Rentrée politique: la forêt qui cache l’arbre

La forêt, c’est évidemment la zizanie chez les souverainistes. On ne voit que ça. Une fois n’est pas coutume, cette forêt qui pousse nous empêche d’entendre l’arbre qui craque. L’arbre canadien et sa branche québécoise.

Loin des votes, loin du coeur ?

Car que constate-t-on, sur ce plan, au moment de reprendre l’activité politique de l’automne ? D’abord que la prédiction faite depuis plus de 10 ans par les observateurs est en train de se réaliser: l’accession au pouvoir à Ottawa d’une majorité conservatrice amplifie le fossé entre le Québec et le reste du Canada.

Quelque chose s’est donc produit le 2 mai dernier, accélérant des tendances structurelles et alimentant des événements conjoncturels.

Un fossé structurel

Qui le dit ? Des anglophones. D’abord, début août, le chroniqueur du Globe and Mail John Ibbitson (repris dans La Presse) donnait la mesure de l’affaiblissement structurel de la voix du Québec dans l’ensemble canadien, en quatre temps:

*Il notait d’abord la baisse du poids démographique — et la réforme qui amenuisera le poids des élus Québécois à la Chambre.

*Il ajoutait le reflux des questions sociales de l’avant-scène, sujets hier chers aux Libéraux et intéressant les Québécois, mais aujourd’hui sans intérêt pour les Conservateurs, d’ailleurs presque chassés du Québec.

*Troisième changement: l’arrivée de l’Ontario dans le club des bénéficiaires de la péréquation, ce qui réduira mécaniquement la part dont pourra profiter le Québec, voire ouvre la possibilité d’un abandon du programme (note du blogueur: peu probable à mon avis).

*Il annonçait finalement un glissement conservateur à venir lors des élections dans au moins trois provinces cet automne, ce qui aggravera l’isolement idéologique du Québec dans la fédération.

Il concluait en ces termes:

Maintenant que la province n’a plus beaucoup de poids dans le gouvernement, que la proportion de sa population au sein du Canada décroît, que son économie est en déclin, que les transferts pourraient cesser et que le reste du Canada adopte une vision de droite dans laquelle la plupart des Québécois ne se reconnaissent pas, il devient de plus en plus difficile de défendre l’importance du Canada pour le Québec et celle du Québec pour le Canada.

Alors, la prochaine fois que les Québécois demanderont pourquoi ils font partie de ce pays, que leur répondra le reste du pays?

Un fossé conjoncturel

Puis, le 27 août, alors les éditorialistes de la Gazette de Montréal — peu suspect de nationalisme québécois — enfonçaient le clou en recensant les problèmes conjoncturels de la relation Québec-Canada:

* il semble que le pont Champlain, responsabilité fédérale, sera laissée aux soins de Québec et de Montréal le plus longtemps possible:

*le gouvernement Harper insiste sur sa politique de la loi et de l’ordre, malgré la volonté du Québec de privilégier la réhabilitation;

*il va abolir le registre des armes à feu et, à Jean Charest qui voudrait établir un registre québécois, Harper a indiqué qu’il n’obtiendrait ni les données ni quelque aide que ce soit d’Ottawa;

*malgré les objections, Ottawa a signé la garantie de prêt permettant à Terre-Neuve de développer l’hydro-électricité du Labrador (une aide que jamais Hydro-Québec n’a demandé ou obtenue);

Pourquoi, dans la situation créée par le vote néo-démocrate québécois du 2 mai, les Conservateurs devraient-ils ménager le Québec, demandent les éditorialistes:

Voilà une question troublante pour le Québec, dont la descente vers l’insignifiance dans les corridors fédéraux du pouvoir semble être une réelle possibilité. Tout le monde a compris que les Conservateurs n’ont pas eu besoin du Québec, de ses sièges ou de ses électeurs pour obtenir une majorité le 2 mai. Et non seulement les Québécois n’ont pas voté pour les vainqueurs, ils n’ont pas voté pour des séparatistes non plus. […]

Avec un Bloc gravement diminué, les Québécois ne peuvent plus affirmer qu’ils ont « le couteau sur la gorge » de la fédération. Ils ont voté pour un parti fédéraliste. En choisissant de mettre leur destin entre les mains du NPD, les Québécois se sont rendus vulnérables à devenir quantité négligeable pour les pouvoirs fédéraux, dans les dossiers grands et petits.

Nos collègues anglophones ont raison. Structurellement, donc conjoncturellement, rarement le Québec n’a été en position aussi isolée dans la fédération. Mais il y a plus.

Une régression symbolique

Les Conservateurs sont au pouvoir pour 5 ans. Comment déploieront-ils leur nouvelle capacité de forger une identité canadienne plus proche de leurs valeurs ? On en a connu deux épisodes cet été, avec le remplacement d’une toile d’Alfred Pellan par une photo géante de la Reine dans le hall d’entrée du ministère des Affaires étrangères, puis par le changement de nom de l’aviation et de la marine pour réintroduire l’adjectif « royal », disparu depuis 1968.

La tolérance des Québécois est proverbiale mais leur opposition à la monarchie l’est également. Ce glissement symbolique canadien vers un retour au passé British du Canada ne peut qu’envoyer au Québec un signal que ce pays leur est de plus en plus étranger.

Une perte personnelle

Jack était l'homme providentiel. La providence l'a repris.

Nos amis fédéralistes sont donc inquiets. Ils l’écrivent. Jusqu’à l’été, cependant, ils avaient un espoir. Jack Layton, le réel vainqueur de l’élection au Québec le 2 mai, représentait pour les fédéralistes québécois l’homme providentiel. Celui qui pouvait construire un nouveau pont, sur la gauche, entre les Québécois et les Canadiens épris de justice sociale.

Son accession au poste de chef de l’opposition officielle, grâce aux voix québécoises, masquait certes le fait que le Canada-anglais a voté conservateur le 2 mai comme jamais depuis que Stephen Harper a pris la direction du parti.

Qu’importe. Jack symbolisait un avenir canadien possible pour le Québec. Il est parti. Et son départ exprime, une fois encore, l’importance des personnes dans le cours de l’histoire. Aucun de ses successeurs présumés ne peut, comme lui, continuer à construire ce pont. La course au leadership qui s’ouvre au NPD portera, entre autres, sur la question du Québec, car comptez sur les journalistes canadiens-anglais (et québécois) pour ne pas faire l’impasse sur les positions pro ou anti Loi sur la Clarté des uns et des autres pendant la course.

Pour le fédéralisme québécois, Jack Layton a été un don du ciel. Mais le ciel, souvent cruel, l’a repris. Et les Québécois pro-Jack du 2 mai sont en deuil.

