Roméo Dallaire : le dernier Casque bleu canadien?

Alors que le nombre de missions de paix de l’ONU explose, Ottawa et ses alliés des capitales occidentales n’ont jamais répondu si peu présents. Il y a des raisons à ça.

Roméo Dallaire dans un camp de réfugiés Tutsis au Rwanda, en mai 1994, alors qu'il dirigeait la mission de paix de l'ONU dans ce pays. Le génocide du printemps 1994 fera près d'un million de morts. (crédit photo: Getty Images)
Roméo Dallaire dans un camp de réfugiés Tutsis au Rwanda, en mai 1994, alors qu’il dirigeait la mission de paix de l’ONU dans ce pays. Le génocide du printemps 1994 fera près d’un million de morts. (Photo : Getty Images)

Le hasard, ce faiseur de coïncidences, vient de frapper. Il aura voulu que le sénateur et ancien général Roméo Dallaire annonce son départ de la Chambre haute quelques jours après qu’un responsable de l’ONU eut demandé au Canada de s’impliquer davantage dans les missions de paix, les fameux Casques bleus.

Deux événements qui vont bien ensemble. Et qui ouvrent une fenêtre sur le rôle militaire que le Canada joue maintenant sur la scène internationale. Alors que le nombre de missions de paix de l’ONU explose, Ottawa et ses alliés des capitales occidentales n’ont jamais répondu si peu présents. Il y a des raisons à ça. Nous y reviendrons.

D’abord, quelques mots sur le départ du Sénat de Roméo Dallaire, annoncé mercredi matin.Politique

À 68 ans, il dit ne plus pouvoir concilier le travail de sénateur avec ses conférences internationales. Il est très sollicité, en plus d’écrire des livres. Il dit vouloir continuer de s’impliquer auprès des anciens combattants, notamment pour ceux qui souffrent, comme lui, du syndrome de stress post-traumatique.

Il aurait pu continuer de toucher ses 138 700 dollars de sénateur par année et vaquer à ses autres occupations. D’autres le font. Mais neuf ans après sa nomination par Paul Martin, il a décidé de ne pas manger à tous les râteliers et de passer à autre chose. La grande classe.

J’ai déjà dit publiquement que Roméo Dallaire représente ce que devrait être le Sénat. Expertise, sagesse, expérience. Il apportait une connaissance et une humanité aux dossiers du Parlement.

S’il y avait davantage de Roméo Dallaire dans cette institution, et moins d’organisateurs politiques, de collecteurs de fonds et autres anciens directeurs des communications partisans récompensés avec des fonds publics, le Sénat serait aujourd’hui moins contesté.

Roméo Dallaire est surtout connu pour son rôle dans la tragédie du Rwanda, en 1994. Dirigeant de la mission de paix de l’ONU dans ce pays aux tensions ethniques évidentes, il a tenté de prévenir les autorités qu’un génocide approchait. Il a demandé de l’aide, des renforts, un mandat onusien plus musclé. L’ONU a refusé. On connaît la suite. Près d’un million de morts en quelques semaines.

Et une immense balafre au visage de l’institution onusienne.

En quittant, Roméo Dallaire a dit souhaiter que le Canada s’engage plus activement auprès des peuples fragiles, aux prises avec des problèmes de sécurité. Il a cité la République centrafricaine, où les catholiques et les musulmans se massacrent. Il souhaite, malgré les traumatismes, que le Canada redevienne un pays important dans les missions de paix de l’ONU.

Mon titre est évidemment une métaphore. Roméo Dallaire n’est pas le dernier Casque bleu canadien. D’autres après lui ont servi sous les drapeaux de la communauté internationale. Quelques-uns le font au moment d’écrire ces lignes.

Mais voilà, ils sont de moins en moins nombreux. Comme si la contribution canadienne à cette idée des Casques bleus, inventée par le premier ministre canadien Lester B. Pearson, en 1956, s’était éteinte au Rwanda. Incapable de survivre à l’échec de cet idéal.

