Semaine de lecture: suggestion pour Lucien Bouchard

Le rapport du Bape sera bien sûr une lecture obligée pour le nouveau président de l’industrie du gaz et du pétrole québécois.

On croit comprendre que les scribes du Bape ont eu accès aux documents officiels de l’Environmental Protection Agency. Les journalistes du New York Times ont fait mieux: ils ont eu accès aux documents non publiés, ainsi qu’à 30 000 pages de documents fédéraux et des États, donc plusieurs n’étaient pas publics.

Dans l’édition du NYT du 26 février, ils disent entre autres ceci:

¶More than 1.3 billion gallons of wastewater was produced by Pennsylvania wells over the past three years, far more than has been previously disclosed. Most of this water — enough to cover Manhattan in three inches — was sent to treatment plants not equipped to remove many of the toxic materials in drilling waste.

¶At least 12 sewage treatment plants in three states accepted gas industry wastewater and discharged waste that was only partly treated into rivers, lakes and streams.

¶Of more than 179 wells producing wastewater with high levels of radiation, at least 116 reported levels of radium or other radioactive materials 100 times as high as the levels set by federal drinking-water standards. At least 15 wells produced wastewater carrying more than 1,000 times the amount of radioactive elements considered acceptable.

Je ne traduis pas tout, mais j’indique qu’en ce dernier cas 116 des puits de gaz de schiste ont produit des eaux usées présentant des traces radioactives 100 fois plus élevées que la norme américaine. Mieux: dans 15 cas, les traces étaient 1000 fois plus élevées que la norme.

La contamination radioactive en Pennsylvanie, "l'Arabie Saoudite" du gaz de schiste (Cliquez pour agrandir)
La contamination radioactive en Pennsylvanie, "l'Arabie Saoudite" du gaz de schiste (Cliquez pour agrandir)

Les limiers du NYT citent entre autres une étude interne de l’American Petroleum Institute selon laquelle:

“using conservative assumptions,” radium in drilling wastewater dumped off the Louisiana coast posed “potentially significant risks” of cancer for people who eat fish from those waters regularly.

Traduction: « en restant conservateurs, nous estimons que le radium versé sur la côte de Louisianne pose des « risques potentiellement significatifs » pour les personnes qui mangent régulièrement du poisson provenant de ces eaux ». Autant dire l’essentiel de la population locale !

(Merci à l’alertinternaute Jean-Luc Dion pour ce signalement.)

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Pour faire d’une pierre de schiste deux coups, je dirais qu’à force de vouloir augmenter la productivité des Québécois, il eut mieux valu à Lucien Bouchard de lire en amont sur la non rentabilité de l’exploitation des gazs de schiste avant de défendre les intérêts de cette filière.

Ce qui est à venir est palpitant, puisque nous aurons droit à la démonstration de la quadrature du cercle économico-environnemento-politico-vertueux !

Je ne vais plus au théâtre. Nul besoin… La politique québécoise est si riche, que même le Grand Guignol m’apparaît sans relief.

Même en supposant que les eaux et les boues de fracturation québécoises ne contiendraient pas de matières radioactives à des niveaux de concentration dépassant les normes sanitaires gouvernementales (et on peut se demander qui fera les tests…), le transport de ces eaux et boues suscitera vraisemblablement un va-et-vient de camions-citernes sur nos routes, à moins qu’elles ne soient « traitées » sur le site de forage…

De plus, nos usines de traitement des eaux usées sont-elles aptes à faire le boulot « selon les normes » ou requerront-elles de coûteuses modifications? Et, en ce dernier cas, qui paiera la note?

L’étanchéité à long terme des coffrages des puits – dont le ciment et l’acier peuvent être corrodés par les sels – demeure par ailleurs, me semble-t-il, un gros problème…

L’article du New York Time devrait faire réfléchir ceux qui « s’accrochent » uniquement aux retombées économiques immédiates et plutôt faibles en fin de compte, au risque de polluer notre envirionnement, d’affecter la santé et la qualité de vie des populations concernées et d’occasionner des coûts et effets néfastes à plus long terme.

Au lieu d’utiliser de l’eau pour exploiter le gaz de schiste, ne serait-il pas plus utile et peut-être plus rentable de la vendre à des pays manquant d’eau potable? Si nous en sommes rendus là, ce serait tout de même mieux que de gaspiller notre eau et de compromette le développement d’énergies plus propres.

C’est pour cela que la Californie, par exemple, n’est pas très ouverte à l’exploration le long de ses côtes. On préfère l’Oklahoma et la Pennsylvanie. Ou l’Alberta. Je comprends que les Québécois soient craintifs quant à l’exploration le long du Saint-Laurent (autrefois on blâmait Ottawa, aujourd’hui ce seraient les nationalistes, si j’ai bien compris, qui craignent un tel développement?) Mais on ne semble pas vouloir se sevrer du pétrole pour autant.

Autre lecture intéressante, chez Cyberpresse ce-matin….

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/opinions/chroniques/claude-picher/201102/25/01-4374126-vers-un-choc-economique.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B40_chroniqueurs_379112_accueil_POS2

Pour ceux qui ne se donneront pas la peine de cliquer sur le lien que j’ai fourni à 14:32 :

« Le Québec est lourdement dépendant de ses importations pétrolières. En fait, le pétrole brut est, de loin, le principal produit d’importation. En 2010, selon des chiffres que vient de publier l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), les importations québécoises de pétrole ont atteint 11,1 milliards de dollars, en hausse de 22% par rapport aux 9,1 milliards observés en 2009. Le deuxième produit d’importation est l’automobile, avec 7,2 milliards.

