Qui a peur de Justin Trudeau?

L’effet Trudeau est bien réel. Et l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement libéral populaire a bousculé les calculs des autres partis.

La popularité de Justin Trudeau est telle que les candidatures à la succession des chefs néo-démocrates et conservateurs se font timides. (Photo: Adrian Wyld/La Presse)
La popularité de Justin Trudeau est telle que les candidatures à la succession des chefs néo-démocrates et conservateurs se font timides. (Photo: Adrian Wyld/La Presse)

Lorsqu’il a brigué la succession de Jack Layton à la direction du NPD fédéral, en 2012, le député de la Colombie-Britannique Nathan Cullen avait défendu l’idée d’une alliance entre le NPD et le Parti libéral pour déloger les conservateurs de Stephen Harper du pouvoir.

Mais à l’époque, les néo-démocrates voyaient plus grand. Propulsés pour la première fois de leur histoire au deuxième rang à la Chambre des communes, la majorité d’entre eux cherchaient plutôt un chef plus susceptible d’annihiler les libéraux que de s’en rapprocher. Cela n’avait pourtant pas empêché le député Cullen de récolter un vote sur quatre, avant d’être éliminé au troisième tour du scrutin, qui a donné à Thomas Mulcair les rênes du parti.

Point n’est besoin d’être un analyste perspicace pour conclure que, parmi le quart des membres en règle du NPD qui avaient appuyé le candidat Cullen, il s’en est trouvé bon nombre pour aller gonfler la majorité de Justin Trudeau en octobre dernier, ou encore pour se dire aujourd’hui qu’ils auraient dû le faire.

Un sondage réalisé par la maison Abacus au moment où le Parlement a fait relâche le mois passé révèle que 20 % de ceux qui ont voté pour le NPD à l’automne appuieraient plutôt aujourd’hui les libéraux. Au total, 62 % de ceux qui s’identifient comme néo-démocrates se disent satisfaits du gouvernement Trudeau.


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Si le projet de rapprochement PLC-NPD du candidat Cullen avait été mis à exécution, le programme du gouvernement de coalition qui en aurait résulté ne serait sans doute pas terriblement différent de celui mis en place depuis huit mois par l’équipe de Justin Trudeau.

Ceci expliquant cela, lorsqu’il a été pressenti pour postuler de nouveau au leadership, Nathan Cullen a rapidement fermé la porte. C’est une chose d’avoir le cœur à l’ouvrage pour pourfendre un gouvernement de droite comme celui de Stephen Harper et une autre de devoir passer les trois prochaines années à déchirer sa chemise pour dénoncer des mesures qu’un gouvernement néo-démocrate aurait envisagées.

Jusqu’à présent, la liste des néo-démocrates qu’une telle tâche rebute est nettement plus longue que celle des aspirants présumés à la succession.

***

Du côté conservateur, ce n’est pas l’affection des militants pour Justin Trudeau et ses politiques qui refroidit les ardeurs d’ex-ministres comme Peter MacKay ou Jason Kenney, souvent jugés les plus aptes à remplacer Stephen Harper, mais plutôt la perspective de devoir passer presque 10 ans dans l’opposition avant, peut-être, d’accéder au pouvoir.

Dans l’histoire moderne du Canada, aucun gouvernement fédéral majoritaire n’a été congédié par l’électorat au terme d’un seul mandat. Par contre, pendant qu’il était premier ministre, Jean Chrétien a vu défiler cinq chefs de l’opposition officielle (Lucien Bouchard; Michel Gauthier; Gilles Duceppe; Preston Manning; Stockwell Day). Entre Paul Martin et Justin Trudeau, deux chefs libéraux sont passés à la trappe dans la foulée de défaites électorales cinglantes, soit Stéphane Dion et Michael Ignatieff.


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En clair, il est loin d’être évident que le prochain chef conservateur sera un jour premier ministre. Si le passé est garant de l’avenir, il réchauffera plutôt la place d’un éventuel successeur, favorisé par un meilleur alignement des astres politiques et les effets de l’usure du pouvoir sur l’élan libéral.

