Qui a peur de la loi 101?

 

On savait depuis déjà depuis longtemps que le Parti québécois ferait de l’«identité» un de ses thèmes électoraux dominants.

Question de présenter les libéraux et les caquistes comme inactifs sur le sujet. Question de se positionner comme résolument anti-Harper.

Question aussi de reconquérir des appuis qui ont fui le PQ pour cause, entre autres, de cinq années de laisser-aller du gouvernement Bouchard sur les questions linguistique et nationale.

Pauline Marois, cette fois-ci, reprend sa promesse de renforcer la 101.  Faut dire que dans plusieurs chapitres, la Charte de la langue française n’est plus que l’ombre d’elle même. De nombreux jugements de tribunaux l’ont affaiblie à répétition depuis son adoption en 1977 par le gouvernement Lévesque.

Donc, dans les cent premiers jours, s’il est élu, le PQ promet une nouvelle loi 101 «plus forte, plus cohérente, plus ambitiueuse», dixit Pauline Marois. Entre autres choses, elle dit vouloir en étendre l’application à plus de 54 000 entreprises de 11 à 49 employés.

Elle promet aussi de mettre fin aux «écoles passerelles» – ces écoles anglaises privées non subventionnées, dont l’inscription coûte très cher.

Des écoles par lesquelles peuvent passer des parents francophones ou allophones dont les enfants n’ont pas droit à l’école anglaise pour leur «acheter» ensuite le droit à l’école anglaise subventionnée, privée ou publique. Une fois «acheté», rappelons que ce «droit» se transfère automatiquement à tous les frères, soeurs et futurs descendants…

La proposition la plus contentieuse, par contre, est celle d’appliquer la loi 101 aux cégeps. Les étudiants francophones et allophones n’auraient plus le «libre choix» de choisir la langue d’enseignement de leur cégep. Ils devraient alors fréquenter un cégep de langue française.

Les raisons?

Les reculs visibles et audibles du français. Des reculs recensés et documentés, entre autres, par les recensements et plusieurs études.

Le tout, principalement à Montréal où l’anglais et le français sont en situation de concurrence ouverte pour l’intégration des nouveaux arrivants, la langue de travail, etc.. Une situation unique au Canada.

Sans oublier – même si rares sont ceux à le noter – une situation linguistique qui a également ses propres problématiques dans la région de l’Outaouais.

Un geste nécessaire?

Très contentieuse, cette proposition soulève plusieurs questions.

– Peut-on ou non imposer à des personnes de plus de 18 ans (lorsque c’est le cas), la langue d’enseignement pour les études collégiales dans la mesure où on ne le fait pas pour l’université?

D’un autre côté, le fait que ces mêmes institutions soient subventionnées par l’ensemble des contribuables n’ouvre-t-il pas la porte à une obligation, hormis pour la communauté anglophone, de compléter ses études dans la langue officielle du Québec?

– Dans la population étudiante elle-même, comme le notait l’ex-président de la FECQ et candidat péquiste, Léo Bureau-Blouin, la proposition divise.

– À tort ou à raison, des parents francophones ont l’impression que l’accès au cégep anglais pour leurs enfants leur permettrait un meilleur apprentissage encore de la langue anglaise. Et ce, même si, dans les faits, ils ne sont qu’un tout petit nombre à s’en prévaloir. Et même si les francophones du Québec, toutes origines confondues, forment déjà le groupe linguistique majoritaire de loin le plus bilingue d’Amérique du Nord.

Or, dans une société démocratique, ce n’est pas parce qu’une mesure est «contentieuse», qu’elle doit être évaluée sous ce critère. Si tel était le cas, aucune réforme importante ne finirait par être adoptée. Aucune. Vraiment.

La vraie question pour toute réforme de fond est plutôt celle-ci: est-elle nécessaire?

Souvenirs d’une vraie tempête politique

Par exemple. lors de son adoption en 1977, la loi 101 avait profondément divisé le Québec.

Même si la mesure était urgente et vitale pour la survie du francais, non seulement les anglophones et la vaste majorité des allophones s’y opposaient farouchement, mais bien des francophones aussi.

Combien, parmi ces derniers, ne digéraient pas de voir l’école primaire et secondaire française devenir la règle obligatoire pour tous, exception faite de la communauté anglophone historique?

Même le conseil des ministres de René Lévesque était divisé sur la question!

René Lévesque lui-même a dû en être convaincu, à son corps défendant, par Camille Laurin, le ministre-père de la Loi 101.

Dans le milieu des affaires, au Canada anglais, dans la communauté anglophone et ses médias, on brandissait des menaces d’exode de sièges sociaux, d’anglophones et de capitaux!