Pendant ce temps, chez les souverainistes…

Contrairement à ce qu’écrit Ibbitson, l’économie du Québec n’est pas en déclin — vous, chers lecteurs, le savez très bien. Le Québec fut un des lieux en Occident les mieux préservés par la crise, et les Québécois le savent, qui voient l’Europe s »enfoncer, mais plus important encore l’Ontario et les Etats-Unis, hier triomphants, aujourd’hui objets d’inquiétude. La confiance en soi économique des Québécois progresse, comme leur identité québécoise. Derrière le bruit de la zizanie souverainiste, donc, les conditions d’un désengagement canadien du Québec, et Québécois du Canada, se réunissent.

Le moment est donc superbement choisi, chers lecteurs, pour déclencher une guerre civile entre souverainistes.

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Vous lisez la série Rentrée politique 2011:

Déja parus:

1. La forêt qui cache l’arbre
2. L’annonce de la mort du PQ est-elle prématurée

mercredi et jeudi:

3. Des Etats-Généraux? La recette de l’échec

4. Comment le PQ doit retrouver le chemin des électeurs

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Bon retour!

Oui, depuis le 2 mai, les Conservateurs n’ont plus besoin du Québec pour obtenir la majorité au parlement. J’espère que nous sommes plus que 3-4 à voir ce que ça signifie.

Je trouve que le gros problème de la droite québécoise reste qu’elle pense avoir les mêmes services, hôpitaux, écoles et privilèges en réduisant la taille de l’état.

J’ai des petites nouvelles pour eux : Ottawa va couper les services et dépenser notre argent autrement : en refaisant les uniformes pour ajouter le « royal » et en dépensant pour des F-35. Alors nous aurons moins de service avec moins d’argent dans nos poches.

Je me suis amusée cet été en détaillant ces idées.

http://marilenepilon.wordpress.com/2011/07/06/lorsquune-societe-se-cherche/

Merci et c’est un plaisir de vous revoir!

Intéressant, comme à votre habitude.

Quant aux efforts de Harpeur pour forger une identité canadienne, j’en relève également deux : le rehaussement de la visibilité monarchique (visite de Kate, portrait de la reine, « royalisation » de l’armée) et les funérailles d’État pour un tout nouveau chef de l’opposition (du jamais vu). J’aimais bien le bon Jack mais j’en avais « royalement » marre de cet acharnement médiatique radio-canadien (j’en suis venu à boycotter radio-can et toute couverture de cet opportunisme de notre cher premier ministre).

Pour ce qui est de votre conclusion, j’espère que la direction péquiste comprendra le message et cessera de jeter de l’huile sur le feu.

Avec la nomination d’un directeur des communications au bureau du premier ministre bilingue anglais italien, nous savons où sont les priorités du gouvernement conservateur.

Il leur faut consolider leur appui pan canadien au niveau des immigrants. Les Québécois ne sont pas dans le portrait puisqu’ils ne sont pas immigrants et ne votent pas conservateur.

Dans mes rêves les plus fous à l’élection 42 en 2015 nous aurons soit 0 ou 75 députés conservateurs pour créer la zizanie au Canada anglais. Dans un cas comme dans l’autre ils ne seront quoi faire des Québécois au Cabinet.

Il nous reste 1505 jours pour connaître le résultat de ces rêves farfelus.

Je m’ennuyais de Lisée et pour cause! Analyse tellement juste. Jamais autant menacé, jamais autant divisé. C’est à n’y rien comprendre.

Nous avons un pieds presque dans un future tier-monde à venir. L’avenir s’annonce très sombre au Québec avec ses 200,000Bs.sur le carreau.

Content de vous retrouver, M. Lisée, en cette rentrée qui s’annonce des plus « tumultueuses » dans le paysage politique canado-québécois.
Le joyeux retraité de Mazatlán…
et sa phrase préférée:
« Es mejor morir de pie que vivir toda una vida arrodillado » (Emiliano Zapata)
« Mieux vaut mourir debout que de passer toute sa vie à genoux »
« Better die on your feet than pass all your life kneeled down »

Merci monsieur Lisée.

Peu probable ou non, le programme de péréquation doit être aboli pour le Québec.

Pourquoi ce dernier paragraphe si sarcastique? Disons les choses comme elles sont: la nouvelle guerre civile entre souverainistes est désastreuse pour le mouvement car elle exaspère les Québécois et vient solidifier le mythe que les libéraux entretiennent depuis leur arrivée au pouvoir: les souverainiste seraient incapables de gérer un État car ils sont incapables de se gérer eux-mêmes.

Le fédéralisme creuse sa fosse pendant que les souverainistes se battent entre eux. Voici le paradoxe du nouveau paradigme depuis l’élection du 2 mai.

Quelle ironie! Le ROC est en train de prouver aux Québecquois qu’ils n’ont rien à foutre de cette province emmerdante. Depuis seulement quatre mois que nos Républicains du nord sont majoritaires, le mépris et les pieds de nez viennent en rafale. Chers Québecquois, préparez vous à souffrir ça ne fait que commencer. Et nous, que faisons nous? On se tire dessus au bazooka à qui mieux mieux. Je suis rendu à penser qu’il n’y a rien à faire avec ces gaulois masochistes.

A voir la répartition des membres du npd et la hauteur du tnunami de la vague orange, y a tu vraiment quelqu’un de sérieu qui a fait une étude pour savoir pour qui les gens ont votés réellement et voir si ça représente effectivement la réalité de la distribution des votes. les septiques seront confondus mais je trouve qu’il y a trop de signes qui démontre la ferveur pour Jack et que les résultats du vote ne sont pas compatibles avec les derniers sondages avant élections, avec les intentions manifestés dans les médias sociaux de même qu’avec la répartition des membres du NPD. Un peu curieu aussi que Harper lui fasse faire des funérailles nationales et que peut de temps après il l’accuse d’avoir reçu du financement des syndicats. Beaucoup d’incongruités. J’aimerais bien qu’on fasse un sondage pour demander aux gens pour qui ils ont votés aux dernières élections fédérales et quMon vérifie si ça représente la répartition réelle du vote. Il y a des questions a se poser quand on constate aussi que Harper est parti en croisade pour faire des ententes de libre échange avec pleins de pays, alors qu’on a jamais parlé de ses intentions avant son départ. Curieux aussi que la bourse soit en train d’être vendu aux étrangers malgré la manifestation claire de groupe d’ici de l’acheter. Curieux aussi que Harper ouvre les portes toutes grandes à l’imigration américaines alors qu’on a des chomeurs disponible pour travailler ici. Un oléoduc qui va jusqu’au Texas alors que nos rafinerie ferment dans l’est du Canada. Un directeur des communication qui prétend que la langue maternelle des francophones ait été un critère d,embauche comme s’ils n’avaient pas les compétences ou qu’on devait les discriminer. Curiex aussi qu’on engage un UNILINGUE dans un poste de DIRECTEUR DES COMMUNICATIONS… N’est-il pas important de pouvoir comprendre les médias canadiens avec toutes les nuances de la langue et de la culture sans devoir passer par un traducteur qui n’en saira pas nécessairement les enjeux politiques et l’importance de bien choisir les mots pour toutes les communications du PM pour ne pas qu’il y ait d’équivoque et surtout que soit respecté les cultures et les droits des différents groupes. Sans égards aux jugements personnels d’un directeur de toute évidence qui n’est pas en accord avec leurs droits fondementaux.

