Santé des réfugiés: Ottawa donne du lest, mais si peu, si peu

Il faut croire que les moyens de pression exercés contre les changements au Programme fédéral de santé intérimaire pour les demandeurs d’asile ont eu un peu d’effet. Au beau milieu du mois de juillet, le gouvernement a en effet publié un nouveau décret modifiant son décret initial qui privait les demandeurs de tout soin non urgent ou non essentiel.

À l’avenir, deux catégories de réfugiés auront droit à une «couverture de soins de santé élargie» et à des soins complémentaires. Il s’agit des réfugiés réinstallés – ceux pris en charge par le gouvernement et ceux parrainés par le secteur privé qui bénéficient d’un soutien au revenu – et des victimes de la traite des personnes.

Ils auront accès aux mêmes soins que l’ensemble des Canadiens. Les autres demandeurs d’asile, cependant, n’auront pas la même chance.

La plupart des réfugiés parrainés par le secteur privé, les réfugiés dont la demande a été ACCEPTÉE, ceux dont le renvoi a été annulé et ceux dont la demande est à l’étude n’auront droit qu’aux soins urgents et essentiels et à certains médicaments et vaccins nécessaires pour assurer la protection de la santé publique.

Quant aux demandeurs originaires des pays désignés par le ministre et ceux qui attendent leur renvoi, ils n’ont toujours pas droit à ce minimum. Dans leur cas, Ottawa ne paiera que si la santé ou la sécurité publiques sont en jeu. Ceci veut dire que même en cas de crise cardiaque, par exemple, le fédéral ne déboursera pas un sou.

Bref, bien peu a été réglé. Malgré tout, il est difficile de croire que cette modification ne soit pas attribuable aux protestations du milieu de la santé car à la fin juin, Ottawa n’en démordait pas. Il refusait de rétablir la couverture médicale élargie qui existait jusque-là pour tous les réfugiés.

Étrangement, le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, n’a pas ébruité ce premier changement à la fin juin, alors qu’il faisait la tournée des plateaux de télévision. Il le savait pourtant puisque la modification est intervenue juste à temps pour l’entrée en vigueur du nouveau programme, le 30 juin dernier. Le décret n’a été publié qu’en juillet, mais le cabinet a pris la décision le 28 juin.

Et quelques heures avant le 30 juin, Citoyenneté et Immigration Canada modifiait les explications apparaissant sur son site Internet et faisait disparaître les exemples dont je vous parlais le 30 mai dernier.

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« Il refusait de rétablir la couverture médicale élargie qui existait jusque-là pour tous les réfugiés. »

Bien sûr qu’il refuse, pourquoi auraient-ils une couverture « élargie » que les Canadiens n’ont même pas?

Tout cela n’est qu’un truc pour faire payer par les provinces des frais depuis toujours assumés par le gouvernement responsable de l’immigration.

Parce qu’en bout de ligne, les hôpitaux ne refuseront pas de soigner une personne soufrant d’une crise cardiaque. Comme d’habitude, ils vont passés la facture au gouvernement provincial, qui lui, ne pourra plus la transférer au gouvernement fédéral.

Ce n’est pas que M. Harper est un sans coeur. Il ne fait que suivre la recette: Au fédéral, quand on a un budget à balancer, on pelle simplement notre déficit dans les courts provinciales. Rappelons-nous du duo Chrétien/Martin dans les glorieuses années du PLC.