Le discours de la peur était d’une puissance telle que Jacques Parizeau, alors ministre des Finances et fidèle allié de Camille Laurin, avait même dû constituer une «ligne de crédit de trois à quatre milliards de dollars au cas où la loi (101) aurait un effet négatif sur les marchés» (1).

C’est dire l’ampleur incroyable de la tempête politique qui soufflait à ce moment-là.

Ces menaces d’exode de capitaux, on les faisait même si avant l’adoption de la loi 101, pas moins de 85% des enfants allophones faisaient leur école primaire et secondaire en anglais… et non, en français. Une situation proprement suicidaire pour la survie du français.

Et pourtant, le gouvernement Lévesque – divisé lui-même -, contre tous ces vents et toutes ces marées, a fini par adopter la loi 101. Même imparfaite, même affaiblie ensuite par les tribunaux, sans elle, l’état actuel du français serait encore bien pire.

Un constat d’échec?

Aujourd’hui, le problème s’est déplacé au niveau collégial. C’est près de la moitié des allophones qui fréquentent un cégep de langue anglaise.

Trente-cinq ans après l’adoption de la loi 101 – la Charte de la langue française -, la situation ressemble à un constat d’échec. Tout au moins, partiel. D’autant plus qu’au niveau universitaire, une situation similaire persiste.

Pourrait-on même imaginer la situation inverse dans le reste du pays?

Peut-on seulement imaginer, s’il existait pour les francophones minoritaires dans le ROC des institutions d’éducation supérieure dans une mesure comparable à celles des Anglo-Québécois, qu’on y accepterait aussi facilement une situation où près de la moitié des allophones du ROC choisirait d’y étudier en français plutôt qu’en anglais? (Puisqu’il n’y a pas de «cégeps» au Canada anglais, pensons au niveau universitaire.)

Poser la question, c’est y répondre.

La situation ici est d’un surréalisme tel qu’on serait tenté de conclure à un échec partiel de la loi 101 quant à son objectif fondamental de faire du français la langue «normale et habituelle» de la vie au Québec – travail, commerce, éducation, etc..

Or, dans les faits, ce n’est pas tant la loi 101 qui a échoué, même partiellement ou même dans sa version édulcorée.

L’échec, le vrai, n’est-il pas plutôt celui des gouvernements qui, depuis quinze ans, n’ont pas levé le petit doigt pour tenter de contrer un recul du français qui, pourtant, commençait déjà à se mesurer?

L’échec, le vrai, n’est-il pas dans cette absence de volonté politique à agir de manière responsable pour renforcer le français? Quantitativement et qualitativement.

Ce qui – puisqu’il faut le répéter inlassablement -, n’exclut en rien l’apprentissage d’une deuxième ou d’une troisième langue. Bien au contraire.

Et politiquement?

Maintenant, s’il prenait le pouvoir, le PQ le ferait-il vraiment? Étendrait-il la loi 101 aux cégeps?

Devant les voix opposantes qui s’élèveraient, fortement, c’est certain, tiendrait-il le coup?Ou reculerait-il pour cause d’absence de «consensus»?

Pour le moment, la question, il va sans dire, est hypothétique.

Alors, la loi 101, vous l’appliqueriez, ou non, aux cégeps?

***

(1) Jean-Claude Picard, Camille Laurin. L’homme debout, Boréal, 2003, page 258.

 

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Est-ce que des écoles publiques hispanophones existent aux ÉU?

Pourquoi y aurait-il des écoles publiques anglophones dans une province francophone pour d’autres personnes que la communauté anglophone historique?

Donnez-moi juste une raison logique pour l’état de payer ces écoles!

Si on invoque la libârté, soit!, il existe le privé, déjà trop subventionné à mon goût!

Mne Legault,

Permettez-moi de vous faire respectueusement remarquer que si les Québécois avaient voté en faveur de l’indépendance, le débat sur la langue serait chose du passé. tous sauraient qu’ici c’est français. Hélas, nous en avons décidé autrement.

Avant donc, de critiquer les gouvernements, nous devrions tous avoir le courage de nous « regarder dans le miroir » à la fois collectivement et comme citoyen.

Au Québec, nous acceptons que 50% des fonds universitaires pour la recherche en médecine dans la région de Montréal se retrouvent dans les goussets d’une institution anglophone déjà largement suffisante financièrement parlant.

Les parents de nos jeunes insistent pour que l’école publique apprenne l’anglais à leurs enfants alors qu’ils ont du mal à maîtriser adéquatement le français. Une aberration.

Le problème au Québec, ce n’est ni les jeunes, ni les gouvernement mais bien plutôt une génération d’individus apathiques devant l’extinction de sa propre langue.