Billet très intéressant M. Lisée. Le Canada est définitivement dans une grande période de transition. Je reste optimiste quant à l’avenir…

Le Canada anglais est en train de se définir dans un sens diamétralement opposé à celui du Québec. Une observation que nous pouvions faire bien avant l’élection du 2 mai. Cependant, cette élection en a été la confirmation. Pourtant, ce développement semble se produire dans une indifférence inquiétante de la part des québécois.
En tout cas, nos concitoyens ne semblent pas s’apercevoir des changements inquiétants en train de se produire chez nos voisins canadiens, changements qui heurteront de manière importante les valeurs de notre société.
Pendant ce temps, quelques têtes fortes ont semé la zizanie dans le camp souverainiste. Le moment ne pouvait pas tomber plus mal. À l’heure où le buldozer de la droite du Canada anglais entrera chez nous, nos divisions ne feront qu’amplifier notre anesthésie généralisée, et permettre la canadianisation définitive du Québec. Cela m’inquiète au plus haut point. N’entendons-nous pas chaque jour la lecture et relecture de l’acte de décès du mouvement souverainiste.
Certaines personnes du camp souverainiste devraient apprendre à regarder les choses de manière plus large. Ils verraient sans doute qu’il est inutile de tirer sur les fleurs pour qu’elles poussent plus vite. Leur attitude de cet été est fort dommage, à l’heure où justement le fruit mur s’apprêtait à tomber de l’arbre.

Alain Frigon

La relation entre le Canada et le Québec est similaire au syndrome de la femme battue. C’est triste à dire mais elle reste par manque de sécurité et par manque d’estime pour soit. De plus il la menace constamment de lui en sacrer une bonne si elle s’en va. Il la fait passer une pour une folle et s’amuse de son manque d’assurance… Pour moi ça toujours été ça la relation entre le Québec et le Canada.

Ne pourrait-on pas défaire cette fédération ou juste en sortir. Il me semble que c’est l’affaire du gouvernement Québécois et nul autre. Le gouvernement du Québec, pourrait, il me semlbe, par insatisfaction, sortir de cette entente. Le gouvernement fédéral n’est pas notre « bosse ». À moins que la rêne Élisabeth décide de nous faire la guerre et nous forcer à rester dans la colonie. Sommes nous encore une colonie?

Honnêtement je crois que même les américains ne nous appuiraient même pas. Donc, sommes nous voué à être une autre palestine? Menacé par des extrémistes de droite?

Mme Josée Legault se plaint que Harper est sans considération pour le Québec.

J’arrive mal à comprendre qu’une souverainiste se plaigne que le Canada veut maintenant se définir sans le Québec. C’est la meilleur nouvelle depuis 1760.

Cela fait exactement plus de 250 ans que les anglais veulent se définir sans les Habitants. Dans un premier temps ce fut impossible (démographie), ils ont due pour garder une présence britannique en Amérique du Nord (la menace de la Révolution américaine) consentir à l’Acte de Québec de 1774. Par lequel l’État anglais reconnait un peuple dans ses caractéristiques essentiels: Religion, langue et coutumes de Paris (code civil). Les 3 facteurs clé s de sa cohésion nationale. Non sans fantasmer sur notre ASSIMILATION (Guy Carleton, Durham etc).

Le 2 mai , le Canada (Britannique) peut enfin se définir sans nous. Bonne nouvelle, à nous de se définir sans lui. By the way this is exactly the Marois’s Plan.

….

Ce à quoi on assite c.est à la division naturelle des celules; en bilogie: La mitose |

Je suis heureux de vous retrouver à la rentrée. Votre diagnostic est juste et le nouveau discours prend de plus en plus de place.

À titre d’exemple supplémentaire, lire la chronique d’Ibbitson dans le Globe and Mail de lundi, où il nous informe de ceci:

But those debates will also reflect another new political reality: In the last federal election, Ontario allied itself politically with the West by voting in a Conservative majority government. Whether it’s Quebec separatism, equalization, employment insurance reform or any other potential flashpoint, the political clout of the east-of-Ottawa part of Canada is shrinking, along with its ability to confront Ottawa and the rest of the country from a position of strength. (notre souligné)

Plusieurs seront surpris d’apprendre qu’à Toronto, le Québec fait maintenant partie des Maritimes…

M. Lisée,

Je suis entièrement d’accord avec votre analyse.

L’image qui me vient en tête est celle du couvercle sur la marmite.

J’entrevoie une ébullition de plus en plus forte dans l’avenir à moyen terme.Il ne serait pas surprenant de voir une radicalisation des positions indépendantistes.

Mais comparativement aux années ’60, la population québécoise du XXIe siècle est beaucoup mieux informée que celle de l’époque.

Pourrions-nous assister aux dérives du FLQ ? Il faudrait être devin pour le savoir. Mais la possibilité est certainement présente et curieusement, l’antidote pourrait bien venir des indépendantistes/souverainistes eux-mêmes.

En effet, si la «guerre civile entre entre souverainistes» s’installe, il pourrait bien y avoir de la casse. Si ça devait se produire, là le déclin du Québec pourrait réellement être à l’ordre du jour.

«Une fois qu’on a passé les bornes, il n’y a plus de limites.»
[Alphonse Allais]

Vu de cette façon, c’est à dire celle que vous présentez ici, Jack Layton pourrait bien être vu dans quelque temps comme le révélateur d’un pays impossible : le Canada.

«Les fruits sont mûrs
Dans les vergers
De mon pays

Ça signifie
L’heure est venue
Si t’as compris»
(Félix Leclerc; le tour de l’île)

Quand allons-nous enfin comprendre ?

L’attitude de Harper est exactement un «remake» de celle de Duplessis : Tu vote pour moi je m’occupe de toi. Tu vote pas pour moi je te connais pas. Ainsi ton Pont Champlain je m’en fiche il peut tomber tu nageras…

Moi je ne me demande pas pourquoi on fait partie de ce pays. Je me demande pourquoi on fait encore partie de ce pays.

Mais la question est bien posée : Qui sont les têtes folles qui avaient intérêt et surtout la capacité de déclencher une lutte fratricide au sein du mouvement souverainiste, au moment même où s’alignaient les étoiles éclairant le chemin de notre Indépendance?

