Meghan et Harry, la crotte dorée sur notre tapis

On fait quoi ? On signe la constitution ? On se débarrasse de la monarchie ? Le Québec se sépare ? Meghan et Harry, vous êtes mignons, mais ne faites pas trop de bruit, le passé dort.  

Photo: Facundo Arrizabalaga / EPA / La Presse canadienne

C’est bizarre, hein ? Moi qui m’étais tapé The Crown pendant toutes les vacances de Noël. Voilà qu’on m’invitait à voir la suite en direct dans le journal. Harry et Meghan veulent donc s’enfuir du royaume. Sur un tapis volant presque. Avant que l’horrible bouche de la grotte des paparazzis ne se referme sur eux. 

On peut comprendre. Traumatisme il y eût. Jadis. Naître prince n’est pas un destin comme les autres. Et la cage, aussi dorée soit-elle, reste une cage. Certes. Ce qui m’intéresse au-delà de toute l’encre qu’ils ont déjà fait couler, c’est qu’ils se retrouvent tout à coup comme une crotte d’or au milieu de notre salon. Ça fait beaucoup de monarchie, là, non ? On en parle beaucoup, non ? Même moi je trouve. Et j’ai grandi à Westmount. Là, où le bruissement des feuilles susurrait : « On est riche… Et on est anglais… »

Ça fait surtout désordre parce que cela nous rappelle à quel point notre système a de nombreux paliers de gouvernance. Déjà fédéral, provincial, municipal, c’est pas simple. Mais tu rajoutes à tout ça un long et grand chapeau que l’on appelle une couronne, ça se complique encore plus.

En règle générale, la reine, on ne la sent pas trop. Oui, on a sa face sur nos billets, nos pièces, nos timbres… A priori, on ne devrait pas la rater. Mais, je ne sais pas, ça reste un héritage lointain. Un truc qui fait partie du paysage. Le bout du boulevard René-Lévesque qui s’appelle encore Dorchester. (Oui, oui, à Westmount, c’est le cas. Allez voir. Mais attention, ne glissez pas ! Les dos-d’âne sont en or).

De temps à autre, « les Royaux », ils débarquent en avion. Comme Tintin au Congo. Et ici, chez leurs vassaux, il y a ceux qui font les courbettes et ceux qui au contraire piochent du pied qu’ils n’ont pas d’affaire là. Mais d’habitude, ça se passe bien, on n’en parle pas trop.

Sauf que là, ça commence à être gros et plus ils sont là longtemps, plus on en parle, plus on se sent sujets de la couronne britannique, plus ça risque de réveiller les fantômes. Ah bon… C’est quoi ça ? Pourquoi déjà le Canada est encore une colonie ? Ça fait 19e siècle un peu, non ? Ça fait trains à vapeur, chapeaux haut-de-forme, ça ne va pas bien avec les pas de calèches dans le Vieux-Montréal… Et donc, on est une monarchie constitutionnelle ?

Même au Québec ? Mais je pensais que le Québec n’avait pas signé la constitu… Chhhhhuuuut. C’est de tout ça là qu’il ne faut pas parler. L’équilibre des pouvoirs, les dernières élections fédérales, le fait que le Bloc soit rentré fort et que le Québec ait son premier ministre nationaliste, ça forme un équilibre. Tout le monde est à peu près sage et à peu près content. Tout le monde a son bout du gâteau. Faudrait juste pas que le prince Harry et la duchesse, aussi déchus soient-ils, prennent trop de place. Parce qu’un gros pouce de la monarchie ça peut peser dans la balance. Et après, patatras. 

Si on veut simplifier tout ça ? On fait quoi ? On signe la constitution ? On se débarrasse de la monarchie ? Le Québec se sépare ? Hiii lala, ça en fait des beaux dossiers à remettre sur la table. Faque, Meghan et Harry, vous êtes mignons, mais ne faites pas trop de bruit, le passé dort.  