– Qu’on recommence le «débat linguistique»… d’accord (mais à quel prix ?)

– Qu’on essaie d’imposer aux entreprises de communiquer en français uniquement… – c’est déjà fait pour les grandes (et moyennes) entreprises. Mais, quand le téléphone sonne et à l’autre bout l’interlocuteur est américain, allemand ou chinois… pas sur qu’il apprécierait notre unilinguisme (volontaire ou imposé).

– Mais, de grâce, essayer de contraindre nos jeunes de ne plus développer des compétences et connaissances en anglais… c’est à mon avis, carrément irresponsable et équivaut à les confiner à un territoire (ou une idée ?) et en plus nie complètement l’ouverture au monde (qui – veux, veux pas – se passe beaucoup en anglais).

– Si on veut que les générations futures fonctionnent toujours en français au Québec, offrons leurs une CULTURE FORTE – et alors, elles vont pouvoir apprendre le russe, le chinois, l’espagnole ET… l’anglais (et cela va être une vraie richesse). C’est alors que nos jeunes vont s’épanouir et le sentiment d’appartenance à une langue (disons plutôt une CULTURE) va être prédominant et le «débat linguistique»… désuet.

Je suis francophone, francophile, polyglotte et futur étudiant d’un cégep anglophone. C’est un choix que j’ai fait, j’en suis fière, autant que de ma culture québécoise. Y a-t-il beaucoup de pays où l’on peut faire quelques années en immersion anglaise sans partir à des centaines de kilomètre de chez soi? Non, et c’est une richesse inestimable que nous possédons. La promesse du PQ d’appliquer la loi 101 aux Cégep me laisse croire que la préservation de la langue française au Québec doit passer, pour eux, par une perte au niveau de la culture personnelle et des habilités de communication avec le reste du Canada et les autres pays du monde. J’ai l’impression qu’on ne sait plus définir notre identité avec autre chose que cette vielle mentalité de fond de rang de campagne qui dit que tout ce qui vient de l’extérieur est foncièrement mauvais. Au Québec, nous ne savons plus définir notre attachement à notre langue par autre chose que par la haine de l’anglais… Si quelqu’un part quelques temps en Amérique du sud ou en Espagne pour y étudier, auront nous peur qu’il perde sa langue maternelle? Poser la question c’est y répondre… Nous avons si peur de l’anglais que nous oublions que c’est par notre bilinguisme que nous saurons construire une société de demain, certainement plurielle, mais tout aussi certainement unis dans son bilinguisme… Si nous désirons vraiment assurer la pérennité de la langue française il vaudrait mieux les programmes de français et d’anglais afin que chaque étudiant, du secteur francophone ou anglophone, en région ou à Montréal, à la sortie du secondaire, aie les capacités de s’exprimer dans les deux langues… Il nous faut une politique d’inclusion plutôt de d’exclusion. Les anglophones doivent sentir qu’ils sont bienvenus au Québec et qu’ils y ont leur place. Les francophones doivent sentir qu’ils peuvent être fiers de leur langue, la parler, sans complexe, et la parler bien avec tous. Bref, s’attaquer au cegep anglophone, c’est vouloir faire un coup de publicité pour dire qu’on fait quelque chose, mais si l’on veut vraiment être efficace, il faut regarder ailleurs.

La loi 101 est un masque, une hypocrisie. Le Québec est bilingue en fait mais, identité disctinte oblige, on doit faire semblant que c’est une province francophone sinon, on ne serait plus différent..Quel drame…

Il est important que le CEGEP devienne francophone pour tous à l’exception de ceux qui ont droit à l’éxucation en anglais. Important pour la survie et le développement de la culture francophone. En effet, il est fortement probable que les étudiants issus des communautés culturelles et même certains francophones qui choisissent de fréquenter le CEGEP anglophone choisissent de vivre en anglais: écouter la radio et la télé anglophones, lire les journaux et fréquenter le cinéma anglophones.
Par ailleurs, il faut redonner la fierté de parler et de vivre en français. Il faut aussi organiser l’enseignement de l’anglais, langue seconde, au primaire et au secondaire, de façon que tous les étudiants qui terminent le secondaire puissent s’exprimer couramment en anglais. C’est absolument nécessaire si l’on veut que le Québec et les québécois continuent de s’ouvrir sur le monde.

J.Legault avant dans votre site précédent vous avez tenu la ligne sur la vigilance linguistique comme je l’ai fait comme intervenant anonyme d’internet. Dans l’Actualité, la question se pose évidemment de la même façon.