La majorité canadienne n’a pas voté pour Harper.
Additionner les votes bloquistes, NPD et Libéraux, et il faut constater que les canadiens ne sont pas de droites.

Si on veut la souveraineté, il faut un autre argument.

Pour en sortir, tant du cadna-da que de la division entre Québécois-se-s de tout acabit, je suggère un projet rassembleur de Vraie Démocratie »laissant en tout temps le dernier mot au Peuple » et instituant une décentralisation suffisante pour rassurer chacun, en prenant pour exemple la Suisse.

La Démocratie Souveraine en terre du Québec, voilà autre chose que du nationalisme mal vu, mal interprété et surtout ne se rapportant pas à une minorité à convaincre absolument. C’est aussi ce que les gens veulent, la Vraie Démocratie, complètement à l’opposé de ce que le dictatorial et machiavélique ‘harper government’ représente.

Au projet »Démocratie-Souveraineté » du Québec !

@jcpomerleau

Quand je reçois mon chèque de paie, je vois que le fédéral a prélevé sa quote-part. Conséquemment, je m,attends à ce qu’il me donne les services que je lui demande en vertu des règles légales qui régissent ce pays.

Alors devons-nous réjouir de l’attitude de Harper ou devons-nous la dénoncer ? Évidemment il pourrait avoir des conséquences aux gestes posés ou aux omissions volontairement décrétées.

Harper jouerait-il au boute-feu, espérant la déflagration qui lui permettrait d’intervenir comme Trudeau avec ses mesures de guerre ?

Et si Harper et son parti voulait se débarrasser du Québec, devenu trop lourd et trop compliqué à gérer, comment s’y prendraient-ils ?

Il ne s’agit pas là de s’en remettre au ROC pour faire ce que nous n’osons pas faire. Mais se pourrait-il que nous soyons confinés à nos ornières au point de ne pas être capables d’en sortir ?

Il s’agit de comprendre ce qui est en train de se passer. Cette hypothèse vaut bien celle de souverainistes,agents dormants fédéralistes, qui auraient été activés depuis peu.

John Le Carré, sort de mon corps ! 🙁

«Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore, d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne pas voir ce qu’on entend; voilà toute la politique.» (Beaumarchais)

Avec tout ce que vous avez énuméré dans votre texte, c’est-à-dire la conjoncture politique présente au niveau fédéral et la division des souverainistes, il me semble que cela dénote très bien que les Québécois veulent sortir des sentiers battus traditionnels de confrontation entre souverainistes et fédéralistes. Il y a visiblement un constat d’échec à faire quant au nationalisme-souverainisme qui a amené à l’affaiblissement du Québec au sein du Canada, et même avec lui-même. Certes, le combat des souverainistes avait sa raison d’être, cependant il me semble que la façon d’y parvenir en prônant l’indignation et la victimisation à connu ses limites. Maintenant, les Québécois se cherchent. Voilà pourquoi il faut rester dans le nationalisme, mais en l’orientant vers l’autonomisme. Se responsabiliser et agir comme des gagnants en montrant notre solidarité et notre capacité de nous gérer efficacement, nous placeront dans un rapport de force envers le ROC qui pourra soit nous mener vers une nouvelle entente sur le fédéralisme, soit vers la création d’une vraie confédération, ou bien l’indépendance pure et simple. L’heure n’est plus à la vieille recette du référendum à tout prix, car cette avenue pourrait nous affaiblir vis-à-vis le Canada. Encore une fois, le Nationalisme-autonomiste est pour moi la voie de la sagesse pour le Québec d’aujourd’hui.

Mais une question reste… que font les fédéralistes du Québec? Où sont-ils? Qu’ont-ils à dire? Est-ce là le Canada qu’ils espéraient?

très virulent article plein de bons questionnements Bravo !!!
je rajoute …quelques Québecois de moins… leur feraient plaisir au Fédéral
alors laissons les ponts tombés…
je l’aurai dit ….c ce qui arrivera xxx
je l’ai partagé sur mon blog, votre article
cher MR.Bien à vous !!

Ma vie utile se sera déroulée sous un bail Québec-Canada prenant la forme d’un axe Toronto-Montréal: avec des accords occasionnels en matière sociale et linguistique. D’où les triomphes des Trudeau et Chrétien à Toronto.

La lecture courante du sens profond de l’élection du 2 mai omet de dire que le nouvel axe régissant ce pays s’appelle maintenant Toronto-Calgary, le Québec en général et Montréal en particulier – et leur caractère francophone emmerdant – s’en trouvant exclus.

La finance et le pétrole dans ce pays n’en ont plus rien à cirer des questions linguistiques ou constitutionnelles. Plus : l’aide accordée à la nouvelle pétrolière Terre-Neuve-et-Labrador pour financer son exportation hydroélectrique vise à créer un étau autour du Québec.

Bel avenir. Et beau défi lancé aux élus NPD du Québec.

Aux armes citoyens , symboliquement , il s’entend et que les indépendantistes pressés respirent par le nez et laisse le temps a ces zoufs conservateurs faire son oeuvre dévastateur envers les Québécois …. En passant ce n’est pas ce que le PQ et Pauline Marois préconise avec la gouvernance souverainiste ?

Dernièrement, je suis de plus en plus optimiste pour le Québec. Le manque de subtilité de M. Harper amplifie le fossé entre le Québec et le reste du Canada. On nous a fait croire que le Québec était au bord de la faillite, je n’y crois plus, une nouvelle Fierté s’installe en moi et le fait qu’il y a de la chicane dans la famille Souverainiste, étonnement, me rassure. Il était temps qu’on brasse la soupe, ça collait au fond. Aux dernières élections, j’ai voté en fin de journée (le plus tard possible) pour le Parti le plus sucseptible de faire tomber les Conservateurs, aucune autre stratégie, donc NPD. Je ne suis pas gauchiste et malgré sa personnalité, je n’aurais pas voté seulement pour M. Layton. Je ne voulais pas de Harper! c’est tout. Le Bloc aurait été en avance, j’aurais voté pour le Bloc. Cela étant dit, le Québec n’a plus de poids au Canada, personne ne pourra nier ce fait. Faisons ce que nous avons à faire, redonnons-nous une fierté, pansons les plaies de notre Métropole, soyons fière de notre Capitale et nourrissons notre Différence, car elle fait toute la différence.J’ai envie d’être fière du Québec car les valeurs du ROC, sont passées date.Harper s’amuse au dépend du Québec, laissons-le jouer seul!

Le Québec qui irait bien économiquement reviendrait au gouvernement, le gouvernement de M. Charest, très fédéraliste.

Le gouvernement Harper a reconnu la Nation québécoise dans le Canada et se retire du financement des arts « demande séparatiste québécoise » après avoir coupé la TPS de 2 % dont 1 % déjà récupéré par M. Bachand sur la TVQ et 1 autre % le premier janvier 2012, ce qui va donner 3 mille milliards au Québec de revenus supplémentaires pour financer les arts et autre chose aussi dont son déficit croissant rapidement.