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Il n’y a pas que sur la scène fédérale que l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement libéral populaire bouscule des calculs. Dans la course à la direction du Parti québécois, Jean-François Lisée a inclus l’engouement actuel des Québécois pour le gouvernement Trudeau dans l’argumentaire qu’il emploie pour prôner le report du projet d’un autre référendum sur la souveraineté.

Cet effet est bien réel. En ce début d’été, le Québec est aussi rouge que l’Ontario et on y apprécie davantage Justin Trudeau que dans la province voisine. Par contre, tous les coups de sonde de l’électorat concordent pour montrer que la popularité des libéraux fédéraux ne rejaillit pas sur les libéraux au pouvoir à Queen’s Park et à Québec. La performance anémique de l’option souverainiste et l’affaiblissement du principal parti qui la porte ne datent pas de la victoire libérale de l’automne dernier.

Le remarquable effet Trudeau au Québec est davantage une conséquence qu’une cause du vague à l’âme péquiste. Le malheur des uns contribue au bonheur des autres.

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17 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Bonnes nouvelles pour les indépendantistes. 1- Justin est au sommet; sa popularité ne peut que baisser. 2- Autant de popularité va favoriser l’arrogance (C’est commencé), ce qui va favoriser un recul de popularité. 3- Il va finir par devoir refuser, ce qui va faire des mécontents. 4- Les gens sont d’accord avec les déficits, mais, curieusement, pas avec l’augmentation de la dette. ça va le rattraper.

Comme il me plait assez d’observer la scène internationale, ce sont dans les interrelations avec les divers chefs d’États que je peux évaluer la performance de nos chefs de gouvernements. Tant fédéraux que provinciaux.

À ce titre j’aimais tout particulièrement le style de Jean Chrétien que je trouvais juste et direct. Je trouvais qu’il savait parfaitement tenir sa place dans pratiquement tous les forums internationaux. Harper avait adopté une rhétorique qui franchement m’ennuyait, surtout à la fin de son règne.

Malheureusement, je ne vois pas dans la forme de communication adoptée par Trudeau, la moindre annonciation d’un temps nouveau. En clair, à part la présence physique plutôt agréable du personnage, je n’observe pas pour le moment le moindre élan.

Le style d’un Pierre Elliott Trudeau ne plaisait certes pas à tout le monde, toujours est-il qu’il y avait dans l’homme un réel panache que certains peut-être confondaient avec une certaine arrogance.

Dans l’ère moderne, c’est je pense Brian Mulroney qui d’entre tous se distingue le plus. Tant dans sa vision contemporaine du libre-échange que dans sa force et sa détermination à mettre de l’avant les droits de la personne, comme le faisait François Mitterrand au même moment sur le Vieux Continent. En plus son alacrité et sa politesse naturelle, la qualité de sa langue (dans les deux langues officielles), tout cela passait plutôt bien partout à l’étranger.

Avec le jeune Trudeau, nous sommes loin de tout cela. Le Canada plus que jamais s’affirme comme une puissance moyenne qui ne fait ou ne fera pas trop de remous, s’affiche telle une lumière sans éclat qui ne brillera sans doute jamais bien fort au niveau du génie inventif, reléguant sur sa présence le pays à se contenter de peu de choses, essentiellement des rôles de soutient sur l’échiquier politique du Grand concert des nations.

Je me demande si cette platitude ne finira pas tôt ou tard par jouer des tours à notre Premier ministre et si l’effet qu’il produit encore actuellement, ne sera pas comme le déferlement de n’importe quelle vague, rien de plus qu’un petit clapotis avant de se faire absorber mollement par le sable de la lagune.

Il m’apparait désormais maintenant, que ce n’est certainement pas sur la personnalité d’un Justin Trudeau qu’il faudra compter pour finalement réinventer le Canada. Cela prend plus de clairvoyance et d’audace.

Alors, vu comme cela, les partis de l’opposition ont tout le temps de se trouver des chef(e)s qui s’ils ne remportent pas les prochaines élections seront fins prêt(e)s pour remplacer les libéraux au pied levé lors de la consultation suivante. Qui tout dépendamment du système électoral adopté pourrait tout aussi bien s’avérer être de plus courte durée.

