Qui a l’oreille du ministre des Finances Joe Oliver ?

Deux listes de noms peuvent nous aider à déterminer qui fait partie de la sphère d’influence de Joe Oliver, ministre des Finances depuis mars dernier. Le blogueur Alec Castonguay les présente.

Le ministre des Finances du Canada, Joe Oliver
Le ministre des Finances du Canada, Joe Oliver – Photo : La Presse Canadienne

Le député torontois Joe Oliver a pris ses fonctions de ministre des Finances en mars dernier, à la suite de la démission de Jim Flaherty. Il est seulement le deuxième ministre des Finances du gouvernement Harper, au pouvoir depuis janvier 2006.

Qui a l’oreille du nouveau ministre des Finances du pays ? Qui consulte-t-il sur une base régulière pour avoir le pouls de l’économie canadienne et ainsi préparer son budget et les orientations du gouvernement ? Et à l’inverse, qui a accès au puissant ministre pour faire valoir son point de vue auprès du cabinet Harper ?

Deux listes peuvent nous aider à déterminer qui fait partie de la sphère d’influence de Joe Oliver.Politique

D’abord, en juillet dernier, le ministre a choisi les personnes qui siégeront à son Conseil consultatif sur l’économie, une instance où les membres acceptent bénévolement de partager leur expérience et leurs préoccupations sur une base régulière avec Joe Oliver. Ils permettent de garder le ministre branché sur la réalité des entreprises, mais également de passer leurs messages aux plus hautes instances politiques du pays (une forme de lobbyisme, bref.)

Voici les 16 membres de ce comité :

1- Président du comité : Janice MacKinnon. Elle occupait également cette fonction auprès de Jim Flaherty. Elle est professeure en politique budgétaire à l’Université de la Saskatchewan, membre de la Société royale du Canada et ancienne ministre des Finances de la Saskatchewan.

2- John Bradlow, associé directeur de Penfund, un cabinet canadien d’investissement en capital de risque spécialisé dans les capitaux de démarrage.

3- Bonnie Brooks, vice-présidente du conseil de la Compagnie de la Baie d’Hudson.

4- Peter Brown, fondateur du Canaccord Genuity Group Inc. (il a pris sa retraite en juin 2014). Il est président du conseil d’administration de l’Institut Fraser, président de la Vancouver Police Foundation et président émérite de l’Association canadienne du commerce des valeurs mobilières. Il est également le représentant de la Colombie-Britannique au comité consultatif du Bureau de transition canadien en valeurs mobilières, un projet qui tient à cœur au gouvernement Harper.

5- Paul Desmarais fils, président du conseil et cochef de la direction de Power Corporation du Canada, et coprésident de la Corporation Financière Power.

6- Murray Edwards, président et propriétaire d’Edco Financial Holdings Ltd., une société de gestion de Calgary. Il est administrateur délégué et président de nombreuses sociétés cotées en bourse, dont Canadian Natural Resources Limited, Ensign Energy Services Inc. et Magellan Aerospace Corporation. Il est également président du conseil et copropriétaire de l’équipe de hockey des Flames de Calgary.

7- Monique Leroux, présidente du conseil et chef de la direction du Mouvement Desjardins. Elle est aussi membre du Conseil canadien des chefs d’entreprise et du Conseil des fondateurs du réseau Québec Global 100.

8- Donald Lindsay, président de Teck Resources Limited. Avant d’être chez Teck, il a été président de Marchés mondiaux CIBC, où il a dirigé la Division des investissements et des services bancaires aux entreprises, de même que la Division de la région de l’Asie-Pacifique. Il a déjà été chargé du groupe mondial de l’exploitation minière de la CIBC. M. Lindsay est membre du conseil d’administration de la Financière Manuvie et du conseil d’administration du Conseil canadien des chefs d’entreprise. Il est président du conseil des gouverneurs pour les mines et métaux du Forum économique mondial.

9- Rebecca MacDonald, présidente de Just Energy Group, un négociant en électricité et en gaz naturel déréglementés de Toronto.

10- Jack Mintz, titulaire de la chaire Palmer d’étude des politiques publiques et directeur de la School of Public Policy à l’Université de Calgary. Président et chef de la direction de l’Institut C.D. Howe de 1999 à 2006.

11- Andrew Oland, président de Moosehead Breweries. Il est également membre des conseils d’administration du Conference Board du Canada et de Bière Canada.

12- Jim Pattison, président du conseil, chef de la direction et unique propriétaire de Jim Pattison Group, l’une des plus importantes sociétés fermées du Canada. Il siège à de nombreux conseils d’administration, dont Produits forestiers du Canada (Canfor), Brookfield Asset Management et la Ronald Reagan Presidential Foundation.

13- Dani Reiss, président et chef de la direction de Canada Goose Inc.

14- H. Sanford Riley, président et chef de la direction du Groupe Financier Richardson Limitée, une société de gestion de patrimoine. Il est également président des conseils d’administration de la fondation de l’Université de Winnipeg et du North West Company Fund. Il siège aux conseils d’administration de la Molson Coors Brewing Company, de la Canada West Foundation et de la Banque Canadienne de l’Ouest.

15- Nancy Southern, présidente, chef de la direction et présidente du conseil d’administration d’ATCO Ltd. Elle est également membre du Business Council des États-Unis, du Conseil canadien des chefs d’entreprise, de l’American Society of Corporate Executives et de l’Institut C.D. Howe, de même que membre canadien de la Commission trilatérale.