Pour l’instant, c’est la droite à Ottawa qui serre la vis des dépenses, ce qui n’est pas mal, en principe. Dans 10 ans, ce sera probablement autre chose.

Quand nous voulons critiquer, nous pouvons toujours trouver.

Ce qui s’est produit c’est que depuis le 2 mai dernier les Québécois ont à vivre avec leurs choix politiques des deux dernières décennies. Depuis vingt ans, ils ont envoyé un message clair au Canada que les Québécois ne sont pas intéressés à voir les-leurs diriger le pays. Que le Canada s’est ajusté aux choix clairement exprimés des Québécois n’a rien de surprenant ou de choquant.

Nous sommes arrivé à la fin du Canada de Trudeau:

http://www.vigile.net/La-fin-du-Canada-de-Trudeau

La géopolitique de l’énergie a fait son oeuvre: Avec la monté en puissance des provinces pétrolières, le pouvoir est passé de l’Est à l’Ouest; et, du fédéral (État de convenance) vers les provinces (États naturels). Nous ne reviendront pas en arrière: Personne ne veut assumer l’hértiage de Trudeau (État central dominant), même pas son fils. Et pour une raison simple, cela mènerait à l’éclatement du Canada (les déclarations des acteurs politiques réportoriées dans mon texte sont très claires à cet égard.

Ce qui mène à une profonde métamorphose du Canada.

Quelle est la nouvelle doctrine de cet État canadien pour la suite des choses. Et en quoi cela affectera le Québec. C’est ici que l’on a tout intérêt à lire le penseur de cette doctrine: Preston Manning:

» What should be increasingly apparent is that if new and stronger bridges are to be built between Quebec and the rest of Canada, they will have to be primarily constructed not by federal politicians on constitutional grounds, but by private-sector decision makers and provincial leaders on the grounds of economic and interprovincial relations.

National unity will thus depend increasingly on such measures as increased Quebec-Ontario trade and increased co-operation between the energy sectors of Quebec and the West, and on greater interprovincial co-operation, as discussed recently in a Montreal Economic Institute report calling for a new Quebec-Alberta dialogue »:

http://www.theglobeandmail.com/…/article2028815 )

Donc l’Alberta est maître du jeu. Connaissez vous l’Alberta’s Agenda ? Quels seront les acteurs clés du « dialogue with Quebec », Et quelle dynamique politique cela va créer.

Et en quoi cela peut servir notre cause ?

Le premier point de l’Alberta’s Agenda: La fin de la péréquation (le ciment de la fédération; la clé d’une réforme de facto de l’espace politique). En contre partie pour le manque à gagner on proposera au Québec un transfert de points d’impôts (Confirmé par Daniel Smith , Cheffe du Wild Rose party, ici même à Montréal au printemps dernier).

La fin Canada de Trudeau, Une doctrine politique qui a dominé le paysage politique pendant 40 ans disparait et mène à une profonde métamorphose du Canada, sans que l’on semble s’en formalisé.

Qui sont les instigateurs de la chûte du Bloc et des bisbilles au PQ? C’est facile à deviner: HARPER.
Fin et rusé, il se sert de québecois « fortunés » pour détruire le mouvement fédéraliste. Il a commencé par le Bloc puis il cohabite avec le NPD, parti pas dangeureux. Le renard continue à manigancer et à établir son plan de stratégie comme il sait si bien le faire. Les Québecois sont faciles à attraper et au PQ, on démissionne, on veut un chef comme Curzi qui n’est pas compétent pendant que Parizeau/Lapointe sèment la bisbille. Beaudoin n’est pas dangeureuse car la politique n’est pas son meilleur atout. Elle aime les Français d’abord…

Mais la souveraineté sera toujours au coeur des québecois. L’ennemi à abattre est Jean Charest, ne l’oublions pas.

Il y a aujourd’hui une rare unanimité sur ce blogue.

Où sont les fédéralistes qui sont capables de fournir des arguments faisant appel à la raison ?

«Il y a les esprits forts et les victimes : on mène ou on est mené.»
[Paul Auster]

Le texte de JCPomreleau # 34 est très intéressant. Si les hypothèses qui y sont présentées s’avéraient, je préfèrerais que le Québec jouisse de tous les pouvoirs d’un État souverain pour établir des relations économiques et politiques avec les autres constituantes du Canada.

Maître chez nous ! Disait-il à une autre époque.

«Ne confondez pas égalité et uniformité.»
[Swami Prajñanpada]

Vous n’avez pas tort M. Lisée mais je crois que François Legault a raison: faisons le ménage dans la maison avant de décider de notre avenir. Le Canada a beau être de plus en plus »étranger » aux Québécois, la fédération demeure une démocratie sûre qui assure la stabilité et la prospérité nécessaire au Québec le temps de réformer en profondeur le Québec.

Ne sous-estimez pas la capacité de Harper à endormir les québécois (ils dorment déjà assez dur d’ailleurs)en enveloppant ses mesures allant à l’encontre de nos valeurs profondes, d’autres mesures d’apaisement à l’égard du Québec. Le fruit est mûr pour que de nouveaux leaders souverainistes développent et proposent une réelle social démocratie qui passera d’abord par l’indépendance économique du Québec. Mais l’indépendance d’un peuple ne se fait pas avec un vote à 50% plus un. Je crains que notre réveil soit trop tardif et , qu’entretemps, nos institutions auront perdu beaucoup des valeurs qui nous sont chères et seront teintées de valeurs républicaines à l’américaine.

Dans les années 60, dans les manifestations indépendantistes, le slogan qui revenait le plus souvennt était : « Le Québec aux Québécois! ».

Pour que ça arrive, il faudra faire un ajustement : « Les ressources aux Québécois! ».

Voir le vidéo sur Daniel Breton :
http://www.tagtele.com/videos/voir/73448/

Est-ce que ça pourrait être le thème de la prochaine élection provinciale ?

Monsieur Pomerleau,

avec tout le respect que je vous dois, quand vous dites que le style centralisateur-à-la-Trudeau n’est plus possible je vous suggère de regarder à deux endroits:

1) secteur financier québécois

2) ressources naturelles dans le fleuve St-Laurent.

Secteur financier québécois: pour le peu de pouvoir qu’il nous reste ( la bourse montréalaise étant contrôlée par Toronto), la nouvelle Commission des Valeurs Mobilières Pan-Canadienne viendra chercher la balance…

Ressources naturelles dans le fleuve St-Laurent: Ottawa a pris la pôle dans tout ce qu’il y a de ressources naturelles dans le St-Laurent.( C’était déjà de juridiction fédérale….mais ils s’en sont prévalus rapidemment…).

