Rentrée politique : 5 termes qu’on ne sera bientôt plus capable d’entendre

Le blogueur Mathieu Charlebois énumère ici les «mots bourdonnants» (buzzwords) dont on devrait, selon lui, se lasser bien vite. Parmi ceux-ci : «classe moyenne», «intégrisme» et… «PKP».

PolitiqueC’est cette semaine que les députés rentrent à l’Assemblée nationale et au Parlement. Du moins, presque tous.

Chaque saison politique amène son lot de mots bourdonnants (ma traduction pour buzzwords. Pas besoin de me remercier, OQLF, ça me fait plaisir) que nous ne serons plus capables d’entendre dans quelques semaines. Ou dans quelques heures. Ou que nous ne sommes déjà plus capables d’entendre.

En voici cinq. N’hésitez pas à ajouter les vôtres dans la boîte de commentaires en bas de cette page.

«Amalgame»

Avant, il fallait éviter les amalgames parce que c’était une «mosus» de chanson des Respectables qui allait nous rester dans la tête pour des heures et des heures.

Aujourd’hui, il faut les éviter, faute de quoi on va se faire accuser de faire des amalgames. Même quand on n’en faisait pas du tout. Le temps utilisé à parler du fait que notre interlocuteur fait des amalgames sert souvent à ne pas vraiment parler du sujet.

«Classe moyenne»

En cette année électorale, tous les politiciens fédéraux vont parler encore et encore de la classe moyenne. Et ce qu’il y a de pratique quand on parle de la classe moyenne, c’est que tout le monde pense qu’on parle de lui.

Quiconque a des revenus se situant quelque part entre Crésus et le sans-abri à qui j’ai donné cinq dollars ce matin se considère de la classe moyenne. Évidemment. Personne n’aime se dire qu’il est pauvre et, même si c’est super d’être riche, on n’est quand même pas si riche que ça — tsé, on pourrait l’être bien plus que ça, n’allez surtout pas monter mes impôts.

La classe moyenne se sent exploitée par les riches qui ne paient pas leurs impôts autant que par les «B.S.» qui vivent grassement sur leur bras. Du coup, chers politiciens, si vous trouvez ça trop compliqué, les histoires de paradis fiscaux, coupez les B.S. La classe moyenne va applaudir de la même façon.

«Équilibre budgétaire»

À Québec comme à Ottawa, l’État n’est plus un projet : c’est un budget.

Cet hiver et ce printemps, nous rêverons donc tous ensemble d’un budget équilibré, et le plus vite possible, svp. Nos petits-enfants nous en remercieront et ils rêveront, eux aussi, quand on va leur raconter qu’il n’y a pas toujours eu 42 enfants par classe.

«PKP»

Le député de St-Jérôme est ensuite sorti rapidement de la pièce, pour aller rire très fort dans le couloir.
Le député de St-Jérôme est ensuite sorti rapidement de la pièce, pour aller rire très fort dans le couloir.

Pierre Karl Péladeau est le seul candidat à la chefferie du PQ à ne pas réclamer au moins cinq débats. Est-ce parce que ça ferait plus de débats que d’idées qu’il a à proposer ? On ne sait pas trop. Pour l’instant, PKP semble surtout populaire d’être connu.

Cela dit, la course ne fait que commencer, et il est normal que les positions et les idées des candidats ne soient dévoilées qu’au fur et à mesure. Ainsi, Monsieur Péladeau s’est récemment prononcé sur le port de signes religieux par les enseignants. Ça a donné ceci :

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Armé de ses talents de communicateur, il est donc en route vers la victoire et, à moins d’un revirement de situation spectaculaire, il pourra bientôt lever le poing et dire «Un parti !».

«Intégrisme»

Pour certains, l’intégrisme religieux est le cancer qui ronge notre société. Pour d’autres, dont notre premier ministre, c’est un choix personnel :

«L’intégrisme, c’est une pratique religieuse poussée à l’extrême qui, tant qu’elle n’enfreint pas les droits des autres — des autres, par exemple, les femmes —, bien sûr fait partie des choix personnels de chacun.» (Philippe Couillard, Le Devoir)

Une pratique religieuse poussée à l’extrême qui enfreindrait les droits des femmes. Et quoi encore ? De l’eau qui mouille ?

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue maintenant sur la politique avec un regard humoristique. On peut aussi l’entendre faire des chroniques à La soirée est encore jeune, lire ses anticritiques culinaires sur le blogue Vas-tu finir ton assiette ? et le suivre sur Twitter :@OursMathieu.

 

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independance peut-on me dire comment on vas si prendre les pires service que j’ai c’est au provincial vot-il diminuer ma pension vont-il respecté le niveau de vie que j’ai et comment le dollard se comportera avec un pays indépendant ???????????

Le jour où le Québec sera un pays (et oui ce jour viendra) et que ce sera « business as usual » après, on se demandera pourquoi on ne l’a pas fait plus tôt ?

Monsieur Diotte,
Vous n’êtes sûrement pas chomeur ou travailleur saisonnier, car vous vous plaindriez plus du traitement du fédéral.
Pour ce qui du dollars canadien, la statégie du gouvernement fédéral consistant à tout mettre dans l’industrie du pétrole plutot que de diversifier l’économie en tenant compte du secteur manufacturier, fait que la valeur du dollars est rendu à 0,80$ ce matin.
Peu importe que le Québec soit indépendant ou une province, il y aura toujours de bons gouvernements et de mauvais gouvernement.

