Rentrée politique : 5 points chauds Québec-Canada

Sur fond de débat identitaire, le Québec fait couler de l’encre d’un bout à l’autre du Canada. 

Photos : J.-M. Carisse / CC BY 2.0 (Trudeau) et C. Young / PC (Mulcair)
Justin Trudeau (gauche) et Thomas Mulcair (droite). Le PLC et le NPD se livreront une bataille sans merci pour s’imposer comme solution de rechange aux conservateurs. – Photos : J.-M. Carisse / CC BY 2.0 (Trudeau) et C. Young / PC (Mulcair)

Si la tendance se maintient, les Québécois seront appelés à se prononcer à chaud sur le projet de Charte des valeurs et sur ses auteurs politiques à des élections générales, attendues au plus tard le printemps prochain. Souveraineté oblige, le sort électoral du Parti québécois demeure un sujet d’intérêt pancanadien.

Mais la Charte des valeurs québécoises n’est pas le seul dossier qui alimentera la conversation Québec-Canada au cours de la saison politique qui commence. En voici quatre autres.

Le projet de pipeline Énergie Est. Dans le grand jeu canadien qui consiste à trouver des débouchés pour le pétrole albertain, ce projet visant à relier les exploitations de sables bitumineux aux raffineries de l’est du Canada constitue une pièce maîtresse incontournable.

Certains, dont l’ancien premier ministre néo-brunswickois Frank McKenna, voient ce projet comme une version moderne de l’aventure du chemin de fer pancanadien des débuts de la Confédération. D’emblée, le premier ministre Stephen Harper a mis publiquement son poids politique derrière la proposition de TransCanada. En principe, le chef du NPD, Thomas Mulcair, appuie également le concept.

Le Québec n’a pas pris position. Dans ce dossier, la minute de vérité ne sonnera vraisemblablement pas d’ici la fin du mandat actuel à l’Assemblée nationale. Mais le parti qui sera au pouvoir à Québec à l’heure du choix définitif devra tenir compte de l’état de l’opinion publique, que les adversaires et les partisans du pipeline courtiseront assidûment d’ici là.

Ce projet revêt une importance stratégique pour l’économie du Nouveau-Brunswick et celle de l’Alberta. Sous le couvert d’une discussion à propos de tuyaux, le débat sur l’unité canadienne pourrait bien pointer le bout du nez.

Le suicide médicalement assisté. Le plus haut tribunal de la Colombie-Britannique doit bientôt se prononcer sur la validité des dispositions du Code criminel qui interdisent l’euthanasie et le suicide assisté. À court ou moyen terme, la Cour suprême du Canada sera invitée à se repencher sur cette question, qui l’avait profondément divisée il y a une vingtaine d’années.

En parallèle, le Québec a choisi de contourner la compétence fédérale en matière de droit criminel en empruntant le chemin des soins de fin de vie pour entrouvrir la porte à l’aide médicale à ceux qui veulent mettre fin à leurs jours. D’autres provinces s’intéressent au parcours que tente de tracer l’Assemblée nationale et à l’éventuelle réaction fédérale.

L’avenir du Sénat. Dans la foulée du scandale des dépenses d’une poignée de sénateurs, Stephen Harper voudrait bien reprendre l’initiative du débat sur la Chambre haute à temps pour les prochaines élections, en 2015 — surtout que l’idée d’abolir le Sénat, défendue de longue date par le NPD, fait du chemin.

La Saskatchewan et le Manitoba militent désormais en ce sens. Le sénateur conservateur ontarien Hugh Segal a proposé à plusieurs reprises d’élargir le débat en tenant un référendum pancanadien sur l’avenir de l’institution. Le gouvernement Harper a demandé à la Cour suprême de préciser les balises constitutionnelles dans lesquelles pourrait s’inscrire la réforme ou l’abolition du Sénat. Le plus haut tribunal du pays se penchera sur la question en novembre. Mais le Québec a pris les devants, avec un renvoi devant sa Cour d’appel qui est entendu ce mois-ci et qui constituera une répétition générale en vue des audiences de la Cour suprême.

La bataille entre progressistes. Maintenant qu’ils ont chacun un chef permanent, libéraux et néo-démocrates fédéraux se préparent une lutte sans merci pour s’imposer comme solution de rechange aux conservateurs. Le match d’échauffement NPD-PLC aura lieu aux élections complémentaires (dont la date reste à déterminer) dans Toronto-Centre, ancien fief de l’ex-chef intérimaire du PLC Bob Rae, et dans Bourassa, ancienne circonscription montréalaise du candidat à la mairie Denis Coderre. L’enjeu dépasse les frontières de cette dernière. Aussi bien Thomas Mulcair que Justin Trudeau ont absolument besoin du Québec pour l’emporter sur Stephen Harper en 2015.

Bonne saison — elle sera tumultueuse !

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

4 commentaires
Les commentaires sont fermés.

On peut inverser la phrase entendue aj à Plus on est de fous et plus on lit, en changeant le féminin pour le masculin : Une femme préfère être belle que intelligente, parce qu’il existe davantage d’hommes idiots que borgnes.

L’avantage d’être borgnes c’est de trouver de la beauté esseulé et de pouvoir en profiter en silence car personne n’y fait attention 🙂

Je vois mal comment on pourrait réformer le Sénat avec la Constitution de Pierre Elliot Trudeau. Toute réforme parait impossible. Il y a trop d’obstacles.

Pour le pétrole, on va voir les beaux principes face aux beaux et adorables dollars. Je ne donne pas cher des principes. En Allemagne ils font face à ce dilemme : de l’air pur ou de l’électricité? On débat vigoureusement.

J’ai su, de bonne source, que Mulcair s’était brassé les oreilles par ses députés québécois suite à sa sortie contre la Charte des valeurs.
On lui a dit de se garder une petite gêne et d’attendre au moins qu’on la dépose!

Qu’est-ce que vous pensez de la Juge L’Heureux qui vient de supporter la Charte? C’est de la crédibilité ca une juge de la Cour Suprême?