Devant le sentiment d’infériorité des Québécois d’autant réel qu’il est refoulé, la tentation est forte chez les francophones de favoriser le libre choix partiellement, moyennement ou complètement.

Point de comparaison. En comparant le Québec en tant que seule province de langue française en cela autour de 79% de sa population et un pays unitaire culturellement comme l’Italie, la France ou l’Allemagne. La question ne se pose pas et de façon totale en ce qui regarde un faux droit de libre choix de langue d’enseignement. Les étudiants universitaires ou pré universitaires si c’est le cas vont à l’université en français en France, en allemand en Allemagne et en italien en Italie.

Les étudiants universitaires français qui sont fascinés par le modèle anglo-saxon vont étudier aux États Unis, à Londres en G.B. Certains étudiants minoritaires partout dans le monde qui cherchent l’université référence par ambition démesurée vont se rendre déjà à Londres, Boston, New York. Des étudiants étrangers dont plusieurs par leur mimétisme comportemental envers les centres économiques dominants ne font que prouver un attachement maladif envers le conformisme social le plus écrasant.

Bref, si des étudiants québécois francophones de souche ou d’immigration de France ou du Maghreb veulent étudier en anglais à Montréal à l’université c’est possible à McGill ou Concordia sans passer par Harvard. Et point d’importance, les deux ans de Cégep ont leur importance mais le Cégep balance entre le collégial et l’universitaire.
Le Cégep prolonge partiellement le secondaire et peut être régi par la loi 101. La liberté pour les francophones de se rendre aux universités anglaises subsistera.

De manière pratique comme symbolique, le français doit être officialisé dans un Québec qui est le seul État à l’américaine ou province canadienne à ne pas connaître l’anglais comme langue d’usage et maternelle majoritaire. L’église catholique ne contraint plus à faire 6 enfants par foyers, seul l’État peut protéger la langue française nord américaine qui est parlée par 2% des Nord américains.

L’histoire rappelle que des minorités se protègent. Le Québec ne peut pratiquer le libre choix sans se faire harakiri et en plus permettre le relâchement linguistique comme chez les libéraux ou caquistes ce ne serait que lâcheté et déshonneur.
Et le déshonneur dans les commerces de Montréal centre ville c’est se faire dire au mieux: i dont speak french!

Je me souviens du drame social provoqué par le simple mot « Arrêt » en remplacement de « Stop ».

Québec français, un combat perpétuel et constant, une lutte de chaque instant!

Courage valeureux compatriotes!

Pour moi, la Loi 101 est un échec partiel. Je suis Montréalais de « l’est » (né dans Maisonneuve, fait mon secondaire à St-Léonard, vécu aussi dans St-Michel, Rosemont, Mercier, Mtl-Nord et maintenant P.A.T.), il y a certains groupes qui ne veulent rien savoir du français.

Les raisons sont multiples: groupes qui sont arrivés avant la loi 101 (et la loi 22) et pour qui Montréal = Canada, donc anglophone. D’autres, parce qu’ils préfèrent la culture américaine (vous remarquerez que la plupart des allophones ne consomment pas de culture canadienne anglaise, seulement des produits de culture venant de nos voisins du sud). Et certains, parce qu’ils trouvent les « de souche » pathétiques (ne riez pas, c’est une chose que j’ai entendu à maintes reprises à Saint-Léonard).

Oui la loi 101 était nécessaire. Mais de bloquer le CÉGEP anglophone aux allophones et aux francophones ne changera absolument rien, ça ne fera que retarder le problème.

La solution, c’est d’éviter les ghettos ethniques et d’intégrer les gens à notre culture. Les allophones qui se sont le mieux intégrés, c’est ceux qui se sont fait des amis « de souche » en plus d’avoir des amis de leur communauté. Je ne parle pas du tout d’assimilation, j’ai des amis d’origines diverses qui se sont parfaitement intégrés sans oublier leurs racines.

Sortir la « strap » comme le PQ veut faire, ça ne règle pas du tout le problème.

Je crois qu’il est plus impérieux de s’attaquer aux PME qui nous ridiculisent depuis plus de 30 ans.

Qui contrôle l’économie contrôle le pays, c’est bien connu. Alors, il faut frapper là où le bât blesse. Il faut que les Néo-Québécois vivent une situation économique de francophones et non d’anglophones.

L’argent parle. Et si l’argent parle anglais, alors le message est clair : les francophones ne pèsent pas lourds. Vivement accoquinons-nous aux forts et aux puissants, les vrais maîtres : les anglophones. Preuves à l’appui.

Le français c’est peut-être bien beau, mais l’anglais met du beurre dans nos épinards.

