Rapatriement de la Constitution : l’histoire revue et corrigée

La nuit du 4 novembre 1981 est entrée dans la légende sous le vocable, au Québec, de la Nuit des longs couteaux après que le fédéral et les neuf autres provinces se soient entendues sans le Québec sur les modalités du rapatriement de la Constitution, y compris une nouvelle formule d’amendement.

On a toujours dit que cet accord était le fruit d’un conciliabule entre le ministre fédéral de la Justice du temps, Jean Chrétien, et ses homologues ontarien et saskatchewanais, Roy McMurtry et Roy Romanow, conciliabule tenu dans une cuisinette du Château Laurier à Ottawa. Cette version est toutefois contestée depuis des années par un des acteurs de cette conférence des premiers ministres, le Terre-neuvien Brian Peckford. Et la Canadian Encyclopedia vient de lui donner raison.

Après avoir examiné les documents soumis par Peckford et interrogé plusieurs des participants à ces négociations, l’historien Stephen Azzi a révisé la rubrique de l’encyclopédie portant sur cet épisode. Il y reprend la version donnée par M. Peckford dans l’autobiographie qu’il vient de publier.

M. Peckford affirme que l’entente de 1981 s’inspirait d’une proposition de son cru et non de ce sommet à trois dans la cuisine. Il explique que durant la fameuse nuit, il a soumis son idée à sept membres de ce qu’on appelait alors la Gang des huit. Au cours de l’année précédente, ces huit provinces avaient fait front commun contre le rapatriement unilatéral de la constitution. L’Ontario et le Nouveau-Brunswick n’en faisaient pas partie, mais le Québec, oui.

Or, René Lévesque n’a pas été consulté cette nuit-là par M. Peckford qui a par contre cherché l’appui des autres membres du groupe avant de rallier l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et le fédéral.

Finalement, Brian Peckford tient à obtenir le crédit pour l’entente, mais récolte du même souffle une grosse part de la responsabilité de l’isolement du Québec. Étrange badge d’honneur.

MISE À JOUR: M. Peckford se défend d’avoir isolé le Québec. Il affirme avoir tenté de rejoindre la délégation québécoise cette nuit-là, sans succès. Et il est persuadé que, de toutes façons, l’entourage de René Lévesque ne voulait pas d’entente.

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Contrairement à toutes les autres délégations, René Lévesque et son groupe avaient choisi de ne pas coucher à Ottawa, mais de l’autre côté de la rivière, à Hull. En l’occurrence, difficile de les consulter. D’ailleurs, le chef du PQ avait lui-même, lors de la même conférence, trahi d’autres premiers-ministres, dont Peter Lougheed, de l’Alberta. Lévesque a voulu jouet au poker, et sa province en est sortie perdante.

Cessons les mythes et cessons de pser en martyres.

Dire que depuis 35 ans de loyaux serviteurs du Rocanada au Québec s’époumonent à faire croire à des imbéciles que c’est René Lévesque qui aurait trahi les autres provinces lors de son isolement des sept autres provinces s’opposant au rapatriement de PET; il ne faut pas être culotté à peu près pour véhiculer une telle traître infamie .

Ce que l’histoire ne dit pas est que cette nuit-là, René Lévesque n’était pas en condition pour assister à aucune réunion, c’est pourquoi, au lieu de l’appeler la nuit des grands couteaux, je l’ai toujours appelé la nuit de la grosse brosse.

On nous a passé deux sapins:
en 1982, comme décrit plus haut
rt en 1867. Un véritable piège à cons.
Voir : jemesouviens.net

M. Chastenay, avez-vous des preuves? Facile d’accuser un mort.

Il n’y a pas de ligne téléphonique entre Ottawa et Hull? Et quelles étaient ces «trahisons» M. Voeckler?

Savoir qui est coupable de trahison ne m’intéresse pas. Pour moi, ce qui est important, c’est que les Québécois n’ont pas signé ni la constitution de 1982 ni celle de 1987. Pourquoi le gouvernement fédéral n’a-t-il pas soumis le rapatriement de la constitution par référendum ? Avait-il peur des résultats au Québec ? Les référendums sont des moyens très démocratiques. Le fédéral est-il un défenseur de la démocratie?

Bruno Dussault

Peckford ou non, le fait demeure que la province de Québec s’est trouvée isolée cette nuit là et que 9 provinces acoquinées avec le gouvernement fédéral ont procédé au rapatriement de la constitution sans l’accord de la seconde province la plus populeuse et le foyer des francophones d’Amérique (comme symbole, dure à battre).

«Shame on whoever there were!»

Brian Peckford a beau se dire persuadé que l’entourage de René Lévesque ne voulait pas d’entente, voici une note discordante:

http://www.ledevoir.com/politique/canada/347164/rapatriement-de-la-constitution-30-ans-plus-tard-le-jour-ou-le-canada-s-est-fractionne

M. Voeckler,

Bien que les téléphones cellulaires n’existaient pas à cette époque, c’était Bell Canada des 2 côtés qui possédait le monopole, il y a 3 ponts qui enjambe la «Ottawa River» et il est assez difficile de camoufler toute une délégation provinciale dans un cagibi.

En quoi elle consiste la trahison de René Lévesque? Avoir reconnu le droit du gouvernement fédéral de pouvoir tenir son propre référendum? Si il y avait un «bluff», c’est celui-là de la part de Pierre-Elliot Trudeau!!!

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