Sam Hamad se devait de quitter le Conseil des ministres

Les courriels dévoilés par Radio-Canada démontrent une proximité troublante avec Marc-Yvan Côté, l’un des personnages les moins fréquentables de la politique québécoise. 

Ainsi, Sam Hamad se retire temporairement de son poste de président du Conseil du Trésor, le temps que le commissaire à l’éthique fasse la lumière sur les allégations soulevées par l’émission Enquête. Il n’aurait pu faire autrement.

Les courriels dévoilés par Radio-Canada démontrent une proximité troublante avec Marc-Yvan Côté,  l’un des personnages les moins fréquentables de la politique québécoise. En ce sens, la situation du ministre Hamad, et celle du gouvernement de Philippe Couillard, étaient intenables.

En 2005, Marc-Yvan Côté avait été banni à vie du Parti libéral du Canada après qu’il eut admis avoir reçu 120 000 dollars en argent comptant pour financer illégalement les campagnes libérales dans 21 circonscriptions de l’Est-du-Québec en 1997. Dès ce moment, il devenait un allié toxique pour les élus libéraux.


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Pourtant, Sam Hamad a maintenu des liens avec lui jusqu’en 2012. Il a aussi reconnu s’être informé du dossier de Premier Tech, dont Marc-Yvan Côté était vice-président du conseil d’administration.

«Oui, définitivement, j’ai eu des échanges avec M. Côté relativement à leur projet. Et M. Côté m’a demandé de faire le suivi de l’avancement du dossier, ce que j’ai fait parce que c’était un bon projet», reconnaît le ministre.

Mais les révélations d’Enquête vont plus loin. Dans un courriel à Yves Goudreau, le vice-président au développement corporatif de Premier Tech, Marc-Yvan Côté souligne qu’il faudra envisager de faire «une contribution significative» lors du «cocktail de Sam». Le leader parlementaire du PQ, Bernard Drainville, y voit des gestes criminels.

«Ça a des apparences de trafic d’influence. Du financement en échange de démarches pour une subvention et pour un prêt», affirmait M. Drainville vendredi dernier.

Vu le caractère sérieux des allégations qui pèsent contre lui, Sam Hamad a fait la seule chose qu’il pouvait faire dans les circonstances, soit demander au premier ministre de le relever temporairement de ses fonctions. Après tout, le président du Conseil du Trésor est responsable de la gestion des dépenses du gouvernement. En ce sens, il doit être au-dessus de tout soupçon, d’autant qu’il est aussi responsable de la mise en œuvre des 60 recommandations de la commission Charbonneau.

Philippe Couillard a tout de même réitéré sa «confiance» à l’endroit de Hamad. «Je connais Sam Hamad, j’ai confiance en Sam Hamad, j’ai confiance dans sa capacité de servir le Québec et cette confiance n’est pas du tout diminuée, même par les événements des derniers jours», disait-il en mêlée de presse.

Il n’en demeure pas moins que ces révélations sont un cadeau du ciel pour Pierre Karl Péladeau et François Legault qui s’en donneront à cœur joie. Le gouvernement de Philippe Couillard est en mal de victoires depuis la reprise des travaux parlementaires, en février dernier. S’il avait maintenu Sam Hamad en poste, l’opposition lui aurait fait vivre l’enfer lors de la période de questions.

Le retrait du ministre Hamad s’apparente toutefois davantage à un congé de maladie qu’à une démission. Comme Pierre Moreau, à l’écart pour soigner un cancer, Hamad conservera tous ses privilèges, sauf celui de siéger au Conseil des ministres. Le chef de l’opposition, Pierre Karl Péladeau, aurait préféré que Hamad soit aussi écarté du caucus libéral, comme l’ont été l’ancien ministre de la Famille Tony Tomassi et le député de Rivière-du-Loup, Jean D’Amour. (D’Amour a réintégré les rangs libéraux après s’être reconnu coupable d’une infraction à la loi sur le lobbyisme en 2010.)

«Écoutez, il y a une jurisprudence en cette matière. Il devait également se retirer du caucus comme l’avaient fait d’anciens membres du gouvernement libéral précédent», a soutenu le chef péquiste, avant d’ajouter que le rôle de Jacques Daoust dans l’affaire pourrait faire l’objet d’interrogations de la part du Parti québécois. «Je pense qu’on doit aussi prendre en considération le fait que l’actuel ministre des Transports, ancien ministre de l’Économie et président d’Investissement Québec, est au courant de cette transaction. Va falloir qu’il nous explique.»

L’image du Parti libéral de Philippe Couillard risque de souffrir encore longtemps des allégations de financement illégal. Si l’enquête du commissaire à l’éthique devrait prendre plusieurs mois, le procès de l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau pourrait quant à lui s’étirer en longueur et coïncider avec la prochaine campagne électorale, en octobre 2018.

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Ce n’est pas devant le commissaire a l’éthique qu’il devrait se retrouver mais plutôt devant le polygraphe!! Aucune confiance qu’il dira la vérité au commissaire, ces politiciens ne nous y ont pas habitué.

Il quitte le Conseil des ministres. C’est bien. C’était la chose à faire. Mais aller se prélasser au soleil aux frais des contribuables??? Est-ce vraiment faire preuve de gros bon sens et d’une véritable préoccupation pour l’éthique?

5 avril 2016

Des vacances au soleil

Mon épouse et moi avions réservés un appartement en Floride afin d’aller se reposer d’un hiver ardu et de profiter des rayons de soleil floridien. Mais la baisse du dollar canadien et la hausse drastique du coût de la vie ont brisés notre liquidité et nous ont fait reportés notre voyage de rêve.

Ce n’est pas le cas pour tout le monde car nous apprenons par les médias que Sam Hamad Ministre responsable de l’Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes, président du Conseil du trésor et Ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale s’est envolé pour la Floride pour aller se reposer.

Incapable d’affronter la tempête médiatique soulevée par des d’allégations de trafic d’influence concernant des possibles liens entre ses fonctions de ministre et l’ex-vice-président du C.A. de Premier Tech, Marc-Yvan Côté le ministre Hamad est allé se terrer loin du tsunami politique que ces révélations ont créées.

S’il n’a rien à se reprocher comme il l’a dit à certains médias, monsieur Hamad doit arrêter de se cacher, revenir au Québec afin de collaborer à l’enquête du commissaire au lobbyisme et du commissaire à l’éthique et à la déontologie.

Nul besoin d’être au Québec pour une enquête administrative car tout ce fait par écrit et assermenté. Puisqu’il n’a plus le droit à ses dossiers il devra composer avec ses blancs de mémoires comme tout bon politiciens. Un Commissaire ne peut prendre de décision, son rôle étant limité à donner son opinion et des recommendations qui n’ont aucune porté légale (force de droits).

Il ne faut pas faire preuve d’angélisme ou être de ceux qui croient que tout le monde est beau ou sans taches. L’argent est le nerf de la guerre en politique et il le sera toujours. Un politicien, au sens générique du terme, doit être élu pour avoir le ‘pouvoir’ de faire évoluer la société. Comment il utilisera ce pouvoir repose sur l’exercice de son jugement en tout temps. Le politicien est un être humain et il doit être en paix avec les résultats de cet exercice. S’il a erré quelque part, il doit le reconnaître et en accepter les conséquences. Ce n’est qu’à ce prix qu’il gagnera le respect de la société et une place honorable dans l’Histoire.

Je me demande s’il est toujours rémunéré durant son absence du Conseil du trésor, probablement que oui, mais y a t’il une personne qui pourrait m’éclairer sur le sujet. Merci