L’ensemble des importations québécoises frise les 76 milliards. Autrement dit, la dépendance des Québécois envers leurs voitures représente à elle seule 24% de leurs importations, ce qui n’est quand même pas rien. »

Autrement dit, il faut examiner la situation dans son ensemble. C’est bien beau se péter les bretelles en se prétendant vert comme une limette, mais quand vos exportations de pétrole augmentent de 22 % dans un an, disons qu’il faudrait revenir sur terre.

Il ne faut pas s’en faire, voyons: la main invisible d’Adam Smith va venir enlever les atomes radioactifs un par un avant que l’eau n’entre en contact avec des humains ou des poissons.

Et si ça ne marche pas, tout le monde n’aura qu’à boire de l’eau embouteillée et à se nourrir exclusivement chez McDonald’s. Ça va faire rouler l’économie.

Un Jos Louis avec ça?

Bonjour,
Nous savons tous que la société américaine avec de tels gouvernements qui se succèdent sont drôlement mal pris en étant des importateurs d’énergies. Est-ce que le Québec est aussi mal pris que nos amis les Yankees ? En tout cas, il semble bien que oui car depuis le beau risque qui nous amena avec le Parti Québécois et son p’tit gars de Baie Comeau le libre échange si cher à nos amis les péquistes avec en plus ce viscéral besoin de vouloir prendre le dollar américain, tous les moyens sont bons comme aux USA pour faire tourner la roue de l’économie. Est-ce que le Québec était si mal pris que cela à l’intérieur du Canada pour se permettre de telles ignominies ? Au plaisir, John Bull.

L’article du New York Time devrait faire réfléchir ceux qui “s’accrochent” uniquement aux retombées économiques immédiates et plutôt faibles en fin de compte, au risque de polluer notre environnement, d’affecter la santé et la qualité de vie des populations concernées et d’occasionner des coûts et effets néfastes à plus long terme.

Au lieu d’utiliser de l’eau pour exploiter le gaz de schiste, ne serait-il pas plus utile et peut-être plus rentable de la vendre à des pays manquant d’eau potable? Si nous en sommes rendus là, ce serait tout de même mieux que de gaspiller notre eau et de compromettre le développement d’énergies plus propres.

Et dire que grâce à notre cher maire Lévesque, nous traiterons maintenant ces eaux infectes à Trois-Rivières!..

Est-ce que les « contacts » de Lucien Bouchard lui permettront de recevoir ce rapport avant qu’il ne soit rendu public pour la population?
Pour éviter toute « suspicion » inutile, le ministre devrait le rendre public immédiatement.

La population de la Pennsylvanie qui viennent aussi de prendre note du rapport disant que ces gens buvaient présentement de l’eau radioactive va faire sauter la marmite. Comme arme de destruction massive Sadam Hussein serait jaloux. La ville de Trois-Rivières va faire gouter aux gens en aval du fleuve de l’eau de schiste probablement radioactive aussi dans le temps, le maire Labeaume va attraper un cancer à cause du maire Lévesque.

Prendre des centaines, de millions de litres de notre eau potable, y incorporer volontairement et sciemment une soupe chimique hautement toxique, l’introduire sous très haute pression dans les entrailles de notre sous-sol, « en zones habitées et sous nos meilleures terres agricoles », leur sous-sol donc, que nous faisons littéralement exploser, à tel point que cela provoque parfois des ondes sismiques, pour ensuite ramener à la surface plus ou moins la moitié de ces eaux, potentiellement irradiées, dépassant cent fois, mille fois, les taux « acceptables », transporter par citernes, sur nos routes vers des usines de traitement des eaux qui ne sont pas du tout en mesure de décontaminer ces quantités faramineuses de liquide devenu, grâce à leurs bons soins, « poison mortel », faire semblant de la décontaminer et ensuite tout simplement la rejeter dans les cours d’eau, dont notre majestueux Saint-Laurent, contaminant leurs écosystèmes, semant la désolation et la mort en-dedans et aux abords.

L’autre cinquante pour cent du poison mortel, toujours présent, enfoui dans les profondeurs du sol déstabilisé, fracturé, éclaté, aura cent ans, un sciècle pour percoler, remonter jusqu’à la surface en contaminant tout sur son passage…

Et on est sur le point de se faire dire que tout sera fait selon les règles de l’art, dans le respect de l’environnement, selon les normes les plus strictes du développement durable!…

On nous dit que nous ferons de l’argent avec ça. Quand la vallée du Saint-Laurent sera dévastée, qu’est-ce que nous allons boire et manger, de l’argent?

Nettoyer sera impossible! Tout ce gâchis nous ruinera durablement. Quantité d’êtres humains seront malades, souffriront et mourront de causes inconnues, non démontrables hors de tout doute « raisonnable ». Les hôpitaux n’ont pas fini de déborder…

Toute cette apocalyptique aventure nous coûtera des milliards, ce sera un autre épovantable gâchis signé JJC. Quand viendra le temps, et il viendra assurément, de payer pour les « fractures » il sera rendu « ailleurs… ».