Même si dans la tête de bien des gens, le Canada reste le pays des Casques bleus, la réalité est tout autre. Les rivières de sang des Rwandais semblent avoir balayé cette vision chez les hauts dirigeants canadiens, tant politiques que militaires.

La mission canadienne en ex-Yougoslavie, elle aussi dans les années 1990, a contribué à renforcer ce sentiment d’impuissance des opérations de l’ONU, alors que les soldats ont assisté à des massacres sans avoir le droit d’intervenir.

De nos jours, sur les 123 pays qui participent aux 16 missions de paix en cours dans le monde, le Canada arrive au 63e rang des contributeurs. Il a 120 soldats ou policiers sous les drapeaux de l’ONU — sur les 97 518 qui participent au total.

Il n’est pas une exception parmi les pays riches. Les États-Unis et leur puissante armée pointent au 60e rang (140 soldats ou policiers). Le premier pays riche se retrouve au 22e rang (Italie — 1 378 soldats ou policiers), alors que la France se situe au 26e rang.

Les pays qui fournissent des troupes sont tous pauvres ou en émergence. Inde (8 132), Bangladesh (8 034), Pakistan (8 027), Éthiopie (6 628) et le… Rwanda (4 709) forment le «top 5» des pays contributeurs.

Voici la liste complète de l’ONU, mise à jour en avril dernier.

Tableau:

Pays Policiers Civils Soldats Total
1 India 998 51 7,083 8,132
2 Bangladesh 1,742 69 6,223 8,034
3 Pakistan 588 80 7,359 8,027
4 Ethiopia 29 105 6,494 6,628
5 Rwanda 450 15 4,244 4,709
6 Nigeria 534 57 4,023 4,614
7 Nepal 768 45 3,799 4,612
8 Ghana 236 65 2,691 2,992
9 Senegal 1,043 27 1,897 2,967
10 Jordan 1,237 47 1,445 2,729
11 Egypt 343 78 2,228 2,649
12 Tanzania 5 24 2,238 2,267
13 South Africa 61 22 2,111 2,194
14 China 171 34 1,975 2,180
15 Burkina Faso 310 22 1,673 2,005
16 Niger 120 20 1,741 1,881
17 Uruguay 12 17 1,800 1,829
18 Indonesia 144 24 1,629 1,797
19 Brazil 23 23 1,718 1,764
20 Togo 188 18 1,408 1,614
21 Morocco 2 1,572 1,574
22 Italy 5 16 1,357 1,378
23 Benin 128 22 1,089 1,239
24 Chad 63 4 1,144 1,211
25 Sri Lanka 47 14 1,014 1,075
26 France 48 17 889 954
27 Mongolia 9 927 936
28 Kenya 54 30 824 908
29 Malaysia 24 30 851 905
30 Argentina 35 5 831 871
31 Malawi 3 15 847 865
32 Fiji 62 2 704 768
33 Philippines 45 8 623 676
34 Cambodia 9 640 649
35 Republic of
Korea
3 16 599 618
36 Spain 9 592 601
37 Ukraine 80 20 496 596
38 Chile 14 5 425 444
39 Peru 27 380 407
40 Gambia 176 5 216 397
41 Netherlands 30 14 343 387
42 Ireland 12 20 338 370
43 Finland 1 24 344 369
44 Guatemala 9 295 304
45 Cote
d’Ivoire
164 126 290
46 United
Kingdom
2 283 285
47 Japan 271 271
48 Germany 24 10 234 268
49 Turkey 152 3 105 260
50 Yemen 152 83 24 259
51 Guinea 54 12 169 235
52 Bolivia 21 209 230
53 Serbia 12 8 203 223
54 Austria 1 7 169 177
55 Djibouti 164 1 165
56 Paraguay 1 31 131 163
57 Slovakia 2 2 157 161
58 Burundi 133 9 1 143
59 Zambia 89 42 11 142
60 United States of America 105 5 30 140
61 Tunisia 97 38 3 138
62 Sierra Leone 94 13 14 121
63 Canada 86 13 21 120
64 Russia 41 67 4 112
65 Belgium 2 102 104
66 Cameroon 99 1 100
66 Zimbabwe 77 20 3 100
67 El Salvador 2 8 85 95
68 Hungary 1 7 81 89
69 Namibia 60 20 7 87
70 Mali 58 19 2 79
71 Romania 36 37 2 75
72 Denmark 15 57 72
73 Ecuador 11 56 67
74 Norway 32 19 15 66
75 Sweden 37 20 6 63
76 Uganda 52 3 4 59
77 Bosnia
and Herzegovina
47 5 52
78 Greece 50 50
78 Honduras 12 38 50
79 Australia 15 21 13 49
79 Liberia 49 49
80 Madagascar 42 42
81 Thailand 20 5 6 31
82 Switzerland 6 19 5 30
83 Croatia 7 16 5 28
84 Brunei 26 26
84 Colombia 26 26
85 Kyrgyzstan 17 6 23
86 Slovenia 4 14 18
86 Poland 3 13 16
87 Samoa 16 16
88 DR Congo 13 13
89 Central African Republic 12 12
89 Jamaica 12 12
89 New Zealand 10 2 12
90 Moldova 10 1 11
91 Tajikistan 8 8
92 Czech
Republic
6 6
92 Montenegro 4 2 6
93 Algeria 5 5
93 Belarus 5 5
93 Lithuania 4 1 5
93 Vanatu 5 5
94 Estonia 3 1 4
94 Mauritania 4 4
95 Lesotho 2 1 3
95 Qatar 3 3
95 Timor-Leste 3 3
96 Bulgaria 2 2
96 Cyprus 2 2
96 Dominican
Republic
2 2
96 Grenada 2 2
96 Guinea-Bissau 2 2
96 Iran 2 2
96 Palau 1 1 2
96 Portugal 1 1 2
97 Albania 1 1
97 Armenia 1 1
97 Mozambique 1 1
97 Papua New
Guinea
1 1
97 The former Yugoslav Republic of Macedonia 1 1