16- Rob Wildeboer, président directeur et cofondateur de Martinrea International Inc., dans le domaine des pièces d’automobiles.

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L’autre liste qui peut nous aider à mieux comprendre la sphère d’influences est celle des participants à la retraite d’été du ministre des Finances.

La semaine dernière, du 12 au 13 août, Joe Oliver a réuni, dans une auberge de Wakefield (en Outaouais), certaines personnes pour parler d’économie. Jim Flaherty avait fait un sommet semblable l’an dernier, et le coût avait été de 16 300 dollars.

Voici la liste des participants que j’ai obtenue cette année :

  1. Joseph Canavan, président du conseil, Children’s Aid Foundation
  2. Sherry Cooper, économiste en chef, Sherry Cooper Associates
  3. Laura Dottori-Attanasio, vice-présidente exécutive et responsable du risque, CIBC
  4. Kevin Falcon, vice-président exécutif, Anthem Capital Corporation
  5. Peter Foster, auteur et journaliste, National Post
  6. Virginia Flood, vice-présidente, relations gouvernementales, Rio Tinto
  7. Dr. Arvind Gupta, président et vice-chancellier, Université de la Colombie-Britannique
  8. Stanley Hartt, avocat, Norton Rose Fullbright
  9. Linda Hasenfratz, chef de la direction, Linamar Corporation
  10. John Irving, président, Ocean Capital Investments Limited
  11. Peter Jelley, directeur de l’investissement – Toronto, Banque nationale
  12. Hassan Khosrowshahi, président, Persis Holdings Ltd.
  13. Marie-José Nadeau, vice-présidente, affaires corporatives, Hydro-Québec et présidente du World Energy Council
  14. Bill Robson, président et chef de la direction, CD Howe Institute
  15. Paul Soubry, président et chef de la direction, New Flyer
  16. Louise Wendling, vice-présidente senior, Costco Canada

On constate que les milieux de l’investissement (cabinets de placements, banques, etc.) et des ressources naturelles sont bien représentés, alors que les milieux manufacturier et académique ne sont pas aussi présents. Et que le rendez-vous de juillet a beau s’être déroulé au Québec — Joe Oliver est né à Montréal et obtenu son diplôme à l’Université McGill —, les Québécois ne sont pas très nombreux à donner des conseils (ou à avoir l’oreille ?) du ministre des Finances du Canada.

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À propos d’Alec Castonguay

Alec Castonguay est chef du bureau politique au magazine L’actualité, en plus de suivre le secteur de la défense. Il est chroniqueur politique tous les midis à l’émission Dutrizac l’après-midi (sur les ondes du 98,5 FM) et analyste politique à l’émission Les coulisses du pouvoir (à ICI Radio-Canada Télé). On peut le suivre sur Twitter : @Alec_Castonguay.

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Pour avoir une oreille attentive des conservateurs faudrait peut-être d’abord commencer par voter pour eux.

Il me semble également (mais peut-être que je me trompe) que : les poètes, les philosophes, les plombiers, les boulangers, les préposés aux bénéficiaires sont également sous-représentés. Je suppose que c’est parce que tous ces gens-là ne connaissent rien ni à la politique, ni aux finances, ni de quelque façon que ce soit à l’économie.

Ce n’est pas demain que nous aurons des êtres admirables comme Václav Havel à la tête de l’État. Dommage, car pour aller plus loin, il faut avoir la capacité de visualiser le futur comme s’il était déjà aujourd’hui dans notre quotidien.

Voyons les résultats, le fédéral est sur le point de déclarer des surplus et possiblement d’accorder des baisses d’impôt à tous les canadiens. Je rappelle que le directeur parlementaire du budget déclarait dans une récente analyse que les politiques fiscales du gouvernement conservateur (celle touchant les particuliers puisque celle touchant les entreprises fera l’objet d’un autre rapport) avait principalement profité aux classes les moins aisées de la société. Donc, si les résultats sont bons, j’aurais tendance à dire qu’il faut continuer d’écouter ces individus.

À titre de comparaison, au Québec, on écoute beaucoup les Steven Guilbeault et les représentants de la Fondation David Suzuky qui nous demandent d’investir dans les technologies vertes qui nous appauvrissent collectivement. Ceci explique peut-être pourquoi il n’y a pas beaucoup de québécois autour de la table.

Va pour ceux qui paient des impôts!
Ceux qui ne gagnent pas assez pour en payer, ils ont quoi eux?
Rhéo

Ils ont une baisse de TPS de 2 points…Bon c’est vrai ailleurs au Canada, car au Québec, notre bon gouvernement s’est empressé de venir nous la reprendre, donc au Québec notre gouvernement a appauvri les plus pauvres… Quand je dis c’est écoutant les mauvaises personnes que l’on s’appauvrit en voilà un autre exemple.

Le gouvernement fédéral va probablement déclaré un surplus budgétaire avant la prochaine élection.

En saurait-il de même s’il n’avait pas prélevé 57 milliards dans la caisse d’assurance-chômage. Argent qui ne leur appartient pas puisqu’elle provient des contributions des employés et de leur employeur.

»On constate que les milieux de l’investissement (cabinets de placements, banques, etc.) et des ressources naturelles sont bien représentés, alors que les milieux manufacturier et académique ne sont pas aussi présents. » En effet, il manque un Léo-Paul Lauzon.

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