Pour Lucien Bouchard, ce ne sont que des petits détails, qu’il va écarter du revers de la main. Viande à chien, l’important, c’est de faire de l’argin…

Étrange que toutes les études scientifiques disent « STOP » sans équivoque alors que l’industrie dit qu’il n’y a pas de problèmes. N’y aurait-il pas anguille sous roche?

Comme disait Desjardins:
L’argent, maudit argent!

Suite à mon commentaire d’hier, voici le texte d’un message que me fit parvenir mon fils :

« Salut ‘MAM,

J’ai lu l’article que tu mentionnais hier. Très intéressant. Je veux souligner que l’augmentation de 22 % est relative à l’importation, pas à la consommation, d’essence au Québec. Une grande partie du pétrole importé est raffiné au Québec avant d’être exporté dans d’autres juridictions. La valeur de ces exportations en 2008 était plus importante que la valeur des importations, résultant en un excédent pour les produits pétroliers.

http://www.mrnf.gouv.qc.ca/energie/statistiques/statistiques-import-export-petrole.jsp

Le Québec a le plus faible taux de consommation d’essence pour les véhicules légers de toutes les provinces canadiennes (fig 2.6). Comme le démontre les autres tableaux, le Québec se situe sous la moyenne nationale dans presque toutes les catégories de consommation d’essence.

La consommation d’essence au Québec a diminué de 3 % entre 2007 et 2009, la plus forte diminution au Canada. En fait, l’Ontario fut la seule autre province à diminuer sa consommation d’essence. Toutes les autres provinces, et le pays dans son ensemble, ont enregistré une augmentation de la consommation d’essence durant cette période.

http://www40.statcan.ca/l02/cst01/trade37b-fra.htm

Même si le Québec n’était pas la province la plus efficiente et la seule à enregistrer une baisse soutenue de la consommation d’essence ces dernières années, les questions environnementales sur l’impact de l’exploitation des gaz de schiste demeureraient valides. Ce sont deux sujets différents. »

….
Ce qui me m’apprendra à prendre les commentaires de journalistes pour du cash.

@Diane Leclerc «nous traiterons maintenant ces eaux infectes à Trois-Rivières!»

Elles ne sont pas infectées ces eaux et l’usine d’épuration de Trois Rivière a les capacités de traitement de ces eaux qui contiennent surtout du sel…

@ Pierre « La population de la Pennsylvanie qui viennent aussi de prendre note du rapport disant que ces gens buvaient présentement de l’eau radioactive va faire sauter la marmite»

Toutes les eaux contiennent un certain niveau de radioactivité. Biens sûr aussitôt qu’apparait le mot radioactif la population s’affole instantanément. Un réflexe qui doit provenir de la fin de deuxième guerre mondial. Mais aussi un reflexe qui est maintenu et nourrit plutôt que d’être soigné par une meilleur information.

@Daniel Charrette «Prendre des centaines, de millions de litres de notre eau potable…»

Ce n’est pas de l’eau potable qui est utilisé, c’est de l’eau de surface provenant surtout des rivières. Et de l’eau il en tombe au Québec, 1 mètre en moyenne par année ! Ce qui signifie qu’il tombe sur un seul hectare, 100 mètres par 100 mètres, à peu près toute l’eau nécessaire pour les opérations de fracturation d’un puits.

@ Nicolas, les études sont là pour chercher les problèmes potentiels par soucie de prévention, et des problèmes ils en trouvent toujours. Le défit c’est de peser et juger du niveau de gravité des problèmes potentiels. Le Stop dont vous parler ce ne sont pas les études qui le disent généralement, ce sont les médias. Et ce n’est pas toujours par soucie de prévention.

Pour exemple ici pour juger du niveau de gravité on prend pour référence la norme de radiactivité de l’eau potable et là il sort un gros chiffre de 1,000 fois plus. Mais dans les faits est-ce si grave ? Est-ce qu’il est question de prendre cette eau directement du site de forage pour en faire l’eau potable ? Non pas du tout. Mais alors ? Mais alors ça fait un gros chiffre qui a le potentiel de figer le lecteur, d’avoir comme un gros scoop…

À tous les avocats du diable…

L’eau pluviale n’est pas toxique au point de causer la mort à court-moyen terme, donc elle est potable. Je le sais parce que je vois les animaux en boire et les poissons nagent dedans. Si je fais bouillir cette eau, je peux la boire sans risque.

Mais les millions de litres d’eau contaminée volontairement pour la fracturation du shale sont rendus impropres à la consommation et peuvent causer la mort.

Présentement, les centres municipaux de traitement des eaux ne sont pas en mesure de décontaminer ces eaux, ils ne sont pas conçus pour traiter ces cocktails de substances chimiques toxiques et les particules radioactives de 100 à 1,000 fois supérieures à la norme.

Déverser ces eaux extrêmement nocives dans les cours d’eau, constitue un acte criminel.

Dans le contexte actuel, la seule chose raisonnable et sensée que nous puissions décider, c’est un moratoire, d’une durée minimale de trois à cinq ans. Le temps nécessaire pour nous assurer qu’il est possible de procéder sans risques pour la santé, du début jusqu’à la fin du processus et pour les décennies subséquentes. Cela ressemblerait à du développement durable.

Tous les êtres humains ont droit à de l’eau potable et à la santé. Personne ne peut aller contre ce principe établi, autrement, il s’agit d’un acte criminel.