Il n’y a jamais eu autant de missions de paix dans l’histoire. Sur les 69 missions depuis 1948, 56 ont eu lieu depuis 1988. Avec ses 16 opérations en cours, c’est 23 % de toutes les missions de l’histoire qui sont actives. (Plus d’info ici, sur le site de l’ONU.)

Il y a 97 518 soldats ou policiers impliqués dans ces opérations. Il n’y en avait que 10 000 en 1991.

C’est dans ce contexte de forte demande que le sous-secrétaire de l’ONU responsable des missions de paix, Edmond Mulet — de passage à Montréal dans les derniers jours —, a affirmé que le Canada devrait en faire davantage.

«On voudrait vraiment voir le Canada augmenter et accroître ses contributions», a-t-il dit en entrevue au Devoir. «Il ne s’agit pas d’avoir plus de troupes ou de bottes sur le terrain. La contribution canadienne peut être au niveau du transport aérien, de l’établissement de l’État de droit, de la sécurité et de la formation de policiers. […] On a aussi beaucoup besoin d’experts francophones, puisque la majorité de nos missions sont en Afrique.»

Comment en est-on arrivé là ? Le Canada et la communauté internationale ?

Grande question. Voici quelques pistes de réflexion, glanées au fil des années, en parlant avec des experts dans le domaine.

– Une ONU plus active

Voici ce que me disait en 2006 Louise Fréchette, qui a été vice-secrétaire générale de l’ONU entre 1998 et 2006 :

«Jusqu’au début des années 1990, l’ONU intervenait pour départager les belligérants seulement quand un traité de paix était signé entre deux États. Aujourd’hui, ce type de mission n’existe presque plus. Il ne s’agit plus de patrouiller une ligne de cessez-le-feu, mais plutôt de rétablir la paix et de relancer un pays dans un état avancé de délabrement. Tout est plus complexe. Et souvent, pour arriver à nos fins, il faut employer la force. Le défi militaire est beaucoup plus grand depuis quelques années.»

Bien sûr, quelques opérations de maintien de la paix classiques subsistent toujours, notamment au Cachemire, entre l’Inde et le Pakistan, ou sur l’île de Chypre. Les Casques bleus de l’ONU surveillent alors une trêve qui s’étire sur des années, et les combats sont pratiquement inexistants.

