Santé: coup d’envoi des négociations fédérales-provinciales

Les ministres provinciaux de la Santé sont réunis à Halifax aujourd’hui pour accorder leurs flûtes avant leur rencontre demain avec leur homologue fédérale Leona Aglukkaq. Cette conférence doit donner le coup d’envoi aux négociations fédérales-provinciales sur le financement de la santé. Un long processus, toujours difficile, mais crucial pour les provinces qui en dépendent pour boucler leur budget.

L’accord conclu en 2004 avec le gouvernement de Paul Martin arrive à échéance en 2014, tout comme celui sur les programmes sociaux et l’éducation post-secondaire, et les provinces craignent qu’Ottawa cherche, après cette date, à ralentir la croissance des paiements qu’il leur verse. Depuis 2004, les transferts pour la santé croissent de 6 % par année, soit beaucoup plus que l’inflation. Les conservateurs se sont engagés à maintenir le rythme jusqu’en 2016, mais refusent de se mouiller pour la suite des choses. Les sommes en jeu sont importantes. En 2011-12, c’est 27 milliards que le fédéral prévoit verser aux provinces pour la santé et 11,5 milliards pour les programmes sociaux (ce qui comprend 3,5 milliards pour l’éducation post-secondaire).

Pour l’instant, on sait seulement que le gouvernement Harper s’est engagé à ne pas réduire sa contribution. Par contre, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a souvent indiqué par le passé qu’il aimerait que la croissance des transferts suive celle de la population et du coût de la vie, sans plus. On ignore par ailleurs si Ottawa envisage assortir la prochaine entente de nouvelles conditions, en particulier en matière de reddition de comptes.

Les conservateurs sont toutefois reconnus pour ne pas aimer s’immiscer dans les domaines de compétence provinciale, comme la gestion de la santé. Et le ton adopté par la ministre Aglukkaq ce matin devant le comité des affaires sociales du Sénat était encourageant. Elle espère que les provinces trouveront des moyens pour modérer la croissance des coûts et faire davantage en matière de prévention et de soins centrés sur les patients. Elle a dit vouloir conclure un accord suffisamment souple pour permettre aux provinces de se concentrer sur les enjeux qui leur sont propres. Ayant elle-même été ministre de la Santé du Nunavut, elle a rappelé que les provinces et les territoires ne font pas face aux mêmes défis. Elle a cité à plusieurs reprises le vieillissement de la population qui préoccupe bien des provinces, mais qui n’a rien à voir par exemple avec la réalité du Nunavut.

À suivre donc avec beaucoup d’attention.

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