Sur la scène provinciale je trouve qu’à l’international, notre Premier ministre Couillard fait plutôt mieux que bien. Il contribue à vendre un Québec qui telle une force tranquille en mouvement, progresse lentement mais toujours sûrement avec foi, le sens du devoir et de la détermination.

Les gens qui suivent la politique Trudeau de façon très superficielle le trouve formidable! C’est clair.

Qui a peur de Trudeau? SURTOUT les séparatistes québécois; d’ailleurs, expliquez-moi une chose: si leur dernier référendum a été « volé » comme ils aiment à le prétendre, pourquoi diable reportent-ils leur projet de prochain référendum ad nauseam???

Si les Québécois, pas totalement stupides, avaient le moindrement le sentiment d’avoir été « volés » en 1995, ne se jetteraient-ils pas massivement dans les bras du PQ? Or, c’est exactement le CONTRAIRE qui se passe. Le PQ RECULE et RÉGRESSE sondage après sondage et élection après élection depuis ce référendum.

Y-a-t’il quelqu’un au PQ qui est à LÉCOUTE du peule???

Cher François, c’est parce que l’article que tu es invité à commenter parle du premier ministre du Canada, Justin Trudeau.
Ton obsession du PQ te fait encore une fois délirer et nous distrait de l’objet d’aujourd’hui.
Sors-en ! C’est lassant à le fin.

Je côtoie régulièrement des immigrés, particulièrement dans la région de Mtl. Je les divise en 2 groupes: ceux qui sont entrés par la porte d’en arrière, i.e. ceux que Chrétien à fait assermenter à toute vitesse sans qu’ils aient rempli les conditions nécessaires. C’étaient tous des allophones. Deuxième groupe: des immigrés francophone qui devaient être assermentés bien avant la date du référendum, mais dont on retardait par toutes sortes d’entourloupètes (comme seul les fonfons ont la recette) pour qu’ils ne puissent voter au référendum.
C’est ce que l’on appelle du VOL!!!!! Et des gestes illégaux commis par le gouvernement du Canada!
Et je ne parle pas ici de tous ces Anglos des autres provinces qui se sont inscrits ici à l’aide d’adresses de membres de leur famille demeurées ici.
On peut bien ignorer ce que l’on veut @François, ça ne changera pas la vérité historique.
En passant, vous connaissez une façon plus démocratique de donner la parole au peuple qu’un référendum? Ce mot qui fait tellement peur à certains politiques…
Beaucoup de Québécois, sans trop d’éducation, préfèrent se laisser mener plutôt que de se prendre en main. Comme des « tanguy » qui préfèrent rester chez leurs parents plutôt que de voler de leurs propres ailes…

@richard & co .qui ont soif de « vérité « . Et si on se tenait juste aux faits ?
Au Québec seulement 7,7 % de la population est anglophone, et 12,3 % est allophone (immigrés) .Ça fait un gros 20% de toute la population du Québec.
78,1% est francophone !…de souche /pure laine.- Oui Monsieur !-
Même si tous les anglophones et les allophones (immigrés) votaient contre le PQ, ou l’Independence, – ce qui n’est pas tout à fait le cas, et vous le savez fort bien ..voir les Maka Kotto & Osvaldo Nuñez – il reste une « masse critique » des francophones de souche ,qui peut AMPLEMENT faire pencher la balance – si elle la voudrait !-
Alors, tous ceux qui faute de « s’assumer », trouvent des raisons pour leur « défaite » …indépendantiste … de grâce, concentrez vos efforts sur « les vôtres ». – puisque vous traitez les « autres » en …ennemi – Il y a quasiment 30% des votes a « chercher » dans vos rangs. En regardant la froide vérité des statistiques , il faut se rendre à l`évidence ;
l’ennemi …est parmi « vous » – les Québécois francophones …de souche /pure laine. – Un maigre 1% de différence ! Et vous continuer a blâmer les anglophones et les allophones . Marre , marre , marre …de ce discours. fr.wikipedia.org/wiki/Démographie_linguistique_du_Québec‎

Avec son ouverture, sa détermination, son honnêteté Justin Trudeau saura répondre aux besoins de compétences en s’entourant de gens qui sauront les combler.