Monsieur Guy V., le Québec est une province qui ne deviendra jamais un pays. Les immigrants, les anglophones et toutes les autres personnes qui ne sont pas de souche dépasseront en nombre les Canayens français d’ici peu. Non seulement les Québécois n’auront pas de pays autre que le Canada, mais ils parleront anglais d’ici cinquante ans. Monsieur Péladeau, grand capitaliste comme l’était madame Marois, étirera la sauce pour que l’indépendance n’ait jamais lieu. Dommage que la populace, si naïve, ne perçoive pas la chose…

Les jours de votre pension sont comptés (façon de parler) si le gouvernement Harper est reporté au pouvoir. C’est le dernier programme social pré-existant qui n’est pas passé au bistouri de ce gouvernement.

Pour ce qui est du respect du niveau de vie, je ne vois pas le rapport avec la gouvernance, à moins que ce soit une allusion à des hypothétiques modifications au programme de pension du fédéral advenant l’indépendance.

D’un autre côté, si le fédéral refuse de vous donner votre pension (ou de transférer le programme intégralement au Québec) advenant un référendum en faveur de l’indépendance, alors ce serait un gouvernement de voleur qu’il y aurait au fédéral. Donc, si vous croyez que ce n’est pas le cas, que le fédéral est honnête, alors vous ne devriez pas vous inquiétez pour votre pension advenant l’indépendance.

Moi, ce sont des mots employés ad nauseam par les médias que je ne peux plus entendre ni lire. Par exemple, dérapage, dérive, amalgame, loup solitaire, islamophobie. Les journalistes ont l’air de manquer singulièrement de vocabulaire ou de capacité d’analyse.

Je suis prêt à parier que, tel un loup solitaire, PKP est seul à l’origine de ce dérapage linguistique.

Ce qui m’irrite le plus, c’est l’expression « je ne suis plus capable ».. Plusieurs émissions de Radio-Canada et plusieurs articles des journalistes de La Presse sont bassés sur ce thème. Bien plus, le present article cultive le cynisme. PKP a le droit de parler, nous sommes encore en démocratie. Le débat public ne doit pas être étouffé par vos petits jugements.

Accuser ses adversaires #d’islamophobie# sert d’argument à ceux qui n’en ont pas. Ce mot galvaudé ne devrait utilisé qu’avec une extrême retenue.Parmi les mots utilisés à tort et à travers, il y a aussi résilience, surréaliste, etc.
Il est grand temps que la langue de bois ( variante Couillard et complices, etc.) tombe sur un noeud.

« comment le dollard se comportera avec un pays indépendant ??????????? »

Ça c’est une excellente question! Bien malin sont ceux qui peuvent le prédire avec justesse et certitude. Toutefois, il est peu probable que le dollar finisse par monter de façon importante suite à une déclaration d’indépendance du Québec. Ce qui est une très bonne nouvelle pour l’économie du Québec, et même celle du Canada en général.

Bien oui, les secteurs manufacturiers et industriels de l’Est du Canada (Ontario, Québec, maritimes) se sont développés principalement vers les exportations et celles-ci sont favorisées si le dollar est bas.

De plus, personne n’en parle, mais à mesure que le CAD perd de la valeur face au USD, les producteurs pétroliers sont moins gravement affectés par la chute du prix des barils. Évidemment il n’y a pas de commune mesure, mais si les producteurs vendent un baril à 40$ USD, en ce moment il revient à plus de 50$ CAD.

Vous oubliez monsieur Lussier que la différence entre le coût de production et le prix de vente du pétrole albertain a considérablement diminué. Cette différence est tout simplement le profit que génèrent les producteurs de pétrole. Jusqu’au mois de décembre, le prix de vente oscillait autour des 60$ US et a diminué de 12$ depuis, c’est une perte sèche de 20% des profits, insuffisant pour permettre aux pétrolières de continuer à développer notamment, des technologies de production et raffinage plus propres. Le Québec sous un dollar canadien continuera à suivre les politiques canadiennes en matière du marché monétaire. Ce que les citoyens ne veulent pas comprendre est relié aux milliards que le Québec devra dépenser pour remplacer tous les services rendus par le Canada. Les forces armées, la santé sur de nombreux points dont la recherche, les médicaments etc, les affaires extérieures (dont le nombre d’embassades qu’ils auront à implanter sur la planète), un service des douanes et services frontaliers, le remplacement de la GRC pour une entitée comparable en territoire québécois, le commerce international (dont les secteurs import-export), environnement (dont un service de métérologie), ressources naturelles, service des postes, science et inovations, anciens combattants, remplacement de la pension du Canada (alors que la RRQ est en difficulté financière depuis 30 ans), services aéroportuaires, inspection des aliments, banque centrale, voie maritime et combien d’autres. Combiens de corporations devront déménager par soucis d’actionariat (combien de canadiens voudront conserver leurs actions dans des entreprises situées au Québec). Et que dire des dizaines de milliards en péréquation que reçoit le Québec grâce à l’Alberta, Terre-Neuve et l’Ontario. Faire l’indépendance n’est pas seulement une question de drapeau. Nous n’avons qu’à constater ce qui survient lors de l’indépendance des pays faisant partie de la Yougoslavie et des deux pays ayant constitué la Tchéquoslavie.