Reconstruction libérale : l’audace de changer… à moitié

Les délégués au congrès libéral sont des gens sérieux. Ils ont débattu des amendements à leur constitution jusqu’à 21h30, samedi soir, retardant d’autant leurs festivités. Et ils ont repris le collier tôt ce matin avec ardeur et, parfois, passion. Car pour assurer l’avenir de leur parti, les libéraux ont accepté de jongler avec des concepts audacieux qui en rendaient plusieurs nerveux ou combatifs.

Les propositions les plus controversées visaient le mode de sélection du chef et l’ouverture du parti à des partisans qui n’auraient pas à payer de frais d’adhésion et auraient moins de pouvoirs et de privilèges que les membres, mais auraient quand même le droit de voter pour le chef et les candidats.

Inspirés par l’expérience des socialistes français, les délégués ont accepté d’ouvrir les portes à ces partisans, mais qu’en partie. Ils pourront participer au choix du chef, pas à celui des candidats locaux. Les libéraux craignent trop que des forces adverses profitent de cette ouverture pour prendre une association locale en otage et ainsi imposer un candidat facile à battre. Pareille prise de contrôle serait beaucoup plus difficile à faire à l’échelle du pays au moment de choisir le chef, d’où l’ouverture démontrée.

Les délégués n’ont toutefois pas suivi les socialistes français ou les Américains sur la voie des primaires pour choisir leur chef. Environ 58 % des délégués se sont dit d’accord, mais il fallait que les deux tiers des membres présents approuvent ce changement à la constitution du parti pour qu’il soit adopté. La déception était palpable chez les promoteurs de cette idée qui espéraient ainsi améliorer la visibilité et l’excitation autour de la prochaine course, prévue pour le printemps 2013.

La sélection du prochain chef libéral sera quand même l’occasion d’une première pour ce parti qui n’a encore jamais élu un de ses chefs au scrutin universel des membres, avec résultats pondérés par circonscription, ce que font déjà conservateurs et néo-démocrates. Cela aurait dû être le système pour choisir le successeur de Stéphane Dion, mais on a plutôt assisté au couronnement de Michael Ignatieff, ce qu’à peu près personne ne souhaite répéter.

Laisser un commentaire
Les plus populaires