Qui veut diriger le Bloc ?

La course au leadership du Bloc québécois met en scène trois candidats très différents, qui tenteront de séduire les 53 000 membres du parti. Le vainqueur sera connu le 11 décembre.

Qui veut diriger le Bloc ?

LA SURVIVANTE
Maria Mourani

42 ans
Née à Abidjan (Côte d’Ivoire), arrivée au Québec en 1988
«
Le Bloc est le seul parti québécois aux Communes. Les autres sont canadiens et ne représentent pas nos valeurs. »

Depuis son élection, en 2004, Maria Mourani est sur un siège éjectable. Ses victoires dans la circonscription d’Ahuntsic, à Mont­réal, sont toujours à l’arraché. Pourtant, elle est l’un des quatre députés à avoir sur­vécu à la vague orange du 2 mai dernier.

Elle veut succéder à Gilles Duceppe en étant très présente sur le terrain et en mobilisant la base. « Le parti a souvent imposé une plateforme électorale à ses militants. Ce doit être l’inverse. Il faut libérer la parole des militants », dit-elle.

Perçue comme un électron libre, Maria Mourani souhaite que le Bloc soit rassembleur et unisse les forces souverainistes du Québec. Même si le PQ est « le parti frère du Bloc et le restera », plus question sous son règne d’appuyer officiellement un parti lors des élections provinciales. Elle veut ainsi mieux refléter la diversité du mouvement, notamment avec Québec solidaire et les plus petits partis indépendantistes.

 


LE JEUNE LOUP

Jean-François Fortin

38 ans
Né à Montréal, déménagé à Sainte-Flavie (Gaspésie) à six ans
«
Je veux un mandat  clair de changement. Il faut adapter le Bloc au 21e siècle. »

Réussir à se faire élire une première fois au milieu d’une vague néo-démocrate sans précédent, c’est en soit un exploit digne de mention. Mais Jean-François Fortin, député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane- Matapédia, n’est pas rassasié : il veut maintenant diriger son parti.

Il souhaite redonner le Bloc à ses membres. « Il faut davantage consulter, être prêt à s’adapter et décentraliser les décisions », dit-il. Les régions doivent pouvoir compter sur le Bloc pour défendre leurs réalités, leurs valeurs. « Il faut un mécanisme régional fort, qui insuffle de nouvelles idées au parti. »

Le 2 mai, le message des Québécois a été clair, selon lui : « Changez, ou on va vous faire disparaître ! » Le plus jeune candidat de la course a compris. « Le parti a failli ne pas survivre, et on ne s’est toujours pas relevé. Il faut ras­sembler les militants, unir le parti et définir le Bloc du 21e siècle », dit-il.

 


LE VÉTÉRAN

Daniel Paillé

61 ans
Né à Montréal
«
Si on a les mêmes ingrédients, on va faire le même gâteau. Il faut changer le Bloc. »

 

Daniel Paillé se croyait trop vieux pour rebâtir le Bloc québécois. En juin, il déclarait aux médias ne pas être désireux de succéder à Gilles Duceppe. Mais en août, Jacques Parizeau l’invite au restaurant et lui lance : « Ima­gine ce que je n’aurais pas fait si j’avais arrêté à ton âge ! » L’ancien premier ministre, qui a nommé Paillé ministre de l’Industrie et du Commerce en 1994, le regarde dans les yeux. « C’est à ton tour de prendre le relais. »

En septembre, Daniel Paillé rencontre son bon ami Gilles Duceppe. Ils discutent des problèmes du Bloc et de l’avenir du mouvement souverainiste. Les anciens députés et les militants sont de plus en plus nombreux à souhaiter que Paillé entre dans la course, ce qui le convainc.

La défaite du 2 mai « a frappé très dur, mais ce n’est pas une raison pour abandonner », dit-il. Militant souverainiste depuis 1966, il estime que l’indépendance doit être au cœur de la mission du Bloc. « Pour le reste, tout est sur la table. »

Le Bloc québécois doit changer. Il faut alléger sa structure et amincir l’équipe à la permanence du parti. « Le Bloc doit aussi être plus à l’écoute des militants », dit-il. Daniel Paillé mise sur son expérience, son aisance avec les médias et sa notoriété. « Je suis le mieux placé pour redresser le Bloc. » Il en veut pour preuve ses années passées dans le secteur privé, où il a redressé des entreprises, notamment à la Caisse de dépôt et à la SGF.

 

À LA UNE

Depuis la raclée du 2 mai, la présence du Bloc québécois dans les médias est en chute libre. À tel point que, du 1er septembre au 14 octobre derniers, le poids médiatique d’un défenseur peu connu du Canadien, Raphael Diaz, était équivalent à celui des quatre députés (André Bellavance, Jean-François Fortin, Maria Mourani et Louis Plamondon).

 

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