«Sa» vérité

Décrit par les enquêteurs comme l’intermédiaire entre la mafia et les entrepreneurs en construction, Nicolo Milioto a livré «sa» vérité cette semaine à la commission Charbonneau.

L’ex patron de Mivela Construction est un passionné de cartes, de café espresso et de marches santé avec le parrain de mafia, feu Nicolo Rizzuto, «un homme bon» et sans malice. Le pizzo? Connaît pas. La mafia? Des histoires pour la police et les journalistes. Un cartel dans les contrats de trottoirs? Jamais madame.

Si M. Milioto et cinq autres entrepreneurs ayant des racines dans le petit village de Cattolica Eraclea, en Sicile, ont obtenu 92 % des 401 contrats de trottoirs à Montréal sur 15 ans, c’est parce qu’ils travaillaient plus fort que les autres. À en croire M. Milioto, les habitants de Cattolica Eraclea possèdent un gène de l’effort et de la réussite qui manque au reste des Italiens. On imagine ici le débat si les Montréalais s’aventuraient à traiter les citoyens de Québec de paresseux…

L’homme de 64 ans est un modèle de réussite… jusqu’à un certain point. Parti de rien à son arrivée à Montréal, à la folle époque d’Expo 67, il s’est taillé une place dans la construction comme journalier. Il a acheté sa première maison à 27 ans, et à 40 ans, il fondait Mivela Construction avec deux associés. L’entreprise a connu une croissance continue pour atteindre un chiffre d’affaires d’une dizaine de millions dans les plus belles années de la collusion à Montréal.

Sauf que Nicolo Milioto a tourné les coins de trottoirs un peu ronds. Son succès repose sur une épaisse fondation de menaces et d’associations malveillantes avec le parrain de la mafia et ses principaux lieutenants. L’entrepreneur Michel Leclerc, de Terramex, dit qu’il a été «tassé» des contrats de trottoirs sous la menace par M. Milioto. D’autres témoins, et non les moindres, l’ont identifié comme le responsable de la collecte du pizzo de 2,5 % sur la valeur des contrats destiné à la mafia et de la ristourne de 3 % remise à Union Montréal.

Contrairement au témoin Milioto, les vidéos de surveillance de l’opération Colisée ne mentent pas. L’entrepreneur s’est rendu à 236 reprises au café Consenza. Il a été filmé à de nombreuses reprises à manipuler, compter et échanger des liasses d’argent avec des entrepreneurs et les plus puissants mafiosi.

Les explications de M. Milioto ne tiennent pas la route. Soit qu’il remboursait une dette de moins de 20 000 $ pour le mariage de sa propre fille. Soit qu’il aidait Lino Zambito à payer ses dettes au clan Rizzuto en jouant le rôle d’un simple facteur. Soit qu’il participait aux levées de fonds pour l’Association Cattolica Eraclea. Soit qu’il faisait des emplettes pour «le vieux bonhomme Rizzuto» à la boucherie du coin.

Le prix des jarrets de veau a beaucoup monté depuis que les Daniel Pinard et Josée di Stasio ont popularisé ce plat succulent, mais nul besoin d’une liasse de billets épaisse comme une brique de parmesan pour s’en procurer quelques uns. D’ailleurs, le «coursier» Milioto n’a pas été filmé avec des sacs d’épicerie en mains au Consenza. Entre lui et Nicolo Rizzuto, il n’y avait que de des bas remplis d’argent comptant.

«Sa» vérité est aux antipodes de «la» vérité. M. Milioto a flirté toute la semaine avec l’outrage au tribunal et le parjure. La juge France Charbonneau lui a bien fait comprendre qu’il marchait sur une bien mince glace, en sommant son avocat de lui expliquer les fins détails de ces infractions passibles de sentences maximales respectives d’un an et 14 ans de prison.

Mme Charbonneau arrive à l’heure des choix avec ce témoin encore plus hostile et récalcitrant que Giuseppe Borsellino, le patron de Garnier. Là où M. Borsellino était confus et hésitant, M. Milioto est défiant.

Si ce témoin d’une importance capitale pour le mandat de la commission se tire d’affaires sans souffrir des conséquences de ses mensonges, il aura tracée la voie dorée pour tous les as de la corruption et de la collusion qui voudraient tourner les travaux au ridicule.

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Je suis d’accord avec vos conclusions , si la commission n’a pas d’autres élément que les vidéos de la GRC sans son et un registre des appels téléphoniques sans conversation et bien ce monsieur peu inventer ce qu’il veut pour sa défense . M.Milioto est un pro,et devant lui la procureur en chef avait l’air de sortir directement de son stage du barreau. Les deux dernière journées elle apparu un peu plus en contrôle de ses émotions face a un vieux »ratoureux’ de la manigance. La juge Charbonneau aurait du y penser deux fois avant de la jeter dans l’arène avec les loups. le vieux a pris le contrôle malgré les avertissements de la juge et répétait sans cesse la même rengaine. Le commissaire Lachance a essayé de le déséquilibrer avec des références a sa famille mais rien n’y fit. Une semaine frustrante pour la commission. C’est certain que la population est en mesure de faire la part des choses quand 4a6 personnes accusent Milioto d’être le collecteur des fonds pour la fraude. Ce que la commission recherchait se sont des aveux et il n’ont pu les obtenir. A moins que la commission est dans son arsenal des éléments pour l’accuser de parjure, l’avenir le confirmera ou pas. En attendant selon un article de la presse les mêmes joueurs de la collusion dans les trottoirs obtiennent de nouveau les contrats à Montréal avec une augmentation de 10 à15 % dans les prix, selon un fonctionnaire anonyme. Si la commission veut garder le haut du pavé ses enquêteurs devront dénicher des preuves plus concluantes que des ouï-dire .

236 reprises au café Consenza.

Il l’a dit: c’est parce que le café est bon. (j’écrirai caffè mais l’Office va me taper dessus)

Comment avez-vous trouvé son français? Ici depuis 45 ans? Et incapable de faire une phrase complète sans faire de faute.

Et nos colonisés osent se moquer de l’anglais de Pauline

On exige des Québécois un bilinguisme parfait. Et un minimum d’accent. Mais pour les Anglos et les Allos, on laisse tout passer. N’importe quel baragouinage va être perçu comme du bilinguisme!

Prédiction: Milioto a protégé « ses grands patrons ». Ça va lui coûter « un outrage au tribunal ». Dans la formule auquelle il appartient, ce n’est pas payer cher. Une dénonciation de sa « communauté »,lui aurait valu des sanctions que nous ne pouvons pas imaginer avec notre lecture de société juste .
Chapitre 2 Milioto reviendra devant la commission. Il sera confronté avec des preuves contredisant son témoignage. Cette journée-là, il devra apporter son puyjama. Il ne couchera pas chez lui! Il continuera à jouer son rôle de victime. « Vous avez détruit 45 ans de travail honnête! »