Référendums USA: à droite (presque) toute !

Les résultats électoraux ne sont qu’une partie des messages envoyés ce mardi par l’électorat américain. La tenue simultanée de 184 référendums de tous ordres dans les États donne une idée de l’état d’esprit des électeurs — sur-représentant la droite — présents aux bureaux de scrutin.

Une forte tradition référendaire
Une forte tradition référendaire

Parmi les mesures il y en a une — que je garde pour le dessert — qui a un impact sur l’avenir environnemental du Québec (et du continent). Mais d’abord, deux mesures furent introduites pour bloquer, au niveau des États, des réformes d’Obama.

Santé. En Arizona, en Oklahoma et au Colorado, de 53 à 65% des électeurs ont donné à leurs États le mandat de bloquer l’application de la réforme de la santé. Les États doivent en effet jouer un rôle capital dans l’établissement des « marchés des assurances », là où les citoyens non assurés doivent choisir leur couverture. Les avocats constitutionnalistes se frottent les mains: il est loin d’être certain que les États ont le droit de contrecarrer ainsi la volonté fédérale.

Syndicalisation. L’administration Obama a voulu faire voter par le Congrès une réforme du code du travail qui aurait mis un frein aux campagnes outrageusement antisyndicales du patronat. Petit rappel:

Lors des tentatives de syndicalisation, les employés sont personnellement menacés par les employeurs dans 54 % des cas. Les syndicats n’ont aucun recours contre ces intimidations. Les salariés impliqués dans la syndicalisation ont une chance sur cinq d’être mis à pied. C’est illégal, mais il n’y a pas d’amende et les patrons jugés coupables n’ont qu’à payer le salaire dû au salarié renvoyé. Les patrons trouvent que cela vaut le coup. Les syndicats n’ont pas accès aux lieux de travail, alors que le patronat peut organiser des séances obligatoires d’information antisyndicale pendant les heures de travail. Voilà pourquoi, dans 40 % des cas où un syndicat a réussi à recruter, en faisant signer des cartes d’adhésion, une majorité de salariés, la campagne d’intimidation patronale permet, dans un vote secret, de casser cette décision. (Et voilà pourquoi l’employeur exige ce vote même lorsque 100 % des salariés ont signé leur carte d’adhésion.) Si cela n’a pas fonctionné, il reste le refus de négocier avec le syndicat. Ainsi, 44 % des nouveaux syndicats n’arrivent jamais à signer une convention collective.

Dans sa réforme, l’administration Obama proposait d’abord de permettre la syndicalisation lorsque la majorité des travailleurs ont signé leur carte d’adhésion (comme au Québec), sans qu’un vote secret soit nécessairement tenu. Devant l’impossibilité de regrouper une majorité (lire: trouver un sénateur républicain) pour cette réforme, Obama a abandonné la limitation du vote secret. Il n’a toujours pas trouvé preneur.

Mais l’Arizona, le Dakota du Sud, la Caroline du Sud et l’Utah ont mis au vote référendaire des propositions visant à rendre obligatoire le vote syndical secret dans leurs États. Les électeurs ont dit Oui dans des proportions allant de 60 à 86%.

Marijuana. Vrai, les Californiens ont rejeté, à 54%, la proposition de légaliser la vente de cannabis. Cependant le Dakota du Sud (à 63%) a approuvé l’utilisation médical du cannabis, s’ajoutant donc au 15 États ayant déjà légalisé son usage. Les résultats d’un référendum identique en Arizona affichait une très légère majorité favorable. D’où le slogan: Yes we cannabis !

Avortement. Un seul référendum, au Colorado, portait sur cette question. Il s’agissait de conférer au fétus tous les droits, donc d’interdire l’avortement. 71% ont dit oui. De longues contestations judiciaires sont à prévoir, ce vote contredisant la jurisprudence constitutionnelle actuelle.

Californie. Deux importants résultats. Cet État est en crise permanente depuis qu’un référendum a établi que le budget ne pouvait être adopté que par un vote des deux tiers. Mardi, 55% des électeurs ont mis fin à cette règle sauf… pour les hausses d’impôts et de taxes, donc toujours impossibles,  dans ce coin de planète parmi les plus fortunés au monde.

Environnement. L’avenir du marché du carbone nord-américain se jouait également en Californie mardi. La montée des Républicains à la Chambre des représentants a sonné le glas de la volonté d’Obama d’établir un marché américain du carbone. Le gouvernement conservateur canadien ayant annoncé qu’il n’agirait que dans le sillon de Washington, sera donc inactif.

Les environnementalistes sont donc de retour à la situation pré-Obama, en 2008, quand la Californie, plusieurs États de l’Ouest américain et quelques provinces canadiennes dont le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique avaient décidé de faire alliance et de lancer leur propre marché du carbone. Le Western Climate Initiative vise une réduction de 15% des Gaz à effet de serre d’ici 2020. Une première phase doit être mise en œuvre en 2012.

