Résultats électoraux: la preuve encore que notre système est bancal

Notre système électoral provoque des situations aberrantes et cette dernière élection québécoise nous en offre encore un  exemple.

1) Avec 27 % des voix, soit à peine quatre ou cinq pour cent de moins que le Parti québécois et le Parti libéral, la Coalition avenir Québec se retrouve avec seulement 19 sièges, alors que les deux autres ont respectivement 54 et 50 sièges, soit 35 et 31 de plus que la CAQ.

2) En 2007, l’ADQ, l’ancêtre de la CAQ, avait pourtant fait élire 41 députés avec 30,8 % des voix, ou seulement  3,8 points de plus que la CAQ.

3) En 2008, le PLQ a obtenu un mandat majoritaire avec 1 362 801 voix. Cette année, le PQ hérite tout juste d’un mandat minoritaire très limité avec 1 393 540 voix ou 30 000 voix DE PLUS que le PLQ, il y a quatre ans.

4) Le fort taux de participation de cette année explique qu’il faut plus de voix pour obtenir le même nombre de sièges. Mais quand même. Le PLQ n’a perdu qu’environ 1000 voix en quatre ans, mais a fait élire 16 députés de moins qu’en 2008. Le PQ a obtenu 254 455 voix de plus qu’il y a quatre ans, mais seulement trois sièges de plus.

5) Si on s’arrête aux pourcentages des voix obtenus par chaque parti, on voit qu’il y a une quasi égalité statistique entre les trois principales formations. La répartition des sièges ne reflète qu’en partie cette réalité. Le PQ et le PLQ sont au coude à coude avec un écart d’à peine quatre sièges, mais ils accaparent plus de 80 % des 125 sièges. La CAQ n’en détient que 15 %.

Je pourrais continuer longtemps, mais le constat serait toujours le même. Notre mode de scrutin est archaïque et il serait urgent de le réformer.

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Je n’ai aucun problème à ce que nous revoyons le mode de scrutin mais il faut tout de même prendre conscience que si celui-ci devient totalement proportionnel les régions vont encore en payer le prix.

Dans l’Est du Québec deux comtés de moins cette année. Oui il y a un problème démographique mais un député qui doit travailler avec des quarantaines de municipalités, différentes MRC, des distances importantes entre les citoyens, bref c’est différent d’un député Montréalais qui n’est pas obliger de se présenter à la chambre de commerce puisque plusieurs se partage le même territoire.

Et que dire de Québec Solidaire, qui avec plus de 6% des voies, n’a obtenu que deux sièges.

On pourrait aussi dire que malgré le fait qu’ils ont récolté 2% des appuis populaires (125 sièges x 2% = 2 représentants) les onistes n’ont aucune représentation à l’assnat. On peut faire le même calcul pour QS le PV et la CAQ

Nommez m’en un, UN SEUL système électoral qui soit parfait Madame Cornelier.

Notre système a un GRAND avantage: la stabilité gouvernementale contrairement aux systèmes proportionnels qui favorisent l’instabilité, la progression des partis extrémistes et les élections à go-go.

Ici, au Canada, pour qu’un parti soit élu, il doit avoir fait ses preuves et avoir convaincu une grande porportion de l’électorat.

C’est une chose de critiquer le système actuel, c’en est une autre que de proposer une solution de rechange acceptable.

Avez-vous une proposition constructive qui peut satisfaire tous les membres élus de l’Assemblée nationale et le besoin de représentation ?

@François 1 et @Michel Goulet:
Bonjour, voici des modèles supérieurs (qui répondraient à vos demandes en ordre croissant de satisfaction):
1) le modèle mixte allemand de proportionnelle compensatoire défendu par le Mouvement Démocratie Nouvelle;
2) le Vote Unique Transférable (VUT) irlandais qui a reçu l’approbation de 58% de l’électorat de Colombie-Britanique lors d’un premier référendum;
3) le Scrutin Préférentiel Proportionnel et Personnalisé (SP3) suggéré sur la scène fédérale par M. Stéphane Dion et initié par M. André Blais, professeur de Sciences Politiques à l’origine de la Boussole Électorale;
4) le Scrutin Préférentiel, Proportionnel et Acirconscriptif (SPPA) déposé conjointement avec l’Association des Étudiants des Cycles Supérieurs de Polytechnique et développé avec des méthodes d’ingénierie afin de répondre aux problèmes que vous avez soulevés…
Bonne journée!