Défendre ce type d’exploitation relève de l’irresponsabilité, de l’ignorance, de la malveillance, de la cupidité ou encore, de la démence.

J’ai proposé en offrande une lecture à Lucien Bouchard pour sa nominatio:

http://blogdeschiste.blogspot.com/2011/01/ci-joint-une-offrande-lucien-bouchard.html

Pour ce qui est de la radioactivité, il est certain que ces radionucléides ( de même que la présence des benzenes cancérigènes) sont connus des industriels. Les eaux de fracturation contiennent aussi les liquides de fracturation injectés dans le sol en très grandes quantitiés dont les compagnies ne veulent pas dévoiler la composition : secret industiel.

Les liquides de fracturation nous seraient fournis grâce aux bons soins de Mononc’ Paul qui a des intérêts financiers dans leur « fabrication ».

JJC est son exécutant québécois, Sarcozy en France et Harper au Canada.

C’est la finance qui mène le monde à feu et à sang!

GAZ DE SCHISTE : QUI TIRE LES FICELLES ?
L’histoire d’une Grande Magouille
le Parti Libéral du Québec n’a pas improvisé sa démarche d’exploitation des gaz de schiste ou de shale en territoire québécois. C’est un plan orchestré depuis longtemps.
André BOUTHILLIER
L’Aut’Journal
jeudi 24 février 2011

07 octobre 2010

Quoiqu’en disent l’Union des municipalités du Québec et les partis de l’opposition à l’Assemblée nationale du Québec, le Parti Libéral du Québec n’a pas improvisé sa démarche d’exploitation des gaz de schiste ou de shale en territoire québécois. C’est un plan orchestré depuis longtemps.

Il faut se rappeler qu’Hydro-Québec avait préalablement reçu le mandat du gouvernement d’étudier et de voir au développement du pétrole et du gaz au Québec.

Quoi ? Vous aviez déjà oublié ? L’opération s’inscrit dans une stratégie de convergence prônée par Lucien Bouchard. On parle bien ici du même Lucien « Lucide » qui aujourd’hui qui facture de 700 $ à 800 $ de l’heure pour justifier l’industrie du gaz et pétrole.

Sa vision d’alors était de transformer le Québec en plaque tournante de l’énergie dans le nord-est du continent nord-américain, mais c’est avec l’Etat dans le portrait et non comme le souhaite Jean Charest avec l’unique secteur privé comme développeur. Comme maître d’oeuvre de sa politique, 1er octobre 1996 il nomme André Caillé à la direction d’Hydro-Québec qui quitte son poste de PDG chez Gaz Métropolitain (aujourd’hui GazMétro).

Aussitôt la Société d’État Hydro-Québec se porte acquéreur de 42% des actions de Noverco, la société de portefeuille (holding) qui contrôle GazMetro. Et ce 40 ans après qu’Hydro-Québec se soit débarrassée du secteur du gaz naturel !

Ainsi commence l’histoire récente de la prise de contrôle par les « Hommes du gaz et pétrole » sur la Politique énergétique du Québec.

Dès son arrivée à Hydro-Québec, André Caillé rationalise la recherche et le développement et sacrifie la moitié des chercheurs de l’Institut de recherche en électricité du Québec (IREQ). Il vend des filiales d’Hydro-Québec au secteur privé. Le nouveau président d’Hydro-Québec renonce à tout nouveau chantier, tant que son énergie coûtera plus de 3 cents/KWh.

La construction de centrales cesse brutalement. Seuls les projets de mini-centrales privées seront mis de l’avant. Voilà comment s’organise de toute pièce une pénurie de production hydroélectrique pour justifier l’introduction de la production de l’électricité par le gaz.

Pour mettre Hydro-Québec à sa main, André Caillé recrute des cadres de GazMétro et les place dans des postes stratégiques dans la structure d’Hydro-Québec, tel André Boulanger qui, après une carrière de plus de 20 ans à la Société en commandite Gaz Métropolitain, et actionnaire dans une entreprise de construction de petit barrage privé, devient en 2003 président d’Hydro-Québec Distribution. Une fois en place, son équipe planifie la construction de 12 projets de centrales au gaz naturel et le projet de port méthanier Rabaska. Mars 2003, Jean Charest est élu premier ministre et neuf mois plus tard, Stéphane Bertrand, ancien vice-président de Gaz Métro et, soit dit en passant, chef de cabinet du premier ministre Jean Charest, pilote le dossier de la construction de la centrale de production de l’électricité au gaz, le Suroît.

Cette centrale, dont la gestion était accordée à General Electric, aurait fonctionné au gaz naturel fourni par GazMétro. N’eut été la mobilisation de la population, nous serions pris aujourd’hui avec un éléphant inutile. Néanmoins, si des 12 projets 11 sont morts, celui qui a survécu n’est pas le moindre : la centrale au gaz de Bécancour.

La passe de Bécancour

Grâce à André Caillé et à son partenaire Thierry Vandal, un autre ancien cadre de GazMétro, les citoyens québécois devront payer cher leur ignorance et les stratégies perfides de ces messieurs qui ont choisi de passer outre à la transformation de la centrale publique TAG (Turbine à gaz)de Bécancour au coût de 120 millions $, pour favoriser la construction juste à côté d’une centrale privée au gaz naturel, propriété de TransCanada Energy, une compagnie albertaine.

