Saccage de l’hôtel de ville : encore un petit effort

La mise en accusation de 44 employés municipaux pour le saccage de l’hôtel de ville marque le début, mais certainement pas la fin, de l’enquête.

PolitiqueLa mise en accusation de 44 employés municipaux pour le saccage de l’hôtel de ville marque le début, mais certainement pas la fin, de l’enquête.

Les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ont été drôlement expéditifs. Onze jours après les événements, ils ont déjà bouclé la boucle.

Il faut dire que le dossier n’est pas compliqué. Pour déposer des accusations d’attroupement illégal, de voies de fait et de méfait, il n’est pas nécessaire de mener une enquête exhaustive comme dans une affaire de blanchiment d’argent transfrontalier au profit du crime organisé.

Les fautifs ont été filmés ; les témoins ne manquaient pas. Le plus difficile fut sans doute d’identifier les belligérants pour la plupart masqués.

Sur le même ton que la responsable de la Sécurité publique, Anie Samson, le maire Denis Coderre a promis des suspensions et des congédiements.

Au total, 63 employés municipaux (52 pompiers, sept cols bleus et quatre cols blancs) font l’objet d’une enquête administrative. L’administration Coderre entend faire d’eux des exemples. Trente-neuf employés seront suspendus sans solde, d’autres seront peut-être congédiés.

C’est un début. Il faudra maintenant que le directeur du SPVM, Marc Parent, et sa brochette d’enquêteurs triés sur le volet arrivent à des résultats rapides et concluants sur l’inaction, proprement scandaleuse, des policiers déployés à l’hôtel de ville le soir du saccage, le 18 août dernier.

En restant les bras croisés à ne rien faire pendant que les employés en furie contre la réforme des régimes de retraite viraient l’hôtel de ville à l’envers, ces policiers ont miné la confiance du public à l’égard de la police. Ils ont donné amplement de munitions aux détracteurs du SPVM, qui crient à l’existence d’une politique du deux poids, deux mesures quant à la répression des mouvements sociaux. La gratuité scolaire, non. La retraite dorée, oui.

Au lendemain des débordements, le président de la Fraternité des policiers, Yves Francœur, s’est dit fier de la conduite de «ses» hommes. Il blâmait les cadres du SPVM pour ne pas avoir donné des directives claires aux patrouilleurs sur le terrain. «Une comédie d’erreurs», disait-il.

Selon la version du chef syndical, les policiers auraient même demandé la permission d’intervenir à deux reprises à leurs supérieurs. Ils en auraient été empêchés, puisque la direction n’avait pas reçu de demande formelle en ce sens de l’hôtel de ville.

Si Yves Francœur dit vrai, c’est très grave. Les officiers du SPVM auraient alors fait preuve d’une incompétence crasse. Ce faisant, ils auraient permis à Denis Coderre de poser en homme fort, intransigeant, capable de mater des hordes de syndiqués hostiles. Si Yves Francœur dit vrai, il y a des commandants qui sont mûrs pour des petites vacances sans solde.

Si Yves Francœur se trompe, alors ses hommes devront répondre de leurs actes en discipline. Leur inaction n’a rien de criminel. Elle n’en est pas moins préoccupante.

Le SPVM a bouclé la première partie de l’enquête avec célérité. Il doit maintenant tourner son regard sur la conduite de son personnel, et en arriver à des résultats au plus vite.

* * *

À propos de Brian Myles

Brian Myles est journaliste au quotidien Le Devoir, où il traite des affaires policières, municipales et judiciaires. Il est présentement affecté à la couverture de la commission Charbonneau. Blogueur à L’actualité depuis 2012, il est également chargé de cours à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). On peut le suivre sur Twitter : @brianmyles.

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La « boucle » n’est pas bouclée comme vous le mentionnez:

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201408/29/01-4795713-saccage-a-lhotel-de-ville-de-montreal-44-personnes-accusees.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4795853_article_POS1

Extrait: « Le chef de police a précisé que l’enquête n’était pas encore bouclée. Et il estime que celle-ci se fait en toute impartialité. »

Il faut que cesse une fois pour toutes le despotisme de ces sauvages syndiqués, alliés naturels du Parti québécois qui, lui, leur a donné sur un plateau d’argent tous les privilèges dont ils jouissent actuellement.

« …alliés naturels du Parti québécois qui, lui, leur a donné sur un plateau d’argent tous les privilèges dont ils jouissent actuellement… »
C’est la meilleure, jusqu’où irez-vous ?
L’art de l’impertinence, du généralisme populiste ! Vous ne donnez pas votre place monsieur 1, quand il s’agit d’allonger le débat dans les sentiers de l’impertinence. Cela vous échappe sûrement, mais avec le temps c’est votre crédibilité qui en prend un coup.

Les ’privilèges’ dont jouissent actuellement les employés syndiqués de la Ville de Montréal étaient déjà en place depuis le début des années 1970 sous l’administration de Jean Drapeau. Après plus de 40 ans de ces abus, il est grand temps que cela cesse.

Quand un gouvernement (PLQ), agit clairement sans étique, sans prêcher par l’exemple et trouve le moyen de n’être jamais imputable, et bien ça donne des débordements. Prendre les citoyens pour des cons, en l’occurrence les employés municipaux, n’est pas une bonne idée de ce gouvernement, qui pour moi, est corrompu jusqu’aux entrailles.

Le comportement des employés qui ont participé au saccage des bureaux municipaux est inexcusable. Ils devront répondre de leurs actions devant la justice.

Tout ce bordel démontre que nous ne sommes qu’au début de la civilisation et que nous ne l’atteindrons peut-être jamais. Le comportement animal des syndiqués correspond au comportement primitif de nos élus.

Tous les syndicaleux, TOUS sans exception devraient être et poursuivis au criminel et être renvoyés.

Vous vous rendez compte ce qu’il adviendrait de notre société. Toute barre à droite, l’extrême, c’est le fascisme que vous proposez et supportez. Non, je ne suis pas d’accord avec les actions posées à l’hôtel de ville. Mais delà à perdre tout sens démocratique, c’est non. Finalement quand on y réfléchis bien, une société peuplée de gens comme vous, sans aucun syndicat, serait beaucoup plus dangereuse. Une pensée unique, rigide, sans créativité réglée sur un néo-libéralisme crasse et auto-destructeur. Tout blanc, non, tout noir, non, la gamme des gris est large et doit être de mise. Et que ceux qui ont mal agit, en ne respectant pas les règles soient punis.