Trudeau n’est qu’un mirage, une marionnette manipulée par la direction du PLC, un semblant de chef de parti. Sa popularité vient surtout du fait qu’Il est l’antithèse même de Stephen Harper que la population ne pouvait plus sentir. Ça va durer un certain temps et les gens vont finir par enlever leurs lunettes roses. Doit-on avoir peur de Justin Trudeau ? Oui et non. Il a su convaincre la jeune génération de voter pour lui. Une génération qui, en général, ne sait que peu de choses sur la politique et qui ne sait pas pourquoi la souveraineté du Québec pourrait être une bonne chose. Lorsque son étoile pâlira, et ce n’est qu’une question de temps, espérons qu’il aura su donner le goût aux jeunes de s’intéresser à la politique. Ce qui, il va sans dire, ne serait qu’être bon pour les souverainistes. D’ici là, méfions-nous de son faux sourire car il cache l’hypocrisie libérale qui tient les ficelles de la marionnette.

@Paul C. : « Il a su convaincre la jeune génération de voter pour lui. Une génération qui, en général, ne sait que peu de choses sur la politique et qui ne sait pas pourquoi la souveraineté du Québec pourrait être une bonne chose. » MERCI pour la confiance que vous avez dans la jeune génération ! Good to know …comme on dit en chinois ! C’est du renforcement positif ça ! Mais ,… en passant : ont ils des parents ces jeunes ? quelqu’un les a élevés, éduqués , formés ,…OUI ? NON ? peut-être ??? Qui ? ! Un …guess anyone ?!!

Qui a peur de Justin Trudeau ? Tous ceux qui connaissent le proverbe Tel père , tel fils. À quand les mensonges sur le renouvellement de la Constitution, les déficits colossaux, le mépris, l’arrogance, le cynisme.. et les mesures de guerre ?. Derrière le jeune et fringant second, au sourire de publicité pour pâte dentifrice, grouille le même panier de vieux crabes du temps de Papa PET , de Chrétien, Dion et compagnie. Quant au # remarquable effet Trudeau au Québec# vous repasserez. Je ne ne vois , à ce jour, que tergiversations , pichenettes et stratégie douteuse. Mais il est vrai qu’entre Couillard et Trudeau on peut hésiter un instant…avant de désigner le plus toxique…

@Patrick Coppens: pour le « panier des crabes » , je pense que vous citez …Jacques Parizeau. Je me trompe ?!

Les québécois ne savent pas voter. C’est clair. Le petit Trudeau a un peu de charisme et il gaspille l’argent comme de l’eau. Faut croire que les québécois sont attirés vers ça. Malheureusement, l’argent gaspillé ne vient pas au Québec. Non, au Québec, ont paye Ottawa, et Ottawa n’investit pas ici, ou, s’il investi au Québec, c’est pour faire déménager nos compagnies en Ontario. Ça été clairement dit à Bombardier. La journée que les Beaudoin cèderont le pouvoir, Ottawa va donner $1 milliard à Bombardier. La journée que les Beaudoin vont céder le pouvoir, Bombardier s’en va directement en Ontario. Ils sont fous ces québécois. C’est très simple à comprendre. Ils sont fous …

Ah! Bon Les Québecois ne savent pas voter! Que c’ est drôle il ne sont pas encore indépendants !

Mme Hébert , personne n’ a peur de Trudeau fils , c’ est juste qu’ il n’ a pas encore présenté 2 ou 3 budgets et là beaucoup plus de monde aura peur de selfie Trudeau et là il y aura plus de candidatures potentielles!!

pour ce qui est du NPD eux devrait avoir peur pour longtemps car le seul qui aurait pu attaquer le jeune Trudeau c’ est bien leur chef en stanby alors qu’ ils ont craché desus!