@ Loraine King # 33,

Votre commentaire suivant est très juste :

»Ce qui s’est produit c’est que depuis le 2 mai dernier les Québécois ont à vivre avec leurs choix politiques des deux dernières décennies. Depuis vingt ans, ils ont envoyé un message clair au Canada que les Québécois ne sont pas intéressés à voir les-leurs diriger le pays. Que le Canada s’est ajusté aux choix clairement exprimés des Québécois n’a rien de surprenant ou de choquant. »

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C’est aux québécois de s’impliquer sur la scène fédérale s’ils veulent que le Québec participe activement à la direction et à l’orientation du pays.

C’est à nous québécois francophones de nous occuper de nos intérêts AU SEIN DU CANADA, il ne faut pas laisser les anglophones et les immigrants le faire pour nous.

Les fédéralistes n’ont pas à convaincre les indépendantistes de quoi que ce soit.

Il incombe aux indépendantistes de sortir de leurs idées toutes faites, de dépasser les limites qu’ils se sont imposées, d’enlever leurs ornières et de travailler à consolider et à renforcer la place du Québec français dans le Canada en s’impliquant aux niveaux provincial et fédéral dans des partis résolument fédéralistes.

Aux indépendantistes qui ne désirent pas ou ne peuvent pas s’impliquer dans un ou des partis fédéralistes, JE LEUR SOUHAITE DE TROUVER À S’OCCUPER DE FAÇON CONSTRUCTIVE EN S’ENGAGEANT DANS DES ACTIVITÉS APOLITIQUES UTILES dans lesquelles ils pourront trouver des satisfactions réelles.

La question que je me pose de ce temps-ci : qui sera le chef du NPD ? Comme j’ai voté pour ce parti, j’espère qu’il sera à la hauteur de la situation. Même dans l’opposition, son attitude est très importante, car les prochaines élections ne sont pas si loin que ça.

Si économiquement, il était démontré, noir sur blanc, qu’un Québec libre était viable pour tous, que nous soyons francophones de souche ou pas, que nous soyons anglophones également, je pense que nous serions d’accord pour faire le saut. Même les fédéralistes du Québec voient bien que notre présence au sein du Canada ne vaut plus grand chose. Bref, un Québec libre commence à être intéressant pour tous.

Bon retour et continuez à nous mettre sur des pistes intéressantes! Je pense aussi que Harper tente de semer la zinzanie partout où il passe et n’est pas le bienvenu. Dont acte au Québec. Les francophones fédéralistes du Québec qui n’ont pas compris que nous ne sommes que quantité négligeable et que le ROC est en train de nous éjecter de la fédération canadienne, devrait y réfléchir à deux fois avant de faire la morale aux souverainistes, qui lavent peut-être leur linge sale en public, mais qui lavent au moins! Quant à ce qui se passe au PQ, selon un ami politologue dont je partage l’opinion, c’est une gué-guerre de rois de village et Pauline Marois est parfaitement capable d’assumer le leadership ET le poste de PM. Elle n’est pas parfaite ? Grand bien lui fasse. Moi et vous non plus.

Pendant 40 ans, le Québec et le Canada se divisaient au moyen de crise constitutionnelle et par la provocation.

Le 2 mai dernier, le Québec et le Canada se sont divisés naturellement, sans provocation.

Le fruit n’est pas mûr, il est tombé de l’arbre.

Vote conservateur sans le Québec: 48%
Vote pour le NPD au Québec: 43%
Vote pour le NPD sans le Québec: 20%
Vote pour le Bloc: 23%

Comment peut-on encore considérer le Canada comme notre pays?

@ M. Claude Pelletier (#43)

Ce n’est pas comme si on n’avait jamais essayé. La nuit des longs couteaux, ça vous dit quelque chose?

D’ailleurs, pour moi, le vote du 2 mai dernier en était un contre le statut-quo. Depuis quelques années, l’idéal souverainiste s’était amenuisé en moi, et voter NPD, pour moi, c’était envoyer le message « Voici un Canada dont je pourrais vouloir ». Malheureusement, la majorité conservatrice m’indique clairement que le reste du Canada ne veut rien savoir de la vision Layton, et je voterai certainement pour lors du prochain référendum sur la souveraineté du Québec.

Remarquez que les conservateurs ont eu leur majorité avec seulement 40% des voix (ce qui est risible si on me demande mon avis), et qu’une réforme du système électoral canadien (et québécois) pourrait aider à amenuiser le problème. Le MDN propose un système proportionnel-mixte très intéressant, d’ailleurs, et je pourrais être intéressé d’avoir votre opinion (M. Lisée) à ce sujet. Ceci dit, je vois difficilement ceci arriver tant que les Charest et Harpers de ce monde sont au pouvoir.

Mais bon, si ça se trouve, ça ne ferait que cacher un peu le problème. Le Canada pourrait être un beau rêve, mais il contient des populations bien trop différentes et éloignées. Dans le meilleur des cas, les uns ne seront toujours qu’une épine dans le pied des autres, et vice-versa.

Dire que, en lisant votre finale, je repense à ce type qui croyait dur comme fer que le moment était bien choisi de commencer une vaste campagne « d’éducation populaire » sur le besoin « d’indépendance essentielle » pour que l’indépendance se fasse pour les « bonnes » raisons… (Et seuls ceux qui ont lu son mantra de 24 pages étaient digne d’en parler.)
Le jour de l’indépendance, il y a des indépendantistes qui seront encore contre parce qu’elle ne se fera pas de la bonne façon.

« C’est à nous québécois francophones de nous occuper de nos intérêts AU SEIN DU CANADA, il ne faut pas laisser les anglophones et les immigrants le faire pour nous. »

C’est ce que disait Trudeau et qui a été à la base de son gouvernement.
Résultat: Le Canada est devenu allergique au « French Power » (considéré comme une « oppression » du Canada par la minorité québécoise, voire un sombre plan pour provoquer « l’assimilation des anglophones »).
Mais surtout: Qu’est-ce que le Québec y a gagné ? Outre le fait que le gouvernement canadien a fait des efforts démesurés pour que la métropole du Canada passe de Montréal à Toronto et que l’industrie aéronautique du Québec à Winnipeg, ont s’est fait bavé dessus par le PLC et on s’est retrouvé avec une nouvelle constitution « pacte entre deux peuples » imposée par le peuple dominant.
Tellement satisfaits les Québécois que le PLC ne s’en est jamais relevé (toujours deuxième au Québec, jusqu’à la dernière élection où il est arrivé…4e!).