Les nouvelles missions impliquent souvent des conflits à l’intérieur des États, où le chaos règne et où s’affrontent des pans entiers de la société. Il n’y a souvent aucun cessez-le-feu, et le banditisme est galopant. C’est le cas en Afghanistan, au Congo, en Centrafrique…

Comment l’ONU en est arrivée à intervenir dans ce type de conflit sanglant ? Qu’est-ce qui a sonné le glas des missions de paix classiques ?

La parole à Louise Fréchette :

«Pendant la guerre froide, la communauté internationale avait peu d’ambition. Il y avait un respect absolu des souverainetés. Il y avait des génocides à qui mieux mieux, mais chacun faisait ce qu’il voulait dans sa cour, sans intervention. Puis, tout a commencé à changer à la fin de la guerre froide. […] Les pays voulaient faire cesser les massacres. Aujourd’hui, on est rendu à la doctrine de la responsabilité de protéger, qui implique une intervention même sans l’accord du pays hôte. Ça va beaucoup plus loin.» Le Canada a d’ailleurs fait sienne, en 2005, cette politique interventionniste plus musclée.

Le nombre de missions de l’ONU, à partir du début des années 1990, a explosé.

– La débâcle du Rwanda

Puis, tout juste avant le milieu de la décennie, surviennent les épisodes tragiques du Rwanda et de la Somalie. L’ONU est dépassée par les événements, désorganisée, mal dirigée. Les pays membres ne réalisent pas les transformations en cours dans les missions de paix. L’organisme international est incapable d’adapter les mandats de ses opérations, de plus en plus musclées. Les pays participants sont traumatisés, comme le fut le général Dallaire.

L’inefficacité de l’ONU a poussé certains pays occidentaux à se tourner vers d’autres organismes et alliances, même s’ils sont en partie responsables de cette inefficacité. L’OTAN monte alors en grade, et les stratégies géopolitiques commencent à peser dans la balance.

Voici ce que m’a expliqué un spécialiste des missions de paix, qui œuvre maintenant au sein du ministère de la Défense du gouvernement canadien.

«Le Canada est un de ceux qui poussent le plus fort pour avoir une OTAN forte. Les États-Unis ont toujours été assez unilatéralistes, alors que l’Europe cherche à travailler comme une seule entité. Le Canada ne veut pas être marginalisé, alors l’OTAN est son véhicule.»

Le Canada, comme ses alliés occidentaux, préfère s’impliquer dans les pays où il en tirera un bénéfice. Non pas uniquement commercial (le Canada n’avait aucun avantage mercantile en Afghanistan), mais surtout géopolitique. Se placer les pieds dans les mêmes missions que ses alliés. Montrer qu’il fait sa part. Ce fut le cas en Libye, en Ukraine, en Afghanistan…

– La montée de l’OTAN

Ce qui nous amène à la montée de l’OTAN. Dans certains cas, l’organisme créé pendant la guerre froide semble être devenu le bras armé de l’ONU dans les missions casse-gueule.

Je redonne la parole à Louise Fréchette, qui a été aux premières loges pour admirer le ballet diplomatique autour de l’Afghanistan, fin 2001.

«L’ONU a une capacité de commandement et de soutien militaire plus professionnel qu’il y a 15 ans, mais les moyens restent limités comparativement à une force comme l’OTAN. Quand il faut faire face à du solide, à des situations dangereuses, l’ONU n’est pas équipée pour ça. On n’avait pas la capacité militaire d’intervenir en Afghanistan, c’est aussi simple que ça.»

Une situation qui peut arranger les Nations unies, mais qui peut aussi lui forcer la main, comme ce fut le cas au Kosovo, quelques années auparavant. Souvent, l’OTAN prend une décision et va ensuite voir le Conseil de sécurité de l’ONU.