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Vous écrivez, au sujet de la visite de la reine (et al) au Canada que « d’habitude, ça se passe bien, on n’en parle pas trop ». Les jeunes ont peut-être oublié ou ils ne savent pas mais nous avons eu nos « épisodes » de turbulence quand la reine venait « visiter » le Québec. On se souviendra du « Samedi de la matraque » le 10 octobre 1964 à Québec. On prévoyait des manifestations nationalistes et le gouvernement colonial a mobilisé autour de 4 000 policiers pour juguler avec leurs matraques les manifestants et dont environ une trentaine furent arrêtés (y compris des touristes de New York).

Nous étions en pleine effervescence, dans la révolution tranquille, alors que le mouvement indépendantiste prenait de plus en plus d’ampleur avec le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) et que le Front de libération du Québec (FLQ) commençait à se manifester par ses « actions directes ». La reine est venue à Québec pour célébrer le centenaire de conférences constitutionnelles qui devaient aboutir à l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 (la confédération).

Les temps ont bien changé… Reste à voir si le bas-relief du chien d’or à Québec, est encore valable:
Je suis un chien qui ronge l’os
En le rongeant je prend mon repos
Un tems viendra qui nest pas venu
Que je morderay qui maura mordu

Dans la présente situation, on n’accueille pas la monarchie, on accueille une jeune famille qui souhaite justement prendre de la distance avec les tenants et aboutissants de la monarchie.
Ils choisissent le Canada et nous ignorons pour combien de temps… Ils semblent déterminés, pas démunis et remplis d’espoir. Pourquoi pas?

Je trouve que Meghan et Harry forment un joli couple ; j’estime que cela envoie un très bon message pour la promotion du Canada puisqu’ils nous ont choisi pour y établir leur jeune famille. Cela correspond à nos objectifs migratoires, d’accueillir des familles dont l’intention est de contribuer à notre essor ; faire leur part dans la communauté ; accroître le bien commun.

Comme il est aussi dans ce texte question de Westmount — qui après Toronto et Vancouver est la ville habitée par le plus grand nombre de riches — nous pourrons noter, qu’il n’est pas si longtemps, il s’y trouvait le beau-frère de l’ex-dictateur Tunisien Zine El Abidine Ben Ali : Belhassen Trabelsi qui y possédait (à tout le moins sa famille) une très modeste demeure évaluée à plus de 2 millions de dollars ; ce dernier (accusé notamment d’avoir pillé le trésor public tunisien) avait réclamé un statut de réfugié, statut qui finalement lui aura été refusé.

Alors, il nous faudrait comprendre selon les dires de Léa Streliski que le petit fils de nôtre souveraine (comparé de manière peu flatteuse à de la crotte), sa belle fille et son arrière-petit-fils, ce ne serait pas assez bien pour nous les Québécois. Mais… la pègre parmi nous et des relatifs d’ex-politiciens corrompus, ce serait parfait pour flatter nos egos surdimensionnés.

Venant de la part de Léa Strélinski qui pourtant appartient à une très bonne famille plutôt aisée… de telles assertions sont assez déroutantes pour le lecteur lambda que je suis. Shakespeare avec son Othello, était tout de même un peu plus fin que cela.

Pour mémoire, il convient de mentionner que le prince Harry a visité le Canada régulièrement depuis l’âge de 7ans. Maintenant qu’il est marié et père de famille, conjoint d’une mulâtre roturière inconsidérément arriviste qui selon quelques tabloïds britanniques serait affublée de tous les défauts depuis la création du monde ou peut-être encore d’avant… Harry ne devrait-il plus alors être bienvenu ?

On dit de la noblesse qu’elle oblige, lorsqu’aux yeux du « tout venant » cela ne serait que flagornerie. Sommes-nous devenus avec nos appareils intelligents, tous si « smart » que ça pour pouvoir avec assurance porter sur autrui de similaires jugements ?

Et si on leur foutait la paix ? On est à faire les paparasis détestables,je suis tanné qu’on chiale pour chialer .

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