Quelle fusion?

Le sujet alimente bien des conversations depuis les funérailles de Jack Layton, mais une union du NPD et du Parti libéral du Canada n’est qu’une vue de l’esprit qui fait fi de la réalité sur le terrain, comme je le soulignais dans ma chronique du Devoir, ce matin. On compare souvent leur situation à celle de la droite, mais cette dernière n’a fait que retrouver une unité perdue. Le NPD et le PLC, en revanche, n’ont jamais formé une seule famille. Leur histoire, leur culture partisane, leur philosophie politique divergent de bien des manières. Une union ne se traduirait pas par une somme de leurs votes. Bien des libéraux, fiscalement conservateurs, se rangeraient plus volontiers derrière Stephen Harper que n’importe quel parti reprenant à son compte des politiques du NPD. Et bien des néo-démocrates préféreraient quitter le navire plutôt que de s’associer à certains libéraux.

Laisser un commentaire

Les libéraux seraient un boulet pour le NPD et comme vous le dites ça ne rallierait pas une partie importante des libéraux qui sont plus à droite. Le PLC est devenu un anachronisme, se positionnant selon le vent qui souffle, très opportuniste et qui est l’héritier direct des commandites et de ce genre de corruption. La société canadienne se porterait bien mieux s’ils disparaissaient.

La situation qui prévalait avant le 2 mai plaidait en faveur non d’une union mais plutôt pour une entente électorale avec répartition des candidats (un seul par circonscription). L’issue du scrutin aurait déterminé qui devait prendre la place du Premier Ministre ou en cas de minorité qui occuperait la place du chef de l’opposition. Dans le cas où cette entente aurait permis de constituer un gouvernement ; il devait être clairement établi devant l’électorat qu’il y aurait un gouvernement de coalition formé de députés Libéraux et NPD répartis au prorata du nombre d’élus. Idéalement, il eut été à propos que les coalisés soumettent au peuple un programme commun de gouvernement. Ce qui n’empêchait pas chacun des partis de pouvoir conjointement soumettre leurs plates-formes respectives.

Sans conteste, nous voici là, en plein scénario de fantaisie historique puisque c’est une autre option qui fut choisie par les « belligérants » avec les résultats que nous savons désormais. – Cette histoire fiction aurait-elle la chance de se réaliser dans un futur proche : disons en 2015 ? – Non ! J’en doute…. Et c’est tant mieux ! Car en 2015 ces deux partis ne devront pas partir en guerre contre les Conservateurs mais bel et bien l’un contre l’autre.

Le NPD devra confirmer que le choix des électeurs en mai 2011 correspondait bien à un changement réel (une prise de conscience) de la société canadienne en particulier au Québec. Ou bien s’il s’agissait – ce que je croix – d’un effet résultant du culte de la personnalité orchestré autour du chef. Une recette qui a bien marché mais qu’on voit difficilement se reproduire avec un Brian Topps ou un Thomas Mulcair qui ne sont pas dépourvus de bonne volonté mais n’ont guère le charisme de l’emploi.

Quant aux Libéraux, ils ont une opportunité unique de consacrer ces prochaines années à se décomplexer. Aborder ce siècle qui après tout vient à peine de commencer par le bon côté et se mettre immédiatement au travail « in extenso » pour offrir à tous les canadiens et toutes les canadiennes un programme de gouvernement irrésistible et enlevant qui leur permette à tout le moins dès de 2015 de redevenir l’opposition officielle pour s’engager résolument vers un retour aux affaires à l’horizon de 2019. Reste à savoir évidemment qui occupera la fauteuil du chef suprême.

Cependant rien ne dit qu’aux horizons de 2019 ou 2020, il ne soit temps peut-être de gouverner autrement. Ce qui veut dire par une ouverture réelle aux affaires pour les autres partis. Je pense dans ce cas au Parti Vert qui devrait continuer de se développer et au NPD qui devra au fil temps clarifier publiquement s’il est d’obédience socialiste ou s’il appartient à la base centriste sociale démocrate.

Bien sûr, tout cela n’est que pure marotte ; lorsqu’en même temps les Conservateurs pourraient consolider leurs appuis jusqu’à former le « Parti Politique Unique de Facto », qui sied à toute forme aboutie de despotisme éclairé. Profitant de la déliquescence de tous leurs adversaires. Bref, d’ici là beaucoup d’eau devrait avoir coulée sous le pont de la Confédération. Sans compter que l’eau de mer ne désaltère pas !