Il faut que les employeurs québécois cessent d’exiger systématiquement une maîtrise de l’anglais pour donner un enploi à un Québécois francophone ou alophone.

Dans la restauration, dans l’hôtellerie, dans les commerces qui traitent avec une vaste clientelle, parler plusieurs langues est un atout. Mais lorsque vous n’avez aucun contact avec le public, exiger une connaissance approfondie de l’anglais ne s’impose pas.

Ou on est au Québec, pays francophone, ou on ne l’est pas. Le PQ devra trancher. Il est temps d’agir.

Une fois la question des PME réglée, l’attrait de l’anglais sera moins fort, celui du français plus fort et la question de la francisation des cégépiens sera réglée ipso facto. L’argent parle aussi français.

Peut-être devrait-on aussi étendre la loi 101 à l’écoute de la télévision? On devrait interdire l’écoute de la télévision en anglais aux francophones et surtout aux allophones. Selon votre logique cela aiderait le français a progresser avec les allophones en plus de certainement aider à leur assimilation à la culture. Il me semble que c’est bien le seul critère que vous considérer.

Dans tous les pays européens il y a des minorités linguistiques et partout on y apprend des langues secondes. Par contre l’enseignement dans les écoles et collèges publics se fait dans la langue nationale – en Italie on s’instruit en italien, en Allemagne on s’instruit en allemand, en Espagne on s’instruit en espagnol, en Hollande on s’instruit en hollandais, au Rocanada on s’instruit en anglais – au Québec, dans les écoles et collèges publics, on s’instruit…en anglais. P’tite vie coloniale va !!!

Pour ce qui est des CEGEPs, personnellement l’idée ne me déplaît pas mais force est d’admettre que ce ne sera pas une bataille facile
à mener tant sur le plan politique que sur celui des relations publiques ici et ailleurs.

Parfois, c’est important de se poser la question suivante : qu’est-ce qu’on veut vraiment?

Dans le cas des CEGEPs, me semble que l’objectif souhaité pourrait être atteint en imposant un examen de français assez rigoureux à tous les finissants, et qu’il serait obligatoire pour obtenir un diplôme. On imposerait cet examen à tous les CEGEPs, francophones et anglophones. Ça serait logique : le français est la langue officielle et tous nos diplômés collégiaux doivent en avoir une maîtrise adéquate.

Personnellement, j’imposerais cette mesure aux universités aussi. Ce qui aurait pour effet d’y faire penser deux fois à tous ceux qui viennent à McGill pour un diplôme à bon prix sans apprendre ne serait-ce que deux mots de français et qui quittent pour l’Ontario ou les USA le lendemain de la collation des grades. Encore là – c’est logique. Personne ne va prétendre que McGill existe pour former des médecins ou ingénieurs ontariens, albertains ou bostonnais aux frais des contribuables québécois. C’est donc normal que les gens qui y étudient connaissent la langue de la société où ils sont censés faire carrière. Rien de plus normal.

Jusqu’à il y a 10-15 ans je crois, l’université bilingue d’Ottawa imposait un examen dans l’autre langue (anglais ou français) pour l’obtention du diplôme, et ce peu importe le domaine d’études. Ils ont abandonné cette pratique en raison de l’augmentation constante de leurs effectifs anglophones, et le fait que beaucoup d’anglos ontariens menaçaient de bouder l’U d’O si on les obligeait d’apprendre un peu de français.

Une autre possibilité, ça serait de fusionner le réseau collégial et que l’enseignement y soit dispensé à 80% en français et à 20% en anglais pour tous. Je récupère ici l’idée générale d’une proposition faite par le Greater Quebec Movement il y plusieurs années, mais qui visait les écoles primaires et secondaires. Cette proposition pleine de bon sens est malheureusement non réalisable car le réseau primaire et secondaire en anglais est protégé constitutionnellement. Ce qui n’est pas le cas pour le réseau collégial, par contre.

Une telle mesure provoquerait certes une levée de boucliers de la part des anglophones qui ne voudraient pas que l’on touche à leurs institutions, qu’elles soient garanties constitutionnellement ou non.

Vous décrivez très bien la situation. Ce rappel historique est éclairant et l’inversion des situations est une argument que j’utilise souvent pour faire comprendre le ridicule des réactions qu’on entend encore aujourd’hui quand il est question de langue.

L’arguement du financement public est, quant à moi, le plus incontournable. Personne n’oblige les cégepiens à faire leur parcours en français. Sauf que s’ils veulent faire ce parcours en anglais, ils ne pourront compter sur le financement de cette société en état de légitime défense.

Et franchement, qu’y a-t-il de plus au cegep anglophone ? À part cet anglais que l’immense majorité des Québécois bilingue ont appris autrement qu’à l’école publique.