Nouvelle tentative juste après: Les Québécois ont massivement voté pour Mulroney, ont envoyé une foule de députés. Même Lévesque a enterré la souveraineté pour prendre « le beau risque » du fédéralisme « dans l’honneur et l’enthousiasme ».
Résultat: La gifle de l’échec de l’insipide accord du lac Meech, le rapport Charest et l’accord bidon de Charlottetown rejeté à la fois par les Québécois (parce qu’il ne donnait vraiment pas grand-chose) et par le Canada (parce qu’il en donnait vraiment trop au Québec).
Tout le monde a tellement été satisfait de l’expérience que le PCC est en mort (1 député au Québec et un autre au Canada au départ de Mulroney).

Et si on remonte dans le passé, les Québécois ont toujours investis beaucoup d’énergie dans le Canada (jusqu’à la Révolution Tranquille, les Québécois ont toujours mis beaucoup plus d’importance sur ce qui se passait à Ottawa qu’à Québec). On attend encore les résultats.

Si vous pensez que le Québec, avec un poids démographique (donc électoral) diminuant peut vraiment changer les choses au Canada, il faudrait faire la démonstration:
1) Que la situation est favorable au Canada pour se faire entendre
2) Que le fait que le Québec, minoritaire, puisse imposer (même partiellement) sa volonté au Canada ne soit pas anti-démocratique.
3) Que les résultats de deux siècles d’implication presque continue donneraient des résultats différents.

« La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent. »
(Albert Einstien)

L’État fédéral, sous Harper, réduit ses dépenses, les impôts des entreprises et la TPS. Il réduit l’intervention dans l’économie et n’offre aucun nouveau programme social. Il laisse donc plus de pouvoir aux provinces de taxer et d’intervenir. Sauf dans la tête des indépendantistes québécois, il n’y aura pas nécessairement de clivage Québec/ROC.

Le Québec n’a pas besoin de se construire contre le Canada. Il éprouve cependant du mal à se construire positivement. Les déchirements entre les péquistes ont très peu de valeur en soi. Mais il peuvent permettre de faire de la place sur la scène politique pour une nouvelle approche. Finies les récriminations contre le Canada!

Il y a tant à faire. Développer l’habitat autrement en intégrant des moyens de transport efficaces. Réduire la consommation de viande. Modifier les systèmes d’éducation et de santé.

L’économie du Québec va moins mal qu’ailleurs selon Lisée. Le Canada ne nuit sûrement pas. Le fédéralisme européen est en panne. Le fédéralisme canadien se porte très bien. Les Européens auraient intérêt à s’inspirer du Canada. Oublions, quant à nous, les questions constitutionnelles et occupons nous des enjeux qui comptent.

@ Alexandre Harvey # 47 :

Oui, vous avez raison. Nous avons essayé, réessayé et réessayé encore. Mais, comme des fourmis, nous devons continuer de réessayer sans relâche. C’est le seule vraie bone voie à mon avis.

Et ce faisant, nous devenons de plus en plus forts et fiers de nous-mêmes.

La seule chose qui nous appartient vraiment est notre effort.

Complément à ma réponse à Alexandre Harvey # 47 :

»Et ce faisant, nous devenons de plus en plus forts et fiers de nous-mêmes », c’est-à-dire fiers d’avoir toujours agi et de ne pas nous être apitoyé sur nos insuccès.

Il n’est pas facile de ne pas nous créér d’attentes, mais c’est la seule façon de ne pas être déçus.

Vu que le résultat de nos efforts ne nous appartient pas, les seules choses sur lesquelles nous pouvons compter sont nos efforts répétés.

En agissant ainsi nous ne perdons pas notre dignité, mais nous la faisons grandir, et si nous agissons toujours avec respect pour nos interlocuteurs, nous forcerons tôt ou tard leur respect et leur admiration.

Nopus apprendrons ainsi de plus en plus à vivre ensemble, et à notre ère des communications électroniques, ce n’est la distance physique qui nous en empêchera.

Un tient au sein du Canada, vaut mieux, à mon avis, que deux tu-l’auras en dehors du Canada.

JF,

1- Faire l’indépendance avec ces Zizaneux…comment géreront-ils le Québec dès son indépendance? en se chicanant? NON merci!
2- L’indépendance n’est pas pour demain…quand le NPD est arrivé au pouvoir, ont le sentait bien dans nos entourages…. Quand l’ADQ est entré au pouvoir, ont le sentait bien dans nos entourages…Le PQ, les souverainistes et l’indépendance…là ont ne le sent pas du tout dans nos entourages…
Allez voir les gens ordinaires…dans les clubs de chasse et de pêche, les cercles des fermières, les salon de Quilles, les tavernes et brasseries…Écoutez bien…on est très loin des belles théories….L’indépendance n’est pas pour demain…

Bonsoir,
Les nationalistes du Québec se doivent au plus vite de mettre leur lubie au tiroir. Le temps urge. Le siècle actuel n’est plus avec la mondialisation galopante à l’indépendance mais bel et bien à l’interdépendance. Fini les rêvasseries à en dormir debout pour tous ceux qui, conscients de cet état de fait, savent bien que tout est canné présentement avec les diverses alliances. Rêver d’autre chose amène directement à une déception qui sera sans bornes. Bien à vous, John Bull.

@Maurice Tituer

Désolée de vous contredire, mais si vous retirez le Québec de l’équation électorale du 2 mai, vous constaterez que le reform est tout près du 50 % dans le ROC.

Le reform a amélioré sa performance à chacune des élections, alors oui, le ROC est de plus en plus à droite.

Ne perdez pas de vue que même la très libérale Toronto est maintenant pas mal bleue et que c’est là que le despote national peut espérer faire encore des gains. Cela explique d’ailleurs la nomination de persichilli, un italien qui a d’excellentes relations avec les minorités ethniques et ce sont ces minorités qui ont permis une majorité au reform et cela ne va pas changer.

Nous verrons, dans les prochaines semaines, trois élections provinciales et je parierais sur trois victoires des conservateurs. Le ROC s’en va à droite, c’est indéniable.

« Le fédéralisme européen est en panne. »

L’Union Euorpéenne n’est pas un régime fédéral, mais bel et bien une confédération (une union d’états souverains, c’est la définition d’une confédération)

« Le fédéralisme canadien se porte très bien. »

C’est très discutable. D’abord, ce « pacte entre deux peuples » a une nouvelle constitution imposée par le peuple dominant et que notre peuple n’a toujours pas signée. Depuis 29 ans!!!! 29 ans à ne pas tout à fait faire partie du Canada et à attendre que « le fruit soit mûr ». Et que dire de la vision divergente du pays qu’on chacun de ces deux peuples (Il n’y a qu’au Québec qu’on imagine le Canada comme un « couple » et qu’on raconte la fiction de « pacte entre deux peuples »).
Ensuite, l’économie reste fragile. Le Canada et le Québec ont bien résisté à la dernière crise, mais nos deux gouvernements (Harper et Charest) s’acharnent à faire disparaître les digues et les mesures qui nous permettent justement de résister.