Il faudra que Bob Rae trouve le moyen de tasser irrémédiablement un Jean Chrétien qui persiste à jouer du tisonnier, inconscient que la chute aux enfers des Libéraux découle de sa myopie.

Les citoyens veulent-ils tous être les sujets d’un collectif ? Les citoyens veulent-ils tous que les traditions dictent leurs choix? Reste-t-il des citoyens qui veulent être libres de leurs choix dans une société de droit ? Le libéralisme a encore sa place dans la société canadienne mais sa place n’est certainement pas au NPD. On verra l’évolution des deux partis qui ont surtout en commun le fait de ne pas avoir de chef présentement. Le NPD et le PLC ont déjà travaillé ensemble dans le passé et au besoin pourraient trouver un terrain d’entente électoral pour 2015 en se ne faisant pas concurrence là où ils ont un député, et là où l’autre est arrivé deuxième (oui, je reconnais que le PLC serait pratiquement absent du Québec). Pour ce faire, il faudrait que les deux partis s’engagent à réformer le mode de scrutin pour adopter le vote unique transférable. Si le PLC cherche à se fusionner, je regarderais plutôt du côté du Parti vert car les deux partis ont beaucoup plus en commun que le PLC et le NPD. Le PLC-Vert pourrait changer de nom – comme les Conservateurs l’ont fait de nombreuses fois !

En passant, le libéralisme implique un positionnement flou, selon le vent qui souffle, car ainsi và la liberté: elle n’est pas assujettie aux dogamtismes religieux et aux traditions, ou conforme aux diktats d’un collectif socialiste où tout le monde doit être pareil à son prochain. Depuis le 9 septembre 2001, j’en conviens, nous vivons une époque où s’opposent les dogmes religieux, où l’on valorise les traditions (même la mode me rappelle celle des années 50-60, pre-Beatles). On n’a qu’à lire certains articles, le LA Times en avait un fameux lundi, pour entrevoir que tôt ou tard l’individu se révoltera de cet empiètement de l’état sur ses droits et du gaspillage de fonds publics et de la corruption qui inévitablement s’ensuit :

http://www.latimes.com/news/nationworld/nation/september11/la-na-911-homeland-money-20110828,0,5318393.story

@ Lorraine King,

Quoique je sois d’accord avec vos propos dans leur ensemble. Je relève que vous avez une conception d’un socialisme romantique qui est très nord américaine et que partagent également les nord américains anglophones et francophones. Dans les faits les partis socialistes dans le monde sont des partis démocratiques qui acceptent très bien d’avoir en leurs sein des courants de penser différents, ce qui ne les empêche pas de parvenir à des motions de synthèse lorsqu’il s’agit de prendre des décisions importantes ou lorsqu’on occupe le gouvernement. C’est ce qu’on appelle avoir une vision : « unitaire ». C’est en ce sens d’ailleurs que je parle d’ « obédience » en référence avec l’unité, un sens profond et sacré qu’on trouve dans certaines religions et plus spécifiquement dans les valeurs considérées par certaines disciplines maçonniques, des valeurs qui il fut un temps étaient justement celles des Libéraux canadiens. Force est de constater que certaines valeurs se perdent.

Voyez-vous, quand j’entends parler de collectivisme et de diktats, je pense plutôt aux vieux partis qui font dans le recyclage d’idées, gangrenés qu’ils sont par l’impossibilité de se réformer de l’intérieur et qui cherchent à imposer aux populations leur conception unilatérale des choses. De tels partis existent aussi dans le Canada. 🙂

Si j’étais stratège pour le NPD et que je souhaitais que le parti prenne véritablement racine au Québec, j’excluerais d’emblée une fusion avec le PLC, car ce parti-là a – désormais et pour longtemps – une connotation négative au Québec, et ce, pour maintes raisons (propension outrancière à la centralisation des pouvoirs depuis le règne de Trudeau; rapatriement de la Constitution en 1982; opposition à l’Accord du Lac Meech en 1990; scandale des commandites au milieu de la décennie 2000). Autrement, l’électorat québécois se sentira dupé et pourrait très bien appuyer en majorité un tout autre parti ultérieurement sur la scène fédérale…

Les Liberaux federaux
ont perdu le centre-droit
maintenant occupe par les Conservateurs

Le NPD manifestement comme Opposition officielle
occupera le centre-gauche
sous l influence de Gary Doer du Manitoba
et de Roy Romanow de la Saskatchewan.

Il semble bien que ce sera une
Mort par etapes du Liberalisme canadien
comme l a souhaite d ailleurs S. Harper

Les Liberaux au Musee canadien !

Les plus populaires