En précisant la petite proportion des étudiants qui serait incommodée par cette décision, il faudra remettre froidement le tout en perspective car on ne manquera pas de nous montrer le « perfect storm » dans notre petit verre d’eau. Vivement la normalité.

Ce qui me désole des québécois c’est leur attitude envers leur langue maternelle. Bien sûr qu’il faut renforcer la loi 101 en l’appliquant aussi aux cegeps. Mais on aura beau passer toutes les lois qu’on voudra, c’est d’abord dans le comportement individuel de tous les francophones que le français s’imposera le mieux.

Si le PQ n’applique pas la loi 101 aux cégeps, il devrait au moins y obliger des cours de français et pas seulement pour débutant, y obliger une épreuve uniforme de français comme on en retrouve dans les cégeps francophones, ainsi qu’un cours sur l’histoire du Québec contemporain.

Un jeune québécois a mille occasions d’apprendre l’anglais. Le cégep anglophone n’en est qu’une.

La proposition d’Option nationale est beaucoup plus raisonnable puisqu’elle s’applique seulement pour ceux qui n’ont pas encore 18 ans. On ne prive donc pas un adulte de 35 ans qui maîtrise bien son français et qui veut améliorer son anglais d’étudier dans une langue seconde ( on pourrait même étudier dans une autre langue que l’anglais…par exemple l’espagnol ? l’allemand ? )

Personnellement je serais en faveur de cette application au cégeps. Je persiste a croire que notre langue et notre culture sont toujours au bord de l’assimilation et que le ROC ne rêve que de ça depuis la réunion du haut et du bas Canada en 1860.

Bien sûr les francophones frileux , les francophones francophobes ( et oui ça existe ) et les anglophones du Québec feront tout en leurs pouvoirs pour nous faire passer encore une fois pour des racistes si un PQ élu irait de l’avant .

Droit inaliénable de tous les citoyens du Québec de travailler en français dans tous les emplois . Même le gouvernement ne respecte pas cela à preuve je viens de recevoir mon feuillet pour voter entièrement bilingue .
MICHEL

Une nouvelle loi 101 appliquée au CEGEP ? Évidemment qu’il faut le faire.

Pour quelle raison devrait-on, comme société subventionner notre propre assimilation ?

Les opposants à cette mesure, pour beaucoup, disent vouloir, en fréquentant un cégep anglophone, vouloir améliorer leur connaissance de la langue anglaise. Alors prenons-les au mot. Que le gouvernement installe des cours d’anglais, des vrais, auxquels les étudiants désireux d’améliorer leur connaissance de l’anglais s’inscriront, et pourquoi pas à leurs frais.

Lors de l’adoption de la loi 101 originale, nous avons entendu de nombreuses personnes crier au loup. D’après elles, le Québec ne s’en relèverait pas. Ce serait la déchéance sur tous les fronts. La catastrophe ne s’est pas produite, au contraire.

Aujourd’hui, il est grandement temps que nous passions à la prochaine étape : le cégep. C’est la seule façon d’aider au maintien de notre langue au Canada et en Amérique.

Et si cela s’avérerait nécessaire, il ne faudrait surtout pas hésiter à utiliser la clause dérogatoire de la Constitution que le Québec n’a jamais signée. Si le ROC l’y a inscrit, c’est pour qu’elle soit utilisée me semble-t-il !

«Si tu te fais ver de terre, ne te surprend pas si l’on t’écrase d’un pied»

[Emmanuel Kant]

« Life, liberty and the pursuit of happiness », disent les Américains.

« Le Français, la contrainte et la poursuite des anglophones », disent les PQistes et les séparatistes. Pas surprenant que le Québec n’est presque jamais le premier choix des meilleurs immigrants.

Pendant ce temps, les écoles primaires et secondaires anglophones du Québec sont en voie de disparition: cela ne soulève aucune indignation. Mais si un insecte ou une araignée était en voie de disparition au Québec, la réaction serait très plus positive et indignée.

Voilà le Québec d’aujourd’hui: une cultre qui s’occupe plus d’un insecte en voie de disparition que d’une école anglophone en voie de disparition.

@ Michel COJAN # 3

Je ne vois pas comment vous pouvez assimiler un renforcement de la loi 101 et des dispositions pour qu’elle s’applique aux cégeps à « contraindre nos jeunes de ne plus développer des compétences et connaissances en anglais.»

Absolument rien n’empêcherait n’importe quel citoyen à faire l’apprentissage d’une langue ou d’une autre si nous adoptions des mesures de renforcement de la loi 101 tel qu’évoqué dans ce billet. Est-ce que le fait de fonctionner en français implique nécessairement de mettre de côté l’apprentissage d’une autre langue ?