La centrale à TAG, construite en 1993 avec des fonds publics, n’opère que de 30 à 40 heures par an. La centrale privée de Bécancour est fermée jusqu’en 2013 à cause des surplus d’électricité. Qu’à cela ne tienne, nous, les citoyens.nes, devrons payer au moins 1milliard $ en compensation à TransCanada Energy pour qu’elle N’EN PRODUISE PAS ! ( 03 )

Erreur de jugement ? Profits versés à qui ?

Cou’donc ! Cette fameuse compétence des cadres provenant de l’entreprise privée serait-elle un mythe ? Curieusement, cinq jours avant que SNC-Lavalin ne débute la construction de la centrale de Bécancour, laquelle sera approvisionnée par GazMétro, Hydro-Québec vend ses parts de GazMétro à SNC-Lavalin, à la Caisse de Dépôt et placement du Québec et au Fonds de solidarité de la FTQ. Événement anodin diront certains, mais qui prépare la chaise pour qu’un autre personnage de Gaz Métro se retrouve aux commandes d’une société d’État. Aujourd’hui, M. Robert Tessier, ancien président de Gaz Métropolitain, est bien assis en tant que président du Conseil d’administration de la Caisse de dépôt, laquelle détient des parts dans des entreprises gazières et annonce, en septembre 2010, qu’elle investira d’avantage dans l’énergie. Ben tiens !!!!

La grande passe de l’éolien

En 2004, M. Thierry Vandal est président d’Hydro-Québec Production et défend bec et ongles le gaz, clamant haut et fort que l’énergie éolienne ne fonctionnerait pas dans notre climat. Par la suite, alors qu’il accède au trône d’Hydro-Québec, il affirme, tout aussi haut et fort, croire en l’éolien depuis des années…

En 2005, Monsieur Caillé est le président du Conseil d’administration d’Hydro-Québec, Monsieur Thierry Vandal est le président des Opérations et Jean Charest est le Premier Ministre affairé à asseoir ses politiques conservatrices. Le triumvirat, solidairement, refuse l’offre de partenariat de développement éolien avec la firme Siemens, laquelle proposait d’investir un minimum de 4 milliards $, de créer au moins 2 500 emplois permanents et d’apporter une expertise québécoise à l’IREQ. Nous apprendrons plus tard, grâce à une fuite dans les médias, la véritable teneur de cette offre que le gouvernement et Hydro-Québec s’étaient bien gardés de rendre publique. ( 06 )

Comme l’expertise éolienne d’Hydro-Québec est nulle, son président, M. Thierry Vandal, n’en étant pas à une contradiction près, accorde près de 1 000 MW d’éolien à Électricité de France (EDF), une entreprise en voie de privatisation et convoitée par Paul Desmarais, l’Ontarien tireur de ficelles, par le biais de Gaz de France/Suez.

Il faut retenir qu’EDF ne possède AUCUNE compétence éolienne. Cette société va donc venir développer son expertise chez nous, en nous revendant notre propre vent…

Tout aussi grotesque est la décision de Monsieur Vandal, cet ancien vice-président de Gaz Métro d’accorder une partie d’un contrat de 275 MW d’éolien à Gaz Métro, laquelle est tout aussi dépourvue d’expertise en système éolien.

La future passe du gaz de schiste

Pendant ce temps, trois firmes gazières/pétrolières,Gastem, Pétrolia et Junex signent le 28 juillet 2005 une lettre d’intention qui permettra à Gastem de conclure des partenariats d’affermage (sous-traitance) sur des projets d’exploration d’hydrocarbures à St-Simon, près de St-Hyacinthe, et à Gaspé en Gaspésie. Junex et Pétrolia prendront une participation dans le capital-actions de Gastem, en plus de proposer la nomination d’un membre chacun au Conseil d’administration de la compagnie.

Mais ce n’est pas de la collusion ? À peine de la préparation ? Peut-être de l’improvisation diront certains… Ben voyons !

Dès le démission d’André Caillé d’Hydro-Québec en 2007, la participation d’HQ dans Gaz Métro est vendue et, tout doucement, le gouvernement Charest démantèle l’organisation d’Hydro-Québec, qui se voit retirer le développement du pétrole et du gaz du Québec. Des compagnies prévenues du stratagème, comme Gastem, font le plein de financement en allant chercher 5 millions $ à la bourse. Ce genre de démarche ne s’improvise pas, ils ont de l’information de première main.

La stratégie choisie est de « mettre les Québécois devant un fait accompli » : enlever Hydro-Québec du portrait pour laisser toute la place à l’industrie du gaz, et, pourquoi pas, éviter les débats, les longues et coûteuses études environnementales et économiques, et permettre à quelques Québécois déjà positionnés dans les conseils d’administration d’entreprises minières juniors, de bénéficier de la manne qui ne tarderait pas à passer.

En d’autres mots, les compagnies ont convenu de se partager le territoire du Québec avant même de déposer des « claims » sur l’ensemble du territoire ; certaines cartes le démontrent.

Elles ont aussi obtenu du gouvernement du Québec non seulement des permis, mais du soutien financier dont celui du droit d’exploitation sans payer aucune redevance pendant 5 ans. Un accord franchement contradictoire avec le plan libéral sur l’économie et le développement durable, tant claironné lors des dernières élections.

