Qu’est-ce qui se cache sur la clé USB d’Annie Trudel?

Quelques jours après sa démission, en avril dernier, l’analyste du MTQ a remis une clé USB contenant des milliers de fichiers à ses patrons, qui l’ont ensuite remise à l’UPAC.

Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne
Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

Le Parti québécois demande que le commissaire à l’UPAC, Robert Lafrenière, comparaisse devant une commission parlementaire afin d’y exposer la nature des documents inclus sur la clé USB remise par Annie Trudel au directeur de cabinet de Jacques Daoust.

Quelques jours après sa démission, en avril dernier, l’analyste embauchée par Robert Poëti avait remis une clé USB contenant des milliers de fichiers à Pierre Ouellet, alors directeur de cabinet du ministre des Transports. (Ouellet a été démis de ses fonctions à la mi-mai, dans les jours suivant les révélations de Poëti sur les irrégularités dans le processus d’octroi de contrats au ministère des Transports.) Depuis, tous veulent mettre la main sur son contenu afin de comprendre l’étendue des découvertes de Mme Trudel.

«Il y avait une tonne de documents — des recherches, des analyses, des références universitaires sur des pratiques éthiques, c’est très varié», a dit Ouellet, la veille de son congédiement.

Malgré son contenu, il aura fallu plusieurs jours avant que son existence ne soit révélée au ministre Jacques Daoust, qui ne l’aurait pas consultée lui-même. «Immédiatement, on l’a transmis à l’UPAC», a dit le ministre lors d’un impromptu point de presse le 18 mai.


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Or, la clé a été remise à Pierre Ouellet le 22 avril et ce n’est que le 10 mai que Jacques Daoust l’a fait parvenir à l’UPAC. «On leur a dit: « voici une enquête qui a été faite à l’interne. Faites ce que vous voulez avec »», indique M. Daoust.

En remettant la clé à l’UPAC, le ministère des Transports a fait en sorte de la rendre inaccessible à la Commission de l’administration publique (CAP). Celle-ci se heurte désormais à une fin de non-recevoir du commissaire Robert Lafrenière.

Le ministère des Transports n’a pas connu plus de succès dans sa tentative de la récupérer. Dans une lettre envoyée au nouveau sous-ministre, Denis Marsolais, le 27 mai dernier, Lafrenière a affirmé que «le contenu de la clé USB constitue une dénonciation qui est présentement en enquête par des membres de mon personnel». Lafrenière se mure ensuite derrière la loi d’accès à l’information pour refuser de lui transmettre la clé.

«C’est un affront aux droits des parlementaires», estime le chef de l’opposition, Sylvain Gaudreault qui rappelle que la loi de l’Assemblée nationale a préséance sur celle de l’accès à l’information. «Il faut trouver un équilibre entre le droit fondamental d’avoir l’information tel que demandé à la CAP et le respect des enquêtes», a martelé Gaudreault en chambre.

La députée péquiste de Taschereau, Agnès Maltais, rappelle qu’il y a des précédents. «La SQ a rencontré la CAP lors du débat sur Lise Thibault, même s’il y avait des enquêtes. Ça n’a pas nui, bien au contraire», dit-elle.

Mais Philippe Couillard ne veut rien entendre, prétextant la séparation des pouvoirs. «[L’opposition] veut que les élus donnent des ordres à l’UPAC, nous on ne fera pas ça, rétorque le premier ministre. La commission décidera de sa conduite. C’est à elle de le faire de façon souveraine, mais il n’est pas question de dire à l’UPAC quoi faire».

Devant ce refus des libéraux, le Parti québécois demande que le commissaire Lafrenière vienne lui-même expliquer ce qu’il y a de si compromettant sur cette fameuse clé. La rencontre se ferait à huis clos, pour préserver l’intégrité des enquêtes. La demande sera prise en considération lors de la prochaine séance de la commission, à une date indéterminée.

Les commentaires sont fermés.

En campagne électorale, Philippe Couillard nous avait promis un gouverbement d’une très grande transparence. Il va nous faire la même promesse dans deux ans.
Il nous faut simplement nous arppeler qu’une promesse électorale n,engage en rien celui qui la fait.

Voici l’archétype même d’une « affaire » avec laquelle je vais désormais me garder une « petite gêne ». Mon petit doigt néanmoins me recommande de préciser que c’est l’Histoire avec un grand H — donc le passage inexorable du temps — qui nous apprendra si tout cela était un formidable « show de boucane » comme on sait si bien faire au Québec ou s’il s’agissait bien d’une véritable « affaire d’État ».

Les prochaines élections sont tellement déjà « si loin-si proches » qu’on sent avec l’arrivée de l’été déjà comme une sorte de positionnement. Pourra-t-on surfer avec l’éthique et la préséance des uns et des autres en matière de droit jusqu’en octobre 2018 ?

J’en profite au passage pour remercier mon petit doigt pour m’avoir fait profiter de toutes ses sages recommandations et de m’avoir autorisé à partager pour ainsi en faire profiter la planète Web toute entière 🙂

…votre commentaire démontre clairement que leur suffisance libérale et la vôtre sont similaires….donc, engagez-vous à fond avec eux, non???

@ Suzanne Duchesneau,

J’ai bien peur que vous ne confondiez la suffisance avec ce qui relève de la prudence et du gros bon sens.

Votre « démonstration claire » prouve selon moi, assez précisément l’opacité de votre jugement. Si vous savez sur le sujet ce que les autres ne savent pas. Alors profitez de cet espace de débat et de communication pour partager vos connaissances avec les internautes.

Si telle n’est pas le cas, cela pourrait illustrer alors que votre orgueil dépasse allègrement « ma propre suffisance » quant au niveau de votre propre formulation. — Merci tout de même pour vos commentaires. Je les lis attentivement.

Une petite question encore : D’après-vous madame Trudel a-t-elle conservé des sauvegardes de ses documents et est-elle prête à les diffuser publiquement ? C’est en ce qui me concerne le genre de choses que je peux faire en tout temps.

Moi je me fierais pas au contenu de cette clé USB. Plusieurs malintentionnés y ont mit la main. Que fait on avec des malfrats comme ça? Au moins demandons leur démission à partir du premier ministre qui se pense au-dessus de tout le monde.

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