Si l’anglais est si important pour nos jeunes, alors il faut leur donner de bons cours d’anglais. Si nous permettons à tout un chacun de fréquenter des institutions subventionnées anglophones, c’est directement la survie du français au Québec que l’on met en cause. Votre façon de voir me semble bien une forme néfaste de myopie sociale. Je craindrais alors la « louisiannisation » du Québec. L’État québécois ne doit pas subventionner sa propre assimilation.

Nous sommes certainement capable au Québec de marcher tout en mâchant de la gomme.

Mais ne vous leurrez pas. Au Québec, dans le contexte anglophone nord-américain, le débat linguistique ne disparaîtra vraiment jamais. Nous sommes en quelque sorte un « village gaulois ». 😉

«Le bruit de la vérité les épouvante comme la crécelle d’un lépreux.»
[Henry de Montherlant]

@ Philippe Belzile # 11

Évidemment votre proposition est ridicule. Votre attitude démontre bien que pour certaines personnes la survie d’une nation n’est que foutaise.

Votre intervention est une invitation directe à des prises de position extrêmes qui ne permettront jamais d’aboutir à une paix sociale qui ne serait pas acquise par la violence ou la soumission.

Bref vous faites de la provocation comme Charest l’a fait en décrétant unilatéralement des hausses pour les étudiants du cégep et de l’université. Mais n’oubliez pas, qui sème le vent récolte la tempête.

Le CEGEP en français obligatoire?

Ce n’est qu’un autre écran de fumée!!!

Le problème se situe au niveau de la qualité de l’enseignement de la langue française au primaire et au secondaire.

Si à la sortie du secondaire la qualité de la langue française parlée et écrite était au rendez-vous, le problème ne se poserait pas.

Compter sur les études collégiales pour maintenir ou améliorer la qualité de la connaissance de la langue française pour l’ensemble de la population, c’est pelleter le problème par en avant et faire de la procrastination deux années de plus, tout au plus.

La priorité se doit d’être mise durant le cursus primaire et secondaire.

Une fois cela acquis, bienvenu dans l’apprentissage de langues secondes, primordiales dans l’évolution d’un être humain. À moins qu’à l’instar des canadiens-anglais, l’on veuille demeurer des unilingues heureux et repliés sur soi…

@ Simon M # 4

Bien que vous soyez polyglotte, vous confondez bien des choses. D’abord ne pas vouloir subventionner par mes taxes l’assimilation du Québec, ce n’est pas haïr l’anglais.

Ensuite, favoriser le renforcement de la langue française sur notre territoire est loin d’être un retour à l’isolationnisme que nous avons vécu au lendemain de la conquête. Vous faites allègrement mais très maladroitement référence à un folklore révolu.

Vous effleurer une solution quand vous écrivez :
«Si quelqu’un part quelques temps en Amérique du sud ou en Espagne pour y étudier, auront nous peur qu’il perde sa langue maternelle?» Et comme vous le dites si bien : « Poser la question c’est y répondre…».

Évidemment nous devons répondre non à votre question, bien que de très nombreux Canadiens-français de la fin du XIX ème siècle qui se sont expartiés aux « States » ne sont jamais revenus et la Nouvelle-Angleterre n’est devenue francophone pour autant. Alors, comme quelqu’un qui souhaite parfaire son espagnol ira en Espagne ou au Mexique, serait-il abusif de dire à une personne qui désire parfaire son anglais d’aller en Ontario aux USA ou à Londres ? Votre logique est excellente.

«Une loi ne pourra jamais obliger un homme à m’aimer mais il est important qu’elle lui interdise de me lyncher.»
[Martin Luther King]

«C’est près de la moitié des allophones qui fréquentent un cégep de langue anglaise.»

Je lis cette phrase un peu partout. Pourtant, les données les plus récentes montrent seulement 36 % des nouvelles inscriptions au cégep des élèves dont la langue maternelle n’était ni le français ni l’anglais swe faisait dans des cégeps anglophones en 2009. Avez-vous une source plus récente pour appuyer votre point de vue?

Cette donnée vient d’une étude Conseil supérieur de la langue française datant de 2011. Voir le graphique 2 de la page numérotée 6 de http://www.cslf.gouv.qc.ca/publications/avis205/a205.pdf .

@Denis Drouin,

Merci pour la réplique j’aime bien le débat.

Mais je ne comprend pas comment ma proposition est ridicule. Ne limite-t-on pas déjà le % de chansons anglophone sur les radios francophones? Je comprend qu’il s’agit d’un très grand pas de forcer les allophones à seulement avoir accès à la télévision francophone, mais cela aurait certainement plus d’effet que de limiter l’accès au cégep en anglais.