De là à dire que l’OTAN devient tranquillement le bras armé de l’ONU dans les missions de paix à haut risque, il n’y a qu’un pas…

Louise Fréchette, encore (mais toujours pertinente) :

«Dans certains cas, oui. L’OTAN est une force cohésive, elles travaillent ensemble, elles s’entraînent ensemble et elles achètent du matériel militaire compatible. Quand elle arrive sur un terrain de combat, elle est très efficace. À l’ONU, ce sont des armées disparates rassemblées pour l’occasion, provenant de plusieurs pays qui n’ont pas toujours grand-chose en commun.»

L’ONU fait donc face à plus de missions, mais l’OTAN a aussi pris de plus grosses bouchées dans les dernières années. Avec, évidemment, ses propres objectifs.

– Le choix des pays riches

Les pays du Traité de l’Atlantique Nord ont l’obligation de répondre à l’appel, ce qui met de la pression sur les différentes armées nationales. Les ressources disponibles pour l’ONU sont alors limitées. «Ce sont tous les mêmes soldats qui sont sollicités», dit Louise Fréchette.

Ma source au sein du gouvernement canadien résume bien la nouvelle équation des missions de paix de l’ONU :

«Maintenant, à l’ONU, les capitales riches paient la facture, les pays émergents fournissent les troupes et le tiers-monde reçoit les Casques bleus.»

– Conclusion

Le Canada, traumatisé par le Rwanda et les Balkans, s’est tourné vers l’OTAN et ses alliés, délaissant l’ONU et ses missions de paix. La fréquence d’intervention de l’OTAN et la grosseur des missions (l’Afghanistan a poussé l’armée canadienne à bout) a coincé la capacité du Canada à revenir sous les drapeaux onusiens, même si les mandats des opérations de l’ONU sont mieux défini et plus permissif en terme d’intervention qu’auparavant.

La volonté ne semble plus présente. Le Canada refuse régulièrement l’aide que demande l’ONU pour ses missions en Afrique. Les récents gouvernements canadiens — libéraux et conservateurs — ne semblent plus vouloir se donner la peine d’expliquer à l’opinion publique pourquoi il faudrait que le Canada mobilise des troupes, des ressources et de l’argent — et prenne des risques — dans des missions complexes, dans des coins du monde lointains comme l’Afrique.

Et doucement, la tradition des Casques bleus canadiens prend elle aussi le large. Si bien que Roméo Dallaire pourrait bien devenir sous peu la seule figure connue du grand public associée à cet idéal de Lester B. Pearson. Et, indirectement, à son naufrage tranquille.

* * *

À propos d’Alec Castonguay

Alec Castonguay est chef du bureau politique au magazine L’actualité, en plus de suivre le secteur de la défense. Il est chroniqueur politique tous les midis à l’émission Dutrizac l’après-midi (sur les ondes du 98,5 FM) et analyste politique à l’émission Les coulisses du pouvoir (à ICI Radio-Canada Télé). On peut le suivre sur Twitter : @Alec_Castonguay.

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6 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Je dirais que l’OTAN a un avantage sur l’ONU, l’OTAN est constitué en très grande majorité de pays qui partagent les mêmes idéaux alors que l’ONU donne des responsabilités à des pays plutôt douteux (la Libye qui se retrouve à siéger sur le Comission des droits de l’homme). Pour ce genre de comportements, l’ONU tombe en disgrâce et il vaux peut-être mieux de « coller » à un organisme qui partage des valeurs similaires comme l’OTAN.

Souhaitons à monsieur Dallaire de poursuivre encore longtemps dans toutes sortes d’activités qui conviennent à ses multiples talents.

Un petit mot encore sur les missions de l’armée canadienne : Ce qui pendant un temps contribuait à la diffusion d’une image positive du Canada, c’est que ses forces armées étaient identifiées comme des « soldats de la paix », articulées aux diverses missions humanitaires de la quasi défunte ACDI fusionnée depuis peu au ministère des Affaires étrangères. Notre pays par une telle configuration, disposait d’un prestige partout dans le monde, lequel est en bonne partie perdu.

Associé à cela l’apathie pour gérer sérieusement les questions de l’environnement. Tout comme notre médiocre bilan avec les populations natives. On peut dire que le Canada en prend sérieusement pour son rhume 🙂

Personnellement je n’achète pas précisément les thèses — entre autre celles de madame Fréchette -, que vous nous soumettez, ce que j’interprète plutôt comme des justifications.