Un autre fait à ne pas oublier, tout achat d’investissement dans une compagnie minière québécoise qui s’inscrit en perte, est déductible d’impôt ; cet encouragement au financement de l’industrie minière sert bien les riches investisseurs qui en profitent pour réduire leur marge de profits afin de payer moins d’impôt sur le revenu. Amenez-en de la perte, c’est le contribuable qui paie !

Du côté fédéral, les compagnies reçoivent de l’aide financière à la production d’énergie.

Des entreprises de gaz de schiste/shale à vendre

Devant le mutisme des actionnaires ou le déni de ses dirigeants, face à l’ignorance des citoyens, et à cause de la collusion de l’équipe du Parti Libéral du Québec au pouvoir, on comprend facilement que la stratégie des Caillé, Vandal et Charest mènera à la vente, avec gros profits pour quelques magouilleurs, de ces petites compagnies à des multinationales du pétrole et du gaz. L’infrastructure est déjà en place.

Prenons par exemple, Gastem. Une entreprise québécoise ? Allons donc ! Malgré que le porte-parole au Québec se nomme Raymond Savoie, l’entreprise est la propriété de M. Gheza Zambode Mississauga en Ontario, le plus gros actionnaire. Le deuxième actionnaire principal est Sprott Assets de Toronto.

Bon d’accord, le troisième serait québécois mais représente des intérêts étrangers c’est à dire ceux d’une filiale d’investissement de la BNP Paribas et se nomme Marc-André Lavoie, mais lisez la suite. Au Conseil d’administration, nous retrouvons des gens de Virginie (ÉU), d’Alberta, de Toronto… tout est prêt pour que les administrateurs siégeant aussi à des conseils d’administration de multinationales achètent les actions de Monsieur Lavoie.

D’ailleurs Gastem inc. est une division de DITEM inc. propriété de CDS & CO d’Ontario etCEDE & Co des États-Unis et un surprenant actionnaire, le FondAction de la CSN. Quant à Junex, le principal actionnaire se nomme Jean-Yves Lavoie, le deuxième est Jacques Aubert et le troisième actionnaire, et non le moindre, est la Caisse de dépôt et placement du Québec, représentée sous le nom de Gestion Sodemex inc.

Voilà que les membres du Conseil d’administration de Junex sont en bonne compagnie, avec deux anciens présidents de Gaz Métro, Robert Tessier maintenant président du Conseil d’administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec, André Caillé ancien président de Gaz Métro et d’Hydro-Québec et Laurent Lemaire de Cascades dont la division Boralex produit de l’électricité par l’hydro, co-génération et l’éolien.

Finalement, en 2007, après le départ de Caillé d’Hydro-Québec, lors du démantèlement des secteurs gaz et pétrole de la société d’État, le gouvernement Charest dissout la Société québécoise d’initiatives pétrolières (SOQUIP) et cède tous ses droits d’exploration d’Hydro-Québec sur le territoire québécois à trois entreprises :

1. Pétrolia, dont le siège social se situe à Rimouski est la propriété de monsieur Saeed Yousef un résidant de Dubaï des Émirats-Arabes-Unis. (Selon CIDREQ octobre 2010). Depuis nous apprenons qu’Hydro-Québec pourrait avoir une entente secrète quant à certaines redevances que la société d’Etat pourrait retirer si Petrolia devait tirer profit des permis comme celui de l’Île Anticosti qui vaudrait des centaines de millions $. En tant que membre du Conseil d’administration il y a Marc-André Lavoie représentant les intérêts de la France car il représente la banque BNP Paribas à Montréal. ( 05 )

Le principale actionnaire apparaissant au dossier est Pilatus Energy AG, une entreprise dont le chef de la direction Loik Le Floch-Prigent, a été emprisonné par la justice française en 2003 et 2010. L’entreprise a son son siège social en Suisse et a un seul actionnaire : Saeed Yousef. Quant à Pétrolia, les autres membres du conseil d’administration proviennent de Calgary et du Luxembourg. Quelques francophones québécois y font de l’occupation de siège.

Quant à 2. Gastem et 3. Junex, n’écoutant que leur nationalisme québécois, elles ont vite cédé des parts majoritaires de ces droits à des firmes étrangères sa partenaire états-unienne Forest Oil et Corridor Ressources (Calgary Alberta).

Après son départ d’Hydro-Québec, en avril 2008, Monsieur Caillé est nommé conseiller Stratégie senior chez Junex et siège au Conseil d’administration de la compagnie. Il devient président de l’Association pétrolière et gazière du Québec lors de sa fondation en avril 2009, le vice-président est Raymond Savoie, ancien ministre libéral et administrateur de Gastem/Ditem.

Avec la bénédiction du gouvernement du Québec, cette association se lance dans une campagne de publi-reportage auprès des Québécois et Québécoises pour les sensibiliser aux avantages de développer le gaz de schiste au Québec. Après trois réunions et la défaite du plan de communication de la firme National, voilà monsieur Caillé au repos forcé.

Est-ce un médecin qui a signé la prescription ou l’Association des gazières ?

Qui tire la plus grosse ficelle ?

Bien peu de québécois.ses se doutent que Paul Desmarais sénior tire les ficelles politiques du gaz par le biais de GazMétro. En effet, 6 des 14 membres du Conseil d’administration siègent aussi à celui de Gaz de France, dont il est le nouveau propriétaire, ou d’Enbridge. Oui ceux-là même qui ont contribué au projet Rabaska.