@ SensCommunRugueux

Votre commentaire mène à une certaine réflexion. Il est évident que nous devons rechercher la plus haute qualité en tout, y compris dans l’enseignement du français ainsi que dans l’enseignement de l’anglais.

Mais même si la qualité de l’enseignement du français était significativement accrue cela n’implique pas nécessairement que nous devrions ouvrir les vannes à la fréquentation des écoles anglophones dont les cégeps. Même si la qualité de l’usage du français s’accroit ceci ne nous met nullement à l’abri d’un accroissement significatif de l’anglais dans notre société et conséquemment d’un accroissement du danger de l’assimilation.

La qualité des locuteurs est certes un point important qu’il ne faut pas négliger. Mais le facteur critique est le nombre de locuteurs francophones. Si nous ne pouvons pas endiguer les déplacements linguistiques vers l’anglais je ne donne pas cher de notre peau francophone dans 25 prochaines années.

Aussi je pense que si le Québec ne veut pas être, un jour, une ancienne société francophone ouverte sur plusieurs autres langues, nous devons accepter d’agir sur plusieurs fronts en même temps dont celui de la qualité de la langue mais également ( et quant à moi avant tout ) sur le nombre de locuteurs en évitant les transferts linguistiques vers l’anglais et en accroissant l’adoption du français par les émigrants.

«Lorsqu’une question soulève des opinions violemment contradictoires, on peut assurer qu’elle appartient au domaine de la croyance et non à celui de la connaissance.»[Voltaire]

Le français est menacé au Québec.

La minorité anglophone du Québec est sûrement parmi les plus choyées au monde. La radio anglophone semble être majoritaire à Montréal. Un réseau hospitalier anglophone gras dur, avec un CHU svp. Avec trois universités anglophones pour 7% de vrais anglophones, va-t-on pour une fois s’interroger sur le degré de subvention des universités anglophones du Québec eu égard au poids démographique des vrais anglophones du Québec ?

On en est rendu au point où le Québec finance lui-même son assimilation à l’anglais : alors que les véritables anglophones représentent 7 % de la population du Québec, le réseau collégial et universitaire anglophone québécois reçoit environ 25 % des subventions. Ce qui revient à dire que les universités francophones ne reçoivent pas la juste part qu’elles devraient avoir. On en est rendu au point où le Québec finance lui-même son assimilation à l’anglais. À quand une Commission d’enquête sur cette situation absurde?

Pour une question de justice envers la majorité, il est grand temps que le réseau d’enseignement anglophone au Québec ne soit subventionné qu’au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec, et ce à tous les niveaux : primaire, secondaire, et surtout aux niveaux collégial et universitaire.

Nous sommes en train de perdre notre pays, le Québec. 400 ans d’essouchage, de défrichage et de développement pour en arriver là ?

Le français, en Amérique depuis 400 ans. Le français, qui a été parlé dans toute l’Amérique du Nord par nos ancêtres. Le français, de plus en plus menacé dans notre pays le Québec.
OUI au Cégep en français.
NON au surfinancement du réseau anglophone au TRIPLE de : leur pourcentage de population.
Qu’on se le dise : « Au Québec, c’est en français que ça se passe. »

Je suis une allophone qui est arrivée au pays il y a 10 ans. J’ai étudié dans une autre langue et en sachant que j’arrive au Québec j’ai appris le français. J’aimerai comprendre pourquoi on réagit comme cela quand dans le reste du Canada les gens peuvent apprendre en français sans problème. Par exemple à Toronto mon amie a inscrit ses enfants à l’école publique en français sans problème. Elle ne doit pas payer des frais pour avoir droit à étudier en anglais. De plus, il me semble qu’on vit au Canada donc on devrait peut-être regarder les autres provinces s’ils réagissent de la même façon.
Je ne pense pas qu’on imposant aux gens d’étudier en français vous allez réussir à garder le français. Par exemple, j’ai des amis à Montréal que leurs enfants étudient en français (car c’est la loi) mais ils parlent juste anglais de qu’ils quittent l’école donc selon moi le problème n’est pas résolu. Moi je vais faire tous les efforts pour que mes enfants soient bilingues, car on vit au Canada et les langues officielles sont anglais et français.

Une loi obligeant les étrangers et les colonisés du Québec de respecter notre droit sacré de Vivre en français dans tous les emplois.

MICHEL

À noter dans vos carnets = Josée Legault est la femme la plus intelligente au monde concernant tous les sujets
C,est ce que je constate et VOIR s’ennuit

MICHEL