Rapport de force faussé

Le gouvernement fédéral a décidé d’avoir recours à toutes les armes de son arsenal pour tenter d’empêcher une grève des agents de bord d’Air Canada. Ces derniers ont rejeté la deuxième entente de principe intervenue entre leur syndicat et l’employeur. Depuis, l’avis de grève a été donné et la ministre du Travail, Lisa Raitt, a aussitôt averti que le gouvernement serait «prêt à agir afin de protéger la situation économique précaire du Canada», y compris avoir recours à une loi spéciale de retour au travail.

En fait, elle en a toujours eu l’intention puisqu’elle a avisé les Communes le 20 septembre dernier, soit le même jour où l’entente était conclue, qu’elle présenterait un projet de loi en ce sens advenant un arrêt de travail. Comme ce dernier pourrait démarrer avant la reprise des travaux parlementaires lundi, elle a annoncé qu’elle référait le dossier au Conseil canadien des relations industrielles. Théoriquement, le recours au lock-out ou à la grève est interdit tant que le Conseil est saisi du dossier, mais les employés envisageaient quand même aller de l’avant.

Comme je l’écrivais dans le Devoir ce matin (désolée pour l’absence de lien, mais le texte est verrouillé), les conservateurs ont décidé, depuis leur élection le 2 mai dernier, d’adopter la ligne dure à l’endroit des syndicats ayant recours à la grève dans des entreprises relevant du fédéral. Lorsque la grève a été envisagée par les employés du service à la clientèle et des ventes d’Air Canada, les travailleurs des postes, les employés de la Voie maritime du Saint-Laurent, les agents de bord d’Air Canada, le gouvernement a brandi à chaque fois le spectre de la loi spéciale.

Il n’a été jusqu’au bout que dans le cas des postiers, mais les deux projets de loi présentés jusqu’à présent avaient en commun. d’exiger de l’arbitre qu’il impose l’offre finale d’une des deux parties et, surtout, qu’il fasse son choix en tenant compte de la viabilité économique de l’entreprise, sa compétitivité et la viabilité de son régime de pension. Dans le cas des postes, le gouvernement a aussi imposé des salaires inférieurs à ceux  offerts par l’employeur.

À chaque fois, sous prétexte de protéger une économie fragile, le gouvernement a fait pencher la balance en faveur de l’employeur. De toute évidence, les conservateurs ne croient pas au droit de grève qui est pourtant un moyen légal à la portée des employés pour établir un rapport de force avec l’employeur. En intervenant de façon systématique comme il le fait, le gouvernement Harper nie ce droit et, par ricochet, celui à la négociation collective des travailleurs.

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Faudrait savoir ce que vous voulez Madame Cornelier.

Lorsque PKP (en faveur de qui, en passant, le Parti québécois a parainné une loi pour baillonner tout le peuple québécois!!! BRAVO!) a gardé les journaliste du J de M dehors pendant plus de 2 ans, toute la gente gauchiste dans votre genre a pleurniché pour que le gouvernement se mette le nez dans le conflit pour qu’il fasse en sorte qu’il cesse OPC, quitte à faire une loi spéciale…

Il n’y a pas si longtemps, je me réjouissais qu’ici au Canada, nous n’ayons pas dans le paysage un parti de la droite pure et dure à l’image des républicains de plus en plus dominé par l’extrême droite soit le tea party. Je me trompais car tout ce que ça prenait, c’était la majorité. Et nous y voilà. L’Alliance faisant office de tea party. Et ça n’a pas été long après les élections. Un gouvernement de plus en plus influencé par la religion, absolument anti syndical, porté à la défense des plus nantis, préocupé de couper, couper et toujours plus. Toujours prêt à nier les changements climatiques.Nous avons des ministres créationnistes. Un gouvernement pas trop dérangé par la torture. Bientôt une copie conforme. Et ça ne fait que commencer!

Si le gouvernement devient partenaire de l’entreprise, le syndicat n’a plus de le choix que de s’écraser, ou d’avoir recours à la désobéissance civile.

Cette dernière option nécessiterait un niveau de solidarité inter-syndicale impensable/irréalisable à ce moment-ci.

Comme pour le conflit de Postes Canada, ils vont donc s’écraser.

Qui sera le prochain?

Nous sommes tout près d’un gouverment fasisme. À quand les prisonniers politiques? Je crois m’expatrier si il y a un autre mandat. Les « François 1 » de ce monde comprendront un jour mais il sera trop tard.

@ François 1

La liberté n’est ni de gauche ni de droite, elle est tout simplement.

Alors brandir que la gauche n’est pas mieux que la droite n’a aucun sens. Les communistes comme les fascistes ont fait des abus et reniés la liberté (p. ex. Russie et Chili), c’est le tronc commun des dictatures, si je peux m’exprimer ainsi.