@ Francois 1:
Quelques autres systèmes politiques ont offert une grande stabilité aux sociétés au cours de l’histoire. En voici quelques-uns :

– Le gouvernement militaire de Pinochet au Chili (1974-1990) qui a fait 3200 morts et disparus et a torturé 38 000 Chiliens;

– le règne du monarque Louis XIV (1643-1715), surnommé le Roi-Soleil, qui donne de l’envergure au palais de Versailles. Pendant la construction du bâtiment, plus de 1000 travailleurs perdent la vie à cause de la fièvre et de la pneumonie. Ceci, sans parler du fait qu’il affame sans population en l’écrasant sous les impôts;

– la dynastie Al-Saoud, qui règne de père en fils sur l’Arabie Saoudite depuis 1932. On retire leurs passeports aux travailleurs phillipins, ce qui en fait somme toute des esclaves puisqu’on les prive du droit de quitter le pays.

Maintenant, voici la question que nous devons tous nous poser : la discussion est-elle un moyen efficace de faire avancer des idées? Si vous répondez par l’affirmative, il me semble qu’un mode de scrutin proportionnel, dans lequel la voix du peuple est entendue sans distortion, est la solution toute indiquée.

Peut-être croyez-vous par contre que porter un dictateur au pouvoir vaut mieux qu’élire un parlement et que le peuple ne sait pas ce qui est bon pour lui. Dans ce cas, je vous ferai remarquer que vous sous-estimez la valeur d’un pays où les libertés individuelles sont garanties et de deux, je crois qu’un séjour en au royaume d’Arabie Saoudite vous serait fort salutaire pour connaître les vertus d’une démocratie.

Bien d’accord avec l’idée de réformer le système électoral et y instaurer un système proportionnel.

Ce que je trouve le plus effarant, c’est que la majorité des votes des Québécois le 4 septembre ne seront absolument pas représentés à l’Assemblée nationale. Je m’explique.

Si, par exemple, dans un comté, le PQ obtient 32% des voix, le PLQ 31%, la CAQ 27% et QS le reste, le résultat est d’ajouter un député péquiste à l’Assemblée nationale, ce qui oblitère complètement le fait que 68% des voix dans ce comté se sont prononcées contre un député péquiste. Et ces 68% des voix n’auront donc servi à élire aucun député, et donc ne seront pas du tout représentées à l’Assemblée nationale.

Comme ce genre de répartition des voix s’est retrouvée dans la plupart des comtés, cela implique que plus de 60% des votes des Québécois ne sont pas du tout représentés dans la composition de l’Assemblée nationale. Si je n’ai pas voté pour le ou la gagnante de mon comté, c’est comme si je n’avais pas voté du tout.

Peut-être que le PQ a fait élire 54 députés, mais il a eu besoin de beaucoup moins que les 31,94% des voix des Québécois pour le faire. De ces 31,94% des voix obtenues en tout, il ne faut pas oublier que toutes les voix pour le PQ dans d’autres comtés que ceux des 54 députés élus n’ont en fait pas servi du tout à élire ces 54 députés. En fait, elles ne sont pas représentées du tout dans la composition de l’Assemblée nationale.

Ainsi, un système proportionnel permettrait de constituer une Assemblée nationale qui soit véritablement représentative de la volonté de l’ensemble des Québécois.

Bien sûr, dans un contexte où le vote est distribué entre 5 partis comme le PQ, le PLQ, la CAQ, QS et ON, il semble que l’on soit condamnés à n’avoir que des gouvernements minoritaires l’un à la suite de l’autre. Mais cela n’a pas à être vu d’un mauvais oeil, puisque si l’on veut que la composition de l’Assemblée nationale soit véritablement représentative de la volonté des Québécois, eh bien il faut se rendre à l’évidence qu’il n’y a pas une majorité de Québécois qui se prononcent pour le même parti : dans le contexte présent, un gouvernement ne peut être majoritaire que si le vote ne représente pas les proportions du vote obtenues au suffrage universel.