En démocratie, c’est la volonté politique qui selon moi fait foi. Hors cette volonté n’est tout simplement plus au rendez-vous et je ne pointerai ici personne du doigt en particulier car cela n’est usuellement pas considéré comme une chose polie….

Désolé de vous contredire, mais selon une enquête internationale publiée par le magazine Forbes le Canada arrive en première position pour la meilleure réputation internationale. Oui, oui number 1! L’enquête est menée : To compile its data, the Reputation Institute conducted online interviews with 27,000 consumers in G8 countries from January through March of this year.

Pour la lecture complète de la référence : http://www.forbes.com/sites/susanadams/2013/06/27/the-worlds-most-reputable-countries-2013/

Je sais cela scrape le show sur notre « mauvaise » réputation internationale. Notons que trop souvent ceux qui nous parlent de notre supposée mauvaise réputation sont des canadiens….

@ Martin Beaulieu,

Ne soyez surtout pas désolé de me contredire, vous apportez en effet un argument intéressant.

Comme vous l’avez certainement relevé dans l’article de Forbes, l’étude qui a permis d’établir ce classement, s’est trouvée avoir été effectuée par le « Reputation Institute ».

À la question de savoir qui est cet institut, la réponse se trouve sur leur site, je vous donne la traduction en français : « Le Reputation Institute est le chef de file mondial de la consultance en management de réputation, permettant aux décideurs de prendre des décisions d’affaires plus confiantes pour construire et protéger la réputation du capital (engagé) et conduire un avantage compétitif ».

Aussi, la question serait peut-être de savoir si nous abordions dans ces colonnes le même sujet. C’est un fait admis depuis longtemps que le Canada a bonne réputation auprès de la communauté d’affaire. Notamment en Alberta.

De plus les questions comme elles sont posées dans cette étude, font référence à plus précisément le « good feeling » aussi la mise en marché de l’information contribue aussi à cette impression générale.

Cela signifie-t-il pour autant que notre réputation comme pays qui porte haut le glorieux étendard de la promotion de la paix et de la coopération des nations dans le monde ne soit plus ce qu’elle était ? Que le Canada ne soit certainement pas le pire pays au monde, cela signifie-t-il pas qu’on ne devrait pas continuer de faire mieux ?

Ce que j’entendais par mes propos, c’est que le Canada a changé de paradigme depuis une dizaine d’années en particulier, lorsque j’estime que ce choix est bien politique. C’était une opinion partagée par les libéraux et les néo-démocrates au Parlement encore la semaine dernière à l’effet que : « (…) tout ce que les conservateurs ont fait depuis qu’ils sont au pouvoir pour abîmer le bilan du Canada aux yeux des autres pays. »

— Et pour dire les choses personnellement, c’est une opinion que je partage avec les oppositions de sa Majesté également.

Wow! Si tout le monde avait votre fair-play pour dialoguer sur Internet, l’expression troll n’existerait pas. Je ne commenterai votre propos, sur cette question nous sommes à des opposés du spectre. Je tiens uniquement à souligner votre courtoisie et votre sens du dialogue. Je dirais même que je devrais moi-même m’en inspirer.

@ Cher monsieur Beaulieu,

Je vais en profiter pour glisser un petit mot sur vos propres mots : « Pour ce genre de comportements, l’ONU tombe en disgrâce et il vaux peut-être mieux de « coller » à un organisme qui partage des valeurs similaires comme l’OTAN. » (sic)

La réalité est que vous faites essentiellement dans la confusion. Vous confondez deux entités distinctes que sont l’ONU et l’OTAN, vous confondez ce que j’appelle le « prestige » avec la « réputation », vous confondez ce qui relève de la diplomatie et des affaires étrangères avec ce qui relève exclusivement du « business », alors par votre rhétorique « guerrière » ; vous démontrez essentiellement que vous voulez avant toutes choses avoir toujours raison.

Contrairement à vous-même, je me montre très bon joueur « fair-play » comme vous dites, puisque précisément je me donne le temps de vous répondre congrument.