D’autant qu’Enbridge détient 32,06% des parts de GazMétro et que Gaz De France GDF en possède 17,56%. Voilà un cas de « je te tiens, tu me tiens par la barbichette ».

Que de longs détours ingénieusement concoctés par Paul Desmarais senior pour s’infiltrer dans l’industrie du gaz et du pétrole !

En 1981, pour contrecarrer la nationalisation de la banque d’affaires Paribas imposée par François Mitterrand, alors fraîchement élu président de la France, Paul Desmarais démarre avec Albert Frère de Belgique et d’autres gens d’affaires européens, l’opération « Arche de Noé ».

Il s’agissait de récupérer les filiales, belge appelée Cobepa, et suisse de Paribas, en lançant une OPE ( 01 ) par l’intermédiaire de Pargesa, une autre société suisse. L’opération échoue, mais elle permet à Paul Desmarais Sr. de se lier à d’importants financiers et politiciens européens.

Au cours des ans, il devient proche du président de la République française,Nicolas Sarkozy, le reçoit dans son humble domaine de Sagard au Québec (photo ci-haut), et participe même à la fête tenue au Fouquet’s pour célébrer l’élection du nouveau président le 6 mai 2007.

Le retour d’ascenseur arrive le 16 février 2008. Décoré de la Grande-Croix de la Légion d’honneur l’homme d’affaire se fait dire publiquement de la part de Nicolas Sarkosy « Si je suis aujourd’hui président de la République, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul Desmarais. » Et de détailler comment, en 1995, alors qu’il était au creux de la vague, le financier canadien l’avait invité dans sa famille et s’était engagé à « bâtir » une « stratégie » pour lui.

Quelques temps plus tard Nicolas Sarkozy privatise des sociétés contrôlées par le gouvernement français dans lesquelles l’entreprise phare des Desmarais, Power Corporation, avait investi.

Bien sûr, des gens d’affaires diront que c’est pure coïncidence si le président français a vendu Gaz de France (GDF) à rabais à Suez, une compagnie largement détenue par Power Corporation. Ici, il est intéressant de savoir comment les amis Albert Frère et Paul Desmarais s’y sont pris pour réaliser ce coup fumeux. ( 04 )

Il faut aussi savoir que Paul Desmarais Jr. siège au Conseil d’administration de Suez ? En plus des parts indirectement détenues via Power Corp. Canada, M. Desmarais possède personnellement 2 000 actions de Suez. Il est aussi membre du Conseil d’administration de la pétrolière Totale, une compagnie associée dans les sables bitumineux de l’Alberta par le biais de la société UTS Energy Corporation (UTS) ( 07 ) dont les opérateurs sont Suncor Energy Inc et la société Teck Resources Ltd.

Voilà pour le pétrole ! Quant au gaz, non seulement Power Corporation utilise la Carlyle USA, où Paul Desmarais siège au conseil d’administration, pour trouver des capitaux, et s’impliquer via des filiales dans le développement de projets de ports méthaniers, dont le très controversé projet Rabaska au Québec et celui de Nord Médoc en France.

Fait intéressant à noter, un tiers des membres du Conseil d’administration de GazMétro, soit 4 sur 12 sont des directeurs/rices de Pétro-Canada ( l’un des deux partenaires pour le projet du port méthanier de Gros-Cacouna) et et/ou de Putnam, une compagnie états-unienne récemment achetée par Power Corporation !

Des magouilleurs au bureau du Magouilleur en chef

Jean Charest, pantin des hommes du gaz/pétrole ? Lui aussi, comme Paul Desmarais, a reçu sa médaille du président français.

À l’été 2010 la rumeur courrait qu’un poste de vice-président environnement chez la pétrolière Total l’attendait, on saura un jour les vraies raisons de cet ennoblissement et pourquoi sa fuite en Europe fut contremandée et par qui ? Pour chapeauter le tout, notre gouvernement tout dévoué à l’économie du Québec s’apprête à modifier sa réglementation par le projet de loi 79 sur les mines sans modifier le système de « free mining » qui vous dépossède du dessous de votre propriété et qui laisse aux compagnies le droit de vous exproprier. (02)

Nous savons maintenant qui tire les ficelles politiques pour que les gens d’affaires du Québec qui siègent en tant que prête-noms dans des entreprises étrangères, puissent s’enrichir à même nos ressources naturelles.

Il n’y a aucune improvisation dans la démarche des ministres libéraux. Toutes les personnes mentionnées dans ce texte font partie de cette coterie. En voici un aperçu mais pour tous les connaître, à la fin de ce texte nous vous invitons à explorer ce monde de la magouille ( 08 ).

On doit ajouter Daniel Bernier, chef du cabinet au gouvernement Charest jusqu’en 2005, qui représente en tant que lobbyiste les intérêts de Talisman Energy. Ce lobbyiste fait partie d’une firme de communication présidée par François Pilote, ami de longue date de Jean Charest et l’un de ses anciens organisateurs politiques.

L’avocat de Jean Charest à la Commission Bastarache, Me André Ryan, est le président de la Commission juridique du PLQ et a participé à la création de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ).

Le nouveau directeur général de cette association se nomme Stéphane Gosselin et est l’ancien chef de cabinet du ministre du Développement économique, Clément Gignac. Il a occupé les mêmes fonctions aux Ressources naturelles et à l’Environnement.