Lequel des deux est préférable ? Si on choisit la proportionnalité, cela devra entraîner un changement de mentalité dans la façon des députés de gouverner le Québec, dans la façon de négocier avec les autres partis, etc., puisque tous les partis auront à discuter et à négocier avec tous les autres. Et du même coup, comme les partis de l’opposition auront une bien plus grande place dans les décisions gouvernementales, ils pourront beaucoup plus difficilement rejeter la responsabilité sur le parti majoritaire lors de décisions impopulaires ou ayant des conséquences néfastes.

Bonjour.

J’ai déjà écrit dans des billets différents de changer le système de Monarchie Britannique en un système de République Fédéral car un favorise tout les pouvoirs a une seule et unique personne le premier ministre et a des nominations de parti a des fins partisannes de parti,tandis que l’autre système donne toute le pouvoir au peuple par un vote au suffrage universel pour le président et au vote dans chacun des États pour les Ambassadeurs,les gouverneurs,les sénateurs,et les représentants pour le respect des spécificités de chacun des États.Les treize États auraient chacun leur gouvernement qui serait représenté par le conseil des État voilà pour le Canada.

Mme.Cornellier vu que le Canada n’est pas encore une République fédéral alors pour vote billet je vous sugère pour le Québec sur le même bulletin de vote bien il y aurait une place pour voter pour le premier ministre et une deuxièmes places pour les représentants à l’assemblée Nationale.

Il est inaceptable en 2012 que la population ne vote pas pour le premier ministre et qu’il soit choisi par 150,000 personnes au lieu de 7 millions de personnes voilà.

Bonne réflexion.

@ Monsieur Louis Philibert-Morrissette (# 10) :

Je comprends bien que vous défendiez un système électoral, contre un autre. Si ce n’est que les exemples que vous prenez pour justifier de vos choix sont inadaptés.

Vous devriez avoir plus de déférence envers le peuple chilien qui a dû souffrir la dictature militaire instaurée par Augusto Pinochet. Le problème cependant est qu’Augusto Pinochet à dirigé le putsch militaire alors qu’il avait été nommé par Salvador Allende lui-même, deux hommes qui se connaissaient de longue date. C’était par conséquent un officier de rang initialement légitimiste qui par certains aspects est parvenu à éviter un « bain de sang ». S’il s’était désisté, le putsch aurait de toutes façons eu lieu. Salvador Allende était non seulement avocat, socialiste et franc-maçon, sa position proche du peuple et des droits de l’homme sont autant de choses que les gens de sa propre classe ne lui pardonnèrent pas.

Vous devriez plutôt, si vous voulez dénoncer un pays, pointer du doigt les États-Unis d’Amérique qui à l’époque exerçaient leur domination sur plusieurs pays d’Amérique du Sud. Cependant, en terme de démocratie les Etats-Unis ont ce grand avantage d’être un des berceaux de la démocratie moderne par la grâce d’esprits éclairés tels : George Washington, John Adams, Benjamin Franklin et Thomas Jefferson. Si ce n’est que les américains depuis leur fondation, établissent une différence et une distinction entre les intérêts supérieurs du monde, intérêts qui exercent un droit de préséance sur la seule prévalence du droit de vote, qui par principe est le privilège de l’homme libre.

Je souhaiterais ajouter que vos connaissances du siècle de Louis XIV, gagneraient sans doute à être complétées. Vous jetez un discrédit sur ce monarque qui est immérité, que vous ne tenez en aucune façon compte du contexte historique. J’aimerais quand même vous rappeler, que ceux qui payaient le plus de taxes sous Louis XIV, c’était la bourgeoisie. Que les conditions de vie si pénibles du peuple que vous décrivez, n’ont pas été un obstacle pour faire de ce royaume le plus riche et le plus peuplé de l’Europe de son temps. Preuve s’il en est que c’était bien en France et en Nouvelle France qu’il faisait le mieux vivre. Le plus grand fléau de cette époque et d’autres époques, c’était la guerre.