Pour ce qui est de ce qui se passe ici présentement, j’ai bien hâte de voir ce qui va arriver avec le recours en cour fédérale de la part des postiers. Le gouvernement intercédant toujours en faveur de l’employeur fait en sorte que le droit d’association et de négociation des syndicats est renié. La logique est simple et efficace: un gouvernement ne peut pas intercéder en faveur d’une partie ou d’une autre car il renie les rapports de force. Comme c’est en cour fédérale, ça va faire jurisprudence pour tout le Canada. On va voir un regain des syndicats, c’est sûr. En même temps, on va voir une accélération de la vente des sociétés gouvernementales à des intérêts privés. Un genre de jeu de patate chaude avec ces sociétés quoi.

La suite des choses risque d’être intéressante.

@ Gilles Gagnon (# 2):

Vous êtes dans l’erreur et pas à peu près!!!

Un VRAI gouvernement de droite libertarien n’interviendrait sûrement pas dans un conflit privé.

Faites vos devoirs Gilles.

@ Broadcast (# 4):

Heureusement pour vous, il reste quelques ilôts de pur gauchisme sur cette terre et vous pouvez y déménager sans peinequoique les réfugiés dans ce sens soient plutôt rares: le Vénézuela, Cuba, et la Corée-du-Nord mais dépêchez-vous car la plupart des autres pays socialistes, comme la Chine communiste, la Suède, etc. sont tombés dans notre camp.

Ce qui est inquiétant à long terme, c’est qu’avec tous les chacals hurlant après les syndicats comme si c’étaient des vampires, il y a une classe de travailleurs dont les jeunes, qui vont se retrouver tôt ou tard dans la situation désolante dans laquelle on était collectivement avant les années soixante. Une job steady pis un bon boss ? Ni l’un ni l’autre d’après moi.

C’est dommage, mais c’est comme ça. L’expérience ça s’acquiert, ça ne se transmet pas. Il faut expérimenter pour comprendre.

Il est vrai que des agissements observés dans certains syndicats notamment ce qui s’est passé dans le domaine de la construction ne milite pas en faveur de la syndicalisation. C’est vrai.

Mais c’est vrai aussi que les conditions de travail confortables de plusieurs actuellement, sont battus en brèche par un patronat de plus en plus agressif. Le gouvernement conservateur actuel représente bien cette agressivité.

Et je lis ici les commentaires réactionnaires de certains qui se réjouissent de ce que les ocnditions de travail se dégradent. Je me dis que l’on est en train de créer des conditions pré-révolutionnaires dont certains rêvaient dans les années soixante.

Peut-être faut-il passer par là. On apprends rien du passé. Comme c’est dommage.

@François 1

Ce que les citoyens qui ont une once de sens commun demandaient concernant la conduite scandaleuse de PKP dans cette histoire de lock-out, c’est surtout que le gouvernement modifie le Code du travail, afin que plus jamais un employeur ne puisse profiter des avancées technologiques pour mettre des employés en lock-out et continuer à opérer son entreprise comme si de rien n’était. Et je pense qu’il n’y a que les imbéciles qui puissent considérer la conduite déplorable de PKP comme une chose normale, les mêmes imbéciles qui n’ont pas suffisamment de jugement pour comprendre qu’en matière de relations de travail, l’équilibre des forces en présence doit être respecté.

Un lock-out, comme une grève, cela doit faire mal des deux côtés. Il est intolérable qu’un gouvernement s’immisce dans les relations de travail pour favoriser systématiquement une partie aux dépends de l’autre.

Dans le cas de PKP, en intervenant pas, le gouvernement faisait la même chose, il favorisait le magouillage de l’employeur qui violait l’esprit de la loi et qui pouvait tenir ce lock-out aussi longtemps qu’il voulait. Ne pas intervenir se faisait donc au détriment des lock-outés, car les règles du jeu étaient faussées par l’employeur.

On ne peut tolérer des empiètements gouvernementaux qui visent à fausser les règles du jeu et à dénaturer le rapport de forces. Le gouvernement n’a absolument aucune légitimité à agit ainsi et à imposer ses choix idéologiques sur les relations de travail.

Le despote national est tout simplement en guerre contre les syndicats et j’ai comme l’impression qu’il va manger une autre baffe devant les tribunaux.

@ Linda Hart (# 9):

Le syndicat du J de M a tout fait pour contrecarrer l’avancée technologique et il a perdu sur toute la ligne.

Une entreprise a parfaitement le droit de se protéger contre les malversations de la mafia syndicale et de prendre toutes les mesures technologiques pour y parvenir.

La Cour a jugé qu’aucune loi ou aucun règlement n’a été violé par la partie patronnale. Point!

Nous ne sommes plus dans les années ’70 où les grosses centrales syndicales nous tenaient tous en otage via leur violence. Les sociétés se sont ajustées et sont prêtes aujourd’hui à faire face à l’establishment syndical et si nous appliquions vos propositions, une grève signifierait la mort d’une entreprise parce que cette dernière ne pourrait plus se défendre.

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