Finalement, dire que l’Europe va mal est une généralisation hâtive. Certains pays s’en sont bien sorti (pays scandinaves, Allemagne, Pays-Bas, France). D’autres, surtout ceux qui ont misé plus sur le néo-libéalisme (Irlande, Islande, Italie) ont été frappés de plein fouet. Et les milieux financiers s’acharnent contre l’Euro, dont la présence limite les possibilités spéculatives.
(Lisez aussi « Les Confessions d’un assassin financier » de John Perkins, vous allez comprendre ce qui s’est passé en Grèce par exemple; malgré ses faiblesses, il rélève beaucoup sur la manière dont les grands groupes financiers poussent les états à s’endetter pour mieux les prendre à la gorge (empochant au passage de généreux bénéfices grâce à ces emprunts); c’est clairement ce qui s’est passé en Grèce où des institutions financières ont, pendant des années, magouillé avec les différents gouvernements qui se sont succédés pour dissimuler à la population l’état réel des finances publiques).

« Les Européens auraient intérêt à s’inspirer du Canada. »

Je serais curieux de savoir ce que vous pensez que l’Europe devrait imiter du Canada.

Tant et aussi longtemps que nous ne serons pas en solide position de force économique, je crois qu’il est nettement préférable de faire tous les efforts requis pour consolider et renforcer nos positions à l’intérieur du Canada,

et cela, sans complexe de persécuté mais avec une attitude de partenaire francophone bilingue à part égale qui ne rate aucune occasion d’entretenir et de développer d’excellentes et mutuellement fructueuses relations économiques et sociales avec chacune des autres provinces.

En votant pour le NPD de Jack, le Québec a prouvé qu’il ne voulait pas de Harper. Le Canada l’a voulu et il l’a eu, sans le Québec. Grand bien lui fasse. Le Québec est encore et toujours différent du Rest of Canada. Maintenant que les astres sont alignés : le Québec doit faire son propre pays avec ce qui le distingue sur les plans politique, économique, social et culturel.

La lecture que vous faites de la réalité est un savant mélange de faits exacts et d’interprétations discutables des conséquences. Elle est tissée avec en fond de scène le scénario du conflit perpétuel Canada-Québec qui est entretenu avec soin dans l’imaginaire collectif des nationalistes québécois.

La disparition du bloc québécois, la disparition annoncée du parti québécois sont le résultat du même échec. L’échec à démontrer que le Québec ne peut pas bien vivre à l’intérieur du Canada. Et surtout l’échec à démontrer que l’on vivrait mieux dans un état national québécois (et je ne pense même pas au volet économique ici).

Y-a-t-il vraiment un fossé structurel ou même conjoncturel entre le Québec et la Canada, ailleurs que dans l’imaginaire nationaliste? Chez les nationalistes, il est de bon ton que d’ériger toutes les différences, si petite soit-elle, au niveau du fossé structurel. C’est le type de discours qui a discrédité le bloc québécois et précipité sa chute. Au parti Québécois, le «souverainiste» de la gouvernance souverainiste repose essentiellement sur la «création» de la crise fédérale-provinciale. S’il y avait réellement un inconfort chez le peuple québécois, serait-il nécessaire d’inventer la crise? Mme Marois nous promet, si elle est élue au prochaine élection de nous démontrer que nous ne sommes pas bien au Canada. En fait, elle nous promet d’empoisonner au maximum la relation fédérale provinciale avec toutes les demandes possibles, réalistes ou non.

Le Canada prend un virage conjoncturel vers la droite, comme toutes les démocraties occidentales, y compris le Québec (Legault, Charest, Deltell, Marois vs Kadir), avec un certain retard. Compte-tenu que les progressistes québécois se sont ré-impliqués en politique fédérale, le virage n’est pas vraiment dramatique. Le parti conservateur n’a pas la pluralité des voix au Canada. La politique conservatrice est généralement pragmatique. Si nous voulons le maintien du registre des armes à feu, libre à nous de l’implanter au Québec, pourquoi l’imposer aux albertains qui n’en veulent pas. Et n’oublions pas surtout qu’il y a des députés conservateurs et des électeurs conservateurs au Québec aussi.

Le nationalisme est une religion et vous êtes l’un de ses théologiens reconnus. Mais même à ça, ici la sauce me semble un peu étirée.

@Pierre Lamoureux

N’empêche que ce virage à droite depuis 30 ans n’a pas livré la marchandise, on assiste plutôt à une régression et à une polarisation de la richesse entre quelques mains…

D’ailleurs le Québec, malgré « son retard », est l’un des (rares) endroits dans le monde occidental qui s’en tire le mieux… avec son modèle!
Pourquoi s’embarquer dans une tendance qui a démontrer ses limites ?

Un peu stupide de suivre la meute… qui tombe de la falaise!

Bonne journée! Bloguistes de JFL. Ah!non pas encore lui: un 2e blogue dans la même journée. Comme quoi que la rentrée politique est remplie de surprises, souvent inattendues. Ce qui met du piquant, enfin!
Dans quelle mesure? Laquelle? Dans le sens de valeur-s, capacité-s appriciée-s ou estimée-s de madame et de messieur tout le monde.Nos électeurs actuels et de demain;bientôt, ils voteront: CPQ/ADQ, PLQ/ QS/ PQ+ses 04 coins cardinaux indépendants.

Premier test, dans 06 mois en Gaspésie: une élection partielle dans le comté de Bonaventure: c’est le cas de le dire. Alors, peut-être le PM libéral Jean Charest tentera un 4e rot ou mandat? Il avait déjà battu un record, un rappel: aucun parti politique reconnu avait été réélu plus
de 02 fois, depuis la Révolution -trop- tranquille de 1960.
Soyez patientEs, les thèmes et la meilleure organisation sur le plancher des vaches seront nécessaires: à venir. – Oh! un rappel à la tutilaire ministérielle Nathalie Normandeau de Maria/Gaspésie, qui vient de nous quitter: gaz de schisme, à la recherche d’une vie privée bien méritée. À la prochaine ! .-

… courte suite: au blogue 63… Comme rappel d’une campagne électorale partielle dans le comté de Bonaventure/Gaspésie: J.A-Lévesque,le doyen libéral à l’Assemblée était, vivant, imbattable. Le PQ inexistant alors en Gaspésie plaça son QG à Maria (tard en automne:2e mandat…1981-1985). Mon travail et le lieu, New-Carlite ôu naquit le PM René-Lévesque (Lévesque,René -1922, 1987 Montréal et PM 1976-1985). Jamais mais jamais, je n’ai travaillé aussi fort à New-Carlite, même physiquement puisque harchelé le jour « J »: j’ai réussi à baisser tellement la majorité dans le Village de René-Lévesque que le PQ a été élu.
À la prochaine.

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