@ Louis Philibert-Morrissette (# 10):

Vous dérapez…

je n’ai jamais insinué qu’un système anti-démocratique était un meilleur système.

Je soulignais que la grande qualité du système actuel était sa stabilité politique et qu’un parti devait finir par convaincre une bonne portion des électeurs pour pouvoir prétendre sièger au gouvernement et évantuellement y régner.

Certes, il y a des inconvénients mais c’est un système simple et facile à comprendre pour la moyenne des gens et surtout, qui a fait ses preuves. Par exemple, le Parti québécois (nouveau parti à une certaine époque…)a, au fil du temps, réussi à accéder au pouvoir.

Ce système protège les électeurs contre la représentation des partis extrémistes (i.e.: Parti communiste du Québec!), favorise un lien entre les députés et les électeurs, permet aux gens de faire un choix entrte les personnes et non seulement entre les partis, etc…

Pas parfait? Soit. Mais je le crois meilleur que tous les autres.

Les Britaniques savent vraiment faire les choses!

Notre systèeme est bien comme il est et il est démocratique. c’est juste qu’on n’élit pas des partis, on élit des députés, et c’est celui qui a le plus de voix qui gagne.

Une proportionnelle est une mauvaise idée parce que ce sera plus difficile d’avoir des gouvernements majoritaires. De plus, une proportionnelle ne serait pas payante pour les indépendantistes, 58% des votes sont allés au PLQ ou à la CAQ.

Le concept même de démocratie est difficile à comprendre pour bien des gens et n’a rien à voir avec un gouvernement majoritaire ou minoritaire. D’abord, en démocratie un vote vaut autant qu’un autre et les petits partis ont le droit à la représentation à l’AN autant que les autres. Il est malheureux de noter que les dictatures sont souvent les gouvernements les plus stables mais aussi les plus anti-démocratiques.

Ensuite, en vraie démocratie il ne devrait pas y avoir de « gouvernement minoritaire » mais les partis devraient avoir la responsabilité de former des coalitions ou des alliances pour former un gouvernement avec une majorité du pourcentage des électeurs qui ont voté. Il incombe aux politiciens de se discipliner et de se civiliser et de travailler ensemble pour le bien commun, pas uniquement pour le bien de leurs partis politiques. On ne devrait jamais au grand jamais voir un gouvernement comme celui à Ottawa qui règne en majoritaire alors que la grande majorité des électeurs au pays ont voté CONTRE ce parti – c’est profondément anti-démocratique. Le PQ se retrouve un peu dans la même situation quoique, heureusement il est au moins minoritaire – par contre cela rend la tâche de Mme Marois très difficile car la majorité de la population est représentée par des députés d’opposition à l’AN et cela risque de devenir une foire d’empoigne et de devenir ingouvernable et ce ne sera pas sa faute, mais celle de ce système bancal et anachronique.

Donc, notre système est de loin un des moins démocratiques dans le monde occidental et les ÉU sont un bien mauvais exemple car ce système ne fonctionne que si on est en situation de bipartisme, ce qui est le cas aux ÉU mais pas au Canada. Dans ce sens, la politique canadienne est beaucoup plus proche de celle qu’on voit en Europe plutôt qu’aux ÉU.

Pour ceux qui sont satisfaits du système actuel parce qu’il est « simple et facile à comprendre » je vous dis de ne pas sous-estimer les citoyens et de laisser les questions techniques à ceux qui en seront responsables. La démocratie n’a rien de simple et, comme je l’ai mentionné ci-haut, pas si facile que ça à comprendre. Une société libre et démocratique mérite mieux que ce qui est simple et facile à comprendre, elle mérite une véritable démocratie, avec toutes ses exigences et ses difficultés – c’est le prix à payer pour en jouir vraiment.