Les Californiens pouvaient faire dérailler ce processus en votant une résolution interdisant à l’État d’établir le marché du carbone avant que le chômage ne chute à 5,5% (il est à 12,4%). Mais 61% des Californiens ont rejeté cette mesure dilatoire et donné le feu vert à un marché continental partiel, mais significatif, du carbone.

(Pour voir toutes les initiatives, allez à Ballotpedia.)

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10 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Pour ma part je suis en faveur du vote secret, aux élections et aussi pour décider si on veut ou non d’un syndicat. Des patrons font du chantage, c’est vrai, des syndicats québécois en font autant. Le vote secret permet plus de liberté.

Bonjour,
En se posant la question : Y a t-il une seule mesure concernant la majorité des américains où nous pouvons affirmer indubitablement que l’Américain sur un point précis est de gauche ? Au plaisir, John Bull.

184 référendums! Icite, les Libéraux n’en veulent surtout pas parce que, comme dit Mme Normandeau, ca divise les familles

On aura beau ergoter de toutes les manières possibles, il reste toujours vrai que Bush, en deux mandats consécutifs a foutu le bordel dans l’économie des USA à un tel point que la planète entière en a subi les contre-coups.

Pouvons-nous penser que si les Républicains avaient pris les commandes à la place d’Obama les choses auraient mieux été ? Faudrait être complètement aveugle et taré pour y croire. La plus grande erreur qu’a faite Obama c’est de ne pas avoir été encore plus à gauche et de n’avoir pas mis au pas tous ces bandits de Wall Street.

Je me demande même si l’une des raisons qui fait que le Canada s’est mieux tirer d’affaire que les USA, dans cette crise, c’est que Harper étant minoritaire, il n’a pas encore eu le temps de saccager le Canada comme Bush l’a fait avec les USA.

Avec les politiques de droite des Républicains mais surtout des adeptes du Tea Party, mettez ce beau monde-là au pouvoir aux USA et vous verrez un tel effondrement de ce pays (enrichissement des plus riches, appauvrissement des plus pauvres, disparition progressive de la classe moyenne) qu’il ne serait pas surprenant d’y revoir l’apparition d’une nouvelle guerre civile.

N’oublions pas l’arrivée de la Chine et de l’Inde comme nouveaux joueurs majeurs dans l’économie mondiale. Tout est en train de changer et une partie très importante des Américains cherchent à réduire la taille de leur État à un point tel que les USA deviendront les débiteurs, voire même les otages de ces nouvelles forces économiques. C’est bien ce qu’on appelle se tirer dans le pied et pas avec une petite 22, non avec un 12 !

«Une fois qu’on dépassé les bornes, il n’y a plus de limites.»
[Alphonse Allais]

Quand on a comme pensée scientifique que le monde a été créé en 6 jours par un vieux barbu, que les humains ont dressé les dinosaures, et que les plus riches ont droit, (God given right !) d’exploiter les humains pour s’enrichir, on est à dans la pensée régressive.

Les Américains ne sont pas nécessairement en désacord avec les objectifs des réformes d’Obama, ils sont largement insatisfait de la facon de faire.

Il peut être louable de vouloir améliorer la couverture des américains en matière de santé, mais beaucoup d’entre eux reprochent au président d’avoir imposé un système imparfait duquel les compagnies d’assurances on toute suite prise avantage, et la conséquence directe est que des américains qui était couverts par des régimes ne le sont plus. Ce serait l’inverse de l’effet recherché.

Le rachat de GM serait aussi très mal recu. Beaucoup d’Américains aurait préféré voir les force du marché en action (bien sur cela exclu les employés de GM).

Des objectifs louables, pas la bonne méthode?

Peut-être bien.

@ Montréalais:

« Les Américains ne sont pas nécessairement en désacord avec les objectifs des réformes d’Obama, ils sont largement insatisfait de la facon de faire. » (sic)

Bien sûr…et pour le lui faire bien sentir, ils ont voté en masse pour les…Républicains!!!

N’importe quoi pour tenter d’expliquer qu’Obama a subi une véritable raclée et qu’il ne représente pas ce que les Américains désirent: moins de dettes, moins d’Étatisme envahissant et plus d’argent dans leurs poches.

La gauche tentaculaire qui a mené en Occident depuis les années soixante régresse et est en pleine déroute partout, même en…Suède! C’est dire…

Les pays qui ont trop écouté nos sociologues gauchistes sont en bancroute ou en quasi-faillite et ceux qui ont encore un peu de marge de manoeuvre s’éloignent de cette utopique illusion pour refaire connaissance avec le gros bon sens.

Vive la liberté!!!

Sus à la subordination et à l’asservissement syndical et étatique!!!