndical) « y va de ses conseils à ses 1,8 million d’employés sur la manière de traverser cette période des Fêtes sans trop s’endetter. Parmi les conseils: «Vendre quelques-uns de vos cadeaux dont vous n’avez pas besoin sur eBay ou sur Craigslist peut vous apporter de l’argent rapidement.» (Martine Turenne, Sur le radar, Manque d’argent? Vendez vos cadeaux sur eBay, conseille McDo à ses employés) C’est quoi au juste ? Le degré suprême de la richesse ou le nivellement par le bas.

Y a-t-il quelque chose qui empêche les employés de Mal-Mart (ou de tout autre employeur) insatisfaits de leurs conditions de changer d’emploi? De parfaire leur éducation en suivant des cours de perfectionnement? Bref, d’améliorer leur sort? Et même de créer leur propre petite compagnie?

Je le répète, un employé COMPÉTENT n’a aucunement besoin de la mafia syndicale pour le protéger et l’employeur n’a aucun mais absolument aucun intérêt à s’en départir ou à le traiter inadéquatement; au contraire, il le paiera plus cher qu’un autre employé moins intéressé à son travail et lui offrira probablement des promotions pour le garder.

Le syndicalisme obligatoire et BASÉ SUR L’ANCIENNETÉ tel que pratiqué au Québec est un illustre exemple du nivellement par le bas et qui nous fait tellement souffrir.

Pourquoi ne pas démocratiser la syndicalisation comme ça se fait partout ailleurs dans le monde civilisé?

Tout le monde n’a pas votre génie pour retourner sur les bancs d’école. Travaillez dans un Wallmart, Costco ou un McDo ça ne demande pas un gros diplôme, mais ce n’est pas une raison pour ne pas offrir des salaires décents. Si ce que vous dites était vrai, pourquoi donc les travailleurs syndiqués sont mieux rémunérés que ceux qui ne le sont pas ?

Le « syndicalisme obligatoire » vous faites sans doute allusion aux ateliers syndicaux, à l’exception de la construction, négociés dans des conventions collectives avec le consentement, je vous le souligne, des dirigeants d’entreprise. Quant à l’ancienneté, c’est un sujet dont vous ignorez tout.

Le salaire offert est directement proportionnel à l’offre et à la demande. Par exemple, les employés d’un McDonald à Calgary sont bien mieux payés qu’un comparable à Sherbrooke parce qu’il y a peu ou moins de candidats intéressés vu les perspectives d’emploi en Alberta – VS – le Québec. Pas contents? Qu’ils aillent travailler ailleurs et/ou qu’ils se perfectionnent. Ce n’est pas aux consommateurs ou à l’employeur à payer pour leur carence (paresse?) intellectuelle ou physique. S’ils ne prennent pas les moyens (et Dieu sait que la société en offre des tonnes de moyens!) pour améliorer leur sort, just too bad.

Les travailleurs syndiqués sont mieux rémunérés? Soit mais la syndicalisation à go-go telle que pratiquée au Québec a fait combien de victimes? Combien d’entreprises ont plié bagage à cause d’elle? Combien d’emplois ont été perdus à cause de la rigidité des conventions collectives et de l’ancienneté? Combien de grands talents nous ont quitté pour des cieux plus accueillants? Et la clause orphelin…vous en faites quoi? Pas pour rien que notre honteux taux de chômage est beaucoup plus élevé que la moyenne canadienne depuis la Révolution tranquille.

Je le répète: une société basée sur l’ancienneté plutôt que sur la compétence est une société en DÉCLIN et c’est exactement ce qui peut décrire le pauvre Québec depuis la Révolution tranquille (que personne au monde n’a imité d’ailleurs!).

Il faut démocratiser le syndicalisme (i.e.: permettre le CHOIX d’association ou non comme ça se fait PARTOUT DANS LE MONDE CIVILISÉ…) et j’irais même jusqu’à abolir la Formule Rand qui donne un avantage injuste et déraisonnable aux grosses centrales syndicales.

Les « employés d’un McDonald à Calgary sont bien mieux payés qu’un comparable à Sherbrooke » sans doute, quand on prend ses préjugés pour des certitudes. Mais attention, on pouvait lire sur le site web de Radio-Canada ceci : « Chris Eldridge, qui vient de quitter son poste de gestionnaire de six restaurants McDonald’s en Alberta, a expliqué qu’il ne pouvait plus « digérer » de retirer des heures aux employés canadiens pour les donner aux travailleurs étrangers temporaires que faisait venir le propriétaire. Des employés étrangers commençaient à 10,80 $ l’heure, alors que les employés locaux, pour les mêmes postes, commençaient à moins de 10 $ l’heure, dit l’homme de Lethbridge » Une « chance » qu’il y avait des travailleurs étrangers pour « booster » les salaires. À 9,95 $ l’heure quand le salaire minimum au Québec, donc aussi à Sherbrooke, est de 10,35 $ l’heure, c’est « ivident » comme disait Julie, ils sont bien mieux payés ces albertains.

S’agissant de la formule Rand, je lisais récemment cet article intéressant du Economic Policy Institute qui titrait « Life Is Worse In Right-To-Work States » on y apprenait que « According to Politico, 4 of the 5 best states to live in are non-right-to-work. In order, they are New Hampshire, Minnesota, Vermont, Utah, and Massachusetts. Right-to-work states account for 8 of the 10 worst states, and all 5 of the 5 worst states (in order, from 46th-50th: Alabama, Tennessee, Arkansas, Louisiana, Mississsippi). The majority of RTW states are not only in the bottom half of the country, but in the bottom 20 of the 50 states. » Qui dit mieux !

« Il faut démocratiser le syndicalisme (i.e.: permettre le CHOIX d’association ou non comme ça se fait PARTOUT DANS LE MONDE CIVILISÉ…) N’avez-vous jamais entendu parler du maraudage syndical ? C’est donc qu’il existe bien un choix d’association. D’ailleurs, le code du Travail vous contredit à 100 % sur ce sujet.