Quant aux Relations publiques de l’organisation, elles seront entre les bonnes mains de Martin Daraiche, l’ancien attaché politique de Nathalie Normandeau en 2006, à l’époque où elle était titulaire des Affaires municipales. En 2007, il est passé au bureau du Premier Ministre Jean Charest à titre de conseiller aux Affaires juridiques et politiques. National la firme de relations publiques, l’a embauché l’année suivante. Selon le registre des lobbyistes, M. Daraiche exerce des activités d’influence auprès du gouvernement pour l’APGQ « dans le but que le Québec soit reconnu comme une juridiction capable d’accueillir une industrie structurante en matière de shales gazière ». Son mandat a débuté en mai 2010, précise le registre.

La série de transfuges se poursuit. Un ancien chef de cabinet du premier ministre Jean Charest est recruté par la société d’énergie albertaine Talisman. Daniel Gagnier siégera au sein d’un comité consultatif mis en place par Talisman pour soutenir ses activités au Québec.

Ce comité doit conseiller la direction de Talisman dans des dossiers comme la mobilisation communautaire, les régimes fiscaux et la réglementation au Québec.

M. Gagnier ne fera toutefois pas de lobbying puisqu’il n’est pas inscrit au registre. Ce dernier, qui a été chef de cabinet de Jean Charest pendant deux ans, a quitté le bureau du premier ministre en septembre 2009. Il occupait depuis les fonctions de président de l’Institut international pour le développement durable.

Et plus encore : Jean-Pierre Ouellet, un libéral influent nommé au Conseil d’administration de la Caisse de dépôt par le gouvernement, devient également conseiller de Talisman.

Comment les arrêter ? Quelles seraient les actions possibles ?

Des groupes environnementaux ou sociaux pourraient déposer un dossier ou des plaintes au Vérificateur général de la province, à l’ombudsman, et à la Sûreté du Québec.

Il est question ici de lancer des enquêtes qu’aucun politicien ou politicienne ne puisse étouffer.

Ensuite convaincre les partis politiques d’opposition à l’Assemblée nationale de court-circuiter ces sangsues qui tètent nos ressources naturelles en recentrant la mission du ministère des Ressources naturelles en tant que gestionnaire macroéconomique de l’ensemble de la filière minière.

Il faut aussi et en priorité supprimer le droit qu’ont les compagnies minières de faire exproprier les propriétaires s’opposant à l’exploration sur leur terre. Il faut faire disparaître de la loi des mines le système du « free mining » (système de « claim ») qui date de 1880.

Si le système du « claim » est maintenu, chaque citoyen citoyen et citoyennes devrait pouvoir acheter un « claim » sur son terrain sans devoir jamais faire de l’exploration.

Cette règle du « Free mining » mène encore, pour ne pas dire « mine », notre loi minière, règle que Mme Nathalie Normandeau s’entête à conserver à tout prix… sûrement au nom de son biais idéologie, dont les conséquences impliquent le développement d’une société où l’Etat s’occupe de faire faire des profits au secteur privé de l’économie tandis que les dépenses pour les supporter sont refilées aux contribuables individuels.

C’est triste pour les québécois et québécoises que les requins de la finance utilisent des politiciennes et politiciens qui se sont construit mentalement un système de valeurs qui comprend : des justifications pour piller le bien public ou commun ; l’apologie de la cupidité ; et la valorisation du statut d’être les carpettes du monde des affaires.

Certains diront que nos politiciens.nes sont manipulés. Évidemment, pour que quelqu’un tire les ficelles, il doit y avoir des marionnettes et ça y’en manque pas !

***

(01) Les offres publiques peuvent être de plusieurs types : offre publique d’achat ou OPA pour un paiement en argent, offre publique d’échange ou OPE pour un paiement en titres, offre publique de retrait ou OPR pour un retrait de la cote, etc.

(02) De la ruée vers l’or californienne au Québec minier contemporain Le système du « free mining » et le pouvoir des communautés locales par Ugo Lapointe

(03) Des mégawatts virtuels à gros prix par Michel Corbeil du journal Le Soleil – novembre 2009

(04) Le combat d’un actionnaire contre un associé des Desmarais. Canal Argent 25 octobre 2010

(05) Anticosti : Hydro-Québec aurait cédé un trésor
Les droits de prospection pétrolière vendus au privé pourraient représenter des milliards de dollars par Alexandre Shields pour le journal Le Devoir 14 février 2011. Note de JosPublic : Hydro-Québec, ici c’est Thierry Vandal, président d’HQ, Pierre Corbeil, ministre des ressources naturelles du Québec et Jean Charest, premier ministre

(06) Éolienne : Québec dit non à Siemens. Par Pierre Couture pour le journal Le Soleil. Publié le 04 août 2006 et par Louis-Gilles Francoeur pour le journal Le Devoir publié le 24 mars 2007

(07) Société UTS Energy Corporation (UTS)

(08) Les hommes du gaz et du pétrole

Ceux par qui est arriva la dilapidation du bien public. Ceux qui empochèrent les profits du bien public et les sangsues suivant le bien public qu’il soit administré par le secteur public ou le secteur privé

Note : Les données et certaines expressions de ce texte proviennent des recherches de Normand Mousseau, du Département de physique de l’Université de Montréal et de son livre « Au bout du pétrole », du livre Maîtres chez nous, 21e siècle extrait écrit par Daniel R. Breton, du fichier Cidreq du gouvernement du Québec et du site MétéoPolitique.com.

Source
http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=2556

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